Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

17 novembre 2009    Cinéma   

Publié par Luc Montessinos

Mulholland Drive

Compte-rendu du film de David Lynch réalisé par les étudiants du groupe F des années 1 2009/2010, suite à la projection au Cinématographe le jeudi 15 octobre 2009.

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(Illustration: Simon VIAU – Sylvain TOLDO – Claire THIERRY – Marie VISONNEAU – Camille THOUMELIN – Marion VEAUVY)

Qui est David LYNCH ?

Un artiste polyvalent connu et reconnu. Il nait en 1949 dans le Montana et commence sa carrière à l’âge de 22 ans avec un premier court métrage «  The Alphabet ».Grâce au succès de cette œuvre, il a pu financer son premier long métrage «  Eraserhead »en 1976. Le public découvre alors un style obscur, abstrait et peu conventionnel qui lui est propre. Selon lui, le spectateur doit se laisser guider par ses rêves et ses émotions. Par ailleurs, il s’investit énormément dans ses films en tant que compositeur, moniteur, mixeur, décorateur, producteur, cadreur, ingénieur du son et même acteur. On reconnait cette signature dans  son neuvième film : «  Mulholland Drive » ; pour lequel il a reçu le prix de la mise en scène à Cannes en 2001.

Qu’est ce que Mulholland Drive ?

Il s’agit au départ d’un pilote pour une nouvelle série américaine tournée pour une chaîne câblée «  ABC ». Cependant, la chaîne a jugé le rythme du pilote trop lent et trop étrange, de ce fait, elle refuse la production ainsi que la diffusion de la série. Le Studio Canal a, quant à lui, dû convaincre le réalisateur de faire de ce pilote un long métrage. Ainsi, David Lynch réalise « Mulholland Drive » en 2000, en tant que production franco-américaine. Ce dernier s’est principalement inspiré de la route de « Mulholland Drive » à Los Angeles, qu’il décrit comme une «  route onirique suspendue dans le temps », d’où l’invitation du film au rêve, à l’irréel. Mais aussi, David Lynch s’est laissé influencer par les ambiances et les lumières de ce lieu pour concevoir son film à l’image d’un puzzle étrange et mystérieux autour de l’âge d’or d’Hollywood.
Ce film raconte l’histoire d’une relation complexe, à Hollywood, entre deux femmes : l’une ayant perdu la mémoire et l’autre étant une actrice en devenir. Mulholland Drive  est composé de flash-back, de phénomènes de répétitions, d’intrigue et  de scènes surréalistes ; en conséquence le film peut être  interprété par le spectateur comme un rêve. Il faut  donc se résoudre à se laisser guider par son intuition et profiter de l’instant.

Simon VIAU
Sylvain TOLDO
Claire THIERRY
Marie VISONNEAU
Camille THOUMELIN
Marion VEAUVY

Histoire Déroutante

Au départ, le scénario de Mulholland Drive était destiné à un pilote de deux heures et demie écrit par David Lynch. L’idée fut vite abandonnée par souci de longueur et surtout de compréhensibilité, ce n’est que plus tard que les studios Canal relancèrent l’idée mais pour une adaptation au cinéma. David Lynch à donc modifié   l’histoire et créé une fin pour le grand écran, le scénario du film Mulholland Drive naquit.

Rescapée d’un terrible accident sur la route de Mulholland Drive, une mystérieuse femme se réfugie chez Betty Elms (Naomi Watts), une apprentie comédienne rêvant de gloire. Ce duo érotique va s’entêter à retrouver toutes les réponses de l’amnésie de Rita (Laura Harring). La clef bleue, les liasses de billets, la boîte bleue, le cadavre sur le lit et les autres indices vont leur permettre d’éclaircir le mystère. Seulement rêve et réalité commencent à se mélanger. Et dans un élan de jalousie et de tristesse lié à la suprématie de la brune, la blonde se ronge jusqu’au sacrifice suprême.
Hollywood et ses studios sont omniprésents dans cet opus. David Lynch fasciné par Los Angeles, nous communique sa perception de cette ville à travers son immensité et ses lieux intimes. De plus, il s’est inspiré de la psychanalyse Freudienne qui, entre autre, dit que « le rêve est l’accomplissement déguisé d’un désir refoulé », les personnages de Mulholland sont manipulés par l’esprit de Betty et agissent selon son imagination. Dès lors nous ne savons plus faire la différence entre rêve et réalité. Ce flou s’accentue avec le jeu de double-personnalité, il a sans doute imité des scènes de Vertigo qui utilisait aussi ce jeu.
Dans ce film, les dialogues n’ont pas vraiment une importance capitale au contraire, ils auraient plutôt un aspect de détail superflus. En effet, David Lynch parvient par l’image seule à expliquer la situation. Les dialogues n’aident pas à la compréhension ou à l’incompréhension de Mulholland Drive, ils occupent une petite place dans ce qui était à l’origine un épisode pilote.
Le thème de la mémoire et de l’identité est mis en valeur dans chacune des scènes et l’on ne sait plus différencier le rêve de la réalité. Il est vrai que les rêves s’inspirent de la réalité et la réalité se construit à partir des rêves. C’est ainsi que Betty perd la mémoire et ne sais plus qui elle est. Elle s’égare et amène le spectateur dans une incompréhension totale. Fascinée par sa complice, Betty se lance dans une adversité mortelle.

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RICHARD Maxime
RIPOCHE Arthur
TAILLARD Emmanuel
TREGOUET Pierre
TRICHEREAU Aurélien

Entre deux mondes

Entre rêve et réalité, les acteurs de « Mulholland Drive » nous livrent un jeu peu commun, faisant chavirer notre pensée entre ces deux univers, et nous laissant dans la perplexité totale. Les acteurs, peu connus à l’époque pendant laquelle le film fut tourné, n’étaient pas habitués à travailler avec le réalisateur David Lynch. Ce dernier laisse ses comédiens faire preuve d’improvisation, surtout au niveau de l’expression des émotions. Ainsi toutes les situations de peur, d’angoisse, de curiosité, de joie nous paraissent réelles et crédibles. Nous n’arrivons donc plus à faire la différence entre le rêve et la réalité.
La majeure partie du film se situant dans le rêve utilise un rythme lent, dans le déplacement des personnages ou par les détails des scènes, des objets qui sont très visibles. A contrario le retour à la réalité est beaucoup plus brutal avec une plus grande dynamique dans la gestuelle, dans les expressions des personnages, mais aussi dans la voix, beaucoup moins posée. On retrouve de manière assez forte une expression dominante : celle de l’angoisse et de la peur que chaque personnage arbore sur son visage, mais aussi de l’émerveillement et de la joie souvent mis en avant par l’excentricité des personnages. Ce fort contraste met en valeur le mystère qui plane sur l’intrigue. De plus les personnages ne cessent de fuir, de disparaître, de se transformer ou encore de se dédoubler. On peut ainsi faire un lien entre le jeu des acteurs et du décor puisque celui-ci est intemporel, isolé, épuré. Ce jeu du décor qui semble parfois être abstrait plus ou moins réaliste et très sombre, comme dans un rêve finalement, ce qui accentue le malaise des personnages mais aussi du spectateur dans le film. Les personnages semblent alors enfermés, comprimés et prisonniers. Ces différents éléments aident les personnages à entrer dans une folie dont ils ne peuvent plus se débarrasser et c’est d’ailleurs cette folie qui conduira à la mort de Betty. Ainsi, tout ceci entraîne le spectateur qui est inévitablement pris au piège.

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Tiphaine Rolland
Lambert Roudil
Thibault Rouganne
Aurélien Rousselle
Marine Villalon
Nina Tricoire

Montage, cadrage et prise de vue

Dans son film, David Lynch réalise des plans longs et plutôt figés sur une même scène ce qui donne lieu à une faible diversité des endroits; contrairement aux films d’actions où énormément d’images apparaissent en peu de temps. On rencontre comme type de cadrage des gros plans, vues d’ensembles, plans aériens.
Dans Mulholland Drive, les effets de cadrage présents produisent du suspens et un effet d’étrangeté.
Les travellings latéraux  donnent lieu à un univers flou ; ils sont utilisés en partie pour faire ressentir que les personnages sont « en train de se perdre ». L’impression de perdre les personnages est communiquée par des plans aériens, de l’ensemble de la ville de Los Angeles, par exemple.
Les  gros  plans  mettent l’accent sur les émotions  de l’acteur. Les zooms sur des détails, comme par exemple le livre TOUT PARIS ou le badge de la serveuse, sont présents pour nous donner des informations sur l’émotion du personnage ou sur une révélation clé de l’histoire. Ils sont aussi présents sur les visages et les corps des personnages auxquels David Lynch accorde plus d’intérêt, afin de montrer comment ceux-ci ressentent le monde extérieur.
Certains gros plans sur le visage et notamment les yeux permettent de ressentir certaines émotions plus fortes comme l’effroi et la mort sur le visage du clochard.
La prise de vue est souvent frontale et rarement de derrière ou oblique. Le point de vue est au niveau du regard ; on peut se sentir actif dans les scènes et avoir l’impression de participer au film.
Pour marquer les scènes d’action, ou un passage intense, les mouvements de la caméra sont tremblants, on pourrait croire que s’est une caméra embarquée, cela est fait pour souligner l’action et nous donner l’impression d’être à la place de l’acteur.

Nous pouvons conclure que le cadrage et la prise de vue sont spécifiques à l’auteur et sont cohérents avec les émotions qu’il a voulu nous transmettre.

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TOMASIAK Julie
SURZUR Laura
STRUILLOU Romain
TESSIER Charlotte

LIGHT DRIVE

Pour débuter le commentaire de l’œuvre de David Lynch nous commencerons par l’analyse de l’éclairage. Celui-ci donne le ton pour chaque ambiance en fonctions des scènes. De plus, en fonction des différents personnages, l’éclairage, centré la plupart du temps sur leur visage, souligne leurs émotions, agissant en fonction de leurs humeurs ;  il émane de Betty une lumière  plus prononcée que celle dégagée par Diane. On remarquera également que la source de lumière est située sur le coté, ce qui scinde l’écran en deux parties distinctes, créant par conséquent une grande zone d’ombre. De même il y a quelques scènes en surexposition (la distinction entre les scènes intérieures et extérieures est très nette : la lumière du dehors est éblouissante par rapport à celle de l’intérieur qui est plutôt terne) ou par exemple, à l’arrivée de Betty à l’aéroport, David Lynch utilise une surexposition pour marquer l’émotion extatique de la jeune fille face à ce nouveau  paysage. La teinte des couleurs, la juxtaposition des tons, nous rappelle l’œuvre d’Alfred Hitchcock, Vertigo, par son utilisation de décors en peintures.
L’éclairage crée une ambiance propre aux réalisations de David Lynch c’est-à-dire qu’il crée un univers mi-fantastique mi-réel, laissant toujours son public dans le doute, ce qui crée cette sensation de malaise.  L’exagération des émotions qu’il  transmet  passe par un jeu d’ambiances et de couleurs. Dans une scène d’amour, c’est un éclairage rougeâtre qui ramène à l’érotisme et à la chaleur. Pour la scène du Cow-boy, on remarque un éclairage sombre car c’est une situation de tension et de terreur pour le personnage d’Adam Kesher.

Le décor  nous donne des informations sur le milieu social, et la position géographique de l’action du film: nous assistons là à un tour de la ville de Los Angeles. C’est un décor réaliste, cependant banal, ne servant que d’arrière fond  à l’action, d’où des décors de milieux populaires tels que fast-food, grandes avenues, buildings, far-west … cela est angoissant pour le spectateur car se sont des lieux fréquentés quotidiennement.
Les objets fétiches de David lynch ont une grande importance dans le décor,  ils jouent un rôle propre à chacun, les informations données par ces objets sont troubles (comme les téléphones). Les objets sont mis en valeurs grâce à leur mise en scène (gros plans et lumière). Il existe également dans chaque décor d’intérieur une porte, une fenêtre, qui nous permet d’avoir une ouverture sur l’environnement extérieur et adoucit cette sensation de huis-clos dans certaines scènes.

Le son suit les rebondissements du film, à travers les changements de décors, les moments de suspense, d’émotion. Généralement très forts, les bruitages sont accentués tels que les éclairages, ce qui participe au coté imaginaire du film. La musique est omniprésente, lancinante, elle contribue au malaise du public. David Lynch  arrive alors à nous transporter dans le rêve, du fait d’un côté mystérieux et incohérent.

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Susie Ropars
Quentin Villeret
Camille Robiou du pont
Riberry Geffroy
Ruaud Francois

Entre identité et mémoire : Mulholland Drive

L’identité et la mémoire sont des thèmes importants dans le film de David Lynch. Les deux thèmes sont abordés et mis en relation : une perte de mémoire entraîne un doute sur l’identité. En effet, le film commence par cette situation : après un accident de voiture, un femme devient amnésique. Elle se réfugie dans une maison qu’elle croyait vide et y fait la connaissance de Betty, une jeune actrice pleine d’ambition venue pour conquérir les studios d’Hollywood.

Betty et Rita « deux personnages opposés : l’une brune entachée de zones d’ombre, l’autre blonde et solaire ; l’une qui a perdu son identité, l’autre qui veut gagner la sienne ; l’une au passé mystérieux, l’autre à l’avenir indécis ; l’une personnage de film noir, l’autre héroïne de comédie dramatique ».
(source : http://www.objectif-cinema.com/analyses/074.php)

« En traçant ces deux personnages, Lynch dessine un portrait de l’Amérique, et d’une Amérique clivée. Betty est visiblement l’incarnation de l’ »  American way of life « , sûre d’elle-même et habitée qu’elle est par le »  rêve américain »  ; Rita, au contraire, en est la »  désincarnation « , la face cachée, le revers obscur. Son personnage d’amnésique nous donne à imaginer une Amérique qui ne sait plus, ou pas, ce qu’elle est, et que son identité fragilisée la rend soudain sans défense et menacée. »
(source : http://www.objectif-cinema.com/analyses/074a.php)

Betty et Rita vont tenter, durant toute la première moitié du film, de lui faire retrouver la mémoire par le biais de flash back qu’elles subissent (les téléphones), des situations qui se répètent (les serveuses qui changent d’identité, le trajet en limousine).

Lorsque les deux jeunes femmes sont sur le point de tout découvrir sur l’identité de Rita (moment symbolisé par la chute de la boite bleue) le film prend une autre tournure, il semble recommencer à partir de cet instant, comme Vertigo recommence en son milieu à la suite de la chute de Madeleine. De plus, on retrouve un autre moment similaire à Vertigo : le modelage de Rita par Betty où l’on sent le transfert d’identité se réaliser, symbolisé par la scène du miroir.
Les rôles et les identités sont inversées : Betty devient Diane, et Rita, Camilla. Cependant, les situations ne se répondent pas tout à fait, la relation Betty-Rita n’est pas l’exacte opposée de la relation Diane-Camilla.

Le changement d’identité des personnages perturbe le spectateur. De plus, les répétitions de scène et de flash black jouent sur la mémoire du spectateur en le poussant à une réflexion qui fait appel à ses souvenirs. Le temps et l’espace ne sont pas toujours clairement déterminés, le passé et le présent se confondent, de même que le rêve et la réalité.

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Hélène Thébault
Quentin Tourneux
Marie Westeel
Romain Vince
Charly Tauvry
Thomas Sellier

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Tags: Cinéma

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