Compte rendu, par les étudiants de première année, de la pièce Rosa La Rouge, jouée au Grand T le 09 Novembre 2011.

Illustration : BLOCH Fabien – BOURMAULT François – CHATAIL Léo – D’ESTAINTOT Pauline
C’est au théâtre du Grand T que s’est jouée le 9 novembre la pièce hommage à Rosa Luxembourg : Rosa la Rouge. Une pièce fruit de la collaboration entre deux talents : Claire Diterzi & Marcial Di Fonzo Bo. Le comédien d’origine argentine fut aussi bien présent pour la mise en scène que pour l’écriture des textes qu’il prit soin d’écrire en partenariat avec la chanteuse-comédienne.
Né en 1968 à Buenos-aires, Marcial Di Fonzo Bo s’installe en 1988 à Paris. En 1994, il fonde la Compagnie des lucioles avec laquelle il intervient dans les écoles, les prisons et les banlieues. Il met en scène en 2001 son premier spectacle Eva Peron en partenariat avec Bruno Geslin. Ses talents d’acteur et de metteur en scène ne passent pas inaperçus. En effet, en 1995 il reçoit le prix de l’interprétation pour son rôle dans Richard III puis en 2004 il est consacré meilleur acteur de l’année.
Claire Diterzi commence sa carrière à 16 ans, alors leader d’un groupe de folk-punk. Devenue professeur d’illustration, elle commence à travailler en 2002 avec le chorégraphe Philippe Decouflé pendant trois ans. En 2006, elle reprend sa carrière de chanteuse et ramasse le Grand Prix du disque de l’Académie Charles-Cros. En octobre 2010, elle est à la source d’une polémique en ayant obtenu une résidence à la villa Medicis de Rome.
C’est à la suite d’un spectacle qu’est naît leur rencontre. Claire Diterzi accostant Marcial Di Fonzo Bo pour lui faire part de son admiration. « Une affinité forte est née tout de suite […]. On attendait le moment de travailler ensemble. Je lui ai proposé de faire la musique d’une pièce que je mettais en scène, La Estupidez.» concède le metteur en scène Argentin dans une interview pour la-coursive.com.
Après le succès que rencontre ce spectacle, le duo décide de remettre ça trois ans plus tard dans une pièce aux allures d’hommage à la charismatique Rosa Luxembourg. Séduite par sa rage et sa passion révolutionnaire, Claire Diterzi transpose cette puissance de caractère dans un musical à la fois sensuel et provocateur.
BLOCH Fabien – BOURMAULT François – CHATAIL Léo – D’ESTAINTOT Pauline

Illustration : BESNARD Pierre-Gaëtan – BERIOT Eric – DAMIENS Jonathan – DEBORDE Coralie
L’introduction de la pièce se résume à une brève biographie de Rosa Luxembourg écrite en couleur rouge sur des panneaux grâce à des lumières. On apprend, qui est Rosa, quand elle est née, les grandes lignes de sa vie mais avant tout, la raison de son séjour en prison pendant 3 ans. Axe majeur de la pièce. Révolutionnaire Allemande, née en Pologne, Rosa est une militante, théoricienne marxiste, communiste, socialiste.
Le personnage principal de cette pièce est avant tout Rosa, quelques autres personnages sont présents par le biais des lettres que leur écrit cette prisonnière comme Sonia, Mathilde, Léo. En prison, elle passait la plupart de son temps à écrire, d’où lors de la pièce une longue énumération de plusieurs de ces lettres toutes signées « votre Rosa ».
La musique prend une part importante dans ce spectacle, et aucune des chansons n’a été choisie de façon anodine. Comme « Dans la forêt lointaine », comptine pour enfants connue de tous, ainsi que « ouvrez la cage aux oiseaux », chanson de Pierre Perret qui évoque ouvertement l’enfermement et qui s’accorde parfaitement avec le texte de la pièce d’où une importance de citer le rôle de cette musique en concordance avec le texte. Dans cette chanson la notion de liberté par les paroles : « Ouvrez la cage aux oiseaux » fait référence au milieu carcéral dans lequel Rosa la Rouge déambule. Cette chanson fait également référence aux mésanges charbonnières pour lesquelles Rosa a une certaine admiration car elle se reconnaît dans ces petits oiseaux. Cette chanson a succédé à un court diaporama qui au début nous pose la question de : « Qu’est ce qu’un homme libre? ». Suite à cette question, plusieurs noms de personnes célèbres ont défilé. Ces personnes étaient toutes des militants de la liberté, comme Nelson Mandela, Rousseau… Eux mêmes inscrits dans ce diaporama.
BESNARD Pierre-Gaëtan – BERIOT Eric – DAMIENS Jonathan – DEBORDE Coralie

Illustration : Juliette Mourrieras, Jennifer Ogé, Félix Joubert, Alix Beck.
Le but et le thème principal de ce spectacle était la révolte. Le metteur en scène a fait le choix de vouloir montrer une révolte contre une cause. Il est important de comprendre cela car cela explique la difficulté de lecture et de compréhension que l’on peut ressentir quand on voit le spectacle. Nous devions étudier l’interprétation et le jeu des acteurs de cette pièce.
L’actrice principale de cette pièce est une chanteuse Claire Diterzi, c’est quasiment la seule actrice qui intervient dans cette pièce même si parfois on peut apercevoir des musiciens ou techniciens qui se déplacent sur la scène. Néanmoins ces déplacements étaient là pour accentuer l’image chaotique et brouillon que voulait rendre le spectacle. Concentrons nous maintenant sur l’interprétation de la principale actrice qui joue le rôle de Rosa Luxembourg, une révolutionnaire allemande d’origine polonaise. Durant la totalité du spectacle l’actrice interprète des chansons en rapport avec le thème principal on peut donc déjà voir une différence avec son jeu sur scène : lorsqu’elle chante, l’actrice devient beaucoup plus expressive et révoltée que lorsque qu’elle interprète la pièce. Cela est sans doute dû au fait que durant tout le spectacle elle gardera quand elle parle une diction saccadée, rythmée qui a pour but de parler de l’image de la guerre ou du monde carcéral. Sa diction exagérée interpelle le spectateur. Le rythme de son interprétation est tantôt lent tantôt rapide, elle peut se mettre à crier comme à chuchoter sans transition.
Tout cela est toujours dans le but de donner une image désordonnée accentuée par les décors et éclairages. Se fixer sur un rythme ou une image en particulier est très difficile durant cette pièce car l’actrice est très présente par des gestes ou des déplacements chaotiques. L’actrice fait sans cesse de grands gestes exagérés désarticulés pour donner l’image aussi d’une poupée baladée sans trop de précaution. C’est peut-être l’image d’une personne qui se débat avec une vie qui ne lui convient pas et qui se bat contre tout. Tout est donné en excès dans cette pièce, le jeu de l’actrice aussi qui en fait trop, beaucoup trop parfois selon nous. Son interprétation devient confuse et hasardeuse, nous avons eu l’impression qu’elle oubliait parfois son texte. Ces trous de mémoire semblent faits exprès toujours pour donner une image de chaos incessant.
Pour conclure nous dirons que l’interprétation de l’actrice et chanteuse est à l’image de ce spectacle. Si il faut donner un avis sur la qualité de jeu de l’actrice on pourrait dire qu’elle est douée car pour interpréter ce rôle il a du lui falloir beaucoup d’énergie et elle a réussi à nous perdre totalement.
Juliette Mourrieras – Jennifer Ogé – Félix Joubert – Alix Beck.

Illustration : Hadrien Loquillard – Jules Leduc – Ivan le Pays du Teilleul – Paul Lech’vien
Cette pièce de théâtre à l’initiative de Claire Diterzi et Martial Di Fonzo Bo, relate la vie de la célèbre révolutionnaire Rosa Luxembourg. Claire Diterzi incarne le personnage de Rosa, et c’est par la chanson mais également à l’aide de projections vidéo qu’elle tente de transmettre aux spectateurs le sentiment de révolte qui anima Rosa Luxemburg. Ainsi dans une première partie, nous nous intéresserons aux décors, costumes et accessoires qui renvoient au thème de la Révolution, axe central de cette pièce ; puis dans une seconde partie nous étudierons les différents éléments du décor, des costumes et des accessoires qui renvoient à l’univers carcéral, et à l’enfermement de Rosa.
Tout au long de la pièce, de nombreux éléments sont mis en place pour renforcer le côté révolutionnaire de Rosa. Tout d’abord dans les costumes, on peut observer une récurrence de la couleur rouge : c’est une couleur agressive, connue pour remuer les sentiments ; elle est également le symbole des révolutionnaires communistes. En effet, Rosa est souvent vêtue d’une grande cape rouge durant la pièce, et elle porte aux pieds des chaussures de la même couleur. La scène d’ouverture de la pièce nous montre un homme et une femme en train de danser de manière totalement libérée, cela permet de l’esprit du spectateur, de capter son attention afin de mieux transmettre le message. De nombreuses projections vidéo lors de la pièce confortent le spectateur dans ce thème de la révolution. En effet, une des projections nous montre des hommes qui semblent être des ouvriers, en train de peindre en lettres capitales rouges un message de révolte. Une autre projection exprime de manière plus explicite cette idée de révolte par les mots. Sur un écran noir, des mots écrits en rouge apparaissent les uns après les autres, tous appartenant à un registre révolutionnaire : cela nous fait penser en un sens à de la propagande. Une des idées directrices de la pièce était de montrer le caractère anticonformiste et révolté de Rosa Luxembourg. Là encore ce sont les projections vidéo qui ont permis de transmettre ce message. En effet, l’une d’entre elles nous montre Rosa dans le rôle d’une mère de famille banale, dans une maison bien ordonnée, cela afin de d’illustrer son refus d’appartenir au système. Lors de la dernière scène Rosa joue de sa « Kalachguitar » ; dans cette chanson, son instrument devient son arme et permet de transmettre sa révolte et son idéologie aux spectateurs, de plus la musique rock est assez violente ce qui conforte l’idée d’un message de révolte affirmé. De plus cette scène est située à la fin de la pièce, le spectateur se sent donc impliqué d’une certaine manière dans le combat de Rosa.
L’autre thème central de la vie de Rosa, et par conséquent de la pièce, est son enfermement. En effet, de nombreux éléments du décor, des costumes ou des accessoires sont là pour retranscrire l’univers carcéral.
Les costumes jouent un rôle important dans cette thématique. Rosa porte durant plusieurs scènes une sorte de filet en guise de haut, cela renvoie directement aux grillages qui permettent de clore les prisons. Les hommes (musiciens) qui l’entourent sont tous vêtus dans des couleurs sombres telles que le gris et le noir, qui évoquent la tristesse, la lassitude. On peut facilement penser que ces hommes représentent les matons. Nous avons pu observer une mise en abyme : Rosa est la seule déguisée, et les hommes qui l’entourent n’ont pas de signes distinctifs ; les coulisses ne sont pas cachées par des décors : cela montre son manque d’intimité au sein de la prison. D’autres éléments du décor nous renvoient directement à l’univers carcéral ; des néons horizontaux nous rappellent les éclairages froids des prisons. Les projections sont là encore très présentes, notamment celle où Rosa marche dans un couloir de prison et donne l’impression de devenir folle. Également, il y a une scène dans laquelle un panneau blanc symbolisant un mur de prison laisse apparaître derrière lui la projection d’une ville. Dans les accessoires, les lettres disposées sur sa table permettent de montrer son éloignement vis à vis de ses camarades et des ses idées. De manière générale, la scène est assez épurée ce qui permet d’illustrer l’austérité de l’univers carcéral.
Nous pouvons donc conclure en disant que cette pièce transmet aux spectateurs, à l’aide des décors, costumes et accessoires, les grands traits marquants de la vie de Rosa. La spécificité de cette pièce est l’originalité des décors, avec la mise en place de ce système de projections vidéo qui traduit parfaitement l’idée de propagande révolutionnaire à laquelle participait Rosa Luxembourg, renforcée par l’omniprésence de la couleur rouge.
Hadrien Loquillard – Jules Leduc – Ivan le Pays du Teilleul – Paul Lech’vien

Illustration : ROBIN Kevin, ROCHER Alexis, ROGEL Thomas, WOLFF Thomas
Au théâtre, l’éclairage permet, grâce à différentes couleurs de lumière (blanche, jaune, rouge… ) de transmettre l’ambiance de la scène, des émotions, un événement… Le son quant à lui, est un moyen utilisé pour donner un rythme à la pièce ou justement fausser ce rythme comme dans Rosa la Rouge. Ces variations de rythme permettent d’accompagner l’histoire de la pièce.
Pour la dramaturgie, l’éclairage et le son sont deux éléments forts car ils apportent un autre type de support aux spectateurs. En effet, le son est un support visuel qui permet aux spectateurs de suivre le rythme de l’histoire. Bien que dans la pièce Rosa la Rouge ce support ait été controversé afin de troubler le spectateur en faussant le rythme tout au long de la pièce. L’éclairage est un support visuel qui aide également les spectateurs pour capter l’attention à certains endroits de la scène ou pour symboliser une émotion. Dans la pièce Rosa la Rouge, seul l’éclairage respecte une certaine logique avec l’instant joué pour ne pas perdre complètement les repères des spectateurs.
Dans la pièce étudiée, une émotion se dégage et est fortement appuyée par l’éclairage et le son : la révolte. Un moment de la pièce illustre notamment ce sentiment de révolte, lorsque des extraits du film Spartacus sont projetés sur un écran et les spectateurs entendent la phrase « I’m Spartacus ». Cet extrait a ensuite été détourné en réalisant un montage au niveau des visages des personnages du film. Ces multiples visages symbolisent la dévotion de chaque personne pour une même cause (la révolte) ainsi que la solidarité de chacun. Ainsi tout le monde se sent concerné par cette révolte qui est à la portée de chacun. Au niveau de l’éclairage, cette révolte est symbolisée par une lumière de couleur rouge faisant référence à la violence et à la guerre. Pour le son, les spectateurs peuvent entendre des musiques de type « oriental », ainsi que des chants de plaintes ou bien des bruits sourds réalisés grâce à des éléments du décor. L’éclairage et le son sont donc essentiels pour mettre en valeur un élément de la pièce.
Ceux-ci ne sont pas toujours utilisés pour renforcer une émotion mais peuvent également être utilisés pour troubler et tromper les ressentis du spectateur. En effet l’éclairage est en accord avec la pièce pour ne pas totalement tromper le spectateur mais il n’en est pas de même avec le son. Celui-ci entre à chaque fois en contradiction avec la scène de la pièce pour briser le rythme créé et ainsi stopper la linéarité de l’histoire. De plus, le son est souvent saturé car les spectateurs peuvent entendre beaucoup de réverbérations créées par la résonance et la nature des instruments (métal, bois… ). Ces apports sonores peuvent être qualifiés de sons car même si des bruits crus et sourds sont produits, un certain rythme est produit.
Ainsi l’éclairage et le son sont absolument nécessaires pour une pièce de théâtre et comportent toute une mise en scène pour amplifier un symbole de la pièce ou bien au contraire tromper le spectateur dans ses jugements.
ROBIN Kevin, ROCHER Alexis, ROGEL Thomas, WOLFF Thomas

Illustration : Muszynski Margot – Pillet Victor – Creneguy Marine
Ce spectacle est né du binôme détonnant formé par Claire Diterzi et Marcial Di Fonzo Bo, respectivement auteur compositeur et metteur en scène. Elle, est la première artiste de musique « non savante » à être accueillie en résidence à la Villa Médicis de Rome, lui est metteur en scène d’opéra et nominé aux Molières en 2011 comme meilleur metteur en scène.
Le spectacle qui rend hommage à Rosa la Rouge de son vrai nom Rosa Luxemburg, est une représentation singulière, où toutes les fantaisies sonores expriment une palette de lourds sentiments. Révoltée et pacifiste, cofondatrice de la ligue Spartakus en 1915 et du Parti communiste allemand en 1918, Rosa Luxemburg a marqué l’histoire Allemande.
On est plongé dans les textes, composés de lecture de lettres et de chants parfois doux et lyriques parfois violents et accablants, on est partagé entre moments tristes et drôles, l’envie de pleurer et de rire . Ces textes sont rythmés au fil des éclairages qui nous éblouissent et nous plongent dans l’obscurité.
La mise en scène de Marcial Di Fonzo Bo, regorge de trouvailles et d’effets spéciaux trompeurs mais non moins attractifs. L’interprétation nous a semblé surjouée, hasardeuse mais volontaire.
Rosa est représentée par son costume comme quelqu’un de sensuel et provocant. Elle seule est mise en avant, aucun des musiciens ne porte de costume spécifique alors qu’ils font partie intégrante du spectacle.
Le décor est minimaliste, fait de néons et de toiles tendues afin de projeter des images, des vidéos qui font réagir. Comme le montage de la révolte de Spartacus de Stanley Kubrick pour faire référence à la spartakiste, ou encore des vidéos sensuelles et provocantes. Mais il est aussi est utilisé pour la musique, il exprime la violence du personnage et sa révolte quand le personnage principal démonte la scène ou quand Diterzi joue avec une guitare en forme de Kalachnikov.
L’éclairage est violent et clair : rouge, pour la violence, le sang, la passion, le blanc, pour l’espoir, la pureté et la pénombre l’incarcération, inspirant une ambiance peu rassurante.
Pour le son mélange de rock, d’électro et de voix aiguës, Rosa la Rouge annonce d’entrée la couleur : lutte, révolte, souffrance et tension. Claire Diterzi mêle avec succès des ambiances aussi diverses que la musique d’opérette, des sonorités médiévales et airs symphoniques. Le son est cohérent avec l’éclairage et la dynamique du spectacle. Il exprime les différents ressentis du personnage.
Pour conclure, ce spectacle est sujet à provoquer la révolte, la rage chez le spectateur, un grand pêle-mêle de sentiments fait surface durant toute la représentation, la confusion, l’humour, la révolte, la tristesse… Un personnage principal iconique et difficile à cerner à la fois, car une question se pose : faut-il prendre part à un engagement au péril de sa vie ? Autant de questions que se pose le spectateur à la fin du spectacle.
Muszynski Margot – Pillet Victor – Creneguy Marine
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