Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

15 avril 2012    Cinéma   

Publié par Nicolas Thévenin

La prisonnière du désert

Compte-rendu du film de John Ford, réalisé par les étudiants du groupe A des A1 2011/2012, suite à la projection au Cinématographe  le 16 février 2012.

4- La prisonnière du désert - Montage, cadrages, prises de vue

(Illustration : Marie Blaise  /  Simon Bauchet  /  Aurélie Brebant  /  Salomée Babarit  /  Cécile Arnaud)

Présentation générale de l’œuvre et de l’auteur

John Ford, irlandais mais de culture western.

John Ford est un cinéaste américain né aux États-Unis le 1 février 1895. Il est de nationalité irlandaise, ce qui lui a inspiré de nombreux films. Pour se présenter, il avait souvent l’habitude de dire : « Je suis irlandais mais de culture western ».

En 1913, à 18 ans, il rejoignit son frère aîné qui travaillait comme acteur et réalisateur à Hollywood. Pendant quatre ans, il l’aida comme accessoiriste, assistant et même acteur. Sa carrière de cinéaste débuta réellement en 1917 avec son premier film muet, The Tornado. Elle se poursuivie jusqu’en 1965. Durant toute cette période, il réalisa plus de 130 films, notamment des westerns, dont une cinquantaine environ est aujourd’hui perdue. Il commença par réaliser des films muets pour la Fox. Son premier film parlant fut Napoleon’s Barber, qu’il réalisa en 1928. Son cinéma évolua au court des années, influencé par différents évènements historiques tels que la guerre de Corée, la Seconde Guerre mondiale et le maccartisme. En 1952, il s’engagea dans l’US Navi. Il participa alors à la guerre du Pacifique et dirigea une équipe de cinéastes. Il fut blessé à Midway et perdit l’usage de son œil gauche. Il fut nommé amiral et reçu de nombreuses récompenses. Il reprit son travail en 1945, après la fin de la guerre. Il se retira en 1965 dans son ranch de Palm Springs avant de décéder le 31 août 1973.

Son film, La Prisonnière du désert, a été tourné en 1955 à Monument Valley, à Edmonton, dans le Colorado et l’Utah. John Ford s’est inspiré du livre écrit par Alan LeMay, qui s’est lui-même inspiré d’une histoire vraie. En 1839, au Texas, une petite fille est enlevée par les Comanches et est devenue plus tard la femme d’un des chefs. Elle fut retrouvée et ramenée dans la communauté blanche contre son gré. C’est cette histoire que raconte le film de John Ford. Le personnage principal est interprété par John Wayne, l’acteur favori du cinéaste, que l’on retrouve dans plusieurs de ses films. L’histoire se passe au Texas dans les années 1868. Ethan Edwards rentre de la guerre de Sécession, qui s’est terminée 3 ans plus tôt. Il apprend alors que les Indiens Comanches ont attaqué la ferme de son frère, tuant celui-ci, sa femme et son fils, et kidnappant les deux jeunes filles, Debbie et Lucy. Ethan, accompagné de Martin Pawley, recueilli et élevé par la famille, va partir à leur recherche. Pendant cinq ans, ils vont les chercher et vont très vite apprendre que seule Debbie, la plus jeune des deux, a survécu. Elle est devenue l’épouse d’un chef Comanche, Scar. Ethan, ne voulant pas admettre que la jeune fille soit devenue une Comanche, va vouloir la tuer mais va finalement la ramener chez des amis de la famille.

1- La prisonnière du désert - Présentation

Charlène Airaud  /  Daphnée Beilleil  /  Julie Barré  /  Laurianne Barbato

Scénario

Un scénario en miroir, qui traduit l’errance

La prisonnière du désert est une adaptation de Franck.S Nugent du roman éponyme d’Alan Le May. Ethan Edwards (John Wayne) retrouve sa famille à son retour de la Guerre de Sécession. La tribu Indienne des Comanches utilise un stratagème pour attaquer la famille de blancs en leur volant le bétail afin de les éloigner de leur ferme. En s’apercevant qu’il s’agit d’une ruse des indiens, Ethan et Martin s’empressent de retourner au ranch où il découvrent que leur famille a été tuée et que leur nièces et sœurs ont été enlevées. Ils partent à la poursuite des Comanches et se battent contre eux en espérant récupérer la seule survivante Debbie. Pendant cinq ans Ethan et Martin traquent sans relâche le chef des Comanches Scar dont Debbie est devenue l’épouse. Ils finissent par attaquer le campement des Indiens et récupèrent Debbie qui est devenue entre temps partiellement Indienne. Ils s’en retournent enfin chez la promise de Martin : Laurie, avec Debbie.

L’intrigue du film est essentiellement basée sur  la poursuite des Indiens afin de sauver Debbie. L’errance est un des thèmes principaux abordés dans ce film par la quête et le goût de l’aventure des deux personnages principaux qui semblent tourner en rond. Le racisme, l’identité, le métissage et la filiation sont d’autres sous thèmes mis en lumière par le film.

Le personnage d’Ethan Edwards est raciste, antipathique, intelligent et obsédé par un désir de vengeance. Sa haine envers les Comanches s’accroît au cours du film et reste ambiguë du fait de sa grande connaissance de leurs coutumes. 
Martin Pawley est le jeune homme qui l’accompagne dans sa quête. Il a été accueilli par la famille d’Ethan et a grandit parmi eux.  Martin ressemble à Ethan : assoiffé de vengeance mais n’a pas autant d’expérience que lui. Il est fiancé à Laurie Jorgensen qui se lasse de l’attendre.
 La jeune fille que les deux hommes recherchent est Debborah Edwards, dite Debbie. Elle est la nièce d’Ethan et Martin la considère comme sa petite sœur. Elle est capturée à l’âge de neuf ans par les Indiens lorsque ceux-ci s’attaquent au ranch familial. Elle est adulte quand ils la retrouvent.

L’histoire se passe au Texas en 1868 mais une grande partie des scènes se situent à Monument Valley dans l’Arizona. Il n’y a qu’une trentaine de minutes consacrées aux scènes en intérieur. Les personnages parcourent le reste du temps les grands espaces désertiques sans relâche.
Ce va-et-vient, qui rythme le film et lui sert de décor, pourrait représenter le dilemme qui touche Ethan entre l’attirance pour l’imprévu et la tentation de fonder une famille et de s’enraciner.  Rappelons le titre du film : The searchers / les chercheurs … du sens de la vie ? 

Cette boucle des personnages rappelle deux moments forts à rapprocher qui appuient également cette idée de cycle sans fin : la première séquence du film et la dernière qui sont construites à l’identique, s’ouvrant ou se fermant sur une porte au travers de laquelle on aperçoit Ethan. Si ces deux portes ne sont pas les mêmes, cette mise en scène n’est pas juste un effet de style. En effet, on retrouve cette idée d’intérieur / extérieur tout le long de l’histoire. Il en va de même lorsqu’Ethan soulève à bout de bras Debbie : une première fois lorsqu’elle est enfant puis lorsqu’ils la retrouvent après sa captivité.

2- La prisonnière du désert - Scénario

Amièle Blumentritt  /  Pauline Bréchet  /  Aurélien Ballandras  /  Guillaume Bouteiller  /  Agathe Benoît

Jeu / interprétation

John Ford joue avec les codes du Western

John Ford entame ici avec « la Prisonnière du désert » une collaboration avec Jeffrey Hunter (Martin Pawley) et Vera Miles (Laurie Jorgensenre), qu’il réitéra dans d’autres films par la suite. C’est cependant la 16ème des 24 collaborations du réalisateur avec John Wayne, immense figure du cinéma Western.

Dans ce film, John Wayne joue l’un des rôles principaux, celui de Ethan Edwards, grande figure héroïque du film, cependant mise à mal à plusieurs reprises. En effet John Ford s’amuse ici à casser les stéréotypes du western, en laissant quelques vices à ce misanthrope ayant erré 3 ans depuis la défaite de la guerre de sécession. Rempli d’un racisme profond envers les indiens.

Outre le héros lui-même, nous avons aussi une rupture de la part de John Ford avec les schémas manichéens classiques du western, qui laissent passer l’indien pour le mauvais sauvage et les pionniers pour les bons. Le chef des indiens nommé The Scar, sera quand même une sorte de double maléfique de Ethan Edwards, chose que l’on remarque de manière plus flagrante à leur première entrevue. Une dimension sociale se retrouve aussi dans les personnages secondaires, qui sont détaillés et nombreux, et qui nous montrent une communauté hospitalière, des personnages qui allègent la gravité de l’intrigue par de l’humour. Le rôle des femmes est également à mesurer, puisqu’elles ne restent que sur le pas de la porte à attendre ou même espérer que l’homme rentre. Puis le fameux révérend Samuel Johnston Clayton, qui est également capitaine des Texas Rangers, sa double fonction fait de lui un véritable homme de pouvoir mais sert uniquement à faire un contrepied à Ethan et ainsi mieux montrer sa figure de marginal solitaire.

Le film « la Prisonnière du désert », relate la tourmente du personnage d’Ethan. En effet au cours de son voyage initiatique, Ethan voit ses convictions de cow-boy et sa haine des indiens changer. Cette inversion de point de vue marque une profonde évolution psychologique de la part du héros. Ce retournement de situation est lié au personnage de Martin Pawel interprété par le jeune Jeffrey Hunter, le compagnon de route d’Ethan. Ce personnage incarne l’opposé de Wayne, il fait le lien entre le personnage d’Ethan et les indiens. Ethan essaye de rallier à sa cause Martin et de le rendre moins innocent, naïf et maladroit, mais Martin aura aussi une influence sur le personnage d’Ethan. Ce voyage très circulaire, dans lequel les personnages tournent en rond dans le grand Ouest américain, est marqué par la démesure de l’espace et du temps. John Ford met en scène dans le film « la Prisonnière du désert » un personnage poussé par une persévérance et une obstination très forte, celle d’un homme qui veut retrouver ce qu’il reste de sa famille.

3- La prisonnière du désert - Jeu et interprétation

Alexandra Abidji  /  Clémence Billaud  /  Clara Battaglini  /  Arnaud Aubry  /  Julien Bauzin

Montage / cadrage / prises de vue

Durant le générique, nous pouvons penser que l’histoire se déroulera dans un espace clos et restreint, puisque le texte défile sur un mur de briques, qui n’est rien d’autre que celui de la maison d’Aaron et sa famille. Or, la Prisonnière du désert campe dans un espace infiniment grand, à savoir Monument Valley. Dès les premiers plans, le contraste est très marqué. Le spectateur, à l’intérieur de la maison, est plongé dans l’obscurité ; puis la porte s’ouvre sur la silhouette d’une femme et un éclat de lumière intense. Le passage du milieu noir protecteur au milieu lumineux dangereux annonce l’opposition des environnements que les deux protagonistes rencontreront lors de leur périple. Mais lorsqu’Ethan entrera dans la maison de son frère, dévastée par les Comanches, cette obscurité sera non plus source de protection, mais d’horreur. De plus, le cadrage du retour d’Ethan, entre deux pics de Monument Valley, laisse à présager qu’il revient d’un long combat qui l’a nommé en héros.

Tout au long du film, le réalisateur propose au spectateur une mise en scène sobre. Il expose à plusieurs reprises des plans panoramiques larges, offrant un vaste paysage, où les personnages errent et se perdent. Des caméras fixes sont utilisées, que ce soit pour les plans immobiles ou les travellings horizontaux. Lors des conversations entre les personnages ou durant leur périple, la caméra reste figée ; là encore, nous ne pouvons que remarquer le contraste que Ford réalise : les assauts donnés par Ethan et les siens sont filmés grâce à des travellings horizontaux saisissants et d’une extrême précision, plongeant le spectateur dans l’action de la séquence. L’alternance de plans fixes et de travellings rapides rappelle la quête des deux chercheurs, entre instants d’égarement et guerre sanglante avec les Comanches.

Cependant, il n’est pas difficile de remarquer quelques problèmes de cadrage tout au long du film. Au début du film, dans la ferme d’Aaron, on peut voir à l’extrémité supérieure de l’image  un micro. Puis lors des quelques scènes tournées dans un faux décor, on remarque presque le bord du cadre, comme si la caméra avait dépassé la limite du visible. Les dernières scènes du film nous semblent familières. En effet, Ford utilise le même cadrage qu’au début du film, rappelant alors le même contraste. Lorsqu’Ethan retrouve Debbie et la lève dans ses bras en lui disant « Let’s go home, Debbie », la prise de vue est similaire au même geste qu’il eut pour elle, 5 ans plus tôt. Puis, lors de leur retour, les Jorgensen et Moïse sont sur le pas de leur maison, comme s’ils attendaient depuis des années ; au début du film, la famille Edwards se tenait de la même façon, lors de l’arrivée d’Ethan. Enfin, Ma et Lars Jorgensen entrent dans la maison, accompagnés de Debbie, puis ils sont suivis de Laurie et Martin. Le schéma inverse est réalisé ici, le spectateur passant cette fois-ci de la lumière à l’obscurité, le montage sert alors à indiquer la différence et non plus la similitude. Tous les protagonistes se refugient dans le noir protecteur, afin de vivre désormais dans la quiétude, la plupart ayant vécu la souffrance, l’attente et le deuil. Mais Ethan n’entre pas dans la maison, il les regarde s’en aller et s’éloigne ; cette prise de vue, célèbre dans l’histoire du cinéma, évoque un espoir déchu d’intégration dans la famille, contrairement au début où son retour laissait à présager une éventuelle réconciliation avec ses proches. Le dernier cadrage du film montre un Ethan épuisé par sa quête, repartant dans l’inconnu et condamné à errer.

Marie Blaise  /  Simon Bauchet  /  Aurélie Brebant  /  Salomée Babarit  /  Cécile Arnaud

Eclairages / son / décors

Image : Winton C. Hoch, Alfred Gilks (seconde équipe), (Vista Vision)

Son : Hugh Mc Dowell, Howard Wilson

Musique : Max Steiner

Décors : Victor Gangelin

Le film « La prisonnière du Désert » fut tourné dans le décor naturel mythique de Monument Valley très souvent repris dans de nombreux Westerns de John Ford. Certaines scènes furent tournées dans un studio en Californie. Tout au long du film, le paysage se compose de deux couleurs : du jaune orangé pour le désert et du bleu pour le ciel ; l’écran est donc divisé en deux espaces colorés, séparés par l’horizon. Celui-ci est d’ailleurs presque toujours visible à l’écran, symbole du voyage et de l’errance . Cette ligne infinie donne aux spectateurs l’impression que les personnages ne savent pas où ils vont, qu’ils sont seuls et perdus. Il y a alors un lien entre le décor et les personnages : l’horizon imageant le vide, il représente leur solitude. Pour ce qui est de l’éclairage, celui-ci est principalement naturel à l’extérieur lorsqu’il fait jour. En revanche il est artificiel (bougie, lampe à pétrole, projecteur, …) lorsqu’il s’agit de scènes se déroulant dans la pénombre et à l’intérieur. On remarque à plusieurs reprises un contraste lumineux dans le mouvement des personnages, par exemple lorsque ceux-ci arrivent du désert lumineux et rentrent se mettre à l’abri dans la maison sombre. L’ombre symbolise alors la cachette, la protection, et la lumière représente le danger, l’exposition aux risques du désert. Ce contraste apparaît dès la première scène et revient tout au long du film, notamment à la fin, lorsque Debbie rentre enfin. On le retrouve également lorsque Ethan et Martin se réfugient une première fois dans une grotte noire, et aussi au moment où Debbie se précipite dans le creux de la falaise.

Quant à la musique, elle est très spécifique selon le personnage qui apparaît à l’écran. Il y a par exemple une musique militaire lorsque la cavalerie arrive, une musique rituelle avec les indiens, et une plus majestueuse pour les grands espaces de l’ouest. Lors des scènes d’action, la musique immerge le spectateur dans l’émotion, par exemple une mélodie calme et langoureuse lors du mariage, triste lors de l’enterrement, et vive et rythmée lors de leur visites chez les hispaniques, très forte, rapide et puissante lors des attaques et des bagarres…etc. La musique donne le ton, et traduit par moment les sentiments des personnages. On constate qu’il y a sans cesse du son, et que les moments de silence sont rares.

Pour la dernière scène, John Wayne s’en va sous l’émotion d’une ballade magnifiant cette légende de l’Ouest…

« L’homme s’en va à la recherche de son âme,

Il cherchera loin, très loin, l’appel de son coeur,

Il la trouvera, mais où Seigneur ?

Seigneur, où donc, en s’éloignant, au loin »

5- La prisonnière du désert - Eclairages, sons, décors

Marie-Anaïs Bluteau  /  Eurydice Boulard  /  Eric Bériot  /  Fabien Bloch-Houessou  /  Alison Brétéché

Thème de l’errance

Le manège de l’ouest

Qu’elle soit physique ou psychologique, l’errance est quasi omniprésente dans La prisonnière du désert. Du début à la fin du film, le spectateur suit la déambulation d’Ethan Edwards et Martin Pawley à travers les grands espaces américains.

Tous les personnages  sont très marqués par l’errance ; En particulier Ethan, le cow-boy solitaire n’ayant aucune attache affective. La guerre de Sécession ayant pris fin, il a attendu trois ans avant de rentrer au foyer. C’est un personnage profondément raciste qui n’hésite pas à crever les yeux des cadavres comanches. En effet, selon des croyances indiennes, l’âme serait incapable de se guider jusqu’au paradis sans ses yeux.  Elle errerait par conséquent dans les limbes. Cet aspect d’errance se retrouve aussi dans le nom de la tribu qu’Ethan et Martin pourchasse : les Nawyeckis, qui signifie littéralement « Manège ». Implicitement, les deux hommes pourchassent un Manège qui les fait tourner en rond de façon cyclique.

Au total, le film se déroule sur sept à dix années. Ces indications sont données par le vieillissement des personnages et par le cycle régulier des saisons. Les deux personnages semblent prisonniers d’un parcours comprenant « canyon », « désert », « forêt enneigé », puis de nouveau « canyon », etc.

L’errance est aussi psychologique. Ici, le personnage de Martin semble tiraillé entre deux camps : celui d’Ethan contre celui de Debbie. Torturé par son caractère indécis, Martin continue sa route à la recherche de repères auxquels il pourrait se raccorder. Un autre personnage, plus secondaire cette fois, possède le même schéma psychologique : il s’agit de Moise. Présenté comme un fou, il valse entre le camp américain et le camp comanche.

Finalement, le film se compare à une boucle qui se répète indéfiniment. Et c’est la séquence de fermeture qui vient conclure la boucle pour ensuite recommencer à l’aide d’une séquence d’ouverture très similaire dans le cadrage et la scène.

6- La prisonnière du désert - Errance

François Bourmault  /  Valentin Amossé  /  Alix Beck  /  Pierre-Gaëtan Besnard

Tags: Cinéma

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