L’exposition « Inquiétantes Étrangetés » a eu lieu dans la Chapelle de l’Oratoire de Nantes du 5 novembre 2011 au 15 janvier 2012. Elle est l’inauguration d’une longue série d’expositions sur les collections du musée.
« Inquiétantes Étrangetés » est une exposition particulière dont les œuvres sont choisies par Blandine Chavanne, directrice du Musée. Ces œuvres ont toutes un lien avec le singulier, l’insolite, le trouble, le difficilement reconnaissable, voire l’effroyable.
Elles mettent en relation l’inquiétude et le questionnement du spectateur sur le message qui est véhiculé qui serait plus ou moins de la fiction ou de la réalité ?
La disposition des œuvres par thème, amène les visiteurs à poursuivre leur chemin afin de s’interroger encore plus sur la perception des images, de comprendre ce qu’elles véhiculent et de quelle manière.
Paul LEC’HVIEN
De la Toile au Miroir

Dans cette partie de l’exposition, les œuvres présentent différentes utilisations de la toile et du reflet.
Le reflet est présent dans le Portrait de Madame de Sennones, d’Ingres, on peut l’observer dans le miroir placé derrière elle. On peut noter une incohérence à cause de ce reflet, car il est beaucoup trop sombre par rapport à la luminosité de la pièce. Cependant, il met en valeur le teint de Madame de Sennones qui contraste avec l’obscurité du miroir.
On peut ici trouver un lien avec l’œuvre située en face dans la galerie, en effet on a l’impression que Madame de Sennones est éclairée par le reflet de l’œuvre de Saâdane Afif, Brume, celle-ci tranche avec le miroir noir d’Ingres.
Cette dernière tire son originalité de sa matière et de sa relation avec le spectateur. Elle est composée de panneaux réfléchissants d’autoroute qui la rendent interactive en reflétant la lumière en fonction de la position du spectateur.
L’œuvre Achrome de Pietro Manzoni interroge sur la conception même de la toile. En effet, ici la toile n’est plus pensée uniquement comme support mais comme objet de création. Manzoni utilise la toile pour jouer avec l’aspect plissé et durcie de la matière.
Face à elle, se trouve la photographie de son envers : Verso n° 44, Achrome de Philippe Gronon, cela créé un effet de miroir entre les deux œuvres.
Rosemarie Trockel revient aux sources de la toile dans son œuvre Sans Titre représentant une chemise pouvant être portée par une femme, ou un homme, accompagné d’une araignée morte. Elle semble avoir tissée la chemise jusqu’à l’épuisement, la mort. On peut l’interpréter comme un hommage au dur labeur de la création.
La présence de l’araignée est inattendue et créé des interrogations. Cet élément étrange et discret change la lecture initiale de l’œuvre et pose des questions sur la condamnation de ce pauvre arachnide.
On retrouve des bizarreries dans le tableau représentant Madame de Sennones dont le bras droit est étrangement long, on a l’impression que son épaule est déboitée mais c’est une volonté d’Ingres afin de reproduire la courbe de son visage. La noirceur du miroir créé également une atmosphère inquiétante, seule une partie du modèle est reflétée.
Les panneaux réfléchissants utilisés dans l’œuvre d’Afif, fabriqués pour l’indication routière, attirent l’œil du spectateur par son aspect particulier. Il se demande donc d’où viens cette matière qu’il semble reconnaître et se pose la question de sa véritable utilisation.
La toile de Manzoni a une texture inattendue. Sa mise en volume donne un aspect différent et étrange, qui donne envie au spectateur de caresser ce monochrome. La blancheur de la toile est brisée par le jeu d’ombres des plis ne dessinant rien d’autres que des formes abstraites.
De l’autre côté de la pièce, le photographe questionne, dans sa prise de vue, les faces cachées des œuvres, surprenant le spectateur en lui exposant ce que communément l’artiste ne montre pas. On peut y voir les annotations, les salissures, les dégradations et les restaurations du tableau. C’est en quelque sorte l’âme de la toile, son histoire.
Dans cette exposition, les artistes ont utilisés des techniques transformant l’habituel en inhabituel rendant ainsi les travaux étranges, voir inquiétants.
Margot GOSSELIN - Ugo JANISZEWSKI - Gaël JAFFREZIC - Bastien HENRY
L’enfer et la maladie

L’exposition « Inquiétantes Étrangetés » déconcerte et trouble. Le spectateur est embrigadé dans une série d’œuvres toutes différentes qui semblent avoir trouvé leur place entre les murs de cette curieuse exposition. Les projets ici réunis ont tous à voir avec le bizarre. C’est à travers les œuvres singulières d’artistes marginaux qu’on découvre le monde de l’enfer et de la maladie, du rêve et de l’imaginaire, de la mort et du crime ou encore de l’interprétation et du réel. La réaction du spectateur est alors mise au premier plan : on s’intéresse à ses sentiments face à des images déconcertantes et inquiétantes où on semble confondre fantastique et réalité.
On découvre alors le travail de cinq artistes aux travers des thèmes macabres de l’enfer et de la maladie. L’enfer correspond au monde souterrain où descendent les âmes des morts pour y recevoir leur châtiment. Celui représenté ici est l’enfer proprement dit, l’enfer chrétien qui mène à un monde fait de sanctions physiques et morales pour expier les fautes terrestres. La maladie quant à elle renvoie à des symptômes correspondant à des troubles dus à des causes externes ou internes. C’est dans une ambiance lugubre et angoissante que le spectateur découvre les tableaux, les photographies, les montages photographiques et les performances liés à cette intrigue.
L’œuvre de Jules Elie Delaunay s’interprète facilement: la tension et la torsion du corps nous emmène à ressentir la douleur de Ixion qui paye les pêchers de sa vie terrestre. Jana Sterback se met elle même en scène dans son œuvre intitulée Artist as a combustible. La flamme qui provient du bol placé sur sa tête rappelle le décor du monde de l’enfer : on imagine parfaitement une terre orangée faite de feux et d’ombres inquiétantes comme celle représentée sur la photographie. Le corps est ici utilisé comme matière première : il est près à être consumé comme sont consumés les corps aux enfers. Gilbert et George, quant à eux réalisent Spunkland en 1997 : le corps devient alors le sujet et la matière. Le spectateur est face à deux hommes nus qui posent devant ce qui semble être des vitraux. Les deux artistes ont en réalité voulu interpréter les personnages d’Adam et Eve sur le point d’être chassés du Paradis terrestre. On les retrouve face à ce paysage luxuriant et énigmatique représenté à l’arrière plan : il est en réalité un plan microscopique d’un nuage de spermatozoïdes et d’un ovule. On comprend naturellement le rapport à la sexualité dans ce tableau qui est vue comme quelque chose de grand et de fantasmagorique. L’orientation sexuelle des artistes nous amène cependant à penser qu’ils dénoncent de façon subtile le risque qui y est lié. On sait effectivement que les couples homosexuels seront touchés par le virus du sida vers la fin des années 70. On inflige ainsi à Adam et Eve (ainsi qu’à Gilbert et George) la vie terrestre avec le danger, la maladie, le sida et donc la mort. La photographie de Sophy Rickett montre une femme qui urine debout tel un homme. Elle met ainsi en évidence les préjugés, les discriminations sexistes et les injustices faites aux femmes de façon amusante. Cette photographie semble appartenir au thème de la maladie : le spectateur déconcerté se demande si la femme présente sur le tableau en est réellement une.
C’est à travers une ambiance un peu sombre que l’on découvre un homme tordu de douleur, un christ cadavérique, une femme sur le point d’être consumée, deux hommes nus devant un vitrail de spermatozoïdes et une femme androgyne. Le spectateur est directement touché par ces œuvres qui dérangent dont le thème traverse inlassablement le temps et inspire toujours autant les artistes. Le corps est présent dans la majorité des œuvres et devient ainsi leur matière première. Ce thème déroutant s’inscrit parfaitement dans le thème de l’exposition : l’enfer et la maladie s’entremêlent et se rapprochent dangereusement d’un autre thème présent à la chapelle de l’Oratoire, celui de la mort.
Morgane LE BAS - Morgane GUYOT - Clémence GUILLEMYN - Clémence GERMAIN
Le rêve et l’imaginaire

Dans le cadre de notre visite culturelle du Musée des Beaux Arts, situé dans la Chapelle de L’Oratoire, nous avons pu nous intéresser à l’exposition Inquiétantes Etrangetés. Dans la section « le rêve et l’imaginaire », trois œuvres nous étaient présentées.
Tout d’abord, l’œuvre nommée L’apparition de l’ange à saint Joseph ou le songe de saint Joseph de Georges de la Tour, traite du rêve. Tandis que l’œuvre de On Kawara, One million years traite de l’imaginaire. L’œuvre de Chantron, Feuilles mortes, traite elle du rêve et de l’imaginaire.
Cette section est bien choisie pour l’œuvre de Georges de le Tour, le titre de celle-ci l’évoque clairement : le songe de saint Joseph. Cette œuvre est typiquement caravagiste, elle nous plonge dans un climat surnaturel, le clair-obscur intensifie le côté mystérieux de la jeune fille plus éclairée et donne un effet de gestes lents et silencieux (grâce aux lignes épurées, c’est l’esprit typiquement classique). Dans une première lecture, la scène parait être de la vie quotidienne mais dramatique avec des personnages non idéalisés (défauts accentués) alors que dans une seconde lecture, il s’agit d’un ange qui vient annoncer la naissance de Jésus à Joseph. Elle est à la fois réelle et floue, on ne sait distinguer si on voit le rêve de Joseph, ou si on voit Joseph rêver. Dans tous les cas Joseph dort et rêve. La toile ne contient aucun élément typiquement religieux (absence d’auréole), tout est affaire d’interprétation.
L’œuvre de Chantron nous paraît également bien inscrite dans la section du rêve et de l’imaginaire. En effet, le paysage paraît sortir tout droit de l’imagination de l’artiste. Les corps cadavériques des jeunes femmes prennent une tonalité orangée sous l’effet du coucher de soleil. Tandis que le premier plan est morbide, le paysage au second plan parait paisible, donnant une atmosphère ambigüe. Les feuilles, les femmes et le soleil dorment, ce qui donne une atmosphère soporifique. Que s’est-il passé ? Les femmes dorment-elles ou sont-elles mortes ? L’interprétation reste ouverte.
L’œuvre de On Kawara, One million years semble appartenir à la section de l’imaginaire. Les dates égrainées rappellent le temps qui s’écoule : on peut donc inclure cette œuvre dans la veine symboliste. C’est à nous d’imaginer ce qu’on veut lors de la prononciation des dates. Ici lors de la prononciation des dates, nous pouvons nous évoquer des souvenirs. Ainsi, notre propre souvenir devient une œuvre d’art.
D’autres œuvres de l’exposition aurait pu faire partie de cette section du rêve et de l’imaginaire, comme l’œuvre de Rosemarie Trockel, Sans titre, située dans la partie « la toile et le reflet ». On peut s’imaginer que notre reflet est l’œuvre de part la déformation.
L’atmosphère mystérieuse du songe de saint Joseph, le climat morbide de Feuilles mortes, ainsi que le questionnement posé par l’atypique One Million Years sur le sens de la prononciation des dates, dégage un sentiment inquiétant, étrange, presque dérangeant.
Cindy GUIBOUIN - Marine LE RAZAVET - Iris HAUCK - Léonard GRIGNÉ
La mort et ses différents aspects

Le terme « inquiétantes étrangetés » est décrit par Freud comme étant « cette sorte de l’effrayant qui se rattache aux choses connues depuis longtemps, et de tout temps familières ». L’exposition propose une section la mort, le crime, la métamorphose, section sur laquelle nous allons nous pencher.
Les différentes pièces réunies dans cette section font toutes appel à des choses que nous connaissons, tels que des objets quotidiens ou le cercle familial. Ainsi parmi les trois photographies de Raoul Michelet, Brassaï et Claude Cahun on observe des bébés baigneurs mutilés, des plumes, des déchets de plage … Ces éléments familiers sont livrés à nos yeux dans un contexte qui nous met mal à l’aise car ce dernier est inhabituel. Dans les autres œuvres, cette notion d’inconfort passe par d’autres moyens. Dans l’œuvre de Jean Benner, Salomé fixe le spectateur d’un regard mort, un regard comme dénué d’humanité. Dans les tableaux de Jacques Blanchard et de Giovanni Battista Spinelli, les héroïnes Lucrèce et Judith sont représentées de manière très séductrice bien que l’une soit une meurtrière et l’autre suicidaire. Le tableau Le Devin Tirésias se métamorphosant en femme fait appel à la notion d’hermaphrodisme, notion encore inquiétante pour nos contemporains. Dans la dernière œuvre de cette section, c’est l’atmosphère dépeinte par l’artiste, la luminosité et les couleurs ternes: c’est la qualité graphique de l’œuvre qui nous dérange.
Bien que ces œuvres s’inscrivent dans le thème des inquiétantes étrangetés, elles font toutes appel à différents thèmes en l’occurrence : la mort, le crime et la métamorphose.
Dans la photographie intitulée Le Père de Claude Cahun on peut interpréter la figure comme une image paternelle mise à mort spirituellement par l’artiste, comme une poupée vaudou. Les œuvres La Poupée de Brassaï et Objet de Raoul Michelet, quant à elles font appel à la mort de l’enfance, voire à un crime infantile. Le personnage de Salomé est un personnage plein de contradictions, c’est une femme d’une extrême beauté, mais son manque d’humanité la conduit au crime. Dans le tableau attribué à Giovanni Batista Spinelli, le personnage de Judith vient de commettre un crime en tranchant la tête d’Holopherne. Lucrèce dans l’œuvre de Jacques Blanchard, c’est la mort qui ressort du tableau de part le suicide de Lucrèce. L’histoire du personnage nous apprend aussi que le tableau peut parler de la métamorphose de l’empire romain après le sacrifice de l’héroïne éponyme du tableau. Le devin Tirésias dans l’œuvre de Pietro de la Vecchia se métamorphose en femme peu de temps après son crime, il renvoie donc à la métamorphose : son crime le métamorphose. Finalement dans La Mort de la pourpre de Georges-Antoine Rochegrosse, nous retrouvons les trois thèmes réunis. Le personnage reconnu comme Apollon, dieu des arts et de la beauté est mort. A ses côtés, un homme du monde moderne se lamente : on peut considérer que ce personnage fait le constat de la mort des arts assassinés par les temps modernes.
Toutes les œuvres font appel à la mort que ce soit sous forme de crime, de suicide ou de métamorphose. Il est important de noter que toutes les morts représentées dans ces œuvres dépeignent la mort de façon inquiétante, et cela de manière graphique ou symbolique.
Jean-Gabriel JABLANCZY - Daphné LE CLEAC’H - Félix JOUBERT - Ivan LE PAYS DU TEILLEUL - Jules LEDUC
Le visage et les masques, ou comment les artistes troublent notre sérénité

Le visage est la partie antérieure de la tête chez un humain. L’une de ses caractéristiques est de pouvoir traduire physiquement nos ressentis. Le masque, lui, en fige certaines expressions en les copiant de façon plus ou moins précise et réelle. Il peut servir à se dissimuler, à se déguiser ou à faire passer un certain nombre de messages. La différence entre un visage et un masque reste très subtile et dépend de nombreuses caractéristiques, c’est pourquoi les artistes aiment en jouer. Dans cette galerie, l’effet produit par les œuvres est commun : elles dérangent les visiteurs. Pour cela, chaque artiste a sa propre technique.
Certains s’amusent à transformer leur propre en corps en masque comme Marina Abramovic qui s‘automutile pour obtenir d’intrigantes expressions faciales. Craigie Horsfield, lui, utilise un fort contraste et la photographie pour obtenir un résultat semblable: un masque neutre et figé.
Tandis que d’autres, tel que Rosemarie Trockel, jouent sur le lien délicat entre le visage et le masque. En effet dans Le Petit roi, on ne peut affirmer avec certitude la nature du personnage représenté. Le même univers se retrouve dans Kiga-Crucifixion-Trace de Gérard Gasiorowski. Noyé dans l’abstrait, on ne sait comment interpréter la forme discernée. Est-ce un masque ou un visage?
L’Autoportrait couvert de masques de Claude Cahun est à mi-chemin entre les deux « styles de jeu » précédemment évoqués. Nous hésitons entre deux moyens d’expliquer l’interprétation : le visage est-il transformé par le fort contraste de la photographie ou est-ce la multitude de masques qui nous laisse penser que le visage en est un? Partant du principe que ces œuvres n’étaient pas réunies par hasard, ce personnage masqué semble être la clé de voûte de cette section de l’exposition. Cependant, ce raisonnement nous reste propre car après lecture de l’explication de l’œuvre, l’artiste a plus travaillé le travestissement que le lien entre le visage et le masque.
Finalement, dans l’ensemble de ces œuvres, les artistes travaillent en rapprochant le masque et le visage de façon différente, originale et perturbante. On ne peut nier l’inquiétante étrangeté, nœud central de la collection.
Josselin HILLION - Marie JEGAT - Hélène GUILLARD - Ségolène LE HENAFF
L’imagination, outil de notre interprétation

Lors de la visite de l’Exposition « Inquiétantes Étrangetés » au Musée des Beaux-Arts de Nantes, la section « l’interprétation et le réel » nous faisait part d’un ensemble d’œuvres étranges et mystérieuses.
Ces œuvres qui mêlent le réel et l’abstrait peuvent interroger le spectateur. Il est alors mené à travailler son imagination et à apporter un regard critique. Son interprétation fonde le rapport à l’œuvre, chacun ressentira l’œuvre d’une manière différente. Il donne le sens qu’il veut à la création artistique à laquelle il est confronté. Quant à l’artiste, lui, provoque volontairement l’attention du spectateur par des formes imaginaires.
Pour commencer, l’œuvre Forêt (1925) de Marx Ernst, plonge le spectateur dans un sentiment d’étrangeté. Au premier regard, l’interprétation est libre, le spectateur peut envisager plusieurs réponses. C’est en ayant découvert le titre que l’œuvre prend tout son sens, il est essentiel à la compréhension de l’œuvre. Par la technique du frottage – recouvrir, frotter, découvrir – qui se rapproche de l’écriture automatique des surréalistes, on retrouve la représentation de troncs d’arbres par le support qu’il a utilisé pour son œuvre : du bois. Le bois devient forêt. L’artiste plonge le spectateur dans un univers mystérieux mais le guide à comprendre son œuvre grâce au titre. Le rendu abstrait représente finalement quelque chose de réel.
Cependant, d’autres artistes comme Yves Tanguy, avec son œuvre Sans titre (1927), confronte le spectateur à un tableau complètement énigmatique. Il est libre d’imaginer l’univers de l’œuvre. Celui-ci semblerait mi-aquatique, mi-céleste. Les formes sont non identifiables, il n’y a aucune logique. La référence au réel se fait par la possibilité d’une éventuelle plage, mais l’on ne comprend pas réellement ce qu’illustre l’œuvre dans son ensemble. Le spectateur peut-être alors perdu devant un espace qui lui est inconnu. L’œuvre peut devenir incompréhensible par la présence de ces formes irréelles.
L’abstrait a permis aux artistes de se comprendre eux-mêmes. Annette Messager a créé une série de trente dessins et textes encadrés, Album n°47 (1973). Cette pratique quotidienne a été une réelle évaluation psychologique d’elle-même. L’artiste fait sa signature, une fois par jour, à l’encre noire, sur du papier qu’elle pliait afin de former des formes abstraites. Sous chacune des formes, l’artiste écrit sa propre interprétation. Le spectateur qui aura un regard extérieur, pourra interpréter à sa façon ses différentes formes puis comparer cette analyse à celle de l’artiste.
Afin de conclure, nous pouvons remarquer que la section « l’interprétation et le réel » de l’exposition Inquiétantes Etrangetés, nous permet à tous de laisser libre cours à notre imagination. Certains artistes jouent sur ce jeu d’interprétation et donnent des pistes aux spectateurs tandis que d’autres nous laissent complètement démunis face à leurs œuvres mystérieuses. Les émotions ressenties sont propres à chacun et nous permettent une interprétation personnelle.
Esther JACQUET - Zoé JARNY - Jérémy LECLAIR - Margaux LECRENAY - Alice LAIRY
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