Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

14 mars 2013    Non classé · Théâtre   

Publié par l.vantorre

Qui vive, Lieu unique, novembre 2012

Compte rendu, par les étudiants A1, du spectacle Qui vive, un spectacle de magie philosophique, politique et théâtral.

Illustration par CARRIER Florentina  et KUPIEC Coline

Illustration par CARRIER Florentina et KUPIEC Coline

Qui vive : Un spectacle dirigé par Thierry Collet

Thierry Collet, concepteur et directeur du projet Qui-vive, est l’auteur de sept spectacles qui mélangent théâtre et magie.

D’abord passionné par la magie, il assiste, enfant, à des spectacles avec ses parents, lit des livres sur la magie, est un client assidu de la Mayette Magie Moderne, puis devient  membre de la Fédération Française des Artistes Prédicateurs. Après quelques spectacles et concours, « il se sent à l’étroit dans son costume de magicien. Il a envie de travailler sur la théâtralisation, la narration, l’esthétique et la dramaturgie, mais ne trouve pas de réponses du côté des magiciens ». Après s’être inscrit en fac de philosophie et de physiologie ainsi qu’à des cours de théâtre il ira au Conservatoire National Supérieur d’Art dramatique. Le théâtre a redonné du sens à sa quête de la magie, en élargissant la vision qu’il en avait.

Dans Qui vive, il oscille entre le rôle de magicien et de comédien mais aussi dans son précèdent spectacle Influence, avec une capacité d’orateur qui captive le public.  Qui vive suit d’ailleurs les grandes lignes de ce spectacle, même si celui-ci est beaucoup plus poussé dans la manipulation mentale.

Il semble qu’il trouve les magiciens trop passifs parce qu’ils reproduisent sans cesse des tours identiques, avec la même façon de s’exprimer au public, alors que le théâtre, lui, a évolué.

Dans les tours traditionnels le spectateur est juste émerveillé par ce qu’il voit, il n’essaie pas de l’analyser. Dans Qui vive, au contraire, les différents tours permettent de provoquer un état de questionnement, on se demande pourquoi les manipulations fonctionnent et non pas comment.

Thierry Collet a voulu commencer le spectacle en  dévoilant un tour. Kurt Demey, Carmelo Cacciato et lui-même reproduisent quatre fois le tour avec les mêmes gestes qui expliquent les procédés. L’enjeu étant de dévoiler sans pour autant donner l’impression de faire un cours de magie. Qui vive est plus de l’ordre d’un spectacle de cirque que d’une pièce de théâtre traditionnelle, c’est sans doute le côté circassien de Thierry Collet qui ressort. Quand il a créé Qui vive avec l’aide d’Eric Dildy, leurs souhaits étaient de leurrer le public en lui faisant croire qu’il serait en capacité de manipuler et d’influencer à son tour à la sortie du spectacle.

(Citation issue de l’interview de Thierry Collet par Sébastien Bazou pour le site Artifake)

Par CARRIER Florentina & KUPIEC Coline

Illustration par ANQUETIL Alexandre, DEROUET Justine, EMERIAU Chloé et LAROCHE Thomas

Illustration par ANQUETIL Alexandre, DEROUET Justine, EMERIAU Chloé et LAROCHE Thomas

Qui vive ou l’illusion de la connaissance

Dans sa dernière pièce Qui vive, Thierry Collet cherche à interpeller le public, l’amener à s’interroger et à se méfier.

Pour cela, il tente d’instaurer un climat de confiance dès le début du spectacle, en expliquant le premier tour de passe-passe à plusieurs reprises, de façon à ce que l’assistance en comprenne parfaitement le principe. Ainsi, les trois magiciens endorment l’attention du public, qui pense être à l’abri de toute tentative de manipulation, et qui s’attend à tout comprendre.

Mais on se rend rapidement compte que ce n’est absolument pas le cas, puisque Thierry Collet et ses deux acolytes commencent à nous manipuler dès le deuxième tour. Pour cela, ils usent à merveille du principe de détournement d’attention.

En faisant cela, les prestidigitateurs veulent mettre les spectateurs en état d’analyse. On cherche à tout prix à découvrir de quelle façon ils parviennent encore et toujours à nous tromper, ce qui nous rend plus réceptifs au message que Thierry Collet tient à faire passer : soyez méfiants. Par exemple, lorsque les illusionnistes parviennent à dévoiler une partie de la vie privée de certains spectateurs (en apparence grâce à une simple photographie) ils tentent de nous ouvrir les yeux sur les dangers de l’étalage de notre vie privée sur Internet. De manière générale, Thierry Collet parvient à instaurer une atmosphère de « jubilation collective et d’inquiétude réelle » dans le public.

Tout au long du spectacle, le magicien tente de nous faire comprendre pourquoi, et non comment, ces illusions fonctionnent. Sans être tout à fait parvenus à percer à jour le secret du tour, on en perçoit le principe de base, qui au final reste toujours le même : le détournement d’attention.

Paradoxalement, si Thierry Collet nous manipule, c’est pour nous mettre en état de veille et nous permettre de mieux appréhender le réel. Ainsi, dans un des tours, il amène un spectateur à choisir une couleur en particulier parmi six, en utilisant des techniques de manipulation mentale. Ici, le but du magicien est de nous ouvrir les yeux sur les techniques souvent utilisées en politique et surtout par les publicitaires, qui sont dangereusement proches du principe de propagande.

Sur le moment, Thierry Collet parvient à ses fins. En effet, tout le monde s’accorde sur le fait que la pièce nous a poussés à l’analyse et à la réflexion. Cependant, il ne va pas assez loin, et la magie a tôt fait de disparaitre, l’effet produit sur le spectateur ne parvenant pas à perdurer après la fin de la représentation.

Par ANQUETIL Alexandre, DEROUET Justine, EMERIAU Chloé & LAROCHE Thomas

Illustration par BABIN-CHEVAYE Raphaëlle, AXELOS Etienne, GUILLONVERNE Lucas et PAINCHAUD Justine

Illustration par BABIN-CHEVAYE Raphaëlle, AXELOS Etienne, GUILLONVERNE Lucas et PAINCHAUD Justine

QUI VIVE _ Jeu et interprétation

Tout au long de la pièce le public est guidé par le rapport perception/détournement, utilisé par les prestidigitateurs. Les manipulations mentales des trois magiciens Thierry Collet, Carmelo Caciatto et Kurt Demey placent le spectateur en éveil, à l’affut de ce qu’il perçoit.

Pour ce faire, les illusionnistes utilisent différents procédés. Ils enchaînent des moments de distanciation, lorsqu’ils font un tour par exemple, qui mène à une appropriation du public attentif, à qui ils donnent quelques « trucs ». Ce partage installe une confiance envers les manipulateurs qui jouent avec les spectateurs en les mettant également à contribution. Ce réalisme permet au public d’être de moins en moins passif. Leurs gestes sont clairs, dynamiques et fluides. La rapidité et l’alternance entre le discours et le silence donne un rythme à la représentation, soutenue par une appropriation de l’espace. En effet les trois magiciens exploitent les coulisses, la scène bien sûr mais également les gradins, et n’hésitent pas à y circuler.

En majorité face au public, excepté pour un tour de Kurt Demey  remplacé par un complice, ils peuvent aussi se placer de trois quart. Ce positionnement permet un placement de voix destiné au public. Qu’ils se parlent entre eux, qu’ils soient silencieux ou locuteurs, l’auditoire semble avoir une clairvoyance, vis-à-vis de ce qu’il regarde mais c’est en réalité un effet utilisé afin de s’approprier le public et créer une illusion pour appréhender le réel.

Tous trois d’origines différentes, ils jouent de leurs accents, notamment au moment du spectacle où ils se demandent entre eux, ce qu’est la magie avec un jeu de « playback » destiné à troubler et amuser l’assistance. L’interactivité est permise aussi par l’appréhension des spectateurs. Dans cette optique, Kurt Demey, Carmelo Caciatto et Thierry Collet s’expriment avec un souci d’éloquence, particulièrement distinct chez ce dernier dont la diction est claire et articulée. Quant à Kurt Demey et Carmelo Caciatto, ils ont pour l’un une tonalité propice à la manipulation et pour l’autre un personnage sur joué à la manière de Scapin, dans la pièce de Molière, Les fourberies de Scapin. Cela dit un parallèle entre la scène dans laquelle Scapin se joue de son maître et le moment de Qui vive Demey joue au pickpocket, est intéressant.

Cette pièce pose beaucoup de questions face au réel et à sa perception, ainsi que la naïveté d’un public pourtant averti et sollicité.

Par BABIN-CHEVAYE Raphaëlle, AXELOS Etienne, GUILLONVERNE Lucas et PAINCHAUD Justine

Illustration par COLLET Théophile, GAUTIER Liz, GRELET Anne et RAMBAUD Bettina

Illustration par COLLET Théophile, GAUTIER Liz, GRELET Anne et RAMBAUD Bettina

Qui Vive est un spectacle de magie misant sur le simple en terme de décor en effet le décor est constitué de six panneaux situés au fond de la scène, ces derniers changent de couleur tout au long du spectacle et ce en fonction de l’ambiance du tour de magie. Nous avons pu constater lors du spectacle, qu’au moment où les magiciens ont besoin de plus d’attention de la part du public (ou du moins d’attirer le regard des spectateurs sur un endroit précis) les panneaux constituant le fond du décor s’habillent de couleurs vives.

Ces couleurs vives ne sont pas anodines, car elles permettent d’appuyer une ambiance particulière voulue par le réalisateur et ses complices.

Cette simplicité permet une certaine proximité entre les magiciens et le public dans la mesure où l’échange et le travail sont mis en avant, ainsi le public se sent en confiance alors qu’il est totalement manipulé. Là, est un des points essentiels construisant le spectacle. La proximité induite une certaine confiance par l’instruction des tours de magie donnés au public par les magiciens, par exemple avec le bureau faisant référence à une salle de classe dans laquelle les magiciens joueraient le rôle des professeurs.

En ce qui concerne les costumes ils sont généralement de couleurs vives, néanmoins ils restent eux aussi plutôt simples. Ces costumes de couleurs vives font au début du spectacle référence aux panneaux constituant le décor. Au fil du spectacle ces costumes changeront ils seront composés par des motifs colorés donnant ainsi une touche humoristique.

Les costumes rentrent également dans un processus dynamique car à certains moments du spectacle ils deviennent accessoires de magie. Nous avons pu également à travers ces moments nous laisser prendre à un humour plaisant.

Les accessoires ont une fonction utile et non décorative. Au fur et à mesure de la pièce on constate une évolution dans le choix des accessoires. Au début ce ne sont que des objets utilisés pour de simples tours de magie, ils permettent de mettre en confiance le spectateur : gobelets, boules de papiers, pièces… pour ensuite nous tromper en ayant recours à des outils de manipulation médiatique tels que des journaux ou encore un appareil photo. De plus le spectateur se retrouve pris au dépourvu lorsque les magiciens utilisent des outils technologiques (appareil photo, écran, tablette graphique).

On peut donc dire que Qui Vive est un spectacle de magie où les accessoires occupent une place importante. Aucun détail n’est laissé au hasard. Les accessoires permettent donc aux magiciens de tromper et détourner le public durant l’intégralité du spectacle.

Par COLLET Théophile, GAUTIER Liz, GRELET Anne et RAMBAUD Bettina

Illustration par Charrier Romain, Chirouze Yolaine, De Font-Réaulx Tiphaine et Colombo Zelda

Illustration par Charrier Romain, Chirouze Yolaine, De Font-Réaulx Tiphaine et Colombo Zelda

QUI VIVE

Trois magiciens font et défont des tours et nous laissent perplexes.

Ce spectacle de magie mentale nous a proposé une réflexion intéressante sur la manipulation. 
Cependant il n’a pas comblé les attentes de tous, puisque leur site internet évoque des idées qui ne sont pas forcements apparues. Ce fut tout de même un moment très agréable. 
Durant cette pièce de théâtre (si l’on peut bien parler de théâtre), nous étions constamment sur nos gardes. Dès le début du spectacle, Thierry Collet, le metteur en scène et comédien, nous pousse à nous focaliser sur les failles possibles. Les trois magiciens jouent avec nos moments d’inattention, pour réaliser leurs tours. De temps en temps ils trompent notre vigilance, en nous mettant dans la confidence. Du fait de leur statut de magicien, on leur fait plus facilement confiance. Peut-on faire confiance ?
Pour faire un rapprochement avec l’éclairage et le son, nous pouvons tout d’abord observer le fond de la scène.

Il nous a directement fait penser aux écrans trop colorés de vieilles télévisions, dus au signal test, lorsque la télé ne captait pas. Nous pouvons faire l’analogie avec la manipulation faite par Thierry Collet. Tout au long du spectacle, les couleurs de ce fond changent pour correspondre aux scènes. Pour les scènes vives, les couleurs sont gaies et lors de scènes qui nous demandent plus d’attention, le fond est plutôt terne. Ici les lumières permettent de montrer ce qui doit être mis en évidence, et par la même occasion de cacher ce qui ne devait pas être vu.

Le son est quant à lui très présent. En effet la musique de fond permet de créer un suspense supplémentaire à cette pièce. De plus les voix sont un élément important. Chaque magicien a son propre accent. Ces accents donnent une certaine dynamique au spectacle et un certain charisme à chacun. Ils nous permettent d’avoir des repères… sauf lorsqu’ils décident le contraire.

En fait, ces magiciens se jouent de nous, nous manipulent en détournant notre attention. N’y aurait-il pas une analogie avec la vraie vie ?

Par Charrier Romain, Chirouze Yolaine, De Font-Réaulx Tiphaine et Colombo Zelda

Illustration par Mazenot Antoine, Raquin Valentine et Baudinet Hugo

Illustration par Mazenot Antoine, Raquin Valentine et Baudinet Hugo

Qui vive est une pièce de théâtre de Thierry Collet annoncée comme un spectacle de magie philosophique, théâtral et politique qui doit nous faire réfléchir sur la présence de la manipulation et de la maîtrise du mensonge dans la vie de tous les jours.

Néanmoins nous n’avons pas perçu le côté philosophique du spectacle comme il nous était présenté dans le synopsis, c’est-à-dire comme une série de pistes de réflexion qui nous aurait aidé à percevoir certains aspects de notre société que nous ne soupçonnions pas (influence du marketing, de la publicité). Nous l’avons plutôt perçu comme une éducation à la magie assez accessible.

De plus, les textes, peu nombreux, accentuent cette impression d’assister à un spectacle de magie  « tout public » et non une pièce de théâtre philosophique.

Dès le début du spectacle les comédiens brisent la frontière qui les sépare des spectateurs en interagissant avec eux, leur faisant prendre part au spectacle. Dès lors une méfiance s’installe dans le public, qui s’attendait à assister à une pièce de théâtre et non en être acteur. Les magiciens jouent avec la salle créant une atmosphère d’insécurité pouvant être désagréable pour certaines personnes dans l’assistance, redoutant d’être appelées sur scène faisant d’elles des victimes de leur manipulation, qui va parfois assez loin.

Cependant, Qui vive reste un excellent spectacle de magie. La dextérité des trois magiciens est impressionnante et leur rhétorique sert avec perfection leurs tours de magie et de manipulation. Nous devons également souligner l’humour des trois magiciens qui ont fait rire le public plus d’une fois.

Par Mazenot Antoine, Raquin Valentine et Baudinet Hugo

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