Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

26 mars 2013    Non classé · Théâtre   

Publié par l.vantorre

Life reset, Théâtre Universitaire, novembre 2012

Compte rendu par les étudiants A1 du spectacle Life reset, joué au Théâtre Universitaire le 22 novembre 2012.

Illustration par CHEVROTON Camille, QUILLEVERE Maxime, DODIN Jean-Baptiste, CHATEAU Camille et GAUDOU Charlotte

Illustration par CHEVROTON Camille, QUILLEVERE Maxime, DODIN Jean-Baptiste, CHATEAU Camille et GAUDOU Charlotte

Life Reset est une pièce de théâtre de Fabrice MURGIA, jeune homme de 30 ans, s’inspire d’un vice de notre société : Internet et le Chat.

Cette pièce nous amène à réfléchir à une problématique très contemporaine, vivre sa vie par le biais d’un substitut virtuel peut-il paradoxalement nous amener vers une nouvelle formelle solitude ?

Dès notre entrée dans la salle nous sommes déstabilisés, voire agressés par un fort bourdonnement, suivi d’un silence assourdissant. Ce dernier, agrémenté d’une vidéo d’un trafic routier très dense et accéléré, sans doute d’une mégalopole américaine.

Le metteur en scène belge, Fabrice MURGIA s’inspire de l’image que la ville lui renvoie : « celle de toutes les petites fenêtres lumineuses qui brillent dans la nuit lorsque l’on quitte une ville en train…comme un assemblage de plein de solitudes qui se côtoient sans se connaître ». Il a voulu se focaliser sur l’une d’entre elles, que l’on pourrait qualifier d’universelle. Le spectateur peut donc facilement s’identifier à la protagoniste au travers de cette pièce.

Nous pouvons imaginer que le thème de la solitude tient à cœur au metteur en scène du fait de son statut de petit-fils d’immigré.

La pièce, dénuée de dialogues, renforce la notion de solitude. Cependant, un équilibre est créé par l’abondance de vidéos apportant deux points de vue : une image numérique et la scène jouée sous nos yeux. Fabrice MURGIA délivre un message plus fort que le dialogue par le biais du multimédia. Son lien privilégié avec les nouvelles technologies peut être en partie expliqué par son jeune âge.

Dans l’ensemble, cette pièce a laissé des avis différents pour les membres du groupe. Certains se sont sentis dérangés ou agressés, alors que d’autres ont trouvé ça plutôt intriguant et étaient complètement imprégnés par l’histoire.

Par CHEVROTON Camille, QUILLEVERE Maxime, DODIN Jean-Baptiste, CHATEAU Camille et GAUDOU Charlotte

Illustration par Lola Feldman, Pierre-Emmanuel Moëc, Robin Pinard, Yoan Hautbois et Paul Bouisset

Illustration par Lola Feldman, Pierre-Emmanuel Moëc, Robin Pinard, Yoan Hautbois et Paul Bouisset

La pièce de théâtre Life : Reset / Chronique d’une ville épuisée de Fabrice Murgia raconte une journée d’une femme seule dans l’appartement trois pièces d’une grande ville.

L’histoire plonge le spectateur dans la vie quotidienne de cette pseudo-Ondine. Ses journées se construisent autour des médicaments, de son travail, et de son ordinateur, sa vie virtuelle. Elle semble être chanteuse et le fait qu’elle ait un travail la rend ordinaire, à l’extérieur de son appartement, dans cette ville où tout le monde se croise mais personne ne se parle.

Cette femme, rongée par la solitude, se réfugie dans un monde virtuel, sous le pseudonyme Ondine. Par le biais d’un avatar à son image, elle communique avec un inconnu se cachant derrière l’image d’un lapin : linden66. Virtuellement, leur relation est réaliste : leurs avatars s’embrassent, mangent ensemble. Lors d’un chat, linden66 dit à Ondine qu’il souhaiterait changer d’avatar pour une sirène. À deux reprises, cet élément revient dans le psychisme de la protagoniste. D’abord lors d’une crise, élément fondamental de la pièce. C’est le moment où le spectateur découvre la profonde dépression et la folie de l’héroïne. Ensuite, et pour clore la pièce, et la journée, Ondine se suicide dans sa baignoire, déguisée en sirène. Le lapin figure derrière elle.

Juste avant cette scène, Ondine et linden66 prévoient de se rencontrer. On peut alors supposer qu’ils veulent se rencontrer dans l’haut-delà. Le fait qu’elle soit déguisée en sirène peut aussi montrer que Ondine confond le virtuel et le réel. D’autre part on peut voir un rapport entre la sirène et la mythologie.

Par Lola FELDMAN, Pierre-Emmanuel MOËC, Robin PINARD, Yoan HAUTBOIS et Paul BOUISSET

Illustration par FRABOULET Sébastien, CLERO Sophie, MACHOU Iliès et ROUSSIN Julien

Illustration par FRABOULET Sébastien, CLERO Sophie, MACHOU Iliès et ROUSSIN Julien

Jeux et interprétations

« Une ville, c’est un tas de petites fenêtres isolées et dans chacune d’elles il y a une histoire, une solitude…»

C’est par ces mots que Fabrice Murgia, auteur et metteur en scène de la pièce, Life : Reset, nous propose de découvrir le sentiment de solitude que l’on peut éprouver dans les grandes villes malgré leur nombre d’habitants. Il nous invite à entrer par l’une de ces petites fenêtres pour nous faire découvrir le quotidien d’une femme seule, qui trouve refuge dans un monde virtuel constituant sa seule vie sociale.

En premier lieu nous traiterons de l’aspect visuel de la pièce avant de nous concentrer sur sa dimension auditive.

Initialement, la pièce débute par une projection en noir et blanc d’un paysage urbain, posant le cadre spatio-temporel de la pièce. S’en suit la première scène de laquelle émerge l’ambiance générale de la pièce, à la fois sombre et routinière. On constate rapidement la présence d’un écran qui permet d’avoir deux points de vue sur la scène. Cela influe énormément le jeu de l’actrice qui doit jouer non seulement pour le public mais aussi pour la caméra.

Ce procédé donne également au spectateur une approche omnisciente de la vie de cette femme, à la limite du voyeurisme. Cette incursion dans son intimité devient flagrante quand on la suit dans sa salle de bain au travers de son miroir. Sa préparation rituelle nous permet de nous identifier à elle, mais créé également un sentiment dérangeant lorsqu’elle décide de se faire un sourire de joker.

Cette sensation dérangeante est accrue par les effets sonores. On prendra comme exemple les variations extrêmes du niveau sonore.  En contrepartie, l’actrice est muette pendant toute la pièce sauf pendant le karaoké où elle interprète une chanson de Barbara, où l’on peut voir défiler les paroles en bas de l’écran et qui nous ramène à nous. On note également une progression de son chant, quand elle chante sous la douche puis avec le karaoké où l’on découvre la voix d’une belle chanteuse baroque. L’effet de rythme est présent dans toute la pièce, par la présence d’une même vidéo à l’allumage de l’ordinateur.

Life : Reset est une pièce de théâtre qui met ainsi en exergue le paradoxe qui peut exister entre le fait qu’il y ait une forte densité de population dans les grandes villes, et la solitude que certains habitants peuvent ressentir. Durant toute la pièce nous sommes plongés dans l’intimité de cette jeune femme avec le sentiment de s’introduire dans sa vie comme par une caméra. A la fin de la pièce il y a cette fumée, qui mène à une impression de surchauffe, on peut donc interpréter cet effet comme un surchauffage de l’ordinateur qui est l’outil par lequel le personnage accède au monde virtuel dans lequel elle se réfugie…

Par FRABOULET Sébastien, CLERO Sophie, MACHOU Iliès et ROUSSIN Julien

Illustration par Manon Le Quillec, Clémence Martineau, Lorelei Watier, Louison Guilbaud, Aurélien Jean

Illustration par Manon Le Quillec, Clémence Martineau, Lorelei Watier, Louison Guilbaud, Aurélien Jean

Nous sommes allés voir la pièce de Fabrice Murgia, Life : Reset, chronique d’une ville épuisée. On pourrait résumer l’intrigue en une phrase, de son metteur en scène lui-même : « Cette solitude si paradoxale dans un univers dominé par l’hyper-communication ». Ainsi nous allons voir quel rôle les décors, les costumes et les accessoires jouent sur le ressenti du spectateur.

Au long de cette pièce, le spectateur est assailli par de nombreux sentiments. Premièrement, le fait que le décor soit toujours plus ou moins dans l’obscurité (absence de la lumière naturelle) et que les pièces soient mobiles à certains moments, ajoute un sentiment d’oppression au jeu de l’actrice et au bruit. De plus on ne peut échapper au fait qu’un écran forme une frontière physique et mentale entre l’actrice et nous. Cela donne un esprit vitre sans teint qui est flagrant lors de la scène du karaoké. En effet les paroles sont inversées comme si nous étions de l’autre côté de l’écran. En outre, le spectateur est mis dans une position de voyeurisme : la pièce suit un schéma classique mais le metteur en scène y ajoute un autre point de vue grâce à une caméra qui nous retransmet la scène. Cet effet de gène est renforcé par le cadrage, l’effet caméra de surveillance : on suit alors sans quotidien sans aucune limite. Le personnage n’a aucune intimité (cf la scène de la douche). Autre aspect de la pièce : la distinction entre virtuel et réel, qui est claire au départ, comme l’utilisation de vêtements caractéristiques (exemple : la robe rouge correspond au virtuel), puis on a des difficultés à faire la différence entre les deux mondes. En effet, la fin renforce ce crescendo de flou pour le spectateur. La mort du personnage est-elle réelle ou virtuelle ? Que signifie la présence de l’ami virtuel du personnage principale ?

Cette pièce, avec sa fin ouverte, nous a laissés perplexes. En traitant d’un phénomène de société, capable de nous toucher puisqu’il montre les dérives des identités virtuelles que nous nous créons tous. On ne ressort pas indemne de Life : reset.

Par Manon LE QUILLEC, Clémence MARTINEAU, Lorelei WATIER, Louison GUILBAUD et Aurélien JEAN

Illustration par Anais Gautier, Alexandre Moriceau, Victor Pennetier, Alexine Piquet et Romane Torqueau

Illustration par Anais Gautier, Alexandre Moriceau, Victor Pennetier, Alexine Piquet et Romane Torqueau

Life : Reset, Chronique d’une ville épuisée est un spectacle muet mis en scène par Fabrice Murgia. L’absence de dialogue est notamment compensée par la forte présence d’un fond sonore et du virtuel, du numérique.

L’ambiance musicale fournie par Yannick Franck permet à elle seule de raconter l’histoire de la pièce. Au tout début du spectacle, avant même que les lumières ne s’éteignent, un brouhaha emplit la salle, nous faisant penser aux bruits parasites d’une ville active, puis, au début du spectacle, le son disparaît pour un moment, indiquant le retour au calme dans l’appartement, après une dure journée. Cependant, la musique reprend rapidement, devenant de plus en plus oppressante et anxiogène à mesure que la « folie » emplit la protagoniste. Les sons deviennent également de plus en plus abstraits, on peut au début distinguer des klaxons de voiture, alors que l’ambiance finale n’évoque rien de concret, si ce n’est un ou plusieurs sentiments. Comme si on passait du réel au virtuel, du concret au psychique, comme si nous rentrions dans la tête de la personne dépressive.

Le spectacle utilise également l’extrait d’un morceau d’ABBA, « The Winner Takes It All », parlant de la dépression. Cette musique qui apparaît et réapparaît à plusieurs reprises durant la pièce nous fait penser à une sorte de rengaine, quelqu’un qui « radote », une certaine routine qui s’installe dans la vie de la protagoniste et qui la fait tourner en rond.

De plus, le fait que les sons et les projections de lumière deviennent de plus en plus lourds et oppressants traduisent d’une certaine manière l’enfoncement et l’enfermement de cette femme dans la dépression, cette maladie qui l’envahit petit à petit et qui par conséquent la ronge.

La présence de lumière dans la pièce, travaillée par Arié Van Egmond, se manifeste sous la forme d’un éclairage par zones successives qui permet de renforcer chaque fois l’idée des différentes pièces de l’appartement et de créer une certaine dynamique et un mouvement tout au long de la pièce. La lampe de chevet rouge au début de la pièce et les stores laissant apparaître la lumière du jour illustrent la chambre de la protagoniste, la lumière forte et très artificielle accompagne la mise en scène de la salle de bain. Tout cela se déroule derrière un écran qui joue un rôle majeur dans la pièce. Il permet en effet de re-projeter les actions, mélangeant ainsi le numérique et le réel, rappelant que la protagoniste s’enferme sur elle-même à travers le virtuel.

Par Anais GAUTIER, Alexandre MORICEAU, Victor PENNETIER, Alexine PIQUET et Romane TORQUEAU

Illustration par par Quentin LE PAPE - Adrien MASCUNAN- Ronan BRISHOUAL et  Jean-François LE GRAND

Illustration par par Quentin LE PAPE - Adrien MASCUNAN- Ronan BRISHOUAL et Jean-François LE GRAND

Sur la scène apparaît une jeune femme, que notre œil indiscret observe et épie au cours d’une journée ; journée qui semble se répéter dans le temps. Ses actions se répètent, chaque matin se révèle être le même, de la tasse de café au « chat » avec son ami virtuel le lapin (qui fait sans doute allusion à Alice aux Pays des Merveilles, de Lewis Carroll). Aucun son ne sort de sa bouche, le corps reste seul outil des émotions. Elle reste prisonnière de sa cellule, illusion du bonheur qui finalement l’anéantira. Life : Reset, Chronique d’une Ville épuisée du metteur en scène Fabrice Murgia est l’ébauche de la solitude à travers la vie d’une femme, un individu parmi tant d’autres dans une société atomisée trouvant refuge dans une vie virtuelle. Fabrice Murgia voulait ici retranscrire la solitude qu’on retrouve dans les grandes villes, qui sont pleines de « petites solitudes qui ne se croisent jamais » et l’illusion que les nouvelles technologies puissent créer des liens.

Dans cet univers sombre, le spectateur se retrouve confronté à sa propre réalité, l’idée même d’épier quelqu’un le rend mal à l’aise et les moyens utilisés dans cette pièce, notamment dans la narration de trois histoires : celle se déroulant sur scène, celle du film (intervention du numérique) et celle de l’univers virtuel tendent à brouiller les frontières entre ces différents mondes. Ces derniers se confondent et s’imbriquent étroitement. Vient le moment du doute, ce point de jonction entre le monde « qui n’est pas totalement réel » et celui « qui n’est pas totalement imaginaire » nous obligeant à nous regarder en face. Le personnage que nous observons refuse cette confrontation, elle fabrique de toute pièce un avatar représentatif de ses rêves, dernière protection contre cette vie réelle qu’elle n’accepte pas. Elle paraît fragile psychologiquement et semble avoir du mal à s’aimer comme elle est, elle ne s’aime qu’à travers son avatar. Elle semble manquer de but à atteindre, d’où ce refuge dans un univers virtuel. La fin de la pièce nous laisse sur notre faim : la mort de la femme symbolise-t-elle le paroxysme de cette solitude ? La mort est-elle au contraire le bouton qui permet au personnage de « réinitialiser » sa vie ? Ces interrogations restent ouvertes et posent aujourd’hui la question de la communication virtuelle mais également de la vie privée dans nos sociétés. Pouvons-nous encore différencier deux mondes ?

par Quentin LE PAPE – Adrien MASCUNAN- Ronan BRISHOUAL et  Jean-François LE GRAND

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