Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

4 avril 2013    Expositions · Non classé   

Publié par c.cesbron

« De belles sculptures contemporaines» , une exposition du Frac des pays de la Loire à la HAB galerie

Les étudiants de A1G portent leur regard sur l’exposition présentée par le Frac des Pays de la Loire  De belles sculptures contemporaines à la HAB galerie de Nantes.

1- La Hab Galerie

© P. Giret, M. Laillé, C. Dufour, B. Rambaud, C. Marzin [A1G]

© P. Giret, M. Laillé, C. Dufour, B. Rambaud, C. Marzin

Article proposé par : Paulin Giret, Marion Laillé, Charline Dufour, Bettina Rambaud, Carla Marzin

La HAB galerie est un espace dédié aux expositions, situé dans les anciens Hangars à Banane, le long de la Loire, sur le quai des Antilles de l’Ile de Nantes.

Le port de Nantes était, à l’époque coloniale, l’un des principaux ports d’Europe où se concentrait l’importation de produits en provenance des colonies. Le lieu servait au stockage de ces marchandises, et notamment au mûrissement des bananes. A la fin de l’activité portuaire, la ville de Nantes a décidé de redonner vie à ce lieu qui était devenu une friche industrielle en le réhabilitant en espace culturel et de loisir, accueillant des bars, restaurants, les Machines et l’île, les Anneaux de Buren, une  galerie d’art contemporain : la HAB galerie. L’idée était de faire de l’endroit un espace ouvert, de détente, culturel et artistique, et aussi d’attirer un public jeune dans une ambiance festive.
La HAB galerie a conservée un côté brut et industriel, ce qui en fait le charme : l’histoire passée cohabite avec des œuvres contemporaines. Ainsi les briques sont encore présentes et visibles, et elles encadrent la salle dont les murs ont été blanchis, afin de créer des cimaises neutres.
Aujourd’hui la réhabilitation des hangars à bananes est un vrai succès. Plus largement, l’île de Nantes a su tirer parti de son histoire passée et s’adapter aux modes de vie et aux loisirs contemporains tout en valorisant par la même occasion la mémoire et l’esprit du lieu. Un compromis étonnant et séduisant !

2- Présentation du Frac des Pays de la Loire

Article proposé par Clément AUPIAIS, Louis PAUTRE, Clément BALMEY SACQUET, Lucas PION, Théophile COLLET

© C. AUPIAIS, L. PAUTRE, C. BALMEY SACQUET, L. PION, T. COLLET

© C. AUPIAIS, L. PAUTRE, C. BALMEY SACQUET, L. PION, T. COLLET

Les FRAC ont été créés en 1981 à l’initiative du Ministère de la Culture, dans le cadre de la politique de décentralisation. Ce sont avant tout des associations à but non lucratif, ayant pour mission, par le biais de commandes, d’expositions et d’acquisitions, d’élargir les choix et de démocratiser et favoriser l’approche de l’art contemporain.

En effet, les collections du Frac des Pays de la Loire sont diverses, variées en perpétuelle évolution. Elles peuvent être déplacées dans la région et partout en France. Le Frac offre, en outre, la possibilité de s’entretenir avec des experts ou les artistes eux-mêmes, permettant une réelle sensibilisation du public à l’art actuel, qui peut souvent paraître étrange pour des personnes non initiées.
Le Frac des Pays de la Loire fut créé en 1982 à l’Abbaye Royale de Fontevraud. Déménageant par la suite dans la Villa de la Garenne-Lemot à Clisson en 1988, il fera un court passage dans un ancien entrepôt de Nantes en 1994. Enfin, en 2000, il s’installe définitivement dans la ville de Carquefou dans “un bâtiment spécialement créé pour répondre aux exigences de ses missions” selon leur site officiel. Il est également important de préciser que c’est le premier FRAC de France à bénéficier d’un tel privilège.
On peut noter qu’en 30 ans, les 23 Fonds Régionaux d’Art Contemporain ont acquis plus de 26 000 œuvres réalisées par 4 200 artistes (dont 56,5% français). Chaque année, l’ensemble de leurs projets (environ 600) touche plus d’un million de personnes.

L’anniversaire des 30 ans du Frac des Pays de la Loire se déroule en deux temps et dans deux lieux différents.
Une première exposition occupe la HAB galerie de Nantes, et propose un inventaire de sa riche collection de sculpture.
La seconde exposition  se tient du 7 avril au 1er septembre 2013 à Carquefou. Cette dernière est baptisée « en suspension»  car l’artiste Marc Camille Chaimowicz (invité par la Frac à revisiter ses collections) a choisi de disposer les oeuvres suspendues au plafond.

3- L’exposition

Article proposé par M. BELLIOT,C. BOULESTIN, E. CASSAND, M. MELLE, L. RENAULT

© M. BELLIOT,C. BOULESTIN, E. CASSAND, M. MELLE, L. RENAULT

© M. BELLIOT,C. BOULESTIN, E. CASSAND, M. MELLE, L. RENAULT

L’exposition « De belles sculptures contemporaines » nous invite à découvrir la sculpture dans tous ses états et essaie ainsi de proposerqw une approche panoramique et ouverte sur ce que peut être la sculpture contemporaine.
L’exposition emprunte son titre à une œuvre de Pierrick SORIN, présentée à l’entrée de la galerie. L’œuvre de Sorin est une vidéo datant de 1988 où l’artiste met en pratique (avec humour) les différentes définitions de la sculpture, comme par exemple : « ce qui définit la sculpture, c’est qu’on peut tourner autour », « les belles sculptures contemporaines se nourrissent de lait ». Nous pouvons supposer que la sculpture contemporaine se nourrit de l’imagination de l’artiste, comme du lait maternel, puis se développe grâce aux regards contemplatifs des spectateurs.
L’exposition se compose d’une centaine de sculptures datées de 1963 à nos jours. On y retrouve plusieurs types de pièces allant de la performance vidéo à la structure minimaliste en passant par le ready-made et l’œuvre éphémère.
Pour cette exposition, le Frac nous fait découvrir de nouveaux artistes comme Ernesto SARTORI et Cameron PLATTER, ou redécouvrir des artistes plus confirmés comme Gina PANE, Rebecca HORN et  Raymond HAINS.
La visite de la HAB galerie nous pousse à nous interroger sur les différentes formes, matériaux, concepts, références visités et manipulés par les artistes contemporains : les modes de présentation et représentation avec par exemple le socle intégré ou non à l’œuvre elle-même. La scénographie de l’exposition nous questionne sur chacune des œuvres, ses relations à l’espace et au spectateur.

4- L’accrochage, la scénographie, le rapport au public

Article proposé par Adrien Fontaine, François Nikolenko, Mathilde Magniez, Théo Joy

©  Adrien Fontaine, François Nikolenko, Mathilde Magniez, Théo Joy

© Adrien Fontaine, François Nikolenko, Mathilde Magniez, Théo Joy

Le visiteur est aspiré dès son arrivée, par le Nain Dwarf, sculpture colorée, démesurée  et paradoxale de Présence Panchounette, installée  devant  la porte d’entrée de la HAB galerie. Cette œuvre malicieuse incite le visiteur à entrer et découvrir, plus loin, le reste de l’exposition. La curiosité des spectateurs est attirée par une vidéo de Pierrick Sorin, répétitive, décalée, donnant son titre à l’exposition. Plus loin, une œuvre intitulée»  Silent Gliss»  de Stéphane Dafflon structure une séparation colorée entre la librairie et la galerie. Le visiteur tourne autour d’une étrange pyramide intitulée « Pump Up the Rhizome»  de Bruno Peinado. Aucun parcours ne semble organisé par une signalétique, le visiteur trace sa propre circulation, aléatoirement.
Des guides sont dans l’espace d’exposition; ils accueillent les visiteurs et répondent aux différentes interrogations. Un dépliant « journal d’expo»  est distribué à l’entrée. Chaque œuvre est expliquée par un carton, une biographie de l’artiste, ses intentions, son commentaire…

5- La sculpture contemporaine

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© O. HERDZIK, P. ARASSUS, H. DESJARDINS, M.COUSSEAU, F. LAVAL, A.LEFÈVRE

Article proposé par Ophélie HERDZIK, Pierre ARASSUS, Hugo DESJARDINS, MartinCOUSSEAU, Frédéric LAVAL, Arthur LEFÈVRE

Cédric Loire écrit ce texte pour l’exposition, tentant de donner un regard sur ce que pourrait être la sculpture contemporaine. « Qu’ils se réapproprient les formes d’utopies ou de mouvement artistiques passés, qu’ils déplacent des problématiques picturales ou développent une approche réflexive de la sculpture et de ses conventions, qu’ils élaborent des relectures critiques de l’Histoire… les artistes dont les belles sculptures contemporaines sont évoquées ici démontrent, par la diversité de leurs pratiques, que la sculpture est peut-être le lieu par excellence des porosités entre tous les médiums ; que sa grande plasticité s’en trouve sans cesse renouvelée. »

Pour illustrer les différents termes utilisés par Cédric Loire dans son analyse, nous avons choisi quatre sculptures qui permettent d’illustrer son propos.

L’œuvre d’Anish Kapoor – artiste contemporain Anglais d’origine indienne – , 1000 Names (1979-1980) , est un ensemble de formes géométriques, recouvertes de pigments de couleurs rouge, jaune et blanc. Cette technique rend l’œuvre à la fois fragile et éphémère. On a d’ailleurs envie de s’approcher au plus près de chaque forme, et de toucher cette texture évanescente, mais on se contente d’observer et de désirer. De plus ces couleurs font penser aux épices sur les marchés indiens, aux temples recouverts de poudre ; elles ont leur symbolique : le rouge renvoie à la force et la virilité masculine, le blanc, à la pureté et la femme, et le jaune au désir. Ici, on retient principalement l’idée de « déplacement des problématiques picturales » énoncé par Eric Loire, et le « développement d’une approche réflexive de la sculpture et de ses conventions » – soit le fait qu’une sculpture est faite à la base pour durer, tandis que là, l’œuvre est fugitive.
Pump up the Rhizome (Remontons aux racines) (2007) est une sculpture de Bruno Peinado. C’est le résultat d’une performance où plusieurs de ses références ont été remixées (telle la publicité, ou les jeux vidéo) : une pyramide (rappelant la tri-force ou l’Egypte) de verres brisés sur fond noir, pour donner un effet de marbre, positionnée sur deux socles colorés (l’un jaune ; l’autre orange) et surmontée d’une forme noire abstraite. Il met donc ici en réseau plusieurs éléments pour exprimer de façon plastique, sa perception de la généalogie, ou encore son interprétation « rhizomatique » du monde. D’où le titre  faisant appel à l’étymologie qui signifie « racine » ou « lien ». Bruno Peinado a donc réalisé une « forme d’utopie », dans le sens où il recrée de manière idéale le monde qu’il connait et rappelle que le monde d’aujourd’hui n’aurait pu être, sans le monde d’hier.
Puis, c’est chez Ernesto Sartori, que l’on peut retrouver une illustration du commentaire d’Eric Loire, avec l’œuvre Chez G. et D. grosse maquette (2010). L’artiste nous donne une nouvelle idée de l’architecture, dont le sens n’est pas imposé (ni endroit, ni envers). Une immense structure de bois, façonnée par des formes géométriques à angles avec des ouvertures, qui nous ramène à cette idée d’enfant : escalader cette immensité. Telle une cabane décrochée d’un arbre, cette structure pleine de pentes et de pointes, auxquelles on a envie de grimper, évoque les peintures cubistes. L’artiste s’inspire donc de mouvements artistiques passés, et crée des volumes. Il « déplace des problématiques picturales », « élabore une relecture critique » d’une partie « de l’Histoire » et « se réapproprie un mouvement artistique passé ».
Enfin, notre dernier choix s’est porté sur l’œuvre Status Post Historicus (1989), de Braco Dimitrijevic, qui joue sur les conventions d’attitude de reconnaissance. C’est une composition de deux sculptures : deux bustes en bronze, de personnes aillant existés ou qui existent encore. L’artiste déstabilise les spectateurs, en les confrontant à un personnage connu (ici Michel-Ange) et un inconnu (ici Mario Orsini). Ainsi, on se pose les questions : « Qui est-il ? Qu’a-t-il fait pour avoir son effigie ? ». La place d’un inconnu dans l’Histoire, donne le sentiment que chacun est important, dans le sens où chacun fait une action qui fait partie de son évolution, même si ce dernier reste dans l’ombre. Braco Dimitrijevic fait surgir ces inconnus. Il élabore donc « une relecture critique de l’Histoire » et « se réapproprie un mouvement artistique passé »…

6- Le Top 3

© A. Bizet, G. Bougro, A. Delestang, M. Chatillon, P. LE TEXIER

© A. Bizet, G. Bougro, A. Delestang, M. Chatillon, P. LE TEXIER

Un article proposé par Arthur Bizet, Guillaume Bougro, Aurore Delestang, Marthe Chatillon, Paul LE TEXIER

Suite à la visite de l’exposition du FRAC des Pays de Loire au Hangar à Bananes, nous avons effectué le top 3 des meilleures œuvres de l’exposition.

En troisième position vient la création d’Anish Kapoor, 1000 Names. Ce sont des surfaces en aggloméré ou en polystyrène recouvertes de pigments. Anish Kapoor se dit être à la frontière entre peinture et sculpture. Entre l’esprit et le corps. Nous avons choisi de placer cette œuvre en troisième position, car elle a une très forte présence dans l’ensemble de la collection. En effet, ses contrastes colorées intenses attirent le regard, et l’agencement des trois pièces est à la fois équilibré et hétéroclite. Il faut enfin souligner la technique employée par l’artiste. Il faut être très minutieux et on ne peut qu’applaudir cette précision.

C’est Sans Titre, de Fred Standback, qui arrive ensuite pour rafler la seconde place. Ces cubes ont séduit nombre d’entre nous. En effet, il sont agencés de façon à susciter illusion et subjectivité. Du cube que l’on voit, seules deux faces sont sculptées par l’artiste. Les deux autres sont formées par le mur et le sol sur lesquels tient la sculpture. Ils ont été façonnés à partir de tiges métalliques recouvertes de laque colorée. Standback cherche, à travers ses œuvres, à éviter le fouillis qui s’apparente habituellement à la sculpture, tout en interpellant le spectateur sur le lieu d’exposition. En effet, le décor fait parti intégrante de l’œuvre. Ce que l’on y voit dépend de chacun. Certains y ont vu des fauteuils, d’autres des flèches. C’est la liberté et la présence de cette œuvre sur son lieu d’exposition qui lui font prendre cette deuxième place.

C’est en cliquetant sur le sol du FRAC qu’ils s’emparent de la première place : nous parlons bien évidemment des Saboosh de François Curlet. Cette paire de sabots nous a conquis, notamment par son coté humoristique et intemporel. Intemporel tout d’abord car il mélange plusieurs genre. En mixant une marque actuelle à un objet du patrimoine. Il permet ainsi à toutes les générations de se reconnaître dans l’œuvre. Le coté humoristique transparaît quant à lui par cette association inattendue. Qu’est-ce que le logo de Nike fait sur des sabots en bois ?  Cette œuvre joue donc avec la sensibilité des spectateurs pour révéler, derrière son aspect simple et amusant, une réflexion sur les préjugés et les courants artistiques. François Curlet les fait s’entrechoquer sans complexes, pour amener une vision fraîche et amusante de notre monde. 

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