Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

25 avril 2013    Théâtre   

Publié par l.vantorre

Plexus, Aurélien Bory, Janvier 2013, Grand T

Compte rendu par les étudiants A1 du spectacle d’Aurélien Bory au Grand T, Plexus – Janvier 2013

Illustration par CHAFFIOTTE Hugo, GOURHANT Clothilde, MALLEIN Clément, RENOUX Guénolé et VIDAL Lucie

Illustration par CHAFFIOTTE Hugo, GOURHANT Clothilde, MALLEIN Clément, RENOUX Guénolé et VIDAL Lucie

Avec  le spectacle Plexus, Aurélien Bory souhaite poursuivre la série de portrait de femme entamée avec le spectacle Questcequetudeviens? pour la danseuse Stéphanie  Fuster.

Dès les premières minutes du spectacle on saisit l’intérêt d’Aurélien Bory pour l’histoire du corps de la danseuse Kaori Ito, son mouvement. En effet, il n’écrit pas le portrait de celle‐ci mais celui de son corps.

La scénographie reflète le parcours de l’auteur. Celui-ci étant physicien  il se nourrit de ses connaissances pour construire son spectacle  : on se  retrouve face à une mise en scène où Aurélien Bory joue avec les contraintes physiques du décor et de la danseuse. Kaori Ito évolue sur un plateau carré suspendu au plafond et maintenu par cinq mille fils de polypropylène. L’auteur utilise les forces de la danseuse pour mettre en mouvement le décor.

Grâce  à  son parcours scientifique il arrive à mettre en place des illusions d’optique, des jeux de lumière et de mouvements qui trompent le spectateur. On  peut imaginer que son projet Taoub, spectacle fondateur pour le groupe acrobatique de Tanger en  2003,  l’a poussé  à imaginer une chorégraphie suspendue pour la danseuse Kaori  Ito. Les œuvres d’Aurélien Bory sont animées par la question de l’espace.

On retrouve dans ses spectacles une continuité, il se sert des ses travaux antérieurs, comme par exemple son intérêt pour la physique et le mouvement,  pour la femme,  pour construire de nouvelles pièces. Ces spectacles donnent l’opportunité de connaître le parcours de l’auteur. Celui-ci créé des pièces qui mêlent à la fois cirque, théâtre, danse, arts visuels et musique, où la scénographie joue un rôle majeur.

par Chaffiotte Hugo, Gourhant Clothilde, Mallein Clément, Renoux Guénolé et Vidal Lucie

Illustration par HERDZIK Ophélie, DUMEIX Coralie, LEBASTARD Simon, FONTAINE Adrien et JACOB Charlotte

Illustration par HERDZIK Ophélie, DUMEIX Coralie, LEBASTARD Simon, FONTAINE Adrien et JACOB Charlotte

L’intention d’Aurélien Bory dans Plexus est de faire le portrait de la danseuse Kaori Ito. C’est à travers une installation que le scénographe a créé spécialement pour la danseuse, que celle-ci fait son autoportrait par la gestuelle corporelle. Aurélien Bory est un metteur en scène qui pense que la seule manière de réaliser un portrait, est de le traduire par la danse. D’autre part, Kaori Ito nous montre dans sa performance, son expérience dans le monde de la danse tout au long de sa vie. Son corps, marqué par sa pratique artistique et sportive, traduit son investigation dans ce milieu artistique. Ainsi, un lien fort réunit le réalisateur et la danseuse : l’expression corporelle. Kaori Ito établit dans Plexus, une rétrospective de sa carrière à travers une succession de tableaux muets mais explicites, grâce à son outil de travail : son corps. Son visage presque absent, flou, peu visible dans cette représentation, laisse les spectateurs se concentrer sur ce qui exprime du sens : sa performance corporelle ; et accentue l’idée que seul le corps peut faire son portrait de danseuse. La performance montre l’évolution chronologique de son apprentissage, sa lutte pour réussir et son apogée. Plexus débute avec la découverte du corps : Kaori Ito déplace sur elle un microphone très sensible qui permet d’entendre les battements de son cœur et sa respiration. Puis elle évolue dans le monde de la danse en emportant un énorme drapé, recouvrant la structure de 5000 fils et faisant apparaitre une sorte de fente. Elle poursuit sa performance avec une danse saccadée, un travail d’équipe avec ces fils qui la retiennent dans ses chutes, pouvant être interprété comme une lutte : elle se bat pour montrer son talent et être reconnue. Marquant ainsi sur son corps la détermination dans son travail. C’est ensuite avec la lumière qu’elle danse : le jeu fait apparaitre des chemins (les décisions/choix), des escaliers (la montée de sa célébrité) et transforme parfois la danseuse en ombre/spectre (une certaine disparition de son identité). Une harmonie avec des drapés suit ce jeu de lumière. C’est sa réussite qui l’enveloppe de gloire. Elle s’élève à l’aide des fils qu’elle enroule autour de ses jambes et de ses bras. Faisant ainsi quelques allers-retours du sol au plafond de l’installation, la danseuse exprime ici une idée d’élévation alors même qu’elle a atteint le sommet de sa carrière. En somme, on peut dire que Plexus traduit une réflexion sur l’intérieur et l’extérieur de son corps. Son entrée dans le monde de la danse, fait entrer les spectateurs dans son être, son ressenti ; ils voient donc le portrait de Kaori Ito : c’est avec l’extérieur de son être (son corps) qu’elle nous montre son intérieur (sa vie).

par HERDZIK Ophélie, DUMEIX Coralie, LEBASTARD Simon, FONTAINE Adrien et JACOB Charlotte

Illustration par HALLIDAY Alice, JACQUES Florise et BIGONNET Maxime

Illustration par HALLIDAY Alice, JACQUES Florise et BIGONNET Maxime

Cette création du metteur en scène et chorégraphe Aurélien Bory est dédiée à une danseuse  Kaori Ito. Solo muet, portant à jouer avec le corps de cette danseuse pour nous raconter son histoire La pièce met en lumière l’histoire de son corps modelé par la danse.  La pièce débute par une naissance symbolique de la danseuse, représentée par ses pulsations de cœur et le son de sa respiration (en direct). La danseuse nous invite à pénétrer au fur et à mesure avec elle à travers un orifice matérialisé par un voile noir, pouvant représenter la naissance dans ce monde de la danse encore inconnu à ses yeux. Elle part à la découverte de nouveaux horizons, de nouvelles sociétés, de nouveaux espaces par la danse. Le drap noir joue dans l’espace au fur et à mesure que Kaori Ito se découvre, découvrant certaines limites imposées par ce cube de fil, permettant de jouer avec l’extérieur et l’intérieur. Ces fils suggèrent un cadre structuré qui interagit dans sa vie, et la forme d’une danseuse. Tout au long du spectacle ce jeu de métaphores créé à partir des espaces utilisés, du décor, de la lumière, des costumes, du son, va nous permettre de découvrir et comprendre les différentes facettes des mondes qu’elle a connu. Kaori Ito repousse des limites non sans difficultés. Mais par sa persévérance, elle acquiert une expression personnelle, propre à elle, à travers sa quête artistique. Elle subit de moins en moins l’espace, une plus grande maîtrise de celui-ci lui permet de le dominer, le transformer en son propre terrain de jeu. Nous comprenons alors que cette maîtrise de son espace intérieur et extérieur est le point d’apogée de cette danseuse,  démontré ici, par une navigation légère et fluide entre l’espace aérien et terrestre (le sol). Rappelons-nous qu’initialement, ses mouvements du début semblaient saccadés, guidés comme un pantin, puis ses gestes affinés, de plus en plus précis, et de recherche d’un contrôle de différentes énergies démontrent bien ce travail. Ce travail se reflétant dans la construction de ce corps et de ces nouveaux espaces. Ce long cheminement  artistique est alors conquis mais reste infini.  Kaori Ito finit la pièce vêtue d’un habit doré réfléchissant, telle  la lumière émanant d’elle. Nous saisissons  alors la rigueur et la force d’un tel travail, de sa dextérité et volonté de danseuse, le pouvoir d’un langage aussi fort qu’est la danse, des traces qu’elle ancre dans et sur son corps. Kaori Ito a trouvé sa lumière intérieure (son centre), sa propre maîtrise de la lumière pouvant rallier l’espace intérieur à l’espace extérieur. La pièce se termine sur ce dernier tableau une danseuse  étincelante, telle une étoile dans l’espace infini.

par HALLIDAY Alice, JACQUES Florise et BIGONNET Maxime

Illustration par MERLET Thibault, NORMAND DE LA TRANCHADE Raphaëlle, FARAUD Lola, MARTIN Pierre-Marie et GIRARD Charlotte

Illustration par MERLET Thibault, NORMAND DE LA TRANCHADE Raphaëlle, FARAUD Lola, MARTIN Pierre-Marie et GIRARD Charlotte

La pièce n’existe pas sans le décor, en effet, il devient dans celle-ci un personnage à part entière. Au commencement, il n’est pas visible, la danseuse se présente légèrement vêtue devant un rideau. Ici, la quasi nudité de Kaori ITO peut chercher à exprimer la souffrance et les traces laissées sur son corps par la pratique de la danse. Cette tenue laisse donc parfaitement voir le corps et les mouvements de la danseuse. Elle se munit d’un stéthoscope, qu’elle place sur différentes parties de son corps afin d’en entendre les

sons les plus profonds. Le spectateur apprend donc à connaître la danseuse au plus profond d’elle-même, au sens littéral du terme. Le battement constant de son cœur rythme le début de cette pièce.

La danseuse accepte de laisser le spectateur l’explorer et rentrer dans son intimité : son propre corps. Or cela se répercute sur les sentiments du spectateur et il s’installe alors comme un malaise. Cette intrusion intime peut laisser au spectateur l’impression d’assister à une naissance, grâce au battement constant en bruit de fond. Au fur et à mesure, elle s’anime en fonction des sons émis par le stéthoscope et ses mouvements, violents et saccadés vont se répercuter sur le drap placé derrière elle. Plus elle s’anime, plus les battements de son cœur s’accélèrent et la chorégraphie devient donc de plus en plus saccadée.

Kaori Ito paraît semble possédée. Elle s’enlace ensuite dans le drap et s’enfonce dans le décor encore jusqu’ici invisible. Elle se fait comme aspirée par l’élément derrière elle que l’on découvre au fur et à mesure. L’image d’un vagin apparaît alors clairement grâce à l’image que laisse la danseuse en s’enfonçant dans ce petit espace étriqué présent derrière elle.

Au fur et a mesure, on découvre une structure cubique suspendue, composée de 5000 files faisant clairement penser à une cage. Durant tout le spectacle, Kaori Ito fait une performance dans cette cage avec difficulté ou aisance. Il se crée alors une sorte d’admiration ou d’attirance envers cette cage. La curiosité du spectateur est attisée et l’intrigue de l’inconnue se crée car on ne sait pas où disparait la danseuse.

De plus, grâce à des jeux de lumière, il se forme des perspectives et des volumes incluant alors la lumière comme décor dans la pièce.

par MERLET Thibault, NORMAND DE LA TRANCHADE Raphaëlle, FARAUD Lola, MARTIN Pierre-Marie et GIRARD Charlotte

Illustration par BIZET Arthur, GIFFARD Léa, DUFAU DE LAMOTHE Julien et BOUGRO Guillaume

Illustration par BIZET Arthur, GIFFARD Léa, DUFAU DE LAMOTHE Julien et BOUGRO Guillaume

Plexus est une pièce spécialement créée par Aurélien Bory pour la danseuse émérite Kaori Ito. Un portrait subtil se basant sur la mémoire d’un corps créé pour la danse. Dans ce rôle autobiographique, Kaori Ito devient la marionnette du réalisateur qui au moyen d’une mise en scène douce, subtile mais néanmoins profonde réussit à nous communiquer les méandres de la vie de cette artiste renommée.

L’éclairage et le son jouent bien entendu un rôle important dans cette pièce. Tout au long de sa performance, la danseuse porte sur elle un boitier, qui nous retransmet son rythme cardiaque. Une sorte de stéthoscope moderne permettant de nous plonger encore plus dans ce portrait. En effet, cette pulsion cardiaque swingue au tempo des mouvements de la danseuse, ce qui facilite l’introspection. Cette intériorisation forcée pousse les spectateurs à ressentir les travaux d’un corps torturé par la danse.

L’éclairage vient s’allier au son pour plonger le spectateur dans une illusion constante. Jouant de lumière, et des mouvements du cube, la danseuse se ballade au milieu d’un univers qui lui est propre. Ne sachant plus réellement où se situe exactement la protagoniste, qui se retrouve aussi bien à l’intérieur du cube ou à l’extérieur ce qui créé un dialogue assez intense, entre son corps et le rendu d’une prestation travaillée à l’extrême.

C’est donc à l’aide d’une ambiance sonore étouffante et d’un labyrinthe d’illusion créé par la lumière, que le réalisateur Aurélien Bory réussit à nous raconter avec précision la vie de Kaori Ito. Révélant aux yeux de tous un mal être d’un corps trop utilisé et créé dans un seul but : la danse.

C’est donc un univers troublant, servi par des effets sonores et lumineux, qui est relaté tout au long de cette pièce, magistralement interprétée et réalisée par le duo d’Aurélien Bory et de la danseuse Kaori Ito.

par BIZET Arthur, GIFFARD Léa, DUFAU DE LAMOTHE Julien et BOUGRO Guillaume

Illustration par FRACCHETTI Virgile, ARASSUS Vincent, ARASSUS Pierre et BALMEY Cléments

Illustration par FRACCHETTI Virgile, ARASSUS Vincent, ARASSUS Pierre et BALMEY Clément

Dans Plexus, la pièce d’Aurélien Bory, la danse est un instrument au même titre qu’un violon dans un orchestre. Sa partition : c’est le corps de la jeune danseuse japonaise Kaori Ito. En effet, tout au long de la pièce, le metteur en scène dessine le corps de la jeune femme respectant toutes rondeurs et imperfections. Mais la question d’Aurélien Bory ce n’est pas directement le corps dans sa consistance physique mais dans la virtualité du travail acharné qui a emmené de vastes cassures dans le corps de la jeune femme. Dans la pièce, la lumière est comme un scanner découpant la scène laissant apparaître la moindre fracture, la moindre zone d’ombre. Ce travail de la lumière en corrélation avec la structure filaire qui fait à la fois l’originalité mais aussi la complexité de l’œuvre. En effet, la danseuse se perd dans ce dédale infini de câbles dressés sur la scène à la fois ouverte et fermée à l’extérieur. Symbolisant l’effort éternel et inutile, ou la blessure de certains choix. Cette pièce se démarque par la réalisation technique et artistique de Kaori Ito. En effet celle-ci est chorégraphe et interprète de cette pièce et à travers cette dernière et grâce à une scénographie ingénieuse d’Aurélien Bory nous pouvons découvrir toute l’étendue du talent de la danseuse. Combinant des mouvements souples et bruts, l’expression corporelle de l’artiste se fond dans l’univers de la danse contemporaine et d’une chorégraphie très personnelle. Aurélien Bory veut dresser le portrait, l’histoire et l’intimité de la danseuse. Le metteur en scène s’est interrogé sur l’idée de l’ailleurs et du déplacement pour la danseuse japonaise qui a quitté son pays d’origine et voyagé pour apprendre et pratiquer son langage artistique. La pièce d’Aurélien Bory laisse une porte ouverte à l’interprétation personnelle sur des notions plus psychologiques comme la perfectibilité de l’humain.

par Fracchetti Virgile, Arassus Vincent, Arassus Pierre et Balmey Clément

Tags: Théâtre

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