Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

2 mai 2013    Cinéma · Non classé   

Publié par Nicolas Thévenin

Blade runner

Compte-rendu du film de Ridley Scott, réalisé par les élèves du groupe D des A1 2012/2013, suite à la projection au Cinématographe le 20 septembre 2012

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(Illustration : Maxime Bigonnet / Florise Jacques / Clémence Martineau / Alice Halliday / Bérangère Levy / Raphaëlle Babin-Chevaye)

Présentation générale de l’oeuvre et de l’auteur

Ridley Scott et les origines de Blade Runner

Ridley Scott est né le 30 novembre 1937 en Angleterre. Durant son enfance, il a l’occasion d’effectuer de nombreux voyages à l’étranger. Très vite attiré par le dessin, il intègre le West Hartpool College of Art, puis le Royal College of Art. Il y découvre le 7ème art et tourne son premier court métrage en 1965 : Boy and Bicycle, dont le personnage principal est joué par son frère, Tony Scott. Il passe un an à New York, pour faire un stage à Bob Drew Associates, avant de travailler chez Time-Life.

De retour à Londres, il est engagé à la BBC comme chef décorateur, et participe à la réalisation des séries Z Cars et The Informer. Trois ans plus tard, Ridley Scott fonde sa propre société de production de spots publicitaires : la RSA. Il est aussi, avec son frère, à l’origine d’autres sociétés productrices de longs métrages, comme « Percy Main Productions » (1987) et « Scott Free Productions » (1995).

En 1977, Ridley Scott se lance dans le cinéma avec son premier long métrage, Les Duellistes, film historique qui remporte le Grand Prix au Festival de Cannes. Il se voit alors confier la réalisation d’Alien par des producteurs Hollywoodiens, film qui est aujourd’hui une référence en science fiction. Après cette entrée fracassante dans le monde du cinéma, Ridley Scott continue sur la même lancée en réalisant Blade Runner en 1982. Le premier rôle est tenu par Harrison Ford, figure montante du cinéma des années 80.

Le film est inspiré du roman Do Androids Dream of Electric Sheep de Philip K. Dick publié en 1966. Il se déroule en 2019 à Los Angeles, où une entreprise influente, la Tyrell Corporation, fabrique des « réplicants » (êtres conçus artificiellement semblables aux humains). Cependant, ces « androïdes » ne sont plus autorisés sur Terre, suite à un soulèvement. Ils sont donc utilisés pour travailler dans des colonies spatiales. Les Blade Runner sont une brigade policière qui a pour ordre de pourchasser et « retirer » tout réplicant qui reviendrait sur Terre. Dans ce film, un groupe de réplicants de type Nexus 6, est pourchassé par Rick Deckard, un Blade Runner à la retraite.

Il existe cinq versions différentes du film. La première étant le montage souhaité par la société de production Warner Bros qui comprend une voix off et une fin plus optimiste que la version imaginée par Ridley Scott. La version projetée lors de festivals en 1989, ne correspond toujours pas au director’s cut de Ridley Scott tout comme la version qui suivra en 1992. Il faudra patienter jusqu’en 2007 pour découvrir la version voulue par le réalisateur. Ridley Scott affirme aujourd’hui que ce dernier est le film le plus complet et le plus personnel de sa filmographie.

En parallèle, dans les années 80 de nombreux films de science fiction sont tournés grâce aux progrès de la technologie. Parmi eux, Batman dont l’ambiance sombre et l’utilisation des néons (révolution des années 80) est similaire à celle de Blade Runner. Ce film d’anticipation montre certaines évolutions du monde en exagérant la construction verticale des villes, la surpopulation ainsi que la montée en puissance de l’économie japonaise. Le film est devenu une référence pour tous y compris pour d’autres réalisateurs comme Luc Besson qui s’inspira du décor et du scénario pour réaliser Le cinquième élément.

Après la réalisation de Blade Runner, Ridley Scott poursuit dans le même registre avec quelques films de science fiction ou policiers. Mais c’est avec Thelma et Louise (1991) qu’il défraie à nouveau la chronique. Durant cette carrière bien remplie, il découvre de nouveaux acteurs comme Russell Crowe qui a joué dans Gladiator en 2000, American Gangster en 2007, Mensonges d’Etat et plus récemment Robin des Bois.

Ridley Scott est devenue une référence en matière de cinéma. Il signe ses films d’une ambiance particulière qui capte le spectateur grâce à sa passion, son expérience et sa connaissance de l’image.

Aujourd’hui, après avoir testé tous les registres, R.Scott revient aux sources en nous promettant la suite d’Alien et de Blade Runner.

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Louise Leduc / Cholé Emeriau / Justine Derouet / Thomas Laroche / Apolline Hellez

Scénario

Blade Runner est un film de science fiction réalisé par Ridley Scott et sorti en 1982. Le film est une adaptation du roman Do Androids Dream of Electric Sheep ? (Les Androïdes rêvent-ils de moutons électriques?) de Philip K.Dick, écrit en 1966. Le scénario a été écrit par Hampton Fancher et David Webb Peoples.

2019, Los Angeles est une ville rétro-futuriste et cosmopolite aux influences asiatiques, occidentales, et orientales. L’accroissement de la population a rendu la vie sur terre difficile, oppressante (due au manque de place) et insalubre. L’homme colonise donc les planètes alentours à la recherche de conditions de vie meilleures. La Tyrell Corporation fabrique des androïdes (les répliquants) qui servent d’esclaves sur ces colonies. Mais certains répliquants, les nexus 6 (la version la plus évoluée) se rebellent et prennent le contrôle d’un vaisseau en tuant l’équipage. Leur utilisation sur terre devient interdite, ils sont alors recherchés par les Blade Runners, une unité de la police de Los Angeles, chargés de « retirer » tous les répliquants présents sur terre.

Le film débute sur le meurtre d’un Blade Runner en service (Dave Holden) qui fait passer le test de Voight-Kampf à un des nexus 6 renégats (Leon Kowalski) de manière à déterminer s’il est humain ou non. A la suite de cela le personnage principal, Rick Deckard, un Blade Runner à la retraite, est chargé de retirer les nexus 6 renégats présents sur terre, ainsi démarre l’intrigue principale du film. L’équipe de nexus 6 est composée de 4 membres dont le meurtrier de Dave Holden, Leon Kowalski. Le groupe compte aussi Roy Batty, le chef du groupe, sa femme Pris, et Zhora.

Le scénario se construit sur deux intrigues parallèles qui finissent par se rejoindre. D’un côté on suit l’avancement de l’enquête de Deckard pour retrouver les nexus 6, et de l’autre la quête de Roy Batty pour retrouver son créateur Eldon Tyrell, président de la Tyrell Corporation.

Au commencement de son enquête, Rick Deckard se plonge dans les bas fonds de Los Angeles. On découvre alors une ville désordonnée, où la lumière provient uniquement de panneaux publicitaires, une effervescence oppressante, de la fumée et une absence de lumière naturelle. Décor du film, cette ville de Los Angeles apparaît comme une vision défaitiste de la ville du futur, écrasée par l’abondance d’informations et la surpopulation, la ville s’étend de manière horizontale et verticale (de la rue on peine à voir le ciel). Cette atmosphère sombre rappelle les codes du film policier noir. Le personnage principal, Deckard, à l’image du genre cinématographique est un inspecteur silencieux qui ne correspond pas à l’image du «  super-flic  », son avancement dans l’enquête ne paraît pas se faire grâce au talent ou à l’intuition . A plusieurs reprises on retrouve cet aspect du personnage peu dominant, presque faible (quand Zhora l’attaque par surprise et qu’il reste à terre ou quand il fuit Roy Batty dans la lutte finale).

Les nexus 6 renégats sont conduits par un chef, Roy Batty. Répliquant « sur-homme » doté d’une forte agilité, son seul but est de retrouver son créateur pour prétendre à une durée de vie supérieure à 4 ans (durée de vie des nexus 6). Ce nexus 6 est appelé par Eldon Tyrell le répliquant parfait, il comprend les émotions et en ressent certaines presque de la même manière que les être humains. Il est accompagné le plus souvent de sa femme Pris, personnage montré comme assez violent qui joue de son aspect de femme fatale pour parvenir à ses fins.

Rachael, autre nexus 6 présent dans le film, ne fait pas partie du groupe de renégats, et avant sa rencontre avec Deckard elle n’a même pas conscience de ne pas être humaine. Elle devient le personnage associé à Deckard car elle n’apparait jamais indépendamment de lui.

Une des intrigues parallèles du film est la question de savoir si Rick Deckard est un nexus 6 ou un homme. Les nexus 6 on l’habitude de garder précieusement avec eux des photos, ils se sentent plus humains et cultivent l’illusion d’avoir des souvenirs. Dans l’appartement de Deckard on peut voir sur son piano plusieurs photos qu’il affectionne. De plus Deckard rêve d’une licorne. A la fin du film devant son appartement Deckard découvre un origami en forme de licorne fait par Gaff (un autre Blade Runner). On en vient à se demander si Gaff connaît les rêves de Deckard.

Cette vision futuriste  amène une réelle problématique sur la question des robots et de leur ressemblance à l’homme. Les nexus 6 sont des machines faites de la main de l’homme, ils ne peuvent se différencier d’un être humain que grâce au test de Voight-Kampf qui détermine s’ils sont pourvus de sentiments. Sans cela les nexus 6 ne seraient que des machines à l’apparence humaine plus forte physiquement et plus agiles. Mais à la fin du film Eldon Tyrell explique à Roy Batty que les nexus 6 ont une durée de vie de seulement 4 ans parce qu’ils commencent à ressentir des émotions. Ainsi la machine devient l’égale d’un être humain. Rachael n’a pas conscience elle-même de ne pas être vraiment humaine. Si les robots dépassent les hommes et deviennent des « sur-hommes»  avec des sentiments cela pose le problème de l’essence même de ce qui nous définit..

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Justine Derouet / Chloé Emeriau / Thomas Laroche / Louise Leduc / Apolline Hellez

Jeu / interprétation

Dans le film Blade Runner de Ridley Scott s’opposent les Humains et les Réplicants. Les Réplicants sont des humanoïdes artificiels supérieurs aux hommes créés pour être des esclaves. Ils sont donc plus forts, plus intelligents et possèdent chacun une faculté spéciale dans laquelle ils excellent. Nous allons voir en quoi les déplacements, les mouvements et la gestuelle sont importants dans ce film. En effet, les humains sont peu en mouvement, ils ont une faible gestuelle car ils restent assis ou marchent lentement. Au contraire, les Réplicants sont rapides, ils courent, bondissent et sont souvent en mouvement. Par exemple, le commissaire de police que l’on voit à deux reprises dans le film est toujours assis alors qu’un Réplicant comme Roy est toujours debout et a une forte gestuelle. Lors des courses poursuites entre Deckard et les Réplicants, à chaque fois que le Blade Runner tue ou blesse l’un d’eux, la scène se déroule au ralenti. On peut donc observer la fuite et la mort du Réplicant Zhora dans la rue. En ville, les personnages sont toujours en action et les voitures accentuent l’effet de vitesse. De plus, le test de Voight-Kampff, dispositif basé sur le mouvement de la pupille révèle la seule faiblesse des répliquants qui sont donc découverts lorsque leurs pupilles se dilatent un peu trop alors qu’elles ne le devraient pas. Ce léger mouvement est à la base de toute l’intrigue du film et nous entraîne dans l’histoire et la recherche de ces Androïdes. L’une des scènes marquantes de ce film est lorsque Deckard est à la recherche de Pris dans l’appartement de J.F. Sebastian (voir l’illustration). On observe Pris se faire passer pour une poupée immobile devant Deckard ce qui donne une sensation de stress et de suspense car on n’a pas l’habitude de voir ces êtres sans mouvement. Juste après cette scène, Pris attaque Deckard et pousse des cris stridents tout en utilisant des techniques d’art martiaux pour abattre le Blade Runner.

Dès le début du film le paysage est mis en avant, en effet Ridley Scott nous offre une vue panoramique de Los Angeles très sombre et formée de gratte-ciels. Le deuxième plan est un œil, mais à qui appartient-il ? Un personnage ? Le notre ? Un spectateur ? Ou plus simplement celui de l’homme témoin et impuissant face à la grandeur du milieu dans lequel il vit ? Blade runner est un film sombre, tant par le caractère des personnages que par l’atmosphère donnée par le choix des décors et de la lumière. Deckard, personnage principal du film est le stéréotype du détective de thriller, mystérieux et même controversé puisqu’il se remet sans cesse en question, il semble être à la recherche de quelque chose, peut-être de lui-même (il répète sans cesse le même rêve et en cherche l’explication). Ainsi on peut lier le caractère de ce personnage à l’univers chaotique et sombre de la ville. Ridley Scott abuse de la vue de plongée pour assombrir les pièces. D’autre part on peut remarquer que le décor sait s’adapter à chaque personnage, ainsi Tyrell « le père » des répliquants habite un palais surplombant la ville, Deckard habite un appartement en hauteur signe d’un niveau social plutôt élevé, tandis que la population moyenne, la classe prolétaire vit dans des bidonvilles au niveau du sol. Dans cette ville se dégage une atmosphère oppressante et désagréable car les boutiques et les étales sont littéralement les uns sur les autres et on voit une accumulation de panneaux publicitaires. Encore une fois cet aspect rendu par le décor est en relation avec la population, cosmopolite, nombreuse et grouillante dans  la ville comme dans une fourmilière.

Les personnages sont très stéréotypés, ils sont ancrés dans un univers manichéen. D’un côté nous avons les humains, les « gentils » avec Deckard qui est un personnage bon et simple mais qui reste tout de même trop neutre, c’est une caricature de l’homme fuyant dévoré par ses démons, qui trouve refuge dans l’alcool et qui entretient des rapports conflictuels avec son patron. Ce dernier est comme on l’attend, un petit gros moustachu qui n’a finalement pas beaucoup d’autorité.

D’un autre côté, nous avons les répliquants, « les méchants » qui marquent un contraste de puissance. En effet, le héros du film se frotte à des personnages supérieurs. On le remarque par la force et l’assurance des répliquants, Deckard parait alors d’autant plus faible devant eux comme lorsqu’il essaie désespérément de s’accrocher au toit à la fin du film alors que Roy y parvient aisément, ou alors qu’il se laisse séduire par le charme irréprochable d’une femme fatale des années 50 alors que son devoir est de la « retirer ». Deckard parait soumis, faible face à ses ennemis qui n’ont qu’une seule faiblesse : une vie limitée. Roy et Pris forment une caricature des méchants, sans avoir un physique monstrueux, ils sont des êtres machiavéliques, oppressants qui incarnent le mal à la perfection. La course poursuite finale montre le côté psychopathe et supérieur de Roy qui cherche à tout pris à tuer Deckard après avoir tué de sang froid son créateur et J.F.Sébastien. Et enfin nous avons Pris qui est le stéréotype de la méchante habile, mesquine et hystérique qu’on peine à cerner et qui se bat relativement mieux que le héros même s’il parvient tout de même à la tuer. L’association de ces personnages révèle l’univers apocalyptique de ce film.

En ce qui concerne la diction des acteurs, elle est très différente en fonction des passages du film. Les scènes de recherches et de compréhensions sont marquées d’une diction lente permettant au spectateur de s’interroger sur les questions évoquées dans le film. Quant aux scènes d’action qui restent rares dans la première partie du film, elles sont rythmées par une diction plus rapide. De même pour la récitation du texte, elle est lente et espacée dans les scènes de recherches, ici aussi elle favorise le questionnement des spectateurs sur les problèmes que pose ce film. Le traitement de la voix rejoint également cette démarche puisque les voix des acteurs sont assez douces. Les acteurs parlent plutôt de manière monotone et plate ce qui permet de poser les faits calmement et d’y réfléchir plus facilement.

Les acteurs principaux présents dans Blade Runner sont tous des professionnels ayant un certain passé dans le cinéma mais on peut dire que pour la majorité d’entres eux, c’est ce film qui les a révélés au grand public. Ridley Scott s’est entouré de sang neuf. Il s’agit notamment de Rutger Hauer (Roy), de Sean Young (Rachel) et de Daryl Hannah (Rachel) qui ont tous trois eu un brillant avenir par la suite. Harrison Ford quand à lui, d’après Wikipedia n’était pas le premier sur la liste pour jouer le rôle de Rick Deckard, il était néanmoins déjà célèbre et c’est un des facteurs que recherchaient les réalisateurs pour leur personnage principal. Ils le choisirent sur conseil de Steven Spielberg.

L’un de ces acteurs a laissé sa marque dans le film, d’après une interview publiée dans le figaro, Rutger Hauer aurait écrit lui-même le poème qu’il lit à la fin du film et l’aurait écrit la veille du tournage dans la nuit.

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Alexandre Anquetil / Hugo Baudinet / Florentina Carrier /  Antoine Mazenot / Périne Paulin

Montage / cadrage / prise de vue

Comment faire vivre le décor et les personnages par la caméra ?

Sorti dans les salles de cinéma en 1982, Blade Runner est un film américain réalisé par Ridley Scott qui situe son histoire en 2019, à Los Angeles. Inspiré du roman Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? par Philip K. Dick, Blade Runner est devenu un film culte au fil du temps, après avoir été considéré comme un ovni. La première version du film ayant été jugée trop longue (4h), de nombreuses scènes ont été coupées au montage.

Blade Runner est l’un des derniers films à se passer des nouvelles technologies de son époque en ce qui concerne la création des décors et des effets spéciaux. En effet, la caméra notamment donne l’illusion de profondeur à certains décors qui deviennent réalistes. Par exemple, l’effet de perspective infinie que nous voyons lorsque Rick prend l’air sur son balcon n’est qu’une tromperie de la caméra car cet arrière plan n’est réellement qu’un drap peint à la main. La caméra est ainsi l’arme qui permet au film d’être plausible en rendant le décor vivant.

Mais, parfois le décor n’est pas cherché à être mis en valeur. Par exemple lors  de la scène de course poursuite entre le dernier répliquant et Rick, la camera appuie plus sur la vision des personnages, que sur le décor étant assez vétuste.

En effet, la caméra a aussi pour rôle de simplifier la compréhension des positions des personnages. En illustration, la scène finale de combat sur le toit de l’immeuble entre Rick et Roy montre une fois de plus la hauteur des immeubles mais appuie aussi sur le fait que l’humain surnaturel est plus puissant que l’humain naturel grâce au plongée vers Rick et le vide, et le contre-plongée vers Roy. Par cette prise de vue la caméra atteint l’émotion des spectateurs voulant pour la plupart sûrement la survie de Rick.

Egalement, lors du montage, la course poursuite de Zhora peu avant sa mort, est ralentie ce qui produit une émotion au public. Ainsi par ce ralenti, les décors et le thème de la mort sont mis en valeur.

Ensuite, le film commence par un générique qui permet aux spectateurs de se cadrer, à l’aide du texte, dans un monde inconnu pour l’époque. Ensuite, le réalisateur dévoile le lieu du film par une vue aérienne et donc par un plan très large. L’utilisation du travelling-avant fait entrer en douceur le spectateur dans la ville. La durée des plans est assez longue pour donner une impression d’immensité et d’étalement à la ville. Egalement, tout au long du film, les vues en contre-plongée, et plongée des buildings renforcent cette idée de verticalité.

Peu à peu, l’atmosphère devient très pesante et étouffante. En effet en suivant Rick errant dans les rues de Los Angeles, Ridley Scott donne un point de vue externe à la caméra. Ainsi avec la surabondance des figurants asiatiques, d’un cadre chargé de publicités et d’une lumière noirâtre agressive, ce point de vue fait sentir aux spectateurs une sorte de gêne.

De plus le décor numérique est abondant dans ce film : les parapluies néons, les écrans publicitaires, les enseignes asiatiques. Tous ces aspects, montrés à plusieurs reprises, stimulent visuellement les spectateurs puisque la caméra nous impose de les regarder sous divers angles ce qui intensifie cette gêne.

Aussi, les dialogues construisent l’intrigue et permettent aux spectateurs de se repérer.

Dans Blade Runner les dialogues ont des caractéristiques de cadrage et de montage spécifique. En effet, la pièce où se joue la scène est tout d’abord montrée par un plan d’ensemble, les personnages sont ensuite placés dans l’espace puis présenté brièvement. Le cadrage se resserre en plan poitrine sur les personnages concernés, permettant de voir les expressions faciales et donc de mieux comprendre et d’interpréter leurs réactions (exemple : le test).

La caméra passe d’un personnage à un autre pendant la discussion. Elle fait des allers retours plus ou moins rapide ce qui ajoute du suspens, ou au contraire, calme l’ambiance. La plupart du temps, il y a un jeu de champs / contre-champs. Le personnage concerné n’est jamais au premier plan. On observe soit un objet, soit une partie du corps d’un autre personnage.

Situé entre le thriller et le film de science-fiction, Ridley Scott alterne les plans larges et gros-plans, mais aussi les ralentis et les scènes de courses poursuites, ainsi, Blade Runner est un film unique en son genre pour son époque, ce qui le rend à la fois déroutant et fascinant. C’est une œuvre avant-gardiste, en avance avec son temps, notamment grâce à son esthétique si particulière. Le réalisateur tente de nous plonger au cœur d’un monde ultérieur encore inconnu par celui-ci. Ainsi, ce point de vue reste subjectif et imaginatif pour un film sorti en 1982 malgré la crédibilité de celui-ci grâce notamment à la caméra et au montage.

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Louis Aubret / Manon Le Quillec /Aline Mironneau / Clémence Rabin / Valentine Raquin / Anais Richard

Eclairages, son, décors

Blade Runner est un film datant des années 80, marqué particulièrement par l’imagerie et la publicité. Le réalisateur Ridley Scott a pour cela utilisé avec originalité l’éclairage, le son et les décors.

L’éclairage du film perturbe nos habitudes avec une ambiance visuelle très sombre étant crée par l’utilisation unique de la lumière artificielle. Cet éclairage est aussi accentué par des néons bleus (mode des années 80) qui donnent une lumière transformée. De plus l’utilisation des néons crée une grandeur aux personnages qui rendent des scènes symboliques. Par exemple, on peut citer la scène où Roy tue deux personnes, dans l’ascenseur. L’utilisation de ces néons colorés rend aussi la couleur légèrement indéfinissable. En effet, nous observons uniquement des tons bleus, gris et noirs. Ce film n’est pas sans rappeler celui de Luc Besson Subway avec également des néons et de la fumée en permanence. D’ailleurs dès les premières images, la lumière de ce film est perçue avec la prise de vue de la ville très dense de Los Angeles, les fenêtres éclairées des buildings et les usines en fonction.

L’ambiance sombre est due aux jeux de lumière et aux scènes tournées la nuit.

La lumière permet de mettre en valeur les décors. Au premier regard nous découvrons Los Angeles, une ville horizontale. Le zoom dévoile la hauteur des bâtiments de plus de 97 étages. Les différents niveaux de cette ville sont faits par « mate painting ». Grâce à cela et aux jeux de lumières, les décors deviennent plus crédibles. Sur les différents bâtiments, il y a une saturation des messages publicitaires. L’utilisation des publicités « Coca-cola » et « TDK » en tant qu’analogie au présent, rend le film réel. C’est une forte incitation constante à la consommation et ce pendant tout le film. Ces bâtiments sont faits de forme géométrique nouvelle, comme des rectangles intégrés dans des cercles. Les bâtiments donne une impression de densité, de condensation et d’étouffement. L’espace se partage en différents niveaux. L’air est convoité par les voitures volantes utilisées essentiellement par les policiers. Le sol est un chaos, un vacarme côtoyé par la populace. De plus différents quartiers se côtoient. Il y a promiscuité entre les quartiers arabes et japonais. La culture japonaise est fortement présente dans ce film, du fait de la puissance économique japonaise du moment. Le film porte une importance sur le building de la Tyrell Corporation dominant la ville de part sa grandeur. Ce phénomène est du à un effet de lumière d’aspect doré. En fonction des différentes scènes, cette tour est assimilée à un lieu culte, à un tombeau. Les technologies futuristes mises en œuvre dans ce film font aussi parties du décor comme le test de dilatation de la pupille, la nouvelle utilisation du minitel, le sèche-cheveux…

L’ambiance obscure s’accroit avec le son. Tout d’abord la musique du générique nous donne un style musical électronique mystérieux avec des sons très répétitifs et aigus. Il y a aussi des silences dans la bande son, pour installer l’énigme. La musique nous fait penser à un son fictif, irréel. Sur celle ci nous pouvons entendre les bruits extérieurs comme celui des voitures volantes, des usines. Si bien que dès le début, nous percevons mieux le contexte dans laquelle ce film nous plonge. En somme, le son est fondamental pour faire ressentir une impression de confinement aux spectateurs.

En résumé, l’éclairage, le décor et le son sont habilement liés et permettent à Blade Runner d’être qualifié de film de science-fiction et de film noir.

L’éclairage, le décor et le son donnent au film une dimension supplémentaire. Ils procurent une esthétique particulière tout le long de l’histoire. Ainsi, l’ambiance générale est sombre, le noir habite le film.

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Romain Charrier / Yolaine Chirouze / Tiphaine De Font-Reaulx / Léa Giffard / Coline Kupiec

Thème du futur

1982, les Etats-Unis sont plongés dans un contexte de guerre, à l’origine d’évolutions mécaniques et biologiques omniprésentes ; des scénaristes tels que Ridley Scott s’interrogent sur les conséquences futures de nouvelles sociétés. Ces sociétés se voient en proie à un système de surconsommation, un désir de gigantisme, traduisant l’ombre d’un chaos intérieur et d’une peur de la solitude et de l’isolement.

A travers ce polar, à l’allure d’un film de science-fiction, Ridley Scott met en lumière diverses problématiques fondamentales et récurrentes à échelle humaine.

Principalement : ” Quelles sont les limites d’une société vivant de désirs de perfections ?”

Blade Runner est basé sur une thématique de thriller noir, le réalisateur propose un futur lugubre et sombre, sans aucune lumière naturelle, inspiré des films noirs américains et noir classiques, caractéristiques du mouvement cyberpunk (symbole de l’œil).

Dès la première scène du film, on peut observer une atmosphère pesante et lourde avec la présence d’éclairs répétés, de fumées et flammes émises par de grandes colonnes imposantes. Tout au long du film, on retrouve cette ambiance oppressante à travers un dérèglement météorologique entraîné par une forte pollution (pluie omniprésente, brouillard). Ces éléments servent à construire un cadre pessimiste du futur. L’urbanisation est caractérisée par la dégradation des bâtiments et de la ville qui tombe en ruine, noyée dans un nuage noir constant et opaque, qui ne laisse apparaître aucune végétation ce qui renforce cette vision chaotique.

Nous avons également une représentation très futuriste du brassage de cultures, nous sommes à Los Angeles, ville mythique récurrente dans les films et romans de ce genre, mais celle-ci ressemble également à New York, Hong Kong, Tokyo (carrefour mondial) avec l’importante présence des panneaux publicitaires sur les façades. La disposition horizontale à perte de vue de ces bâtiments serrés et concentrés, permet de mettre en évidence la surpopulation de cette ville. Par conséquent, les moyens de locomotion se développent, les routes sont alors aériennes et terriennes.

Cette ville cosmopolite bourdonnante et insalubre, apparaît divisée avec la mise en place de la ville haute et de la ville basse de manière verticale, les maîtres en haut et les pauvres en bas; ce point de vue est nettement visible avec la pyramide Aztèque (la maison de Tyrell). L’architecture basée sur d’anciennes structures auxquelles ont été greffés les nouveaux bâtiments, surchargés d’éléments industriels comme des tuyaux, est représentative de l’envol d’actions industrielles dans un contexte de libéralisme économique sous la politique de Reagan.

« Blade Runner » permet sous couvert du thème du futur d’aborder plus ou moins implicitement des critiques de la société contemporaine. Des préoccupations propres à la condition humaine sont récurrentes quant à l’inquiétude de cohabitation avec une puissance potentiellement supérieure. Dans ce film, la machine rivalise avec l’homme par rapport à son potentiel.

On dénote par exemple un retour à l’esclavage à travers la situation des réplicants, robots similaires à l’humain de par leurs physiques et leurs capacités mentales accrus. La lutte des classes sociales est également en jeu, avec le pouvoir et les richesses aux minorités, représentées par Tyrell, tandis que le reste de la population survit tant bien que mal. Une mise en garde face aux conséquences néfastes des pratiques actuelles et des avancées technologiques est également inscrite dans ce film. La volonté de l’homme à surpasser son époque sans craindre les retombées sur les générations suivantes y est dépeinte.

On peut d’ailleurs voir dans le film plusieurs avancées technologiques imaginées par Ridley Scott, comme les énormes vaisseaux recouverts de panneaux publicitaires à néons, survolant la ville ainsi que la voiture des policiers, semi roulante-semi volante. Cependant quelques contrastes avec la société de consommation des années 80 persistent, entre autre avec l’apparition d’anciens modèles de voitures Américaines toujours roulantes. Ainsi qu’un développement des moyens de communication, tel que le téléphone, devenu un visiophone (objet encore inimaginable dans la société des années 80) alors que le journal papier persiste dans le futur.

Pour conclure ce thème du futur nous a permis de dégager de grandes problématiques des sociétés, avides d’innovations, mais qui restent dans la limite de leurs conditions humaines.

Malgré de nombreuses critiques, quelques années après sa sortie, « Blade Runner » a pu s’imposer comme un film culte traitant du futur et de l’avancée robotique.

Pouvons nous penser que le cinéma, lui-même, influence par ces progrès technologiques et entraîne le spectateur dans un déséquilibre face au choix entre du monde virtuel et réel incontrôlable ?

Maxime Bigonnet / Florise Jacques / Clémence Martineau / Alice Halliday / Bérangère Levy / Raphaëlle Babin-Chevaye

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