Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

14 juin 2013    Essai   

Publié par S.Chagnard

LES TRANSPORTS EN COMMUN SONT-ILS BONS POUR LE MORAL ?

Essai rédigé par Julie Charrier, étudiante en Année 3 option Design Produit à l’Ecole de design Nantes Atlantique, dans le cadre du cours Expression Écrite et Orale.

Photomontage de Julie Charrier

Photomontage de Julie Charrier

Le transport en commun : ce service connu de tous, utilisé chaque jour par de nombreux Français, fait polémique. Il y a d’un côté ceux qui vivent son utilisation comme une contrainte et une perte de temps, et de l’autre, ceux qui y voient plutôt un moment agréable où l’usager laisse son esprit vagabonder. C’est justement cette ambivalence qui m’a poussée à creuser davantage le sujet et qui m’a amenée à la problématique suivante : les transports en commun peuvent-ils avoir un effet bénéfique sur la santé de ses usagers ?

De mon point de vue, l’usage du transport en commun me paraît pénible, contraignant et pas toujours fiable, notamment sur le plan des horaires.  Ils sont également la cause d’un certain inconfort. En effet, certains usagers peuvent être sujets aux incivilités et aux vols et la promiscuité rend non seulement les trajets pénibles mais elle peut aussi entraîner des risques infectieux, notamment lors d’épidémies de grippe et de gastro- entérite. L’espace confiné et peu aéré du transport en commun est propice au développement des microbes et la transmission de bactéries est fréquente par le biais des barres de maintien et des boutons « stop ».

Ma représentation négative est également renforcée par l’image du transport en commun qui est véhiculée par les médias. D’après un article publié dans le journal Le Monde en février 2010, « les déplacements en transport en commun sont source d’inconfort et d’incertitude » et auraient « un impact certain sur la santé physique et mentale des salariés »[1]. Les nombreuses correspondances, l’entassement des usagers, l’incertitude d’arriver à l’heure au travail sont autant de tracas qui engendrent fatigue et stress chez le salarié.

Cependant, les transports en commun pourraient aussi avoir un effet positif sur les usagers. En effet, une étude menée par Keolis en juin 2007 vient bousculer les idées reçues et les stéréotypes associés à ce mode de transport. Elle nous montre que «l’utilisateur des transports en commun n’est pas un citadin stressé, pressé d’en finir avec son trajet». Ces déplacements seraient même « de véritables moments de vie dans lesquels les individus vivent des instants d’une grande richesse »[2]. Toujours d’après cette étude, le temps passé dans les transports en commun « est vécu comme un moment de détente » où les usagers « laissent place à leur vie intérieure et leur désir de rêverie ».

En effet, le transport en commun est vécu de façon positive par la majorité des usagers, seulement un tiers des personnes interrogées dans le cadre de cette

enquête vivent leur trajet comme une contrainte. C’est un moment de relâchement où l’usager est passif et se laisse conduire. N’ayant pas sa voiture, il n’a pas à subir le stress des embouteillages. Il utilise ainsi ce temps pour lui afin de communiquer avec ses proches par téléphone, lire un livre, se reposer, etc.

Ce trajet lui permet donc de faire une pause, de se déconnecter du monde du travail et de laisser de côté ses éventuels problèmes  avant de retrouver sa vie familiale. Ce moment de détente diminue le stress de l’usager lié au travail qui se fait de plus en plus présent : selon le sociologue Gérard Mermet, « le stress touche un français sur trois » et il ajoute : « la société française devient de plus en plus anxiogène. C’est notamment le cas dans la vie professionnelle, où les contraintes de productivité et d’efficacité se sont accrues pour les salariés »[3]. Il est vrai que nous sommes actuellement dans une société où les employés doivent être de plus en plus rapide et efficace avec une forte pression qui s’exerce sur eux. Seulement,  l’être humain n’est pas une machine et toute cette tension professionnelle n’est pas sans risque.

L’Institut National de Recherche et de Sécurité (INRS) a publié un article sur les effets du stress au travail sur la santé qui appuie cette thèse. Le travail engendrait de nombreux troubles tels que l’hypertension, la nervosité, la fatigue, la dépression, etc. Sans parler du stress chronique qui a long terme peut déclencher des dépressions, des maladies immuno-allergiques, des problèmes de fertilité voire même des états suicidaires[4].

Ce questionnement m’a permis de me rendre compte qu’il n’y avait pas seulement des désavantages à utiliser les transports en commun et qu’ils pouvaient même être bénéfiques si on les vivait de manière positive. Certes, les transports en commun ne peuvent pas pallier complètement aux problèmes de stress chez les salariés. Cependant, il s’en trouverait diminué durant ces déplacements et réduirait les maladies qui y sont liées.

Alors vivez ce moment comme une opportunité et lâchez prise sur les tracas du quotidien. Cela ne vous fera que du bien !

Julie Charrier, P3.

SOURCES

[1] Auteur non mentionné, « Le stress des transports en commun en région parisienne sape le moral des salariés », Le Monde.fr,  Date de publication : 08 février 2010. Date de consultation : 16 décembre 2012. D’après une étude menée par le cabinet Technologia, publiée le 08 février 2012.

[2] « Les transports en commun : une expérience de vie », Une étude de Keolis et TNS Sofres, juin 2007.

[3] Gérard Mermet, Francoscopie 2007, Pour comprendre les Français, Editions Larousse, 2007.

[4] « Effets du stress au travail sur la santé », inrs.fr, Date de publication : 04 novembre 2011. Date de consultation : 16 décembre 2012.

Tags: Essai

2 commentaires

  • 1 Sébastien Brousse // juin 17, 2013 at 13:44

    Dommage que l’on ne connaisse pas la répartition des usagers en fonction de leurs revenus ; mais j’ai ma petite idée…
    À part ça, un récit me revient immédiatement à l’esprit : c’est celui de Saint-Exupéry prenant le premier Omnibus du matin à Toulouse, dans « Terre des hommes» , chapitre I « La ligne» .

    http://www-fourier.ujf-grenoble.fr/~marin/une_autre_crypto/Livres/St-Exupery-terre.pdf

  • 2 S.Chagnard // juin 17, 2013 at 17:48

    Une sociologie des usagers serait effectivement d’un grand intérêt. Cela fera peut-être l’objet d’un nouvel article l’an prochain ? Quant au beau « Terre des Hommes»  de St Ex : très bien vu !
    On pourrait aussi citer l’incipit de « Zazie dans le métro»  de Raymond Queneau : le fameux « Doukipudonktan, se demanda Gabriel excédé. »  (à la gare d’Austerlitz).http://incipit.fr/zazie-dans-le-metro-2011-10-24

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