Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

24 juin 2013    Cinéma   

Publié par Nicolas Thévenin

2001, l’Odyssée de l’espace

Compte-rendu du film de Stanley Kubrick, réalisé par le groupe C des A1, suite à la projection du film au Cinématographe le 7 mars 2013.

4. Montage : Cadrage : Prises de vues

(Illustration : RONNET Pol, RONFLETTE Romain, FARAUD Lola, HAUTBOIS Yoan, HU Camille)

Présentation de l’oeuvre et de l’auteur

« La question est de savoir si l’on donne au public quelque chose qui vise à le rendre plus heureux, ou quelque chose qui corresponde à la vérité du sujet.

C’est peut-être grâce à cette phrase que l’on pourrait le mieux comprendre le parti-pris et la démarche de Stanley Kubrick tout au long de sa filmographie. Une filmographie riche et diverse, où Kubrick semble vouloir s’attaquer à tous les genres.

D’abord passionné par la photographie, à l’âge de 17ans il fut engagé par le magazine « Look » puis, quelques années plus tard, il réalise son premier court métrage « The Day of the Fight » (un reportage photo sur un boxeur). Suivi de deux autres en 1951 et 1953 (« Flying Padre », « The Seafarers »).

Ce sera en 1953 qu’il réalisera son premier long métrage « Fear and Desire », sur le thème de la guerre. Il sera à l’origine d’un des mythes autour de son créateur qui en parle comme d’un film « incompétent et prétentieux ». De ce fait, depuis sa sortie jusqu’à la mort de Kubrick, ce film n’avait plus été montré en salle.

Avec « Les Sentiers de Gloire », en 1957, il réalise son premier film majeur, il y raconte l’exécution de trois soldats français durant la Première Guerre Mondiale.

Entre 1960 et 1970 Kubrick est à l’apogée de sa gloire.

Depuis l’époque du film « Lolita » (1962) Kubrick se fait de plus en plus absent et il laisse passer plus de temps entre la réalisation de chaque film.

Stanley Kubrick s’attache à être à tous les postes (réalisateur, producteur, monteur, directeur photo, opérateur) et exerce ainsi un réel contrôle sur chacune de ses œuvres. Il s’investit pleinement dans ses films et est resté connu pour être d’une exigence implacable. En près de cinquante ans, Kubrick ne réalisera que seize films. Mais son tempérament perfectionniste est certainement ce qui a fait de lui un des cinéastes les plus marquants du XXème siècle, avec des œuvres qui encore aujourd’hui sont considérées comme des chefs-d’œuvre du grand écran, de « Spartacus » (1960) à « Full Metal Jacket » (1987), en passant par « 2001 : L’Odyssée de l’espace » (1968), « Orange Mécanique » (1971), « Barry Lyndon » (1975) et « Shining » (1980). Autant de films qui ont marqué leur temps et qui sont restés des références cinématographiques de nos jours. Il réalisera « Eyes Wide Shut » en 1999, l’année de sa mort. Une filmographie qui s’achèvera sur un dernier mot  provocateur prononcé par l’actrice Nicole Kidman « Fuck ! ».

« 2001 : L’Odyssée de l’espace » sera sans doute son projet le plus ambitieux. Il y explore de nombreuses techniques d’avant-garde, pour l’époque, en termes d’effets spéciaux. L’ensemble du scénario, ainsi que les décors sont méticuleusement réfléchis. Kubrick tente d’avoir une approche des plus scientifiques et s’entoure de spécialistes renommés. À l’heure où aux Etats-Unis on rêve de conquête spatiale et de voyage sur la lune, son idée était de produire un film de science-fiction des plus réalistes pour laisser entrevoir un futur crédible qui pourrait ne pas être si lointain. Kubrick veut faire vivre quelque chose de différent au spectateur, ce qui donnera lieu à des critiques divisées au sujet de ce film. Bien que s’exprimant peu sur ses œuvres, il parlera de celui-ci sous ces termes :

« J’ai tenté de créer une expérience visuelle qui aille au-delà des références verbales habituelles et qui pénètre directement le subconscient de son contenu émotionnel et philosophique. J’ai eu l’intention de faire de mon film une expérience intensément subjective qui atteigne le spectateur au niveau le plus intérieur de sa conscience juste comme fait la musique. Vous avez la liberté de spéculer à votre gré sur la signification philosophique et allégorique de ce film. »

2001_presentation

GAUTIER Liz, ROUSSELIN Elisabeth, MARHADOUR-SAVARY Camille, GRELET Anne, EVIN Antoine

Scénario

2001, L’odyssée de l’espace est un film de science-fiction  réalisé en 1969 par Stanley Kubrick grand cinéaste du XXème. Comme la plupart des scénarios de ses films, Stanley Kubrick puise son inspiration dans la littérature. Ici, le film est basé sur plusieurs nouvelles d’Arthur C. Clarke (notamment la Sentinelle) et le livre 2001: A Space Odyssey.

Tout commence à l’aube de l’humanité où deux hordes de primates se disputent un point d’eau. Ils évoluent dans ce conflit jusqu’au jour où un monolithe noir fait son apparition au sein d’un de ces deux clans. Il semble pouvoir doter d’intelligence les primates qui s’en approchent. Ils apprennent alors à se servir d’outils pour se défendre de leurs ennemis.

Nous voici brutalement projetés dans l’espace, en 2001, au milieu d’un ballet cosmique de vaisseaux. Dans l’un d’entre eux se trouve le Dr Heywood Floyd. Il se prépare à rejoindre la lune afin d’enquêter sur une étrange découverte : un monolithe noir enterré dans un cratère.  Lorsque lui et son équipe s’en approchent, le monolithe émet un signal sonore se dirigeant vers Jupiter, de quoi entretenir le mystère et pousser 18 mois plus tard une nouvelle équipe à s’y aventurer.

Sans réellement connaître l’ampleur de cette tâche, cinq astronautes font route à bord du Discovery : un vaisseau spatial équipé d’un ordinateur à l’intelligence artificielle surprenante : HAL 9000. Les deux personnages actifs sur le vaisseau sont David Bowman et Franck Poole, chargés de prendre les commandes, les trois autres membres sont en état d’hibernation.

Tout bascule lorsque que HAL détecte une anomalie dans le fonctionnement d’un appareil. Mais Bowman et Poole  ne trouvent aucun élément défectueux. Le verdict tombe : HAL n’est plus fiable ou HAL a menti. Inquiets, Dave et Franck discutent de sa déconnection éventuelle. Mais HAL comprend vite qu’il est en danger, ce qui éveille chez lui l’instinct de survie. Il élimine un à un les membres de l’équipage.  Seul Bowman résiste face à ses attaques et parvient à désactiver la mémoire de HAL. Bowman reçoit alors un message vidéo lui signalant que le voyage touche à son terme et qu’il doit trouver le point d’arrivée du signal envoyé par le monolithe depuis la lune. Bowman se retrouve alors plongé dans ce qui semble être l’espace-temps ou sa distorsion, un véritable délire intersidéral avant une arrivée soudaine dans une suite étrange où  Bowman va se voir vieillir à chaque fois que son regard croisera son propre reflet plus âgé, jusqu’à voir posé devant son lit de mort un dernier monolithe. Le corps du vieillard est alors remplacé par celui d’un fœtus évoluant en orbite autour de la Terre.

L’odyssée de l’espace aurait pu s’appeler  « 2001: L’odyssée de l’homme » car cet space opera raconte sa naissance, sa mort, son évolution. Le thème principal de ce film serait d’ailleurs cette mutation du primate à un « homme astral ».On pourrait presque y voir une théorisation sur le caractère cyclique de la vie dans la mesure où le film débute par l’aube de l’humanité et se clos par l’image d’un vieil homme qui redevient un fœtus. Kubrick et Clarke ont imaginé avec le monolithe, le moyen de cette évolution, une sorte de nouvelle divinité, servant de fil rouge pouvant  figurer le voyage temporel ou spatial. 2001 raconte aussi le rôle de l’intelligence artificielle dans cette évolution ainsi que l’hostilité de l’univers extra-terrestre. La solitude de l’homme face à la machine et à l’espace infini est également abordée. Cela se traduit par des dialogues relativement peu présents et des scènes d’une longueur remarquable. Ces longues pauses dans l’histoire, ce ralentissement extrême de l’image, du son, traduisent une ellipse, un saut plus ou moins grand dans le récit, dans le temps.

Ce long métrage, parfois considéré comme étant « le plus incompréhensible de l’histoire du cinéma » a pour base une histoire relativement simple. Ce qui peut dérouter le spectateur, ce sont ces images surréalistes, et l’absence de but précis ou d’explications claires dans les symboles  nourrissant toutes les interprétations les plus folles autour de l’œuvre de Kubrick. La scène finale peut être interprétée comme étant une renaissance ou comme la découverte par l’humanité, du secret de son origine et celui de son avenir.

2001_scenario

DANIEL Arthur, SIMARD Morgane, MONSIMIER Lisa, ROUSSEL Quentin, SPARFEL Pauline


Jeu / interprétation

Les acteurs de 2001 : L’odyssÈe de l’espace, sont relativement inconnus du grand public avant la sortie du film, malgrÈ que la plupart aient dÈj‡ une filmographie consÈquente. Keir Duella, Gary Lockwood et William Sylvester resteront d’ailleurs surtout connus pour avoir jouÈ dans ce film de Kubrick. Hormis peut-Ítre Lockwood qui avait interprÈtÈ le lieutenant Gary Mitchell dans Star Treck.
Des acteurs jouant des personnages secondaires peuvent Ítre retrouvÈs au casting d’autres films de Stanley Kubrick. C’est le cas de Margaret Tyzack, qui joue Elena, que l’on retrouve dans L’Orange MÈcanique ; ou encore de Edward Bishop, qui fait une apparition dans Lolita. On peut aussi noter que la fille du Dr Floyd est jouÈe par Vivian, la fille de Kubrick, qui fera plusieures apparitions dans les films de son pËre.
Le film commence avec un groupe d’hominidÈs, ‡ l’aube de l’humanitÈ. C’est un mime professionnel, Daniel Richter, qui interprËte l’homme-singe principal. Cet extrait illustre l’irrÈsistible attrait de l’Homme pour la violence aprËs l’apparition du monolithe, l’Ítre humain Èvolue selon ses instincts, c’est en dÈcouvrant la violence que le singe devient homme.
Si les personnages sont rÈprimÈs, ils s’ennuient et s’attristent, c’est le cas des astronautes qui sont prisonniers du vaisseau et surveillÈs en permanence par HAL. Le monolithe montre d’ailleurs cette force supÈrieure ‡ laquelle sont soumis les hommes.
Au niveau de la gestuelle, le fait que l’action se dÈroule dans l’espace rend tout les mouvements lents en opposition au dÈbut du film ou les hominidÈs on des gestes vifs, violents et brusques ; le spectateur, comme les personnages, perd ses repËres, il n’y  a plus de haut et de bas, tout comme le veut Kubrick avec la recherche de rÈalisme. Toute la fin du film se joue sur des plans et des personnages immobiles.
Ce n’est qu’en dÈsactivant HAL que David Bowman accÈdera ‡ un stade supÈrieur. On en sait peu sur les personnages et leur personnalitÈ, ils sont dÈpourvus de caractÈristiques, aussi bien physiques que morales. C’est aussi d˚ au fait que sur les 2h30 que dure le film, il n’y a que 45 minutes de dialogues. MÍme si l’on voit la fille du Dr Floyd et les parents de Poole, on ne connait ni les go˚ts, ni le passÈ de Bowman, personnage principal qui se retrouvera pourtant seul ‡ la fin du film. Le passage dans la quatriËme dimension est le moment o˘ David Bowman sera confrontÈ ‡ lui-mÍme et ‡ son propre regard qui le mËnera ‡ la mort, puis, on peut supposer, ‡ la renaissance avec ce fútus astral.
Le film est aussi basÈ sur la relation entre homme et machine. La machine deviendra humaine au point de dÈvelopper des sentiments et un certain attachement pour Bowman. HAL 9000 est reprÈsentÈ par une lumiËre rouge faisant penser ‡ un oeil, ce qui humanise la machine. De plus, HAL est le seul a bord du vaisseau ‡ connaÓtre le but rÈel de la mission. A la fois dÈsireux de servir, enjÙleur, et voulant dominer, c’est HAL, une machine, qui sera confrontÈ ‡ l’angoisse et la peur de mourir.
Dans tout le film, Kubrick  oppose ses personnages par l’Èvolution : le singe et l’Homme, l’Homme et la machine. Au final, le seul personnage dont on connait les Èmotions, est celui qui n’est pas humain : HAL. Lors de la scËne o˘ Bowman dÈsactive HAL, on se souvient du poignant ´†j’ai peur Dave†ª ´†Je sens ma mÈmoire se vider†ª que dit la machine avec sa voix paradoxalement douce et monotoneLes acteurs de 2001 : L’odyssée de l’espace, sont relativement inconnus du grand public avant la sortie du film, malgré le fait que la plupart aient déjà une filmographie conséquente. Keir Duella, Gary Lockwood et William Sylvester resteront d’ailleurs surtout connus pour avoir joué dans ce film de Kubrick. Hormis peut-être Lockwood qui avait interprété le lieutenant Gary Mitchell dans StTreck.

Des acteurs jouant des personnages secondaires peuvent être retrouvés au casting d’autres films de Stanley Kubrick. C’est le cas de Margaret Tyzack, qui joue Elena, que l’on retrouve dans L’Orange Mécanique ; ou encore de Edward Bishop, qui fait une apparition dans Lolita. On peut aussi noter que la fille du Dr Floyd est jouée par Vivian, la fille de Kubrick, qui fera plusieurs apparitions dans les films de son père.

Le film commence avec un groupe d’hominidés, à l’aube de l’humanité. C’est un mime professionnel, Daniel Richter, qui interprète l’homme-singe principal. Cet extrait illustre l’irrésistible attrait de l’Homme pour la violence après l’apparition du monolithe, l’être humain évolue selon ses instincts, c’est en découvrant la violence que le singe devient homme.

Si les personnages sont réprimés, ils s’ennuient et s’attristent, c’est le cas des astronautes qui sont prisonniers du vaisseau et surveillés en permanence par HAL. Le monolithe montre d’ailleurs cette force supérieure à aquelle sont soumis les hommes.

Au niveau de la gestuelle, le fait que l’action se déroule dans l’espace rend tout les mouvements lents en opposition au dÈbut du film ou les hominidés on des gestes vifs, violents et brusques ; le spectateur, comme les personnages, perd ses repËres, il n’y  a plus de haut et de bas, tout comme le veut Kubrick avec la recherche de réalisme. Toute la fin du film se joue sur des plans et des personnages immobiles.

Ce n’est qu’en désactivant HAL que David Bowman accédera à un stade supérieur. On en sait peu sur les personnages et leur personnalité, ils sont dépourvus de caractéristiques, aussi bien physiques que morales. C’est aussi du au fait que sur les 2h30 que dure le film, il n’y a que 45 minutes de dialogues. Même si l’on voit la fille du Dr Floyd et les parents de Poole, on ne connait ni les goûts, ni le passé de Bowman, personnage principal qui se retrouvera pourtant seul à la fin du film. Le passage dans la quatrième dimension est le moment où David Bowman sera confronté à lui-même et à son propre regard qui le mènera à la mort, puis, on peut supposer, à a renaissance avec ce foetus astral.

Le film est aussi basé sur la relation entre homme et machine. La machine deviendra humaine au point de développer des sentiments et un certain attachement pour Bowman. HAL 9000 est représenté par une lumière rouge faisant penser à un oeil, ce qui humanise la machine. De plus, HAL est le seul a bord du vaisseau à connaître le but réel de la mission. A la fois désireux de servir, enjôleur, et voulant dominer, c’est HAL, une machine, qui sera confronté à l’angoisse et la peur de mourir.

Dans tout le film, Kubrick  oppose ses personnages par l’évolution : le singe et l’Homme, l’Homme et la machine. Au final, le seul personnage dont on connait les Èmotions, est celui qui n’est pas humain : HAL. Lors de la scène où Bowman désactive HAL, on se souvient du poignant « j’ai peur Dave, je sens ma mémoire se vider»  que dit la machine avec sa voix paradoxalement douce et monotone.

2001_jeu

DUROX Anna, LE PAIH Delphine, POIDRAS Envell, MADIOT Anaël, COLAS Maud

Montage / cadrage / prises de vue

2001, L’Odyssée de l’espace de Stanley KUBRICK, est un film qui illustre parfaitement sa personnalité perfectionniste et fantasque.

Beaucoup inspiré par la photographie, chacune de ses scènes est tournée à la manière d’une photo mouvante.

Les plans sont larges et longs ce qui permet au spectateur de découvrir le décor où a lieu la scène (savane, espace, …). Le temps est d’autant plus long dans l’espace où tous les mouvements sont ralentis et l’univers vaste.

Tout est contrôlé, cadré, et délimité. Chaque plan est harmonieux, et construit de manière géométrique et symétrique avec un cadrage facial.

Les films de KUBRICK sont dit « circulaires »,  le cercle est omniprésent.

Il sait perdre les repères du spectateur. Ce phénomène est renforcé par la force de gravitation présente dans les scènes spatiales. Soit la caméra suit le mouvement du décor en utilisant le travelling, soit elle reste fixe et laisse le personnage, soumis à son environnement, désorienter le spectateur en jouant sur les notions de haut, bas, droite, gauche…

Dans le même esprit, le cadrage des formes circulaires fixes au centre du plan, donne une forte impression de profondeur et d’infini. Les plans tout en longueur, augmentent cette perception. On note également que cette sensation est évoquée par la succession d’images colorées et difformes qui nous plongent dans un monde parallèle, un univers sans structure, ni repères spatio-temporels.

Parallèlement à cela, ils provoquent une certaine angoisse lorsque l’on se trouve dans l’espace ou l’immensité impressionne et inquiète. Un paradoxe se crée entre cette étendue, et la vulnérabilité de l’Homme, qui ne repose que sur les machines qu’il a créé, sans être certain de leur totale fiabilité.

L’angoisse est également retranscrite par des gros plans et contrechamps qui entrecoupent les plans larges (œil de HAL, casque de Bowman, fœtus). Cette soudaine faible profondeur oppresse le spectateur et le plonge dans une atmosphère inquiétante. L’attention est focalisée sur l’élément principal et l’on assiste au plus près du personnage à ses états d’esprit. La caméra est subjective, elle met le spectateur dans la confidence, au plus près de l’action du protagoniste.

Tout au long du film KUBRICK a recourt à des ellipses et des inserts. Pour passer d’une époque à une autre, étant donné l’écart temporel considérable qu’il installe, les ellipses sont nécessaires. On  remarque principalement celle qui relie la période préhistorique au XXIe siècle, avec un os expédié  dans les airs qui se métamorphose en navette spatiale.

Le plan représentant le monolithe, magnifié en contre-plongée est un insert qui intervient régulièrement tout au long du film. Il suggère les découvertes et caps que l’Homme surpasse pendant son existence. On le rencontre notamment lorsqu’il apprend l’utilité d’un outil, les progrès de la technologie. Mais il rappel toujours que la nature de l’Homme n’a pas fondamentalement changée car il a toujours l’habitude de faire de ce qu’il ne connaît pas une divinité.

Finalement ce film tient plus de l’expérience esthétique, KUBRICK n’a pas cherché à réaliser un film conformiste et traditionnel. Il a utilisé une intrigue basée sur l’évolution humaine, c’est à dire un sujet très vaste pour donner lieu à des expériences visuelles et émotionnelles sur le spectateur.

RONNET Pol, RONFLETTE Romain, FARAUD Lola, HAUTBOIS Yoan, HU Camille


Éclairages / Sons / Décors

Un décor tout puissant.

Dans 2001, l’odyssée de l’espace, le premier plan qui nous est présenté est une absence complète de décor, un écran noir de plusieurs minutes qui laisse la place, sur le mouvement principal de « ainsi parlait Zarathoustra », à un alignement de planètes, une perspective de motifs ronds d’où émane le soleil, nous présentant déjà le tableau qui va rythmer la narration. Nous arrivons ensuite à l’aube de l’humanité, et nous assistons effectivement à l’aube d’un jour nouveau dans un décor désertique. Ce traitement volontairement littéral nous donne une impression virginale, le lever du soleil semblant par la même occasion créer le monde qu’il éclaire. La première partie du film, donc, se déroule dans  un cadre naturel sauvage entièrement préservé, aux couleurs chaudes avec une terre ocre et un soleil orangé ; et la première apparition du monolithe, géométrique, noir, froid, créée une rupture totale avec l’environnement et évoque clairement une intelligence supérieure. Après une ellipse de quelques millions d’années nous assistons au ballet quasi-chorégraphié (notons l’approche de la navette vers le vaisseau mère, les deux en rotation synchrone) de satellites et de vaisseaux dans le vide, sur l’air du « beau Danube bleu », rendant très fidèlement l’impression de vide, de légèreté et de silence, en respect avec les lois physiques en vigueur dans l’espace. En effet, Stanley Kubrick souhaitait pour ce film s’approcher au plus près de la réalité, assurer une plausibilité scientifique maximale, et pour cela a accumulé les conseils dans divers domaines, des techniciens de la NASA aux paléontologues, en passant par des chercheurs de l’industrie de pointe. Les  décors affichent un réalisme assez époustouflant, selon les critères de l’époque, certes, mais encore aujourd’hui sont largement crédibles, l’intérieur des vaisseaux complètement blancs par exemple illustrant certainement une nécessité de stérilité dans un espace confiné. Les décors constituent d’ailleurs 60% du budget du film et celui-ci, qui devait à l’origine s’élever à six millions de dollars a en fait dépassé les dix millions de dollars. Ce dépassement de budget est en partie dû à la construction d’une centrifugeuse géante, servant à donner l’illusion d’apesanteur, et créant sur plusieurs scène une perte totale de repères de la part du spectateur.

Difficile de ne pas évoquer également les « zero gravity toilet », au mode d’emploi pléthorique, et que le Dr Floyd -dans le seul moment du film prêtant à sourire- lit docilement et très attentivement avant toute utilisation.

Les couleurs jouent un rôle prépondérant dans cette odyssée. Le blanc, tout d’abord, semble être la marque de l’homme, son environnement proche, son empreinte sur ce dernier. Ainsi, lors des plusieurs atterrissages que compte le film, la blancheur du vaisseau, la fumée et les spots nous aveuglent presque, en une image de l’homme se disputant l’inconnu avec l’obscurité de l’espace. Le rouge, présent dans les cockpits, dans les entrailles de la station lunaire, et surtout dans le « regard » de HAL, semble évoquer le rapport ambigu que l’homme entretient avec la machine, le point culminant se trouvant bien entendu dans la désactivation (le meurtre ?) de HAL par Dave après la prise de pouvoir de ce dernier. Le noir semble représenter à la fois l’espace et une intelligence supérieure, quelque chose de plus grand que l’homme, jouant tantôt un rôle d’écrin, de simple fonds, tantôt un rôle décisif à l’instar du monolithe qui ponctue les différentes partie du film. Ces trois couleurs évoluent les unes avec les autres, explorant le rapport entre créateur et créature, et les dérives qui peuvent en découler (phrase de HAL à Dave:-Cette mission est trop importante pour moi pour vous autoriser( les humains) à la mettre en péril).

Le monolithe, lors de ses trois premières apparitions, va entretenir un rapport différent avec le milieu dans lequel il se trouve, tout d’abord en rupture complète, puis sur la lune entouré d’éléments de forme similaire, assez proche de l’obscurité de la surface, et enfin flottant dans l’espace, quasiment fondu dans son environnement. Cette progression semble refléter une avancée vers la source, la réponse à la question posée par cette chose, dont la dernière intervention, sur fond blanc, serait la clé. La rencontre entre l’homme et son créateur, l’alpha et l’oméga, la mort et la naissance, la fin et le début de toute chose. Le son est très important dans l’impression donnée par ces artéfacts, un concert de voix dissonantes, semblant venir d’une autre réalité accompagnant chacune de leurs interventions. Le silence est fréquent, notamment pour les scènes dans l’espace, par souci de plausibilité scientifique, mais également peut-être pour tenir le spectateur en haleine, lui proposer d’être avec le personnage, de respirer avec lui. La dernière scène est quant à elle complètement muette, l’absence de parole venant ici tout simplement dépeindre l’indicible.

Les décors, la musique, les couleurs et les éclairages sont très porteurs de sens dans ce film, et l’on pourrait presque se demander si les acteurs ne sont pas parfois là uniquement en tant que figurants dans ce décor tout puissant.

2001_eclairages

RIO Manon, JOLLY Sullivan, RIVAS-CORDOVA Tatiana, RONDINEAU Liam, SILLON Romain

Thème du futur

Recherches scientifiques et futur

L’Odyssée de l’espace de S. Kubrick réalisé en 1968 est une œuvre expérimentale voir quasi documentaire sur l’espace étant donné qu’à l’époque du film aucun homme n’a encore marché sur la lune (Armstrong 1969) et que de nombreux chercheurs s’interrogent sur la mise en œuvre d’un avion spatial capable de traverser l’atmosphère et de revenir sur terre (référence au programme X20 Dyna Soar des Américains visant à réaliser un avion spatial multi rôles leur permettant d’aller sur la lune). Ainsi, nous pouvons dire que l’idée du futur est omniprésente tout au long du film étant donné que Kubrick offre une méditation entre l’espace et le temps d’un monde futuriste prenant place en 2001.

Évocation du futur

Pour évoquer le thème du futur et par la même celui de l’avenir de l’homme Kubrick utilise plusieurs éléments ou symboles plongeant le spectateur dans un univers futuriste. Dans la partie concernant l’aube de l’humanité, la première apparition « surnaturelle » est celle d’un parallélépipède noir et lisse au milieu des hominidés. Le monolithe apparaît ensuite sur la lune en émettant un bruit strident vers Jupiter, puis dans le ciel de Jupiter et enfin dans la chambre à la fin du film. Ce monolithe apparaît à quatre époques différentes et symboliserait une intelligence extraterrestre supérieure qui aurait placé des antennes relais. A la fin de cette première partie se produit une ellipse projetant le spectateur dans l’espace. En l’occurrence l’image du vaisseau Discovery One du quel ne se dégage aucun bruit de moteur étant donné que les recherches faites par Kubrick lui ont apprises que le son ne se propage pas dans l’espace.

À l’entrée dans le vaisseau le spectateur fait la connaissance de Hal, un ordinateur doté d’une intelligence artificielle et capable de dialoguer avec l’équipage mais aussi de gérer le vaisseau Discovery One. À cette époque ce modèle d’ordinateur existe sous le nom de IBM S360, Kubrick s’est inspiré de cette invention et propose dans l’Odyssée de l’espace une version bien plus performante que l’existante. Hal devient une personne apparentière capable de traduire des émotions et des réactions quasi humaines lui donnant ainsi un libre arbitre. Il faut également mentionner que dans l’odyssée de l’espace l’ordinateur Hal est une machine à qui l’on peut faire confiance et capable de gérer les fonctions vitales de trois cosmonautes en hibernation. Kubrick va même plus loin en soumettant l’idée de guerre entre machines et hommes.

Pour représenter le futur, nous pouvons également évoquer le mobilier se trouvant à bord du vaisseau qui est un mobilier des années sixties et tout droit inspiré de l’univers de la science-fiction grâce à des lignes avant-gardistes, en l’occurrence des courbes et des couleurs vives.

Aux abords de Jupiter Bowman est entrainé dans un espace-temps très vertigineux où il passe par tous les âges pour mourir et se transformer en fœtus. Ce fœtus astral dans la dernière partie du film pourrait symboliser le surhomme, l’idée d’un recommencement après la mort.

La vision du futur dans L’Odyssée de l’espace

Kubrick nous offre une vision du futur où se mêlent une méditation entre l’espace et le temps mais aussi posant des questions métaphysiques comme : D’où venons-nous Où allons-nous ? Qui sommes-nous ? Dans L’Odyssée de l’espace beaucoup de questions sont posées au spectateur mais quasiment aucunes réponses ne sont données. La volonté du réalisateur est de montrer l’espace. Son exploration reste imaginaire étant donné qu’aucun homme ne s’est encore rendu dans l’espace cependant la représentation qu’il en fait est plausible du fait qu’il se soit documenté sur les travaux de recherches de l’époque. La vision du futur est avant-gardiste et coïncident sur certains points avec la réalité notamment ceux de l’apesanteur, de la lune. Cependant il semble que nous ne puissions pas nous rendre sur Jupiter et rien ne dit que des images de synthèses défilent ni même que nous puissions passer d’un espace temps à un autre ou encore que des fœtus astral existent cela concerne plus les question métaphysiques que se posent l’homme plutôt que le futur ou les découvertes que nous ferons demain.

2001_futur

BELAY Maxence, MOEC Pierre-Emmanuel, THOMAS Hugo, TORQUEAU Romane, PAINCHAUD Justine, WARION Romain

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