Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

30 décembre 2013    Non classé · Théâtre   

Publié par d.gouard

Le Cabaret New Burlesque

Compte-rendu du spectacle présenté au Grand T en octobre 2013 (par un groupe d’étudiants de A1)

L’aventure entre un metteur en scène talentueux et une conceptrice déjantée

par Iris Rué, Pauline Bernard, Ophélie Brard, Charlottre Quesnel, Camille Théou.

Illustration par Iris Rué, Pauline Bernard, Ophélie Brard, Charlottre Quesnel, Camille Théou

Illustration par Iris Rué, Pauline Bernard, Ophélie Brard, Charlottre Quesnel, Camille Théou

Le Cabaret New Burlesque, un spectacle décalé, humoristique, chic, provocant et sauvage, a été conçu par Kitty Hartl en association avec Pierrick Sorin. L’Autrichienne Kitty Hartl est la conceptrice de cette troupe incroyable du Cabaret New Burlesque.  Auparavant programmatrice au Lieu Unique à Nantes, elle a travaillée à de nombreuses reprises en France. C’est ainsi qu’elle rencontra Pierrick Sorin artiste vidéaste Nantais. Célèbre pour ses travaux vidéo, notamment des œuvres autobiographiques travaillant sur sa propre image, il exposa au Lieu Unique à Nantes mais également au Château des Ducs de Bretagne. Par ses petits « théâtre optiques », Pierrick Sorin aime le détournement, la dérision, et l’ironie sur la société et la vie quotidienne. Ses dispositifs visuels sont souvent provocants et invoquent le comique ludique. En 2003, Kitty Hartl partit à la recherche d’artistes déjantés et découvrit le New Burlesque. Elle regroupa cinq numéros préexistants pour en créer une troupe permanente : ainsi naquit le Cabaret New Burlesque. Cette troupe vit le jour à Nantes, ville d’attache, en 2004. Les performeurs furent renommés en 2010 dans le film de Mathieu Amalric, Tournée, film qui reçut à Cannes le prix de la Mise en scène. Kitty Hartl n’est pas le metteur en scène du spectacle car chaque artiste est le propre metteur en scène de son numéro. Cependant la conceptrice met en lien ces numéros pluridisciplinaires sous une présentation scénique burlesque et artistique. Afin de créer ce spectacle ; Kitty Hartl s’est donc associée à Pierrick Sorin, dans le but d’amener au cabaret moderne une touche artistique et contemporaine. L’utilisation de vidéos et d’images animées  permet la création du spectacle en temps réel. Pierrick Sorin, maître du théâtre optique apporte un élément de création au spectacle. Les artistes participent à la mise en place du dispositif et se mettent en scène devant la caméra. Ce mécanisme optique incite le spectateur à réfléchir sur la conception des décors. Ainsi, l’association de Pierrick Sorin et Kitty Hartl permit la conception d’un spectacle  mêlant aussi bien la musique, le corps humain que l’art visuel, ayant pour résultat une véritable création artistique.

Le texte, la narration

par Laura Palmer, Agathe Marcellin, Jean-Philippe Lefaucheux, Aurélia Maurin, Marie Cabillic

Illustration par Laura Palmer, Agathe Marcellin, Jean-Philippe Lefaucheux, Aurélia Maurin, Marie Cab

Illustration par Laura Palmer, Agathe Marcellin, Jean-Philippe Lefaucheux, Aurélia Maurin, Marie Cab

Malgré que ce spectacle ait une dynamique visuelle omniprésente et un jeu de scène, il détient une réelle envie de faire ressentir des sentiments par la parole. En effet, une maîtresse de cérémonie, Kitten on the Keys, intervient entre chaque chorégraphie pour combler les vides, moments de préparation des comédiens, et nous apporter des informations sur les danseurs grâce à des montages vidéos projetés sur scène. Celle-ci nous parle en « Franglais », un mélange entre le français et l’anglais, ce qui rend par moment son discours difficile à saisir, mais apporte ainsi un côté humoristique et moins choquant. De plus, la pièce est rythmée par des musiques interprétées par notre hôte, Kitten, qui réveillent et ambiancent le public dans ses moments de transition.

Humour dans le cabaret

par Célia Ferrer, Morgane Boulet, Clémence Du Cleuziou, Anne-Sophie Charroin, Axel Millet


Illustration  par Célia Ferrer, Morgane Boulet, Clémence Du Cleuziou, Anne-Sophie Charroin, Axel Millet

Illustration par Célia Ferrer, Morgane Boulet, Clémence Du Cleuziou, Anne-Sophie Charroin, Axel Millet

«  Hello my sexy, little and adorable mesdames et messiiiieurs  ! Vous allez assisteeeer à le best du best show you ever seeeen  !  ». C’est ainsi que Kitten on the Keys, présentatrice à l’enthousiasme communicatif, introduit et accompagne le spectacle. Elle intervient également entre chaque numéros, bien que très différents, afin de guider le spectateur dans ce monde de strass et paillettes. En effet, elle peut présenter le numéro suivant au travers d’interventions télévisées, de chants, ou encore de dialogues avec le public. Grâce à une gestuelle très prononcée, voire exagérée, elle entraîne le public dans ses blagues, plus provocantes les unes que les autres.

Cependant, le Cabaret New Burlesque ne se limite pas aux sourires aguicheurs de Kitten, c’est avant tout un ensemble d’effeuillages dynamiques et sensuels. Dans ce cabaret, les performeurs mettent en scène, devant public et caméras, des strip-teases drôles et décalés, allant du chevalier s’extrayant mécaniquement de son armure, à la beauté fatale sortie tout droit des James Bond, batifolant dans une coupe de champagne. Mimi le Meaux, dans son numéro Piña Colada, entre en scène dans une robe longue en soie verte, d’une démarche féline. Au fil du show, elle se libère de ses gants à l’aide de sa bouche, puis, de son fourreau d’un séduisant déhanché. Après une voluptueuse chorégraphie en corset, elle se découvre entièrement au plus grand bonheur des spectateurs.

Ainsi, les shows s’enchaînent, de plus en plus dénudés, de plus en plus délurés, au rythme de différentes cultures, de différentes époques. Rythmés par la musique, alliant déhanchés langoureux et pas de danse, les comédiens laissent peu à peu tomber leurs costumes. L’atmosphère étouffante et sensuelle atteint rapidement son paroxysme, et les sourires, et clins d’œil aguicheurs, nous font vite oublier l’anticonformisme face aux canons de beauté actuels.

Le public est sans cesse mobilisé au cours du spectacle. En effet, la frontière entre le monde réel et le show est régulièrement dépassée: que ce soit avec la présentatrice qui dialogue avec la salle, les strip-teaseurs qui vont à la rencontre du public, ou encore un spectateur invité à monter sur scène. La timidité du public disparaît au même rythme que les vêtements des comédiens.

Extravagance visuelle

par Sidonie Veteau, Eve Gergaud, Louise Robert, Anne-Laure de Goulaine, Benjamin Pierroux

Illustration par Sidonie Veteau, Eve Gergaud, Louise Robert, Anne-Laure de Goulaine, Benjamin Pierroux

Illustration par Sidonie Veteau, Eve Gergaud, Louise Robert, Anne-Laure de Goulaine, Benjamin Pierroux

Avec ce nouveau spectacle la troupe du Cabaret New Burlesque a innové en faisant appel à Pierrick Sorin : artiste polyvalent adepte de la vidéo.

En effet ce show réunit tous les ingrédients de leur précèdent spectacle en y ajoutant un dispositif vidéo qui permet de créer un lien entre tous les numéros.

Pour les costumes peu de surprise, paillettes, plumes, voiles, robes longues, corsets, et couleurs vives sont de rigueur. Ajoutés à cela plusieurs éléments superposés permettant l’effeuillage, sans toutefois aller jusqu’à la nudité́ complète (string et cache tétons sont toujours présents). Si le cabaret connaît une certaine modernité les costumes vont puiser leur inspiration dans différentes œuvres des 20-21eme siècles. Telles que la peinture de Alfonse de Mucha qui met en scène une pin up pour représenter le champagne Ruinart ou même la Loïe tirée des Folies Bergère. Sans oublier des références plus actuelles comme par exemple James bond ou l’on retrouve toute la féminité et ce jeux de séduction. D’autres références quant à elles sont antérieures au 16eme siècle, telles que la peinture du Corrège de Leda, cette image de la femme cygne est celle qui vient clôturer ce spectacle en finesse et délicatesse.

Les accessoires sont emblématiques, on y trouve une toile d’araignée, une coupe de champagne géante, des ailes de chauves-souris, un orque à ressort, ou encore un cygne en peluche prenant vie. Tout cela crée un univers propre à chaque numéro qui nous transporte dans un univers enchanteur ou complément barré.

Cette impression est renforcée par l’utilisation de la vidéo en temps que décor. C’est une part essentielle de chaque numéro, réalisée en direct par incrustation. Ce qui oblige les artistes à jouer de la caméra, qui crée des situations nouvelles, auxquelles on ne s’attend pas. On retrouve très bien cette situation dans le numéro de la flic. Cette utilisation de l’incrustation, et d’une sorte de boîte à films rappelant les débuts du cinéma et Georges Méliès, permet également une ouverture des univers visuels. Cela revient dans le numéro participatif dans lequel on découvre la maîtresse de cérémonie jouant du piano,  l’une des danseuses invite un des spectateurs à venir sur scène et le séduit en chantant. L’incrustation permet dans ce numéro de situer l’action dans une chambre, alors que le seul décor présent sur scène se trouve être une boîte noire. Ainsi à partir d’un décor minimaliste un univers se crée grâce aux costumes, à l’ambiance musicale et la projection.

« La lumière ne fait pas de bruit. » F. Leclerc

par Léa Dangréaux, Jessie Ingrand, Vanessa Jaunâtre, Lisa Le Gourrierec

L’éclairage et la sonorisation sont généralement désignés comme étant les aspects techniques de la mise en scène d’une représentation. Or, leur fonction est tout aussi indispensable que le jeu de l’acteur. Ces deux éléments font partie intégrante du spectacle, accompagnant chaque action sur scène. Pour cette raison, le son et la lumière ne sont jamais juste considérés comme étant de simples dispositifs scénographiques mais comme des éléments nécessaires à la vie du show. Le choix de la mise en scène pour le Cabaret New Burlesque en est la preuve, offrant une conception de la lumière et du son très dynamique, proche de celle utilisée lors de comédies musicales.

Illustration par Léa Dangréaux, Jessie Ingrand, Vanessa Jaunâtre, Lisa Le Gourrierec

Illustration par Léa Dangréaux, Jessie Ingrand, Vanessa Jaunâtre, Lisa Le Gourrierec

Durant cette représentation, la lumière et le son sont apparus comme des liens inéluctables créant une ambiance particulière et unique pour chaque mise en scène, alliant mise en valeur des danseuses et interaction avec le public. En effet, l’intimité de certains numéros ou au contraire le dynamisme des autres sont retranscrits et amplifiés par l’apport de ces moyens. La lumière permet également la production de certains shows tels que celui reprenant le travail de Loïe Fuller, fusionnant danse et jeux de lumières avec son drapé léger et vaporeux. Le son, quant à lui, permet de marquer les différentes phases du spectacle et d’affilier un côté humoristique à certains numéros tels que celui de la policière dansant sur la bande son du film La Haine, réalisé par M. Kassovitz. Lors des changements de décors la lumière est centrée sur la présentatrice, Kitten grâce à une poursuite afin de détourner l’œil du spectateur ; ainsi le faisceau lumineux est plus mobile durant ce laps de temps puisqu’il suit les mouvements de la présentatrice et éclaire le public lors des interactions. Lors de shows plus sexy, la lumière est plus diffuse et tamisée, le son plus lent et saccadé. A contrario, lors des numéros plus volages, les lumières sont dans des tons soutenus en accord avec les costumes, et le son est plus enjoué et fluide.

La création lumière de Rodolphe Letourmy et la sonorisation sont apparus comme acteurs à part entière du spectacle, mis en scène par Kitty Hartl, directrice artistique et Pierrick Sorin, cinéaste et plasticien nantais.

Synthèse

par Julien Chevrier, Thibault Lambin, Camille Paquereau, Emma Morin, Thomas Lautredou

Illustration par Julien Chevrier, Thibault Lambin, Camille Paquereau, Emma Morin, Thomas Lautredou

Illustration par Julien Chevrier, Thibault Lambin, Camille Paquereau, Emma Morin, Thomas Lautredou

Ce spectacle venu tout droit des Etats-Unis, nous présente différentes « scènes » avec des univers très variés qui nous amènent à chaque fois à un strip-tease. Mais au-dessus de ça,  il amène de nombreuses questions sur la notion du corps et de l’esthétique de ce dernier, mais aussi la femme en tant que « produit attractif ». Il nous fait également découvrir une mise en scène bien particulière réalisée par Pierrick Sorin, artiste Nantais. Ainsi le spectacle prend une toute autre forme, les décors sont réalisés à base d’installations, de caméras, montages vidéo et de vidéo-projections, tout cela nous donne un rendu assez esthétique et conceptuel.

En plus du rendu visuel, on remarque une véritable interaction avec le public, de par la présentatrice tout d’abord, puis le spectateur peut être invité sur scène, ou les performeurs viennent dans le public. Le lien est de toute manière conservé par les lumières qui oscillent entre les deux.

On pourra d’ailleurs remarquer que l’éclairage joue un rôle très important, il va plonger le spectacle dans un univers spécifique, les jeux de lumières impressionnent et mettent en valeur les acteurs.

Nous avons donc face à nous un spectacle très travaillé sur plusieurs points de vue mais qui ne recherche pas pour autant la perfection, laissant donc place à l’improvisation. Le strip-tease ne prend plus une allure grossière mais une allure raffinée et non choquante.

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