Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

27 juin 2014    Art · Expositions   

Publié par d.gouard

Henry-Pierre Picou et les néo-grecs

Compte-rendu de la visite réalisée par les étudiants de A1 à la Chapelle de l’Oratoire

L’exposition PICOU : Une balade dans le musée des beaux arts à la période néo-grecque

Par Thibaud GOUNO, Marianne GUIDOU,  Coline HERCOUET.

Illustration par Thibaud Gouno, Marianne Guidou

Illustration par Thibaud Gouno, Marianne Guidou, Coline Hercouet

Du 25 octobre 2013 au 26 février 2014, le musée des beaux arts de Nantes organise, dans la Chapelle de l’Oratoire, une exposition dédiée aux néo grecs axée autour des œuvres du peintre Henry-Pierre Picou. Cette exposition est baptisée « la lyre d’ivoire, Henry-Pierre Picou et les néo-grecs ». Elle est inédite puisque c’est la première fois que seront réunies les grandes œuvres de l’artiste, associées aux pièces majeures du mouvement des Néo-grecs grâce aux prêts exceptionnels du musée d’Orsay. L’exposition rassemble peintures, dessins, sculptures, objets d’art mais aussi divers ouvrages issus de ce mouvement éphémère, d’une dizaine d’années (1846-1855). Un mouvement né autour de Jean-Léon-Gérôme, où l’on voit des artistes qui créèrent et inventèrent un nouveau style. Des artistes comme Ingres, Burthe, Hamon ou Picou qui constituèrent une communauté artistique, portée vers le philhellénisme. Il s’agit pour ces artistes de réinventer un quotidien grec qu’ils expriment parfois avec humour et légèreté tout en s’inspirant du classicisme grec. Les techniques utilisées par ces derniers, sollicitent beaucoup l’utilisation de claque et de détails minutieux tels que des représentations de mosaïques dans les tableaux.

Nous avons pu constater que la disposition de la salle s’organise d’une façon particulière, en effet la présence des murs en place et des systèmes d’attaches mobiles (cimaises) permet à la chapelle de disposer le musée de façon différente a chaque exposition. En l’occurrence, pour l’exposition PICOU, ils forment une ligne conductrice à la visite. De plus, les tableaux se suivent chronologiquement en fonction de l’évolution du mouvement Néogrecs. Ce mouvement est donc symbolisé par la décoration intérieure du musée (présence de colonnes grecques). La scénographie de l’exposition à la manière d’un clin d’œil propose donc un parcours dans une villa antique. On doit cette disposition au scénographe Silvio Crescoli. La visite commence par un tableau de Ingres (1780-1867), qui se nomme « La Maladie d’Antiochus ou Antiochus et Stratonice»  réalisée en 1840 appartenant au néoclassicisme. La scène représente une scène de le mythologie grecque. En effet, on peut le constater au décor (colonnes, mosaïques). C’est un point d’entrée vers le mouvement néo grecs pour les artistes peintres de l’époque. Le néogrec s’illustre aussi à travers l’architecture. Durant la visite, on a pu commenter une maquette étant une maison de style grec. C’est pourquoi elle ressemble étroitement à un temple grec. (présence de colonnes grecques, sculpture d’une muse, peintures.) C’est une collaboration entre peintres et architectes. Elle a été conçue pour une tragédienne dénommée Rachel. Pour finir, le style néo-grec est aussi présent dans les objets de la vie quotidienne. On a pu voir des services d’assiettes. Ces dernières sont décorées de par des éléments de fresques antiques. Elles ont pour but d’intégrer un décor antique.

Les néo-grecs : « L’art pour l’art »

Par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent

Illustration par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent
Illustration par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent

L’antiquité est un sujet d’actualité au début du XIXème siècle. La Grèce obtient son indépendance grâce au traité d’Andrinople (1829). De plus on effectue des fouilles archéologiques (Pompéi et Herculanum) qui rendent compte de l’architecture et de la décoration de l’antiquité. Ce renouveau de connaissances entraîne le développement du néo-classicisme qui vise à faire méditer le spectateur. Ainsi le modèle antique est remis au goût du jour.

C’est alors qu’apparaissent les néo-grecs qui s’opposent à ce style académique : les sujets traités ne sont plus moraux, mais divertissants. Cela se justifie par la jeunesse des artistes de ce mouvement. Leur entrée officielle sur la scène artistique est datée de 1847, date à laquelle Jean-Léon Gérôme expose au Salon son tableau Le Combat de Coq. Ce tableau est salué par la critique, notamment par Théophile Gautier qui invente le terme de « néo-grec ». Jean-Léon Gérôme est donc le chef de fil de ce groupe.

Les néo-grecs sont formés dans un premier temps dans l’atelier de Delaroche, puis envoyés chez Charles Gleyre. Gérôme était un de leurs élèves. C’est aussi à cette époque que prend fin la Monarchie de Juillet, qui marque une rupture avec le régime royal en France. Cela conduit à une émancipation des intellectuels. Ainsi, les artistes revendiquent la place de leurs œuvres afin de se valoriser face au marché capitaliste de l’art et face à l’industrie. Théophile Gautier disait « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid ».

Le mouvement néo-grec n’est pas exclusivement réservé à la peinture, mais concerne également d’autres disciplines artistiques, telles que la musique, la littérature, l’architecture, le théâtre, etc. La réunion de ces différents domaines et compétences conduit à la cohésion du groupe. Cette association permet la réalisation de la Maison Pompéienne commandée par le prince Napoléon, cousin de Napoléon III. L’architecture et la décoration intérieure sont fidèles au style néo-grec.

La volonté d’indépendance face à l’académisme et l’union des activités artistiques conduisent au développement du néo-grec. Cependant le mouvement néo-grec finit par s’essouffler au bout d’une dizaine d’années par le manque d’intérêt des sujets traités.

Jean-Léon Gérôme : un artiste au style innovateur

Par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE

 Illustration par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE
Illustration par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE

Jean-Léon Gérôme est né le 11 mai 1824 à Vesoul et mort à Paris le 10 janvier 1904.

En 1844, de retour de son voyage italien avec Paul Delaroche, Gérôme s’inscrit dans l’atelier de Charles Gleyre afin de remporter le prix de Rome. Il travaille le modèle idéal vouant un culte à l’antiquité, mais échoue au concours. Il rencontre alors Picou et Hamon avec qui il a partagé ses connaissances. Mais en 1846, ce fut un second échec au concours de Rome ce qui le poussa à prendre un an de son temps pour s’y préparer à nouveau en peignant avec ses amis sculpteurs les animaux du jardin des plantes afin de perfectionner le réalisme de ses œuvres.

Il devint dès lors l’un des peintres français les plus célèbres de son temps en élargissant les thèmes de ses peintures avec pour désir de renouveler la peinture d’histoire. Il transcrit avec ce style de nouveaux sujets épisodiques et le réétudie afin d’améliorer la sensualité et l’harmonie des corps dans le décor.

A travers ces scènes, Gérôme apparaît comme un artiste unique ayant réussi à trouver le juste équilibre entre la nature et la tradition de son regard innocent. De plus, le public, lassé des leçons de morales néoclassiques est alors charmé par le rajeunissement d’une antiquité idéale où l’humour n’est pas absent.

Gérôme est vu comme le précurseur d’un nouveau style néo-grec influençant d’autres artistes comme Picou, Hamon et Boulanger par exemple.

Lors de cette exposition au musée des Beaux Arts de Nantes, nous avons pu voir trois œuvres de Jean-Léon Gérôme. La plus marquante étant Le Combat de Coqs, une œuvre qui montre l’aboutissement de son travail et qui marque alors le début de son nouveau genre. Il montre deux adolescents regardant un combat de coqs, une activité très appréciée à Athènes au Ve siècle avant J.C.

De plus, Gérôme nous montre à travers La Femme aux cornes de Bélier en 1853, qu’il est capable d’associer l’homme à l’animal pour un résultat qui paraît réaliste. Il fait peut-être allusion à la mythologie grecque avec ses nombreuses créatures qui sont le croisement d’un humain et d’un animal.

Enfin, le dernier tableau exposé était Anacréon, Bacchus et l’Amour, dans lequel Gérôme prouve à nouveau sa finesse à représenter le réel par différentes figurations artistiques telles que la musique (flûte double, lyre), la poésie (Anacréon), la danse (cortège, Bacchus) et l’Amour (Cupidon).

Gérôme est un artiste qui a évolué dans sa manière de peindre lui valant d’être l’exemple et la source d’inspiration de nombreux autres artistes. Il est le chef de file du mouvement néo-grec.

Les sujets et les supports travaillés par les néo-grecs

Par Thomas LAUTREDOU, Elisa LECOMTE, Marie KERBRAT

4-ExpoPicouLesArtsDécoratifsTexteIllustrationSuite aux fouilles archéologiques de Pompéi et d’Herculanum, un engouement s’est créé autour de l’époque antique. De nombreux artistes s’y sont intéressés, notamment les néo-grecs dont le cercle s’est formé en 1847.

Les sujets régulièrement abordés par les artistes néo-grecs font donc référence à la Grèce antique, cependant ils ne sont pas traités de la même façon que les néo-classiques (Ingres). En effet, ils ne privilégient pas une réflexion morale et intellectuelle réservée à une culture élitiste mais, au contraire, une peinture de genre avec des sujets plus légers et divertissants de la vie quotidienne qui s’adressent à tous. Par exemple,  Jean-Léon Gérôme a peint en 1846 un tableau intitulé « Jeunes Grecs faisant battre des coqs ». Ce tableau représente deux jeunes grecs se divertissant avec un combat de coqs, activité très répandue à l’époque de la Grèce antique.

Les néo-grecs privilégient principalement le dessin, donnant des peintures très minutieuses et précises. Certaines peintures ont été reproduites en gravures, permettant aux œuvres de se diffuser plus facilement. La maison Goupil & Cie a édité des gravures néo-grecques, notamment des tableaux d’Henri-Pierre Picou. Des ornements ont également été réalisés par les artistes néo-grecs pour des services en porcelaine, principalement en collaboration avec la manufacture de Sèvres. En 1856, un service de table est réalisé pour la villa pompéienne. Ce service est typiquement néo-grec par ses aplats de couleurs vives et ses ornements, inspirés des éléments décoratifs relevés sur les sites archéologiques de Pompéi et d’Herculanum. En effet, les peintres néo-grecs s’inspirent beaucoup de relevés très précis effectués par les architectes sur les sites archéologiques.

Le cercle néo-grec s’étend donc sur plusieurs domaines artistiques tels que l’architecture, la céramique mais aussi la musique, la poésie et la littérature. Parmi ces artistes on compte notamment Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Franz Listz et bien d’autres, qui se retrouvent régulièrement autour de débats et d’échanges.

Henry-Pierre Picou le néo-grec

Par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué

Illustration par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué
Illustration par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué

Nous avons choisit de travailler sur la partie concernant Henry-Pierre Picou, tout d’abord parce qu’il est Nantais, mais aussi parce que sont travail nous à fortement intéressé. Ce fut une belle découverte.

Tout d’abord, Henry-Pierre Picou est né à Nantes en 1824 et mort en 1895 à Nantes également. Il est issu d’une famille d’artistes Nantais. Il fait ses études à Paris et exerce ses talents de décorateur pour la manufacture de Sèvres. Toutefois, il reste proche des collectionneurs de sa ville natale. Son attachement pour la ville est prouvé par la légation de ses œuvres au musée des beaux-arts de Nantes par ses descendants en 1986.

C’est pourquoi, dans la chapelle de l’oratoire sont exposés des tableaux qui sont des peintures et des croquis d’Henry-Pierre Picou dans le style néo-grec. Les œuvres du chef de file des néo grecs, Jean-Léon Gérôme sont également exposées.

Parlons un peu de ce mouvement néo-grec qui est né au 19ème siècle, en France. Il est apparu sous l’impulsion des peintres issus des ateliers des beaux-arts de Paris. On retiendra notamment les élèves de l’atelier de Charles Gleyre, que fréquentait Henry Pierre Picou. Le mouvement a duré toute la deuxième moitié du 19ème siècle. Ce courant s’inscrit lui même dans la mode du classicisme, et a pour particularité d’inclure des contours précis, une atmosphère limpide. Henry Pierre Picou s’inscrit donc parfaitement dans cette mouvance, car ses peintures sont empreintes d’une finesse dans les contours, d’une pureté de l’atmosphère.

Enfin , une œuvre contemporaine est exposée parmi les originaux du 19ème siècle, pour différentes raisons. Tout d’abord les néo grecs avaient repris des thèmes anciens de la mythologie grecque, pour l’inscrire dans la période du classicisme, avec des techniques de leur époque. De la même manière, reprendre des tableaux d’une époque passée, le 19ème, avec des techniques contemporaines a été la motivation première de ces artistes contemporains. Il s’agit de la reprise de l’idée même qui est à l’origine de la fondation du mouvement néo grec.

Pour finir, l’utilisation de paillettes attire l’œil, intrigue et apporte de l’originalité. Cela renforce l’idée qu’un thème artistique peut-être intemporel et constamment revisité, réapproprié par les artistes.

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