Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

5 septembre 2014    Théâtre   

Publié par d.gouard

Le Misanthrope

Compte-rendu du spectacle présenté au Lieu Unique en Mars 2014 (par des étudiants de A1)

Présentation de l’auteur et du metteur en scène

Par Antoine Dehillerin, Paul Gardette, Florian Bauchart, Arthur Follenfant

Illustration par Antoine Dehillerin, Paul Gardette, Florian Bauchart, Arthur Follenfant

Illustration par Antoine Dehillerin, Paul Gardette, Florian Bauchart, Arthur Follenfant

Jean-Baptiste Poquelin dit Molière était un acteur, dramaturge et metteur en scène français. Né en 1622 à Paris il  fît ses études chez les jésuites avant d’étudier le droit à Orléans. Directeur d’une troupe de théâtre, Molière est avant tout un auteur comique.

Avec l’aide de Madeleine Béjart, il créa L’Illustre-Théâtre qui fut un échec en raison de ses nombreuses dettes. Il quitte alors Paris pour la province où il y restera treize ans. En 1658, il revient à Paris jouer Nicomède et le dépit amoureux devant le Roi. L’année suivante, il jouera Les précieuses ridicules qui lui apportera la célébrité et la reconnaissance du Roi Louis XIV ; Molière obtient alors de la part du Roi la salle du Petit-Bourdon puis celle du Palais Royal.

Molière fait rire la cour de France par ses comédies, mais bon nombre de ses pièces lui valent la censure et provoquent des scandales tels que Tartuffe joué en 1664  et Dom Juan en 1665. En effet les dévots se sentent visés et font pression sur le Roi pour interdire ces pièces. Cependant Molière continue de bénéficier des faveurs du Roi et créé alors Le Misanthrope (1666), Le Bourgeois Gentilhomme (1670), L’Avare (1668), Les Fourberies de Scapin (1671) et Les Femmes Savantes (1672).

Atteint de la tuberculose, Molière meurt sur les planches en 1673 lors de la quatrième représentation du Malade Imaginaire.

Durant sa vie, Molière connut à la fois le succès aussi bien que l’échec total, autant aimé et détesté en son époque, il a aujourd’hui sa place au sein du Panthéon des plus grands écrivains français.

Jean-François Sivadier né en 1963 est un comédien, auteur et metteur en scène de théâtre. Ancien élève de l’école du Conservatoire du Mans et de l’école du Théâtre National de Strasbourg, il travaille d’abord comme comédien. Proche de Didier-Georges Gabaly, il joue dans plusieurs de ses spectacles mais aussi sous la direction de Jacques Lassalle, Laurent Pelly ou d’autres.

En 1997, il passe à l’écriture et monte Italienne avec orchestre. S’ensuit alors une série de spectacles au Théâtre National de Bretagne. Inspiré par Oscar Wilde et Shakespeare, J-F Sivadier livre une nouvelle version du Mariage de Figaro de Beaumarchais sans pour autant altérer le sens et la portée de l’œuvre.

Après une entrée dans le monde du Théâtre, il est régulièrement metteur en scène à l’Opéra de Lille. Depuis 2004, J-F Sivadier monte un opéra tous les deux ans dont Madame Butterfly de Puccini, Les Noces de Figaro de Mozart et Carmen de Bizet. En 2011, il est invité au Festival d’Aix- en-Provence pour monter La Traviata de Verdi.

Attiré depuis toujours par le théâtre de Molière, J-F Sivadier monte pour la première fois Le Misanthrope

Intemporel

Par Margaux CHAILLOUX, Marie DARRAS, Agathe CHUPIN, Antoine MAURAIS, Jérôme GALLAIS

Illustration par Margaux CHAILLOUX, Marie DARRAS, Agathe CHUPIN, Antoine MAURAIS, Jérôme GALLAIS

Illustration par Margaux CHAILLOUX, Marie DARRAS, Agathe CHUPIN, Antoine MAURAIS, Jérôme GALLAIS

Cette pièce de théâtre, écrite par Molière en 1665, met en scène Alceste, un homme misanthrope. Celui-ci est amoureux de Célimène malgré son idéologie. En effet, elle représente tout ce qu’il déteste du genre humain. Elle est hypocrite, commère, manipulatrice et mise tout sur l’artifice. Nous allons tout d’abord parler du texte original de Molière, puis de l’adaptation qu’en a fait le metteur en scène.

L’œuvre de Molière est constituée de phrases longues et laborieuses qui, pour un public du XXIe siècle est difficile à assimiler. Ceci est dû au fait que l’intégralité du texte est rédigé en alexandrins. De plus, le langage utilisé est soutenu avec un vocabulaire du XVIIe siècle. L’histoire racontée est tout de même intemporelle et malgré ce langage, il reste compréhensible et il est facile de s’identifier aux personnages. Même dans notre société actuelle, l’hypocrisie est très présente : plaire aux autres et commérer, peut permettre encore aujourd’hui de gagner en popularité pour gravir l’échelle sociale. Les répliques sont très longues ce qui représente une prouesse technique pour les acteurs. Avant d’arriver à terme, bons nombres de détours sont utilisés liés à la présence d’alexandrins. Cette manière d’écrire contraint les acteurs à forcer sur la prononciation et l’articulation pour marquer les diérèses. Les alexandrins et les rimes qui le composent, représentent une contrainte dans la tournure des phrases et l’ordre des mots.

Le metteur en scène Jean-François Sivadier, a fait une adaptation très fidèle au texte de Molière. Cependant, si des parties avaient été retirées, cela n’aurait pas gêné la compréhension de la pièce. L’ajout d’une introduction en alexandrins a permis d’exposer les règles de respects soumises par le spectacle (arrêt du téléphone et ne pas prendre de photos) et d’enchaîner avec le texte de Molière. Malgré un départ contemporain, avec un vocabulaire qui s’y prête et la musique de the Clash, le metteur en scène n’a pas continué sur cette lancée … en tout cas, en ce qui concerne le texte. Cette musique fait une réapparition dans la pièce, obligeant l’acteur à parler en Anglais, ce qui peut surprendre et notifie la dimension internationale de la culture Anglo-Saxonne. Par le biais du Rock’n Roll l’idéologie révolutionnaire du personnage principal n’en est qu’amplifiée. Certaine répliques sont chantées, ajoutant un rythme supplémentaire à celui des alexandrins.

Malgré sa fidélité au texte de Molière,  Jean-François Sivadier a su ajouter des touches contemporaines. Aux vues de l’introduction, nous nous attendions à une adaptation plus contemporaine de moins fidèle au texte de Molière. Néanmoins, les décors et les costumes étaient à la hauteur de nos attentes de « modernité ».

« Mise en rock »

Par Paul JEANNINGROS, Marion PILLET, Antoine BRACHET, Elena STEVANT
Illustration par Paul JEANNINGROS, Marion PILLET, Antoine BRACHET, Elena STEVANT

Illustration par Paul JEANNINGROS, Marion PILLET, Antoine BRACHET, Elena STEVANT

Les comédiens dirigés par Jean-François Sivadier nous installent dans l’univers de l’auteur du Misanthrope ou l’Atrabilaire amoureux avant même que la représentation ne commence. En effet, c’est en alexandrins que l’un d’eux nous invite à éteindre nos téléphones portables et à ne pas prendre de photos avant de commencer le spectacle. Il sollicite ensuite un spectateur du premier rang qui tiendra un rôle au début du spectacle. Effectivement, il sera le sujet de plusieurs répliques, soulignant ainsi le choix du metteur en scène d’interagir avec la salle. Cette volonté va être également perçue par les allées et venues d’Alceste dans l’assistance et aussi dans la façon où les comédiens dirigent leurs propos vers eux alors que leurs répliques sont initialement destinées aux acteurs sur scène.

Les « Clash » en scène d’ouverture nous montre directement une interprétation rock, dynamique, rythmée et pleine d’humour qui s’observe déjà dans la gestuelle des comédiens.

Jean-François Sivadier a conservé le texte original de la pièce de Molière. Les comédiens sont donc confrontés à sa composition en alexandrins, une des particularités de cette comédie. Cette caractéristique oblige ceux-ci à prononcer les diérèses ce qui peut compliquer la compréhension du texte. Ainsi, les répliques s’enchaînent avec des changements de tons fréquents et des gestuelles excentriques parfois même caricaturales, comme pour le personnage de Doronte et ses mouvements de cheveux, laissant naître des personnages ambivalents et instables. Alceste en est un très bon exemple. En effet, celui-ci nous propose deux polarités : celui du début, le «misanthrope», et celui de l’Acte II scène 1, l’«amant jaloux». De plus, Alceste est un personnage hyperbolique. Toujours dans l’excès, il se joue du langage et de l’excentricité de son comportement. C’est le personnage emblématique des partis pris de jeu et d’interprétation du metteur en scène.

Dans cette mise en scène contemporaine Jean-François Sivadier fait des choix surprenants. En effet,  il décide de faire intervenir les comédiens au milieu de la pièce pour annoncer un entracte qui sera ensuite annulée quelque secondes plus tard. De plus, il a jugé bon de rendre les coulisses apparentes ce qui explique le fait que les acteurs soient rarement hors de la scène. Néanmoins, pour cette raison, quand ceux-ci sont sur l’arrière-scène il nous est difficile de savoir s’ils incarnent toujours leurs personnages ou non. Enfin, il a parfois choisi de faire incarner deux personnages à ses acteurs. Effectivement, Cyril Bothorel, interprète le rôle d’Oronte et d’un garde, Vincent Guédon, Philinte et Du Bois (le valet d’Alceste) et Christèle Tual, Arsinoé et Basque (le valet de Célimène). Cependant, cela ne gêne pas forcément la compréhension de l’œuvre puisque le deuxième personnage est mineur.

Décors/ Accessoires / Costumes

Par Andréa ROYER, Clémence JONNOT, Jocelin VERGA, Charline HAVART

Illustration par Andréa ROYER, Clémence JONNOT, Jocelin VERGA, Charline HAVART

Illustration par Andréa ROYER, Clémence JONNOT, Jocelin VERGA, Charline HAVART

Dans cette pièce du Misanthrope mise en scène par Jean-François Sivadier, le décor est très riche et donne envie d’être admiré, il donne vie au spectacle et appuie le jeu des acteurs.

Une multitude de paillettes dorées et noires couvrent la scène, rendant l’atmosphère particulière.

On peut y observer l’accumulation de chaises disposées de manière chaotique les unes sur les autres, ou ordonnées pour permettre de s’y asseoir. Dans le fond, des tables sont disposées, elles possèdent plusieurs utilités, se maquiller, se coiffer, elles servent également à la pièce pour des réunions entre les personnages, telles que des banquets, des discussions ou des chants. Ces tables sont par moment comme des coulisses pour les acteurs ; coulisses visibles par le spectateur.

Pour représenter les lumières de l’époque, des chandeliers sont présents et donne une  atmosphère tamisée. L’éclairage offre une lumière parfois jaunâtre pour cet effet tamisé et parfois bleuâtres pour un effet nuit se reflétant sur des rideaux « de soie » disposés en arrière plan et sur le ballon blanc qui pourrait correspondre à un lampadaire.

Les fontaines, sur la scène, aident à comprendre les moments où les personnages se trouvent dans les jardins. Celles-ci sont illuminées et tournent sur elles-mêmes en même temps que la musique.

La musique a également sa place car on trouve sur la scène, un tourne disque, un mégaphone et une cymbale qui sont utilisés pendant la pièce par les personnages.

Dans cette pièce, les accessoires sont omniprésents, ils ne font pas partie du jeu du Misanthrope, mais sont une mise en scène choisie par Jean-François Sivadier.

Pour cette nouvelle interprétation les chaises sont en effet un parti pris important. Elles sont utiles aux acteurs qui jouent avec, les lancent, les lâchent, les jettent ou s’assoient tout simplement dessus.

Le plateau est recouvert de cendres et de paillettes. Afin de changer d’actes, les acteurs balayent la scène. Les balais, en les montrant au spectateur, deviennent des accessoires du jeu de scène.

Un carrosse fait d’un chariot, de chaises, de tissu rouge et d’une lampe, souligne l’arrivé de la femme aristocratique habillée de rouge.

Un drap blanc permet de séparer des parties différentes du plateau. Les acteurs jouent avec et le déplacent en fonction des scènes et des actes. Vers la fin de la représentation, Alceste, le personnage principal, l’arrache et le met sur sa tête, il court, il danse avec.

L’ensemble des accessoires et du décor donne un esprit salon très présent au siècle des Lumières. Cela correspond totalement au thème de la pièce.

Au cours du spectacle, nous constatons que les vêtements parlent avec les personnages.

En effet, chaque acteur porte un costume et des accessoires distinctifs par leurs formes, leurs textures, leur style ou leurs couleurs.

Les vêtements et leurs textures nous permettent de contextualiser la scène et le milieu social dans lequel les personnages évoluent. Les robes à corset ainsi que les pourpoints sont fait de matières nobles telles que le velours ou le satin.

Les effets brillants, satinés et moirés de ces étoffes, peuvent nous évoquer l’artifice et ainsi l’hypocrisie des personnages.

L’extravagance des couleurs des costumes amène également un aspect burlesque à la pièce.

Le personnage d’Alceste se marginalise par le port de vêtements plus sombre que les autres protagonistes. Il est également le seul à ne pas être coiffé ou à ne pas porter de perruque. Le port de son kilt contraste radicalement avec le style des autres costumes et souligne son opposition aux conventions et au paraître.

Éclairages / Son

Par Léo Bousique, Isaac Galtier, Alexandre Pineau, Clémence Pujol

Illustration par Léo Bousique, Isaac Galtier, Alexandre Pineau, Clémence Pujol

Illustration par Léo Bousique, Isaac Galtier, Alexandre Pineau, Clémence Pujol

La lumière et le son, comme dans la plupart des représentations théâtrales, sont deux éléments majeurs dans la mise en scène. En effet, du côté de la lumière, il sert à orienter le regard du spectateur, traduire des émotions et dévoiler, ou non, ce qu’il y a à voir sur scène. Tandis que pour le son, il situe les acteurs dans le temps et dans l’espace. Philippe Berthomé, assisté de Jean-Jacques Beaudoin se sont chargés de l’éclairage et du son pour cette version du Misanthrope.

Dans un premier temps, notre attention s’est portée sur l’installation au sol composée de plusieurs matériaux tels que des paillettes et des morceaux de plastique. Ce choix d’installation nous a intrigué, ce qui devait être le but recherché. Par la suite nous avons pu comprendre que ce dispositif cherchait à traduire une atmosphère superficielle à l’image de ce que combat le misanthrope.

Par ailleurs, il nous a semblé intéressant de comprendre le jeu de lumière qui participait à la pièce et pourquoi était-il mis en place. Il est vrai que la lumière prend en compte l’évolution de l’environnement afin d’illustrer le temps qui passe. Initialement, lors de représentations plus classiques, le rideau se fermait à chaque fin d’acte dans le but de montrer le changement de temps et/ou de lieu. Ici, tout autour de la scène, des rideaux éclairés ondulaient et reflétaient la lumière. Ce mouvement traduisait, selon nous, la durée et la succession des événements chronologiques de la pièce.

Nous avons également remarqué l’attention que portait le scénographe aux détails et tout particulièrement sur les éléments de décors tels que le lustre constitué de chaises ou encore les fontaines et le chariot. Ces trois éléments, ornés de lumière sous forme de petites ampoules, ajoutaient des pointes de luminosité nous plongeant ainsi chez quelqu’un, dans l’intimité d’un personnage.

Quant à l’organisation des acteurs dans l’espace, cette mise en scène du Misanthrope est audacieuse car le scénographe a pris le risque de dévoiler les acteurs en coulisse au second plan. En effet, les personnages ne jouant pas, restaient au second plan assis autour d’une table, éclairés par des lampes de salon. Nous en déduisons que le scénographe a souhaité évoquer une unité entre tous les personnages dans l’espace.

Dans un second temps, le son a aussi son importance dans la pièce même si celui-ci était moins présent.

Tout d’abord, le début de la pièce est introduit par une musique contemporaine, « Should I Stay Or Should I Go » interprété par The Clash, qui replace la scène dans notre société. Force est de constater que ce choix  correspond pleinement au personnage facilement irritable. Néanmoins, la diffusion de l’œuvre symphonique de Lulli, contemporain de Molière, rappelle tout de même que la pièce d’origine datait du XVIIe.

Par ailleurs, puisqu’il s’agissait d’une pièce de théâtre, les acteurs ne disposaient pas de micro si bien qu’ils devaient s’exprimer de manière à ce que tout le monde les entendent, ce qui accentuaient parfois l’aspect comique de leurs interprétations. Effectivement leurs jeux étaient ponctués de cris, de chants, d’onomatopées, dynamisant le rapport spectateurs-acteurs. Nous avons ainsi constaté que le son était au service de l’interprétation.

« Qu’est-ce que la théâtralité ? C’est le théâtre moins le texte, c’est une épaisseur de signes et de sensations qui s’édifient sur la scène à partir de l’argument écrit. »  Roland Barthes illustre parfaitement notre propos. Lumière et son sont des éléments extérieur au texte qui nous installent dans une atmosphère et nous guident jusqu’à la fin de la pièce car ils sont complètement engagés dans la scénographie et ne peuvent être absents tout particulièrement dans une pièce ancienne comme le Misanthrope.

Le Misanthrope : paradoxe d’un classique revisité de façon moderne

Par Katell GÉRARD, Maëva AZEMAR, Ophélie MOREAU, Emilie BETHUNE

Illustration par Katell GÉRARD, Maëva AZEMAR, Ophélie MOREAU, Emilie BETHUNE

Illustration par Katell GÉRARD, Maëva AZEMAR, Ophélie MOREAU, Emilie BETHUNE

Le Misanthrope de Molière est aujourd’hui mis en scène par Jean-François Sivadier, associé au théâtre national de Bretagne. Ce dernier, également auteur et acteur, ajoute à ce grand classique un côté moderne où se côtoient musique rock et costumes extravagants. Ce premier paradoxe entre classique et contemporain se reflète dans le personnage d’Alceste tiraillé entre deux choix, haïr le genre humain et refuser le monde du paraître de la cour ou succomber à son amour pour Célimène.

Le jeu des personnages avec des traits exagérés et une gestuelle poussée participe au comique de la pièce. Le ton des personnages se veut outrancier et le jeu plutôt ridicule, à l’inverse du ton dramatique qui avait été donné à cette pièce à partir du 18è siècle par les philosophes des Lumières et qui faisait d’Alceste un personnage droit et estimable. Avec cette approche, on retrouve donc une mise en scène dynamique proche de celle de Molière, qui lorsqu’il jouait lui-même son personnage s’en moquait ouvertement.

Le décor constitué d’éléments modernes rappelle cependant le 17è siècle avec ses inspirations des jardins de Versailles, on peut prendre pour exemple le grand lustre constitué de chaises retournées. Ce décor offre cependant de la nouveauté, en effet tous les changements de scène s’effectuent sous les yeux des spectateurs, ainsi le décor évolue et il n’y a pas de rupture dans l’histoire. On peut également noter le fait que les coulisses soient visibles en permanence    ; on retrouve là une habitude de Jean-François Sivadier où les personnages qui ne jouent pas dans la scène restent à l’arrière plan, souvent attablés ensemble. Un autre élément fort de ce décor est le parterre de paillettes noires qui semble à la fois symboliser le brillant de la société autant que les cendres du genre humain, ce qui illustre encore une fois le dilemme d’Alceste.

Au final, on se rend compte que cette pièce que Molière a écrit comme une comédie a une visée morale où chaque personnage finit par être puni ou ridiculisé pour son côté malhonnête ou déraisonnable. Il est à noter que le sujet abordé dans cette pièce (écrite il y plus de trois siècles), à savoir la protestation contre le paraître et la critique de la malhonnêteté des gens, reste d’actualité dans notre société moderne. Cela permet au spectateur de s’immiscer plus facilement dans l’histoire malgré un texte en alexandrins qui, imposant un rythme et des prononciations inhabituels, est parfois difficile à comprendre.

En conclusion, (malgré un cadre quelque peu inconfortable au niveau de la salle) la vision de cette pièce détonne et apprend, ou réapprend, à regarder ce classique d’un œil légèrement différent.

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