Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

Entrées du février 2015

16 février 2015    Non classé

Publié par c.cesbron

Visite de l’exposition « Théâtres en Utopie»  au Lieu Unique

1. « Théâtres en Utopie » Le titre, l’espace, le contexte

1-théâtres en UtopieUn article proposé par Cellie PIRAUD, Roselyne NGUYEN, Marie POMMERET,  Nolwenn RAT, Lucille RABADAN

Théâtre en utopie est une exposition présentant des théâtres qui n’ont jamais été réalisés. L’exposition regroupe un ensemble de projets (conçus de l’Antiquité à la fin du XXème siècle) qui tous tendent vers l’imaginaire, le rêve, l’idéal, le surréel.
Pour Yann Rocher, le commissaire d’exposition, ces projets ont été quelque peu oubliés car, comme le titre l’indique, utopiques. Ils constituent, selon lui, un ensemble de monuments idéalisés, placés dans une sorte de monde parallèle irréel. Ainsi, en exposant ces projets, il tend à les rendre réels, leur donne une seconde vie. Le théâtre n’est pas un lieu anodin : il fallait faire de cet endroit quelque chose de spectaculaire, d’innovant, d’éblouissant et de vivant. En effet, le théâtre est un lieu où on détourne le spectateur du réel où on joue avec ses sentiments. Et dramatiser, c’est exagérer, présenter de manière théâtrale, émouvoir. C’est pourquoi des projets immenses, étranges, incroyables ont souvent été rêvés, mais laissés de côté. Yann Rocher a donc choisi de rassembler quelques 76 projets, pour ressusciter les rêves architecturaux les plus fous, et aussi stimuler notre imaginaire. L’exposition se parcourt telle une promenade curieuse, scénographiée par Xavier Dousson. L’exposition permet également de définir le terme d’utopie sous ses diverses facettes, de voir l’évolution des idées architecturales, l’évolution de la conception de ce que peut être un théâtre, à différentes époques, dans différentes sociétés, tout en permettant au spectateur de développer sa propre réflexion.
C’est le Lieu Unique, « scène nationale de Nantes » depuis 2000, communément appelée Lu, qui propose et reçoit l’exposition du 11 octobre 2014 au 4 Janvier 2015, dans un espace nommé « La Cour », le plus souvent dédié aux expositions. Ancienne manufacture des emblématiques « Pailles d’or » ou « Petits beurres », l’usine Lu, désaffectée en 1986, a été rénové par l’architecte Patrick Bouchain ainsi que par Jean Blaise, directeur du CRDC, dans le but de créer un espace pour promouvoir la culture, créer un nouveau lieu de croisement culturel et social. Le projet a d’abord été considéré comme utopique, car il se veut polyvalent. Il accueille aujourd’hui diverses manifestations culturelles : spectacles, concerts, expositions, conférences… mais propose aussi des services tels que des résidences d’artistes, un café/bar, librairie, un hammam ou encore une crèche. La rénovation a permis au Lieu Unique de s’imposer comme scène nationale tout en gardant des traces de son identité passée comme l’une des deux tours de l’usine. Il accueille l’exposition Théâtres en utopie car il a été autrefois perçu comme Lieu Utopique, premier nom attribué au Lu. En proposant cette exposition, il rend une sorte d’hommage à ces projets utopiques oubliés.

2- Le propos de l’exposition

2-théâtres en UtopieUn article proposé par Saline PINEAU, Adélie PAYET, Chloé PASCAL, Alexandre POIRIER, Marie MOTTE

L’exposition donne un éclairage à des projets architecturaux en lien avec le théâtre, pour la plupart n’ayant jamais dépassé le stade de l’idée, du papier. Son but est aussi de montrer l’évolution de la pensée architecturale en lien avec l’évolution de la conception théâtrale. Elle met en lumière la volonté de certains architectes de se démarquer des constructions classiques, en cassant les codes et en développant une pensée, un imaginaire, une vision différents. On parle ici d’utopie non pas comme d’un rêve impossible à réaliser mais comme une revendication de rupture avec un mode de société, la capacité à ouvrir une brèche dans le réel.

Théâtres en Utopie s’axe sur des thématiques chronologiques et culturelles, et se fragmente principalement en trois types de projets  : ceux qui critiquent par le biais de leurs conceptions les contraintes dictées par la société dans laquelle ils vivent, sous la censure par exemple. On retrouve aussi des artistes qui expérimentent en jouant avec la forme du bâtiment et le monde de l’imaginaire jusqu’au quasi-fantastique. Les projets architecturaux de l’Antiquité, notamment ceux de Curion et Vitruve, sont d’ailleurs les sources d’inspirations de nombreux architectes. Cela se caractérise dans la recherche d’une amélioration de l’acoustique ou de la modularité et la mobilité des décors. Enfin, d’autres, développent une nouvelle forme du spectacle en utilisant l’architecture-même pour élargir les possibilités de mise en scène ou bien encore  faire participer le spectateur et donc repenser l’expérience vécue par ce dernier.

Ces divers projets, visionnaires, possibles ou impossibles à réaliser, traduisent l’étendue infinie des capacités de l’imaginaire à retranscrire des idées, à les explorer sans être freiné par les contraintes matérielles. Les architectes ont, par leur audace, su nous transmettre la sensibilité du rêve que l’on retrouve en assistant à un spectacle au sein même de leurs architectures. Ce système de représentation est une personnification du théâtre, où l’édifice devient un outil et s’adapte au besoin pour devenir utile et même un acteur du spectacle.

Les architectures peuvent refléter une évolution de la pensée artistique et de la conception du théâtre. Si on commence à faire de l’improvisation dans le théâtre, on va tenter d’adapter les salles pour concrétiser cette idée.

On peut remarquer que les projets de théâtre issus du système soviétique ont quelque chose de totalitaire. Certains théâtres aux formes organiques ont été pensés pendant la République de Weimar, mélangent art, architecture et nature. C’est pour cela que l’on peut dire que chaque époque, chaque société recherche ses systèmes de représentation de théâtre, suivant sa culture, ses modes de vie, sa façon de penser, son idéologie…

3 - La scénographie de l’exposition

3-théâtres en UtopieUn article proposé par Maya PINTARD, Mathilde PATOIZEAU, Alizée PARRY, Antoine POQUET, Raphaëlle NIGER

L’exposition « Théâtre en Utopie » de Yann Rocher (commissaire et architecte) et Xavier Dousson (scénographe et architecte) au Lieu Unique à Nantes, met en scène 80 projets de théâtres, n’ayant jamais vu le jour pour la plupart. Dans cette exposition nous pouvons retrouver des photos, des textes explicatifs et des maquettes pour chacun des projets.

L’exposition propose un cheminement chronologique, de l’Antiquité au XXIème siècle. Le visiteur suit un parcours délimité par des blocs disposés de manière parallèle suivant des formes géométriques. L’exposition suit « les contours » de la salle du Lieu Unique. Une des majeures contraintes du lieu était les poteaux de la structure qui ne devaient pas perturber le parcours du visiteur. Rocher et Dousson se sont servis de cette contrainte afin de mettre certains éléments de l’exposition en évidence. En effet, presque l’intégralité de l’événement est installée entre les poteaux, hormis quelques maquettes qui se trouvent de l’autre coté des colonnes, ce qui permet de mieux les mettre en valeur. En ce qui concerne les différents projets, chacun d’entre eux se compose de textes explicatifs, de plans, de maquettes plus ou moins imposante, de casques audio et de photos. Les textes sont en lettres lumineuses, ce qui permet d’avoir une meilleure visibilité et lisibilité. Ils sont soit à plat à coté des maquettes soit sur des cubes d’affichage à hauteur d’œil. Les maquettes sont, quant-à elles, posées sur des plateformes rotatives et éclairées par de petites lampes que le visiteur peut moduler à sa guise afin de mieux apprécier les détails. De plus, les blocs d’exposition sont principalement composés de matériaux noirs. Une bande de couleur apparaît afin de mettre en valeur la légende des différents documents du projet. Cette dernière, change en fonction de l’époque. Par exemple : la période de l’Antiquité est symbolisée par la couleur jaune, tandis que la période de la Renaissance est en rouge. Cet évident contraste entre les couleurs, attire l’œil du visiteur. Enfin, il n’y a pas de lumière naturelle, ni de lumière artificielle, mise à part la lumière des blocs, ce qui permet de focaliser le visiteur sur l’exposition en elle-même et non pas sur son environnement. S’y ajoutent quatre écrans sur lesquels on peut entendre des témoignages d’architectes. Ces écrans sont face à des transats mis à disposition des visiteurs.
De notre point de vue, l’exposition, offre de nombreux aspects positifs. La rotation des maquettes apporte un côté attractif et original. De plus comme les blocs sont presque entièrement numérisés, ils amènent du dynamisme. Le fait que les projets soient disposés de façon chronologique permet une meilleure compréhension du propos. En revanche cela limite les libertés du visiteur qui n’a qu’une seule possibilité de visite. Enfin, davantage de jeux de lumière et un fond musical auraient pu être appréciés.

4 - Les maquettes

4-LUimageUn article proposé par Mégane PETTON, Tamara PRUD’HOM , ZiYing QI, Marie PRIGENT, Anna RIGAUD

L’exposition « Théâtres en utopie » est une présentation de maquettes conçue par Yann Rocher et Xavier Dousson dans le but de faire connaître des projets d’architecture de théâtre jamais réalisés.
Environ 80 maquettes ont été réalisées par les étudiants de l’école d architecture ENS à Paris pour illustrer le propos, certaines en carton et bois, d’autres par impression 3D .
Cependant certains projets n’ont pas été concrétisés par des maquettes et sont restés sous forme de croquis pour cause de manque d informations.
Pour chaque projet, il a fallu faire un travail de recherches important ; ainsi les maquettes exposées sont des interprétations du projet initial.
L’exposition propose de découvrir des projets datant de 51 avant Jc jusqu’à 1985. Les théâtres pensés après 1985 ne sont pas exposés, certains ont été tout de même présentés sous forme de vidéos.
Suivant l’époque de conception des projets,  les maquettes sont réalisées avec différents codes et objectifs.
Pour commencer, dans l’Antiquité, les théâtres avaient la forme d’arènes, favorisant l’acoustique. La mobilité du décor était très importante car elle permettait de jouer des scènes tragiques, comiques et satiriques.
Puis pendant la Renaissance, Serlio fut l’un des premiers à penser un théâtre prenant en compte rigoureusement les règles de la perspective.
Pendant la Révolution Française, c’est la précision qui est de rigueur et la recherche de formes géométriques simples.
A la fin du 19eme, a été réfléchi un théâtre modulable pouvant posséder 3 dimensions (petit, moyen, grand)…
En 1919, Hendrik Wijdeveld conçoit un gigantesque théâtre aux formes explicitement obscènes…
Dans les années 50, un théâtre a été créé de façon légère et démontable pour de nouvelle itinérances ce qui nous semble être l’idée la plus intéressante.
Le lieu d’implantation peut être inattendu, ce qui est le cas de l’Opera de Bagdad qui est imaginé sur une île sur le Tigre (1957)
Dans les années 60, des théâtres sont conceptualisés par empilement de façon a réalisé une scène aérienne.
En Italie dans les années 70, des créateurs décident d’inverser le concept du théâtre, le spectateur devient acteur. (…)

5-Focus sur un projet de Léonard de Vinci

5-LUimageUn article proposé par Anastasia PESCHEUX SERGIENKO, Titouan MOTREUIL, Paul PÉGÉ, PHILOUZE, OURY

Nous nous sommes intéressés aux projets de Léonard de Vinci, homme important de la Renaissance dans de nombreux domaines, scientifique, architectural, pictural, etc… .

Léonard de Vinci a travaillé sur différents projets comme :  » théâtres pour écouter la messe»  et un édifice, appelé « emplacement d’où l’on prêche» . Son projet possède une structure centrale, une estrade, entourée de trois zones de sièges, rappelant la structure des amphithéâtres et dessinant la façade courbe du bâtiment extérieur. Léonard de Vinci reprend cette idée d’encerclement de l’orateur dans la structure du lieu du prêche (celui que l’on peut voir sur le croquis) qui rapproche tout aussi bien l’auditeur de l’orateur, qui se trouve dans la chaire, disposée en haut d’une colonne. Six galeries dominent la chaire, en donnant à l’intérieur une forme sphérique. L’accès à ces galeries se fait par les escaliers placés en extérieur du bâtiment, créant ainsi un bâtiment ressemblant à un « double » amphithéâtre, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Léonard de Vinci s’intéresse à l’acoustique, il étudie l’effet de la concavité sur le son, et les phénomènes d’échos. Il cherche comment maîtriser la qualité sonore du bâtiment. C’est pourquoi, dans son projet, il propose une architecture en dôme, pour mettre en valeur l’acoustique lors du rituel de la messe. Cette architecture est un lieu de culte qui devient comme un théâtre, avec une scène et une salle…

6-Focus sur un projet du XXe siècle : Nikolaï Ladovski, grand théâtre utopique

6-LUimage

Un article proposé par Ewen RIBOT, Paul PERUSAT, Hector PATEMAN, Martin RAGAIGNE, Andréa PALLADINO

Le théâtre imaginé par Nikolaï Alexandrovitch Ladovski architecte russe, en 1931, en pleine période soviétique, a vu le jour au cours de l’organisation d’un concours pour la création de grands théâtres dans certaines grandes villes russes, sous l’impulsion du parti soviétique. Ce projet s’inscrit dans un ensemble de projets dantesque dont la fonction principale pouvait parfois être détournée afin de répondre aux besoins (politiques, d’apparat ou de propagande) des autorités.

Le bâtiment est dessiné en formes géométriques simples. Le théâtre principal a une forme oblongue comme un stade. Il est rattaché à deux coursives circulaires formant un  cercle ouvert. L’ensemble du bâtiment est rendu asymétrique par la présence d’une salle de concert plus intimiste placée à gauche du théâtre et reliée à celui-ci par une coursive. Le théâtre principal est de dimensions imposantes répondant aux standards de l’architecture soviétique (architectures gigantesques voulant promouvoir la grandeur du pouvoir). Le théâtre devait être au service du peuple, être un théâtre de masse avec un nombre de places impressionnant. Le projet correspond à la politique en vigueur à cette époque, où il s’agit de glorifier le pouvoir par la grandeur des édifices publics. Il permet également la diffusion d’une propagande de masse par le nombre de places qu’il contient.
Le complexe est essentiellement consacré à l’art théâtral, mais il pouvait aussi avoir des fonctions bien différentes afin de servir au pouvoir en place. Ainsi, la cour délimitée par le cercle ouvert marquant l’entrée du complexe, pouvaient servir, entre autres, à certaines parades militaires magnifiant le régime politique. La salle de théâtre principale devait en principe pouvoir servir de salle de réunion pour l’ensemble les dirigeants du parti.
D’un point de vue esthétique, les formes et les dimensions de ce bâtiment rappellent fortement les lignes directrices voulu par les instances du gouvernement, des formes géométriques simples et assemblées, qui semblent  composer, vue du dessus ,la faucille et le marteau stylisée du drapeau soviétique…

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13 février 2015    Expositions

Publié par c.cesbron

Visite de l’exposition « Les Mues»  de Huang Yong Ping à la HAB galerie

1- Une exposition qui s’inscrit dans le parcours du VAN ( Voyage à Nantes)

1-Voyage à Nantes

Un article proposé par : Gaëlle RIOUAL, Caroline ROTUREAU, Marine TEXIER, Jade TOTH, Céline VEPA

Le Voyage à Nantes est un événement estival et un organisme touristique, créé en 2011, pour donner à la ville une dimension culturelle, une image vivante et un rayonnement national, voire international. Nantes Métropole a eu l’idée de réunir l’Office de tourisme, la SEM Nantes Culture et Patrimoine, les Machines de l’île, et le parcours Estuaire dans une même structure. C’est à Jean Blaise, directeur artistique, qu’a été confié le projet.

Le Voyage à Nantes est un parcours entre la ville et l’art. Plusieurs étapes sont proposées, à la découverte de la ville, d’œuvres d’art, des musées, des lieux patrimoniaux, des lieux de vie, de multiples manifestations…

Le Voyage à Nantes a pour objectifs d’augmenter l’attractivité touristique de la ville de Nantes et de l’internationaliser.
La programmation 2014 du Voyage à Nantes a été marqué par plusieurs œuvres :
- L’installation chromatique d’Elsa Tomkowiak au théâtre Graslin.-

- Métamorphose, installation au jardin des Plantes de Claude Ponti, illustrateur et auteur de littérature jeunesse qui donne vie à des créations originales comme « Serpicouliflor », les personnages nés dans des pots de terre, les bancs processionnaires ou le poussin endormi.

- Patrick Dougherty, artiste américain, a réalisé dans les douves du Château des Duc de Bretagne une construction de structures végétales et éphémères.
L’exposition « Les mues » de Yong Ping, installée dans la HAB Galerie participe à l’événement. La HAB galerie, ouverte en 2011, espace clé du Voyage à Nantes, est située dans les anciens hangars à bananes de l’île de Nantes. Ce lieu ouvert à l’année a pour but de promouvoir l’art contemporain à travers 3 à  4 expositions par an. Cette exposition fait écho à une autre oeuvre de Yon Ping, installée à Saint-Brévin-les-Pins, le serpent d’océan, partie intégrante du parcours de l’estuaire 2011. De la même manière, l’anamorphose de Varini créée sur les hangars garde la mémoire de l’exposition « Suites d’éclats » à la HAB Galerie lors de la version 2013 du Voyage à Nantes.

2- L’artiste, Huang Yong Ping

2-Yong PingUn article proposé par Ophélie STREZLEC, Xiaoyu TANG, Kevin SCOTET, Aurore SALVI, Capucine RUELLAND

Huang Yong Ping est né le 18 février 1954 dans la province du Fujian. Cet artiste contemporain de nationalité chinoise, puis naturalisé français, s’est installé en France en 1989. En Chine, il a fondé le mouvement «Xiamen Dada», qui a pour mot d’ordre «Le zen est Dada, Dada est le zen». Huang Yong Ping est un grand admirateur de Marcel Duchamp, dont on retrouve la trace dans l’exposition aux travers d’articles de journaux. Un article du Figaro décrit l’artiste comme un « un tigre, comme ceux qu’il fait renaître dans ses installations théâtrales et symboliques où l’homme, hors de proportions, tour à tour trop petit ou trop grand, disparaît comme le fétu de paille sur l’Océan.»  Peut-être que l’on peut reconnaitre l’artiste à l’entrée de l’exposition sous l’apparence de  éléphant qui perd sa peau. En effet, on peut comprendre que Yong Ping change de peau en arrivant en France, il change de nationalité, se confronte à une nouvelle langue, une nouvelle culture. L’éléphant se situe devant la grande baie vitrée : il a besoin d’air, ayant l’habitude des grands espaces de liberté. Sa trompe esquisse un mouvement : il n’est pas passif  face à son destin. Déjà invité à Nantes, dans le cadre d’Estuaire, Yong Ping a réalisé une œuvre monumentale installée à Saint-Brevin en 2012. Le « Serpent d’Océan»  est présent sur la plage du Nez-de-Chien. Fantomatique et immense, l’œuvre se découvre à marée basse, ne gardant que la tête hors de l’eau à marée haute. En faisant apparaître sur les rives de l’Europe l’une des figures majeures de la mythologie chinoise, Huang Yong Ping aborde, comme souvent dans son travail, les notions d’identité et d’hybridité culturelle. La question environnementale est également très présente dans son art où il met régulièrement au jour le paradoxe de l’homme sciant la branche sur laquelle il est assis, tiraillé entre capacités créatrices et pulsions destructrices. Lors d’une interview avec Le Figaro, l’artiste déclare: »  J’ai souhaité imaginer avec cette nouvelle pièce Les Mûes, produite pour le Hangar à bananes, un épisode antécédent ou postérieur à la pièce pérenne que j’ai créée en bordure de l’Océan à Saint-Brévin» .

3- Les « Mues »

3-lesmuestitredelexpositionimageUn article proposé par Rémi VERGER, Thomas RUDI, Matthieu ROUSTEAU, Coline ROYER, Agathe ROUSSEAU

L’exposition intitulée  Les Mues rassemble quatorze œuvres de plus ou moins grandes tailles qui, toutes, abordent l’idée de la mutation, de la transformation.
Dès l’entrée de l’exposition, un éléphant perd son ancienne peau, tel un homme enlevant son pyjama le matin. Sa « mue » est étalée au sol. Elle est faite de peaux de buffles cousues entre elles. Leur couleur grise donne à cette« mue » une impression de vieux, d’une peau qui a vécu et qui a gardé des traces. L’éléphant quant à lui semble « renaître» , il est tel un nouveau-né avec sa peau fripée et ses couleurs nuancées entre le blanc et le jaune. Cette œuvre donne une vision poétique d’une renaissance. Traversant l’exposition de part en part, une mue de serpent, longue de 120 mètres, semble symboliser le vivant devenu mort, mais aussi la mutation ou la transformation.
On peut retrouver cette idée dans la maquette qui représente une banque britannique construite au début du 20e siècle à Shanghai. Yong Ping l’a reconstituée en sable à l’aide d’un moule en bois. Le sable s’effrite et finit par tomber traduisant la vanité du pouvoir, de l’argent et du capitalisme. Ironie du sort, cette œuvre s’est partiellement effondrée lors de son installation mais l’artiste a décidé de la laisser comme ça car pour lui l’incident fait parti de l’œuvre.

Plus loin,  une sphère représente un globe terrestre épluché comme une orange. Sur le mur, derrière est accrochée la « peau » de ce globe avec ses continents. Dans cette « peau»  du monde sont enfoncées des épingle ayant à leur extrémité un bout de papier indiquant des catastrophes passées ou à venir. Voilà qui ne laisse rien présager de bon !

Le titre de cette exposition est à la fois explicite et implicite. En effet, « Les Mues » qualifient concrètement certaines œuvres comme, par exemple, les peaux éphémères perdues par des animaux, mais également des œuvres qui détiennent des idées plus abstraites comme, par exemple, la banque britannique. Néanmoins, toutes ces œuvres révèlent une idée commune : le temps, l’évolution, la transformation…

4- Une œuvre qui a une dimension politique ?
4-Yong Ping Banque de sable -image

Un article proposé par Matthis Seguin, Louise Roussière, Cécile Tijou, Garance Warin, Valentin Sendrier

Parmi les nombreuses œuvres présentes dans l’exposition «  Les Mues  » certaines semblent avoir une visée politique. Par exemple,  Le Palanquin,(1997)  est constituée d’une chaise à porteur avec des serpents. Fait-elle référence à une forme de domination (politique, culturelle, sociale ?).
Si on lève la tête, on aperçoit une œuvre nommée  Trois Ailes conçue en 2003. Elle est composée de fibre de verre, tissus, peau d’animal et crayon de couleur sur papier, mettant en scène une chauve souris avec dans sa gueule une aile d’avion. Cette image fait référence à un incident diplomatique entre un chasseur chinois et un avion espion américain.
Abbrotabad est une maquette du complexe fortifié ou Oussama Ben Laden a été tué en 2011. Créé en céramique et plantes, cette pièce est comme une ruine, un jardin abandonné où la nature reprend ses droits. Quelle lecture en avoir ? (politique, historique, philosophique ?)
Banque de sable, sable de banque est une impressionnante maquette en sable de 6 mètres de long. C’est une reproduction de la première banque britannique HSBC inaugurée à Shangaï en 1923. L’œuvre représente la grandeur et l’importance du capitalisme aussi bien que sa fragilité. Lors de son installation à la HAB galerie un angle de l’œuvre s’est même effondré. Huang Yong Ping a fait le choix de laisser l’œuvre telle qu’elle, confirmant ainsi l’instabilité du système financier d’aujourd’hui.  Celle ci est constituée d’un mélange de sable et de ciment. L’artiste a créé un moule réduit de l’édifice, a coulé le mélange à l’intérieur puis il a retiré le moule. C’est d’ailleurs lors de cette opération qu’une partie de la structure s’est effondrée. Cette œuvre prend aujourd’hui une dimension politique en faisant référence à la mondialisation et aux échanges de flux financiers internationaux. Le capitalisme de masse a récemment mené l’économie de pays du monde entier dans des crises financières comme celle de 2008 en France.

5- Les relations Orient/Occident dans l’œuvre de Yong Ping

5-Yong Ping les relations Orient:Occident imageUn article proposé par Tifanie TAILLEFER, Clovis ROMANO, Chloé ROUGEAU, Bastien STEPHANT, Pierre THOMAZEAU

Huang Yong Ping est un artiste chinois, il s’installe en France en 1989 suite à l’exposition Les Magiciens de la terre au Centre Georges Pompidou à Paris. En étant en France l’artiste peut créer des oeuvres qui seraient sans doute censurées dans son pays natal tel que « banque de sable ». Souvent, il mixe dans ses œuvres les deux cultures différentes qui le traversent.
Les mythes liés aux animaux très profond dans la culture chinoise nourrissent son oeuvre. Avec Commencer en tête de serpent et finir en queue de tigre, Huang Yong Ping détourne un proverbe chinois « commencer un tête de tigre et finir en queue de serpent » pour se moquer du comportement humain et faire découvrir ça culture au monde occidental.
L’artiste a affirmé : « Nous devrions combattre l’Occident avec l’Orient et, vice-versa, l’Orient avec l’Occident ». Cette affirmation montre que pour lui les influences entre deux cultures différentes sont très importantes et que « Occident » et « Orient » ne sont pas des concepts définitifs. L’artiste essaie à travers ses œuvres (souvent monumentales) de réinterpréter les philosophies et les mythes de ses différentes cultures, de confronter ses deux mondes plutôt que de choisir entre les deux, en les mélangeant, hybridant, opposant, dans le but d’en révéler les complexités et les contradictions.

6 – La place la figure animale chez Yong Ping.

6-Yong Ping  animal imageUn article proposé par Maxime Rousset, Corentin Travers, Victor Shirm, Elodie Rigault, Baptiste Riom

Huang Yong, ayant deux expériences culturelles différentes, orientales et occidentales, s’inspire des mythes pour traduire sa vision, son univers, son regard sur le monde. Souvent, l’artiste met en scène des animaux dans ses installations. On peut voir l’animal comme le symbole d’un caractère, une sorte de personnification. Un animal possède un caractère violent, calme ou puissant.
Le rapport à l’animal est très fort en chine, car chaque animal possède une signification différente : par exemple, le hibou représente le Yang et la violence. Yong Ping aime emprunter des images à la philosophie chinoise qui est métaphorique.
Dans l’exposition « Les MUES » à la HAB Galerie, il utilise l’animal pour dénoncer des chocs politiques et diplomatiques que traverse le monde. Par exemple La Chauve-souris, qui a été censurée en Chine car elle représente un accident aérien entre un avion espion américain et un chasseur chinois qui se sont télescopés. De plus, elle pouvait porter à confusion avec les évènements du 11 septembre…
Selon lui : « Notre vie ne peut pas échapper aux éléments sociaux : quand on regarde des animaux dans un zoo, ils sont isolés, protégés les uns des autres. Il n’y a pas ce besoin entre les différentes cultures, puisqu’il est impossible aujourd’hui que celles-ci restent isolées et protégées les unes des autres. Chacun chante avec sa propre voix et pourrait créer des désaccords ou casser l’harmonie. »

La Mue de serpent : vedette de l’exposition ?

La Mue de serpent, élément central de l’exposition a été réalisée spécialement pour l’événement. Elle mesure 120 mètres de long et est composée de plusieurs morceaux de toiles et de résine. Elle est également recouverte de vernis et de peinture, ce qui lui donne un aspect réaliste. Elle est entièrement démontable, ce qui lui permet d’être présentée dans les galeries du monde entier.
Fil conducteur de l’exposition, elle guide le spectateur à travers les œuvres. Cette mue impose un sens de visite, nous invitant au voyage… A Nantes. .
La mue semble associée au squelette de serpent d’océan de Saint-Brévin. Celui-ci est une sculpture monumentale composée d’aluminium, longue de 120 mètres. Elle représente le squelette d’un immense serpent de mer imaginaire, dont les vertèbres ondulent pour se terminer par une gueule ouverte. La queue du monstre mythique est située à la limite des marées basse, sa tête à la limite des marées haute. Lorsque la mer monte, la sculpture est peu à peu engloutie par les eaux. Seule la tête du monstre marin émerge. En revanche à marée basse, il est possible d’en faire le tour à pied .
Cette œuvre en deux parties pose la question de l’identité, de l’immigration et de la mixité culturelle.
À la HAB galerie, dans l’exposition « Les Mues» , le serpent possède une place principale, car l’animal est également présent dans d’autres œuvres, comme le Palanquin, qui est composé de véritables mues de serpent. .
Sa disposition oblige le spectateur à l’avoir en permanence dans son champ de vision. Comparé à une montagne ou un océan, cette mue n’est en fait pas très grande. Pour l’artiste : « Cela dépend de l’échelle, ainsi que de notre imagination, et de nos limites [...]. Après la mue, le serpent est léger, mais en même temps, cette peau est morte [...]. La mort est très vivante, c’est le vivant qui devient mort »
Nous avons choisi de parler du serpent, car c’est la pièce maitresse de l’exposition, on ne peut pas passer à côté. Cette œuvre aux dimensions titanesques, nous touche par sa poésie et sa subtilité.

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