Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

13 février 2015    Expositions   

Publié par c.cesbron

Visite de l’exposition « Les Mues»  de Huang Yong Ping à la HAB galerie

1- Une exposition qui s’inscrit dans le parcours du VAN ( Voyage à Nantes)

1-Voyage à Nantes

Un article proposé par : Gaëlle RIOUAL, Caroline ROTUREAU, Marine TEXIER, Jade TOTH, Céline VEPA

Le Voyage à Nantes est un événement estival et un organisme touristique, créé en 2011, pour donner à la ville une dimension culturelle, une image vivante et un rayonnement national, voire international. Nantes Métropole a eu l’idée de réunir l’Office de tourisme, la SEM Nantes Culture et Patrimoine, les Machines de l’île, et le parcours Estuaire dans une même structure. C’est à Jean Blaise, directeur artistique, qu’a été confié le projet.

Le Voyage à Nantes est un parcours entre la ville et l’art. Plusieurs étapes sont proposées, à la découverte de la ville, d’œuvres d’art, des musées, des lieux patrimoniaux, des lieux de vie, de multiples manifestations…

Le Voyage à Nantes a pour objectifs d’augmenter l’attractivité touristique de la ville de Nantes et de l’internationaliser.
La programmation 2014 du Voyage à Nantes a été marqué par plusieurs œuvres :
- L’installation chromatique d’Elsa Tomkowiak au théâtre Graslin.-

- Métamorphose, installation au jardin des Plantes de Claude Ponti, illustrateur et auteur de littérature jeunesse qui donne vie à des créations originales comme « Serpicouliflor », les personnages nés dans des pots de terre, les bancs processionnaires ou le poussin endormi.

- Patrick Dougherty, artiste américain, a réalisé dans les douves du Château des Duc de Bretagne une construction de structures végétales et éphémères.
L’exposition « Les mues » de Yong Ping, installée dans la HAB Galerie participe à l’événement. La HAB galerie, ouverte en 2011, espace clé du Voyage à Nantes, est située dans les anciens hangars à bananes de l’île de Nantes. Ce lieu ouvert à l’année a pour but de promouvoir l’art contemporain à travers 3 à  4 expositions par an. Cette exposition fait écho à une autre oeuvre de Yon Ping, installée à Saint-Brévin-les-Pins, le serpent d’océan, partie intégrante du parcours de l’estuaire 2011. De la même manière, l’anamorphose de Varini créée sur les hangars garde la mémoire de l’exposition « Suites d’éclats » à la HAB Galerie lors de la version 2013 du Voyage à Nantes.

2- L’artiste, Huang Yong Ping

2-Yong PingUn article proposé par Ophélie STREZLEC, Xiaoyu TANG, Kevin SCOTET, Aurore SALVI, Capucine RUELLAND

Huang Yong Ping est né le 18 février 1954 dans la province du Fujian. Cet artiste contemporain de nationalité chinoise, puis naturalisé français, s’est installé en France en 1989. En Chine, il a fondé le mouvement «Xiamen Dada», qui a pour mot d’ordre «Le zen est Dada, Dada est le zen». Huang Yong Ping est un grand admirateur de Marcel Duchamp, dont on retrouve la trace dans l’exposition aux travers d’articles de journaux. Un article du Figaro décrit l’artiste comme un « un tigre, comme ceux qu’il fait renaître dans ses installations théâtrales et symboliques où l’homme, hors de proportions, tour à tour trop petit ou trop grand, disparaît comme le fétu de paille sur l’Océan.»  Peut-être que l’on peut reconnaitre l’artiste à l’entrée de l’exposition sous l’apparence de  éléphant qui perd sa peau. En effet, on peut comprendre que Yong Ping change de peau en arrivant en France, il change de nationalité, se confronte à une nouvelle langue, une nouvelle culture. L’éléphant se situe devant la grande baie vitrée : il a besoin d’air, ayant l’habitude des grands espaces de liberté. Sa trompe esquisse un mouvement : il n’est pas passif  face à son destin. Déjà invité à Nantes, dans le cadre d’Estuaire, Yong Ping a réalisé une œuvre monumentale installée à Saint-Brevin en 2012. Le « Serpent d’Océan»  est présent sur la plage du Nez-de-Chien. Fantomatique et immense, l’œuvre se découvre à marée basse, ne gardant que la tête hors de l’eau à marée haute. En faisant apparaître sur les rives de l’Europe l’une des figures majeures de la mythologie chinoise, Huang Yong Ping aborde, comme souvent dans son travail, les notions d’identité et d’hybridité culturelle. La question environnementale est également très présente dans son art où il met régulièrement au jour le paradoxe de l’homme sciant la branche sur laquelle il est assis, tiraillé entre capacités créatrices et pulsions destructrices. Lors d’une interview avec Le Figaro, l’artiste déclare: »  J’ai souhaité imaginer avec cette nouvelle pièce Les Mûes, produite pour le Hangar à bananes, un épisode antécédent ou postérieur à la pièce pérenne que j’ai créée en bordure de l’Océan à Saint-Brévin» .

3- Les « Mues »

3-lesmuestitredelexpositionimageUn article proposé par Rémi VERGER, Thomas RUDI, Matthieu ROUSTEAU, Coline ROYER, Agathe ROUSSEAU

L’exposition intitulée  Les Mues rassemble quatorze œuvres de plus ou moins grandes tailles qui, toutes, abordent l’idée de la mutation, de la transformation.
Dès l’entrée de l’exposition, un éléphant perd son ancienne peau, tel un homme enlevant son pyjama le matin. Sa « mue » est étalée au sol. Elle est faite de peaux de buffles cousues entre elles. Leur couleur grise donne à cette« mue » une impression de vieux, d’une peau qui a vécu et qui a gardé des traces. L’éléphant quant à lui semble « renaître» , il est tel un nouveau-né avec sa peau fripée et ses couleurs nuancées entre le blanc et le jaune. Cette œuvre donne une vision poétique d’une renaissance. Traversant l’exposition de part en part, une mue de serpent, longue de 120 mètres, semble symboliser le vivant devenu mort, mais aussi la mutation ou la transformation.
On peut retrouver cette idée dans la maquette qui représente une banque britannique construite au début du 20e siècle à Shanghai. Yong Ping l’a reconstituée en sable à l’aide d’un moule en bois. Le sable s’effrite et finit par tomber traduisant la vanité du pouvoir, de l’argent et du capitalisme. Ironie du sort, cette œuvre s’est partiellement effondrée lors de son installation mais l’artiste a décidé de la laisser comme ça car pour lui l’incident fait parti de l’œuvre.

Plus loin,  une sphère représente un globe terrestre épluché comme une orange. Sur le mur, derrière est accrochée la « peau » de ce globe avec ses continents. Dans cette « peau»  du monde sont enfoncées des épingle ayant à leur extrémité un bout de papier indiquant des catastrophes passées ou à venir. Voilà qui ne laisse rien présager de bon !

Le titre de cette exposition est à la fois explicite et implicite. En effet, « Les Mues » qualifient concrètement certaines œuvres comme, par exemple, les peaux éphémères perdues par des animaux, mais également des œuvres qui détiennent des idées plus abstraites comme, par exemple, la banque britannique. Néanmoins, toutes ces œuvres révèlent une idée commune : le temps, l’évolution, la transformation…

4- Une œuvre qui a une dimension politique ?
4-Yong Ping Banque de sable -image

Un article proposé par Matthis Seguin, Louise Roussière, Cécile Tijou, Garance Warin, Valentin Sendrier

Parmi les nombreuses œuvres présentes dans l’exposition «  Les Mues  » certaines semblent avoir une visée politique. Par exemple,  Le Palanquin,(1997)  est constituée d’une chaise à porteur avec des serpents. Fait-elle référence à une forme de domination (politique, culturelle, sociale ?).
Si on lève la tête, on aperçoit une œuvre nommée  Trois Ailes conçue en 2003. Elle est composée de fibre de verre, tissus, peau d’animal et crayon de couleur sur papier, mettant en scène une chauve souris avec dans sa gueule une aile d’avion. Cette image fait référence à un incident diplomatique entre un chasseur chinois et un avion espion américain.
Abbrotabad est une maquette du complexe fortifié ou Oussama Ben Laden a été tué en 2011. Créé en céramique et plantes, cette pièce est comme une ruine, un jardin abandonné où la nature reprend ses droits. Quelle lecture en avoir ? (politique, historique, philosophique ?)
Banque de sable, sable de banque est une impressionnante maquette en sable de 6 mètres de long. C’est une reproduction de la première banque britannique HSBC inaugurée à Shangaï en 1923. L’œuvre représente la grandeur et l’importance du capitalisme aussi bien que sa fragilité. Lors de son installation à la HAB galerie un angle de l’œuvre s’est même effondré. Huang Yong Ping a fait le choix de laisser l’œuvre telle qu’elle, confirmant ainsi l’instabilité du système financier d’aujourd’hui.  Celle ci est constituée d’un mélange de sable et de ciment. L’artiste a créé un moule réduit de l’édifice, a coulé le mélange à l’intérieur puis il a retiré le moule. C’est d’ailleurs lors de cette opération qu’une partie de la structure s’est effondrée. Cette œuvre prend aujourd’hui une dimension politique en faisant référence à la mondialisation et aux échanges de flux financiers internationaux. Le capitalisme de masse a récemment mené l’économie de pays du monde entier dans des crises financières comme celle de 2008 en France.

5- Les relations Orient/Occident dans l’œuvre de Yong Ping

5-Yong Ping les relations Orient:Occident imageUn article proposé par Tifanie TAILLEFER, Clovis ROMANO, Chloé ROUGEAU, Bastien STEPHANT, Pierre THOMAZEAU

Huang Yong Ping est un artiste chinois, il s’installe en France en 1989 suite à l’exposition Les Magiciens de la terre au Centre Georges Pompidou à Paris. En étant en France l’artiste peut créer des oeuvres qui seraient sans doute censurées dans son pays natal tel que « banque de sable ». Souvent, il mixe dans ses œuvres les deux cultures différentes qui le traversent.
Les mythes liés aux animaux très profond dans la culture chinoise nourrissent son oeuvre. Avec Commencer en tête de serpent et finir en queue de tigre, Huang Yong Ping détourne un proverbe chinois « commencer un tête de tigre et finir en queue de serpent » pour se moquer du comportement humain et faire découvrir ça culture au monde occidental.
L’artiste a affirmé : « Nous devrions combattre l’Occident avec l’Orient et, vice-versa, l’Orient avec l’Occident ». Cette affirmation montre que pour lui les influences entre deux cultures différentes sont très importantes et que « Occident » et « Orient » ne sont pas des concepts définitifs. L’artiste essaie à travers ses œuvres (souvent monumentales) de réinterpréter les philosophies et les mythes de ses différentes cultures, de confronter ses deux mondes plutôt que de choisir entre les deux, en les mélangeant, hybridant, opposant, dans le but d’en révéler les complexités et les contradictions.

6 – La place la figure animale chez Yong Ping.

6-Yong Ping  animal imageUn article proposé par Maxime Rousset, Corentin Travers, Victor Shirm, Elodie Rigault, Baptiste Riom

Huang Yong, ayant deux expériences culturelles différentes, orientales et occidentales, s’inspire des mythes pour traduire sa vision, son univers, son regard sur le monde. Souvent, l’artiste met en scène des animaux dans ses installations. On peut voir l’animal comme le symbole d’un caractère, une sorte de personnification. Un animal possède un caractère violent, calme ou puissant.
Le rapport à l’animal est très fort en chine, car chaque animal possède une signification différente : par exemple, le hibou représente le Yang et la violence. Yong Ping aime emprunter des images à la philosophie chinoise qui est métaphorique.
Dans l’exposition « Les MUES » à la HAB Galerie, il utilise l’animal pour dénoncer des chocs politiques et diplomatiques que traverse le monde. Par exemple La Chauve-souris, qui a été censurée en Chine car elle représente un accident aérien entre un avion espion américain et un chasseur chinois qui se sont télescopés. De plus, elle pouvait porter à confusion avec les évènements du 11 septembre…
Selon lui : « Notre vie ne peut pas échapper aux éléments sociaux : quand on regarde des animaux dans un zoo, ils sont isolés, protégés les uns des autres. Il n’y a pas ce besoin entre les différentes cultures, puisqu’il est impossible aujourd’hui que celles-ci restent isolées et protégées les unes des autres. Chacun chante avec sa propre voix et pourrait créer des désaccords ou casser l’harmonie. »

La Mue de serpent : vedette de l’exposition ?

La Mue de serpent, élément central de l’exposition a été réalisée spécialement pour l’événement. Elle mesure 120 mètres de long et est composée de plusieurs morceaux de toiles et de résine. Elle est également recouverte de vernis et de peinture, ce qui lui donne un aspect réaliste. Elle est entièrement démontable, ce qui lui permet d’être présentée dans les galeries du monde entier.
Fil conducteur de l’exposition, elle guide le spectateur à travers les œuvres. Cette mue impose un sens de visite, nous invitant au voyage… A Nantes. .
La mue semble associée au squelette de serpent d’océan de Saint-Brévin. Celui-ci est une sculpture monumentale composée d’aluminium, longue de 120 mètres. Elle représente le squelette d’un immense serpent de mer imaginaire, dont les vertèbres ondulent pour se terminer par une gueule ouverte. La queue du monstre mythique est située à la limite des marées basse, sa tête à la limite des marées haute. Lorsque la mer monte, la sculpture est peu à peu engloutie par les eaux. Seule la tête du monstre marin émerge. En revanche à marée basse, il est possible d’en faire le tour à pied .
Cette œuvre en deux parties pose la question de l’identité, de l’immigration et de la mixité culturelle.
À la HAB galerie, dans l’exposition « Les Mues» , le serpent possède une place principale, car l’animal est également présent dans d’autres œuvres, comme le Palanquin, qui est composé de véritables mues de serpent. .
Sa disposition oblige le spectateur à l’avoir en permanence dans son champ de vision. Comparé à une montagne ou un océan, cette mue n’est en fait pas très grande. Pour l’artiste : « Cela dépend de l’échelle, ainsi que de notre imagination, et de nos limites [...]. Après la mue, le serpent est léger, mais en même temps, cette peau est morte [...]. La mort est très vivante, c’est le vivant qui devient mort »
Nous avons choisi de parler du serpent, car c’est la pièce maitresse de l’exposition, on ne peut pas passer à côté. Cette œuvre aux dimensions titanesques, nous touche par sa poésie et sa subtilité.

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