Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

16 février 2015    Non classé   

Publié par c.cesbron

Visite de l’exposition « Théâtres en Utopie»  au Lieu Unique

1. « Théâtres en Utopie » Le titre, l’espace, le contexte

1-théâtres en UtopieUn article proposé par Cellie PIRAUD, Roselyne NGUYEN, Marie POMMERET,  Nolwenn RAT, Lucille RABADAN

Théâtre en utopie est une exposition présentant des théâtres qui n’ont jamais été réalisés. L’exposition regroupe un ensemble de projets (conçus de l’Antiquité à la fin du XXème siècle) qui tous tendent vers l’imaginaire, le rêve, l’idéal, le surréel.
Pour Yann Rocher, le commissaire d’exposition, ces projets ont été quelque peu oubliés car, comme le titre l’indique, utopiques. Ils constituent, selon lui, un ensemble de monuments idéalisés, placés dans une sorte de monde parallèle irréel. Ainsi, en exposant ces projets, il tend à les rendre réels, leur donne une seconde vie. Le théâtre n’est pas un lieu anodin : il fallait faire de cet endroit quelque chose de spectaculaire, d’innovant, d’éblouissant et de vivant. En effet, le théâtre est un lieu où on détourne le spectateur du réel où on joue avec ses sentiments. Et dramatiser, c’est exagérer, présenter de manière théâtrale, émouvoir. C’est pourquoi des projets immenses, étranges, incroyables ont souvent été rêvés, mais laissés de côté. Yann Rocher a donc choisi de rassembler quelques 76 projets, pour ressusciter les rêves architecturaux les plus fous, et aussi stimuler notre imaginaire. L’exposition se parcourt telle une promenade curieuse, scénographiée par Xavier Dousson. L’exposition permet également de définir le terme d’utopie sous ses diverses facettes, de voir l’évolution des idées architecturales, l’évolution de la conception de ce que peut être un théâtre, à différentes époques, dans différentes sociétés, tout en permettant au spectateur de développer sa propre réflexion.
C’est le Lieu Unique, « scène nationale de Nantes » depuis 2000, communément appelée Lu, qui propose et reçoit l’exposition du 11 octobre 2014 au 4 Janvier 2015, dans un espace nommé « La Cour », le plus souvent dédié aux expositions. Ancienne manufacture des emblématiques « Pailles d’or » ou « Petits beurres », l’usine Lu, désaffectée en 1986, a été rénové par l’architecte Patrick Bouchain ainsi que par Jean Blaise, directeur du CRDC, dans le but de créer un espace pour promouvoir la culture, créer un nouveau lieu de croisement culturel et social. Le projet a d’abord été considéré comme utopique, car il se veut polyvalent. Il accueille aujourd’hui diverses manifestations culturelles : spectacles, concerts, expositions, conférences… mais propose aussi des services tels que des résidences d’artistes, un café/bar, librairie, un hammam ou encore une crèche. La rénovation a permis au Lieu Unique de s’imposer comme scène nationale tout en gardant des traces de son identité passée comme l’une des deux tours de l’usine. Il accueille l’exposition Théâtres en utopie car il a été autrefois perçu comme Lieu Utopique, premier nom attribué au Lu. En proposant cette exposition, il rend une sorte d’hommage à ces projets utopiques oubliés.

2- Le propos de l’exposition

2-théâtres en UtopieUn article proposé par Saline PINEAU, Adélie PAYET, Chloé PASCAL, Alexandre POIRIER, Marie MOTTE

L’exposition donne un éclairage à des projets architecturaux en lien avec le théâtre, pour la plupart n’ayant jamais dépassé le stade de l’idée, du papier. Son but est aussi de montrer l’évolution de la pensée architecturale en lien avec l’évolution de la conception théâtrale. Elle met en lumière la volonté de certains architectes de se démarquer des constructions classiques, en cassant les codes et en développant une pensée, un imaginaire, une vision différents. On parle ici d’utopie non pas comme d’un rêve impossible à réaliser mais comme une revendication de rupture avec un mode de société, la capacité à ouvrir une brèche dans le réel.

Théâtres en Utopie s’axe sur des thématiques chronologiques et culturelles, et se fragmente principalement en trois types de projets  : ceux qui critiquent par le biais de leurs conceptions les contraintes dictées par la société dans laquelle ils vivent, sous la censure par exemple. On retrouve aussi des artistes qui expérimentent en jouant avec la forme du bâtiment et le monde de l’imaginaire jusqu’au quasi-fantastique. Les projets architecturaux de l’Antiquité, notamment ceux de Curion et Vitruve, sont d’ailleurs les sources d’inspirations de nombreux architectes. Cela se caractérise dans la recherche d’une amélioration de l’acoustique ou de la modularité et la mobilité des décors. Enfin, d’autres, développent une nouvelle forme du spectacle en utilisant l’architecture-même pour élargir les possibilités de mise en scène ou bien encore  faire participer le spectateur et donc repenser l’expérience vécue par ce dernier.

Ces divers projets, visionnaires, possibles ou impossibles à réaliser, traduisent l’étendue infinie des capacités de l’imaginaire à retranscrire des idées, à les explorer sans être freiné par les contraintes matérielles. Les architectes ont, par leur audace, su nous transmettre la sensibilité du rêve que l’on retrouve en assistant à un spectacle au sein même de leurs architectures. Ce système de représentation est une personnification du théâtre, où l’édifice devient un outil et s’adapte au besoin pour devenir utile et même un acteur du spectacle.

Les architectures peuvent refléter une évolution de la pensée artistique et de la conception du théâtre. Si on commence à faire de l’improvisation dans le théâtre, on va tenter d’adapter les salles pour concrétiser cette idée.

On peut remarquer que les projets de théâtre issus du système soviétique ont quelque chose de totalitaire. Certains théâtres aux formes organiques ont été pensés pendant la République de Weimar, mélangent art, architecture et nature. C’est pour cela que l’on peut dire que chaque époque, chaque société recherche ses systèmes de représentation de théâtre, suivant sa culture, ses modes de vie, sa façon de penser, son idéologie…

3 - La scénographie de l’exposition

3-théâtres en UtopieUn article proposé par Maya PINTARD, Mathilde PATOIZEAU, Alizée PARRY, Antoine POQUET, Raphaëlle NIGER

L’exposition « Théâtre en Utopie » de Yann Rocher (commissaire et architecte) et Xavier Dousson (scénographe et architecte) au Lieu Unique à Nantes, met en scène 80 projets de théâtres, n’ayant jamais vu le jour pour la plupart. Dans cette exposition nous pouvons retrouver des photos, des textes explicatifs et des maquettes pour chacun des projets.

L’exposition propose un cheminement chronologique, de l’Antiquité au XXIème siècle. Le visiteur suit un parcours délimité par des blocs disposés de manière parallèle suivant des formes géométriques. L’exposition suit « les contours » de la salle du Lieu Unique. Une des majeures contraintes du lieu était les poteaux de la structure qui ne devaient pas perturber le parcours du visiteur. Rocher et Dousson se sont servis de cette contrainte afin de mettre certains éléments de l’exposition en évidence. En effet, presque l’intégralité de l’événement est installée entre les poteaux, hormis quelques maquettes qui se trouvent de l’autre coté des colonnes, ce qui permet de mieux les mettre en valeur. En ce qui concerne les différents projets, chacun d’entre eux se compose de textes explicatifs, de plans, de maquettes plus ou moins imposante, de casques audio et de photos. Les textes sont en lettres lumineuses, ce qui permet d’avoir une meilleure visibilité et lisibilité. Ils sont soit à plat à coté des maquettes soit sur des cubes d’affichage à hauteur d’œil. Les maquettes sont, quant-à elles, posées sur des plateformes rotatives et éclairées par de petites lampes que le visiteur peut moduler à sa guise afin de mieux apprécier les détails. De plus, les blocs d’exposition sont principalement composés de matériaux noirs. Une bande de couleur apparaît afin de mettre en valeur la légende des différents documents du projet. Cette dernière, change en fonction de l’époque. Par exemple : la période de l’Antiquité est symbolisée par la couleur jaune, tandis que la période de la Renaissance est en rouge. Cet évident contraste entre les couleurs, attire l’œil du visiteur. Enfin, il n’y a pas de lumière naturelle, ni de lumière artificielle, mise à part la lumière des blocs, ce qui permet de focaliser le visiteur sur l’exposition en elle-même et non pas sur son environnement. S’y ajoutent quatre écrans sur lesquels on peut entendre des témoignages d’architectes. Ces écrans sont face à des transats mis à disposition des visiteurs.
De notre point de vue, l’exposition, offre de nombreux aspects positifs. La rotation des maquettes apporte un côté attractif et original. De plus comme les blocs sont presque entièrement numérisés, ils amènent du dynamisme. Le fait que les projets soient disposés de façon chronologique permet une meilleure compréhension du propos. En revanche cela limite les libertés du visiteur qui n’a qu’une seule possibilité de visite. Enfin, davantage de jeux de lumière et un fond musical auraient pu être appréciés.

4 - Les maquettes

4-LUimageUn article proposé par Mégane PETTON, Tamara PRUD’HOM , ZiYing QI, Marie PRIGENT, Anna RIGAUD

L’exposition « Théâtres en utopie » est une présentation de maquettes conçue par Yann Rocher et Xavier Dousson dans le but de faire connaître des projets d’architecture de théâtre jamais réalisés.
Environ 80 maquettes ont été réalisées par les étudiants de l’école d architecture ENS à Paris pour illustrer le propos, certaines en carton et bois, d’autres par impression 3D .
Cependant certains projets n’ont pas été concrétisés par des maquettes et sont restés sous forme de croquis pour cause de manque d informations.
Pour chaque projet, il a fallu faire un travail de recherches important ; ainsi les maquettes exposées sont des interprétations du projet initial.
L’exposition propose de découvrir des projets datant de 51 avant Jc jusqu’à 1985. Les théâtres pensés après 1985 ne sont pas exposés, certains ont été tout de même présentés sous forme de vidéos.
Suivant l’époque de conception des projets,  les maquettes sont réalisées avec différents codes et objectifs.
Pour commencer, dans l’Antiquité, les théâtres avaient la forme d’arènes, favorisant l’acoustique. La mobilité du décor était très importante car elle permettait de jouer des scènes tragiques, comiques et satiriques.
Puis pendant la Renaissance, Serlio fut l’un des premiers à penser un théâtre prenant en compte rigoureusement les règles de la perspective.
Pendant la Révolution Française, c’est la précision qui est de rigueur et la recherche de formes géométriques simples.
A la fin du 19eme, a été réfléchi un théâtre modulable pouvant posséder 3 dimensions (petit, moyen, grand)…
En 1919, Hendrik Wijdeveld conçoit un gigantesque théâtre aux formes explicitement obscènes…
Dans les années 50, un théâtre a été créé de façon légère et démontable pour de nouvelle itinérances ce qui nous semble être l’idée la plus intéressante.
Le lieu d’implantation peut être inattendu, ce qui est le cas de l’Opera de Bagdad qui est imaginé sur une île sur le Tigre (1957)
Dans les années 60, des théâtres sont conceptualisés par empilement de façon a réalisé une scène aérienne.
En Italie dans les années 70, des créateurs décident d’inverser le concept du théâtre, le spectateur devient acteur. (…)

5-Focus sur un projet de Léonard de Vinci

5-LUimageUn article proposé par Anastasia PESCHEUX SERGIENKO, Titouan MOTREUIL, Paul PÉGÉ, PHILOUZE, OURY

Nous nous sommes intéressés aux projets de Léonard de Vinci, homme important de la Renaissance dans de nombreux domaines, scientifique, architectural, pictural, etc… .

Léonard de Vinci a travaillé sur différents projets comme :  » théâtres pour écouter la messe»  et un édifice, appelé « emplacement d’où l’on prêche» . Son projet possède une structure centrale, une estrade, entourée de trois zones de sièges, rappelant la structure des amphithéâtres et dessinant la façade courbe du bâtiment extérieur. Léonard de Vinci reprend cette idée d’encerclement de l’orateur dans la structure du lieu du prêche (celui que l’on peut voir sur le croquis) qui rapproche tout aussi bien l’auditeur de l’orateur, qui se trouve dans la chaire, disposée en haut d’une colonne. Six galeries dominent la chaire, en donnant à l’intérieur une forme sphérique. L’accès à ces galeries se fait par les escaliers placés en extérieur du bâtiment, créant ainsi un bâtiment ressemblant à un « double » amphithéâtre, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Léonard de Vinci s’intéresse à l’acoustique, il étudie l’effet de la concavité sur le son, et les phénomènes d’échos. Il cherche comment maîtriser la qualité sonore du bâtiment. C’est pourquoi, dans son projet, il propose une architecture en dôme, pour mettre en valeur l’acoustique lors du rituel de la messe. Cette architecture est un lieu de culte qui devient comme un théâtre, avec une scène et une salle…

6-Focus sur un projet du XXe siècle : Nikolaï Ladovski, grand théâtre utopique

6-LUimage

Un article proposé par Ewen RIBOT, Paul PERUSAT, Hector PATEMAN, Martin RAGAIGNE, Andréa PALLADINO

Le théâtre imaginé par Nikolaï Alexandrovitch Ladovski architecte russe, en 1931, en pleine période soviétique, a vu le jour au cours de l’organisation d’un concours pour la création de grands théâtres dans certaines grandes villes russes, sous l’impulsion du parti soviétique. Ce projet s’inscrit dans un ensemble de projets dantesque dont la fonction principale pouvait parfois être détournée afin de répondre aux besoins (politiques, d’apparat ou de propagande) des autorités.

Le bâtiment est dessiné en formes géométriques simples. Le théâtre principal a une forme oblongue comme un stade. Il est rattaché à deux coursives circulaires formant un  cercle ouvert. L’ensemble du bâtiment est rendu asymétrique par la présence d’une salle de concert plus intimiste placée à gauche du théâtre et reliée à celui-ci par une coursive. Le théâtre principal est de dimensions imposantes répondant aux standards de l’architecture soviétique (architectures gigantesques voulant promouvoir la grandeur du pouvoir). Le théâtre devait être au service du peuple, être un théâtre de masse avec un nombre de places impressionnant. Le projet correspond à la politique en vigueur à cette époque, où il s’agit de glorifier le pouvoir par la grandeur des édifices publics. Il permet également la diffusion d’une propagande de masse par le nombre de places qu’il contient.
Le complexe est essentiellement consacré à l’art théâtral, mais il pouvait aussi avoir des fonctions bien différentes afin de servir au pouvoir en place. Ainsi, la cour délimitée par le cercle ouvert marquant l’entrée du complexe, pouvaient servir, entre autres, à certaines parades militaires magnifiant le régime politique. La salle de théâtre principale devait en principe pouvoir servir de salle de réunion pour l’ensemble les dirigeants du parti.
D’un point de vue esthétique, les formes et les dimensions de ce bâtiment rappellent fortement les lignes directrices voulu par les instances du gouvernement, des formes géométriques simples et assemblées, qui semblent  composer, vue du dessus ,la faucille et le marteau stylisée du drapeau soviétique…

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