Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

Entrées du mai 2016

26 mai 2016    Art   Non classé

Publié par c.cesbron

Guy Brunet, réalisateur. Une exposition au Lieu Unique

Guy Brunet, The Self Made Man

1-GbrunetportraitimageArticle proposé par Justine Massot, Mathurin Loncle, Melissa Lejal, Yannick Mary et Agathe Leray

Guy Brunet est un réalisateur autodidacte de films d’animation et décorateur de cinéma né en 1945 à Viviez, une commune de l’Aveyron. Né de parents exploitant un cinéma nommé Le Caméo et ensuite gérants du cinéma Le Plaza. L’enfance de Guy Brunet est baignée par les films de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, des années 1930 aux années 1960. Il se souvient : « Le week-end, il y avait jusqu’à trois séances pour un même film. A la première, je me laissais porter par l’intrigue, à la deuxième je regardais le jeu des vedettes et après, le travail du réalisateur ». De cette époque, Guy Brunet collectionne les dossiers avec photos et affiches que les exploitants reçoivent pour la promotion des films. En 1958, il seconde son père comme projectionniste. Mais la télévision remplace petit à petit le cinéma. En 1963, les parents de Guy Brunet vendent le cinéma pour ouvrir un magasin de téléviseurs. Ils l’incitent donc à faire partie de l’entreprise où il y travaillera pendant quelques temps. Alors qu’il commençait déjà à écrire des petits scénarios, de 1973 à 1986, il travaille comme ouvrier dans les usines du bassin minier de l’Aveyron. Puis installe son « studio de production»  en 1994. Ce studio est fait dans sa maison à Viviez, dans une ancienne boucherie, sur une route nationale dans la banlieue de Decazeville. Il le nomme Paravision, en référence au studio Paramount. Pour marquer sa singularité, il constitue une grande fresque murale à la gloire du cinéma hollywoodien sur la façade de sa maison. S’inspirant du cinéma hollywoodien et grâce à la documentation accumulée pendant son enfance, Guy Brunet construit ses films tout seul et sans budget. Il est à la fois producteur, scénariste, dialoguiste, décorateur, costumier, maquilleur, acteur, cameraman, réalisateur et affichiste. Il écrit tout, le scénario, les scripts, les découpages des plans, les dialogues. Ensuite il fabrique les décors dans son atelier. Il crée ses acteurs avec du carton d’emballage, il les dessine, les peint et des découpes à sa guise. Son cinéma est fait uniquement de matériaux recyclés. Le jour, il élabore ses silhouettes de carton et les décors. Afin de ne pas être perturbé par les bruits de la rue, il tourne la nuit. Guy Brunet dessine le générique puis met le film dans une boîte décorée. En 2015, il aura créé plus de 793 silhouettes dont 171 acteurs américains et 151 actrices françaises, 25 grands décors, 100 affiches de films. Il a écrit 350 scénarios et réalisée 14 long-métrages. Son premier film est sorti en 2001, et en 2002 son œuvre est exposée pour la première fois au Musée international des arts modestes de Sète, ce qui fait de lui un artiste accompli et reconnu .

La démarche singulière de l’artiste

Article proposé par Emeline LOAS, Camille METAYER, Camille LE LUHANDRE, Soundousse MARONGIU , Philippine MASUREL

Guy Brunet devra attendre d’être à la retraite pour devenir ce qu’il a toujours souhaité être : cinéaste. Il va alors se replonger dans son enfance. N’ayant pas fait d’études de cinéma ni étudié aux Beaux-Arts, il crée chez lui sa propre maison de production qu’il nomme « Le Studio Paravision ». Au Lieu Unique, une grande fresque habille l’entrée de la salle d’exposition. Il s’agit de la réplique de la fresque murale peinte à l’extérieur de chez lui, présentant les différents genres du cinéma (westerns, comiques…). Cette porte spectaculaire marque une césure matérielle et symbolique entre le monde extérieur et le monde imaginaire du cinéma auquel il a tant aspiré et dans lequel il gravite aujourd’hui. Hollywood est pour lui la référence ultime. Son travail résulte des films découverts quand il était enfant. Depuis son enfance, Guy Brunet a écrit plus de 360 scénarii. Sans grands moyens financiers, il décide de confectionner lui-même ses propres acteurs à partir de carton. Au sein de ses studios « Paravision », Guy Brunet est donc à lui seul : cinéaste, réalisateur, caméraman, acteur, maquilleur ou encore affichiste. Lors de notre visite, nous avons pu constater à quel point cet artiste peut être prolifique.
Lors de cette visite, nous avons pu voir que la démarche de cet artiste que nous pouvons qualifier d’autodidacte, est inédite. Pour tous ses travaux, que ce soit la création de ses acteurs, le décor ou les affiches, tout est fait à partir de matériaux récupérés et recyclés qu’il collectionne méticuleusement au sein de l’atelier qu’il s’est créé à son domicile. En arpentant les allées de l’exposition, nous avons été frappés par la masse colossale de travail que représentent ses créations, notamment à la vue des dizaines de personnages en carton que Guy Brunet a façonné de ses mains. C’était à la fois très chargé et chaleureux, en raison de la multitude de couleurs utilisées par l’artiste pour personnaliser ses acteurs. Concernant sa série des huit âges d’or, nous pouvons dire qu’il les a réinterprétés. Par exemple, Guy Brunet ne supportait pas les histoires où les fins étaient malheureuses, c’est pourquoi il s’est permis de modifier la fin de certains films. Il a donc, par exemple, transformé « L’âge de la guerre » en « âge de l’héroïsme ».

L’exposition Guy Brunet, carton plein !

3-Gbrunetdécorimage.jpgArticle proposé par Hugo MICHEL, Jules LEROUGE, Jules LEMER, Pierre LE SCOUL, Nathan LEBORGNE

L’exposition du Lieu Unique présente les travaux de Guy Brunet, à la fois ses affiches, ses films, ses synopsis, ses acteurs mais aussi ses mises en scène, fresques, décors, photos et ses premiers travaux. On retiendra ici tout ce qui compose l’exposition en dehors de ses films.
Tout d’abord, à l’entrée de l’exposition, est présentée la réplique de la fresque peinte sur la façade de sa maison. Elle représente à la fois un avant-gout de son travail et une porte d’entrée vers son univers.
Guy Brunet réalise des films seul, à partir de personnages et de décors en carton. Il est important de souligner qu’il compose vraiment tout dans son studio, de la réalisation jusqu’à la communication. Ses films sont des « remakes » singuliers de films existants et ils sont créés dans sa maison qui est envahie par ses réalisations. Brunet pioche des bouts d’histoire pour créer ses propres scénarios. Ses personnages en carton représentent des acteurs, actrices ainsi que des réalisateurs et producteurs de son temps (il travaille essentiellement sur les films des années 30-50 et dit ne pas regarder les films d’après 1966). Ces silhouettes inanimées sont faites via des matériaux de récupération et mesurent tous environ 1m38 (par soucis techniques, pour qu’ils apparaissent en contre plongée dans le champ de la caméra) sauf ceux qui représentent des producteurs et des réalisateurs car Guy Brunet leur accorde une plus grande importance (faire l’inverse du cinéma qui prône les acteurs et oublie souvent ceux qui dirigent le film). On peut déjà constater l’esprit engagé de ce réalisateur atypique. Ils étaient, à ses débuts, peints de glycero mais il travaille maintenant à l’acrylique.
Pour ses affiches, il a un mode opératoire particulier qu’il respecte quasiment à chaque fois lors de ses compositions et qui fait de lui ce créateur singulier. En effet, toutes ses affiches de films sont réalisées au dos de vraies affiches du film en questions (ce qui renforce l’idée d’une réadaptation à sa manière). Bien qu’il garde les  grandes lignes et éléments des affiches à partir desquelles il travaille, il commence toujours par installer le lettrage, la typographie, avant de travailler l’image.

Le monde cinématographique d’un self-made man

4-GbrunetfilmsimageArticle proposé par Emma MELKI, Ebony LERANDY, Élise CUGNART, Maud MARICOURT, et Fanny MAILLARD.

Guy Brunet est un réalisateur autodidacte né en 1945. Baigné dans le monde du cinéma depuis son enfance, il se passionne pour les films hollywoodiens. Les aléas de la vie l’empêchent de réaliser son rêve de devenir réalisateur et c’est seulement à l’âge de la retraite qu’il y parvint enfin.
Dès 16 ans, Guy Brunet écrivait ses premiers scénarios dans lesquels il rendait hommage au cinéma de l’âge d’or hollywoodien. En 1994, il loue son premier studio qu’il nomme Paravision (contraction de paradis et vision) et où il réalisera l’exploit de tourner ses films seul dans un lieu restreint (l’industrie du cinéma nécessitant un grand nombre d’intervenants). En effet, faute de moyens, il ne peut se payer ni acteurs ni décors.
Grâce aux silhouettes en carton qu’il fabrique dans son atelier, il va alors recréer tous les protagonistes nécessaires à ses films : producteurs, réalisateurs, acteurs, maquilleurs… soit près de 800 silhouettes d’environ 1m40 de hauteur pour permettre la vue en contre-plongée lors des tournages et faciliter leur transport.
Guy Brunet crée son propre monde, joyeux et multicolore, où les fins sont toujours heureuses. Il s’inspire de la documentation accumulée depuis son enfance et revisite l’histoire du cinéma en décomposant et recomposant à sa manière les éléments de référence qu’il connaît et les archétypes du cinéma. Il crée également son propre casting pour chacun de ses films. On peut citer par exemple « Le monde magique des frères Lumière », un documentaire réalisé en 2012. Pour Guy Brunet, les frères Lumière sont des dieux  puisqu’ils ont créé la magie du cinéma. Le réalisateur a pour but à travers ce film de faire découvrir la richesse culturelle, les recherches, ainsi que la rêverie que les frères Lumière ont produit grâce à l’invention du cinéma.
Guy Brunet réalise un étrange travail de mémoire dans ses films ou par le biais des affiches qu’il reconstitue. Il redonne vie à une grande époque du cinéma par amour et nostalgie. On pourrait qualifier le travail de Brunet comme un art cinématographique singulier, qui nous trouble à une époque où notre génération est habituée aux films à gros budgets, saturés d’effets spéciaux et autres technologies modernes. Ses films, qui nous paraissent à première vue ternes et ennuyeux, révèlent en fait une richesse artistique brute et épurée.
Guy Brunet a créé son propre système d’expression et nous emmène avec lui dans son univers, poétique, simple, touchant, atypique…

LA SCENOGRAPHIE : « L’envers du décor »

5-GBrunetsscénographieimageArticle proposé par Ambre Lelabousse, Enzo Lemasson, Manon Leverrier, Steven Merlet

La scénographie réalisée pour l’exposition « Guy Brunet – réalisateur » au Lieu Unique à Nantes a été faite pour présenter Guy Brunet, ses créations plastiques et ses projets de cinéaste autodidacte. Et ce, comme si l’on était directement dans son atelier de Viviez. L’espace d’entrée en est d’ailleurs directement inspiré. Une forme d’arche, formant l’accès à l’exposition, est une copie sur toile de la fresque peinte sur la façade de sa « société de production» . Cela signale sa passion pour l’âge d’or du cinéma avec la représentation de figures emblématiques du Western, des comédies musicales ou d’autres genres cinématographiques comme le péplum.
Cette exposition laisse un sens de visite libre et non défini. Il n’y a aucun parcours induit entre les grandes cloisons de bois permettant le support d’un écran téléviseur et servant de cimaises aux œuvres de Guy Brunet.
Les affiches de film qu’il a réalisé parlent d’elles-mêmes, de façon explicite et n’ont ainsi nullement besoin d’un décor très soutenu pour que les visiteurs comprennent que ces créations empruntent à  l’âge d’or du cinéma.
Les cimaises en bois rappellent, elles aussi, l’univers du cinéma et plus précisément les différents éléments de décor installés dans les studios de production.
Hormis ces grandes cimaises, des tables d’expositions lumineuses, toujours en bois (rappelant l’aspect brut de l’arrière des décors hollywoodiens) présentent les cahiers, scénarios et premiers dessins de Brunet.
Cet aspect écru, brut peut aussi se rapprocher des conceptions des travaux plastiques de l’artiste : un travail simple, avec des matériaux de récupération qu’il ne cherche pas forcément à masquer.
Un second lieu, délimité par un tracé blanc au sol, livre une surface d’exposition sous forme d’estrades, de gradins, formant un escalier, telle une salle de projection, permettant la bonne visualisation des silhouettes en carton des acteurs, placés suivant une hiérarchisation de leur célébrité.
Dans le vaste hangar du Lieu Unique se trouve également une pièce, une « salle » de projection permettant la découverte des films de Guy Brunet. Cet endroit sombre équipé de sièges de salle de cinéma, rappelle encore une fois la passion de l’artiste pour l’univers du cinéma.
A l’inverse de cette pièce, le reste de l’exposition est éclairé, de façon artificielle par des projecteurs de lumières jaunes ou des spots lumineux avec des filtres, le tout adoucissant ainsi la luminosité pour une visite plus agréable et une bonne protection des dessins. On peut d’ailleurs retenir que les supports lumineux utilisés évoquent également l’univers des studios de tournage. Seuls certains éclairages sont plus intenses pour une meilleure visibilité.

Passion Brute

6-GbrunetArtbrutartsingulierArticle proposé par Gwendolie Le Roux, Pauline Leriche, Morgane Lepotier, Ninon Manciaux, Océane Lebreton

On peut définir l’art brut comme étant une pratique artistique hors norme. C’est un art qui ne découle pas d’un autre mouvement, d’une mode ou du domaine du classique. Le terme « art brut » fut défini par Jean Dubuffet en 1945, le créateur de ce concept. Le terme brut est une qualification que l’on donne à des artistes autodidactes et indemnes de culture artistique, ce sont donc des artistes qui produisent des œuvres qui sortent du contexte habituel de l’art, car leurs impulsions artistiques découlent de leur propre imagination. Souvent, ils ne cherchent pas à s’inscrire dans un mouvement en particulier. L’art singulier, lui, est lié à l’art Brut, c’est un mouvement artistique en marge établissant une distance avec l’art officiel.
Le travail de Guy Brunet est originale et atypique. Ses réalisations nous ont paru en marge des expositions que nous avions pu voir auparavant. Guy Brunet est un artiste qui utilise des matériaux de récupération, comme par exemple le dos de bannières Intermarché ou d’affiches de films venant du cinéma que ses parents tenaient. Il utilise le carton, une matière essentielle dans laquelle il réalise ses silhouettes d’acteurs. Il les recouvre de peinture Glycéro ou acrylique. Sa patte artistique est forte et reconnaissable.
Passionné de cinéma, il rend hommage à l’âge d’or du cinéma hollywoodien en peignant dans un premier temps, des affiches traitant tout genre de films existants (du western à la comédie musicale). Puis dans un second temps, il produira des affiches pour ses propres films. Guy transforme ce qu’il voit, il ne copie pas les affiches existantes, mais s’inspire, sélectionne, « pioche », choisit, ce qui l’intéresse, pour ensuite en faire ce qu’il désire. C’est en cela que l’on peut dire que son art est atypique et très personnel. Il refuse de s’enfermer dans un style en particulier car il se définit avant tout comme cinéaste, réalisateur et producteur de ses propres films. Cet univers le passionne, il s’est d’ailleurs fait connaitre au festival « hors champ » pour son coté atypique.
Guy ne se définit pas lui-même, mais n’ayant pas reçu d’enseignement artistique ou cinématographique, c’est une des caractéristiques qui permet aux critiques et musées de le classer dans la catégorie de l’art brut. Certains considèrent qu’il est dans l’art modeste, d’autres dans l’art singulier, lui préfère laisser le soin aux dirigeants des musées de le placer selon leur point de vue. Il  livre néanmoins qu’il préfère que son  travail soit qualifié d’art brut. C’est aussi pour cela que ses œuvres sont achetées et placées dans des collections d’art brut (comme au musée Lausanne).
Le travail de recherche et de création de Guy Brunet pourrait s’inscrire dans l’art brut car il en possède toutes les caractéristiques, mais Guy dit lui-même « Pour vous dire que mon art est l’art cinématographique. Je me suis placé dans cet art qui m’appartient,… ». Il puise simplement dans son imagination et fait de sa passion des œuvres en marge du domaine classique et habituel.

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26 mai 2016    Art   Expositions   Non classé

Publié par c.cesbron

Frac des Pays de la Loire.

Le Frac : un espace dédié au soutien et à la diffusion de l’art contemporain

1.FRAC

Article proposé par Léna Paleczny, Louise Peyon, Pauline Oger, Zoé Oberlé, Audrey Poilane.

S’engager aujourd’hui pour la culture de demain, telles sont les valeurs que souhaite transmettre le Frac. Les Fonds Régionaux d’Art Contemporain (Frac), créés entre 1981 et 1993 dans le cadre de la politique de décentralisation culturelle, ont pour but de diffuser l’art contemporain dans chaque région de France. D’abord installé dans l’Abbaye Royale de Fontevraud, le Frac déménagera ensuite à Clisson, puis Nantes, pour s’installer enfin à Carquefou dans un bâtiment spécialement conçu pour ses collections et ses actions. Jean-Claude Pondevie, l’architecte, l’a imaginé tel un “studio-atelier”. Dans un environnement calme et naturel, on découvre un bâtiment de béton brut, de bois et de verre. Une grande faille vitrée le traverse, révélant la fonction du lieu. L’architecte a créé un bâtiment simple, fin et élégant, comme “posé” légèrement au sol. Grâce aux rapports de forces colorés, il prend une place discrète et élégante dans le parc. Le Frac “prête” régulièrement des oeuvres à des Institutions pour les rendre visibles et accessibles, étendant ainsi son champ de diffusion.Créé en 1984, le Frac des Pays de la Loire apparaît comme précurseur proposant des ateliers internationaux. Chaque année le Frac invite six artistes en résidence. Le Frac constitue une collection qu’il fait vivre aux travers d’expositions dans toute la Région. Il accueille également un espace de documentation, important outil de recherches, et propose un travail de sensibilisation auprès de tous les publics et en particulier du jeune public (scolaire).
Le Frac accueille en ce moment deux expositions. La première, “ouverture pour inventaire” propose une redécouverte et une relecture des oeuvres conservées au sous-sol. Elles sont sorties des réserves, pour être inventoriées et  montrées au public. Pendant six mois, une centaine d’oeuvres est exposées, permettant au public de voir ou revoir les oeuvres de la collection.

La deuxième; “Working Model” de Dominik Lang, est un instantané qui est proposé dans le cadre « d’ouverture pour inventaire”. L’artiste tchèque reconstitue un atelier d’artiste, mettant en avant le processus de création artistique et d’exposition des oeuvres.

Ainsi, le Frac par son choix hétéroclite d’oeuvres d’art et son architecture, permet la découverte de l’art contemporain et a l’ambition de rendre la culture ouverte à tous.

L’art contemporain: de l’oeuvre au livre

2-FRACdocumentationimage

Article proposé par Valentine Milliand, Julia Nicoli, Alexandre Nicolle, Constance Rondeau

Le Frac de Carquefou (Fond régional d’art contemporain) est une collection publique d’art contemporain dont la mission est de sensibiliser différents types de publics à la création actuelle. Prenant une place important dans l’espace, le service de documentation comprend plus de 8000 titres, dont des dossiers et des publications concernant les artistes représentés dans la collection. Cette documentation sert plus globalement à constituer un fond de références sur l’actualité des arts plastiques et visuels. Elle est constituée de livres d’artistes, de catalogues d’exposition, de revues périodiques, ainsi que des ressources numériques, le tout centré sur l’art contemporain, le design, l’architecture, etc.
Ce centre de documentation est à disposition du public et comporte un poste informatique qui est destiné à la consultation de la base de données mais aussi à la lecture de DVD et de CD-Roms ainsi qu’à l’accès à Videomuseum : le réseau des collections publiques d’art moderne et contemporain. Étudiants en art, artistes ou passionnés peuvent donc accéder à une quantité et une diversité d’ouvrages sur l’art contemporain facilement grâce à la documentation du Frac.
Certains ouvrages de cette documentation ont été créés par les artistes. Lors de notre visite nous avons pu, à l’aide d’un intervenant, découvrir ce pôle de documentation ainsi que certaines productions qui la composent, en particulier des éditions artistiques jouant avec les codes de l’édition. En effet dans chacun des livres présentés par l’intervenant, l’artiste qui en était l’auteur s’était adonné a un exercice qui poussait alors le spectateur à la réflexion pour en saisir le sens. Par exemple, nous avons découvert un livre étant fait de typographie en bichromie noire et blanche et nous devions retrouver la lettre illustrée au travers de ce qui, au premier abord, constituait à notre sens un motif.

L’exposition

3. principe expo FRAC imageArticle proposé par Mickael Rasolofo, Kevin Pieplu, Guillaume Rotter, Jules Riché, Lucie Redt

« Ouverture pour inventaire [2]»  est une exposition présentée au FRAC (Fonds Régionaux d’art Contemporain) de Carquefou. Comment expliquer ce titre ? Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à ce qu’est un inventaire.
Dans sa définition formelle, un inventaire consiste en un dénombrement ordonné des biens, des stocks. Ce sont donc les éléments formant l’actif et le passif d’un patrimoine. En effet, le FRAC possède une immense collection d’oeuvres qui sont stockées dans ses sous-sols. Il est impossible de tout exposer en permanence. C’est pourquoi l’institution procède régulièrement à des récolements. Mais alors, qu’est-ce qu’un récolement ? C’est une opération qui consiste à vérifier l’état d’objets répertoriés dans un inventaire.
Les oeuvres sont donc étudiées avant d’être exposées dans la galerie. A la découverte de l’exposition, le public est invité à réaliser lui même une sorte d’inventaire tout en créant un lien entre les différentes créations exposées. L’intérêt de l’exposition « Ouverture pour inventaire [2]« , réside dans sa diversité et dans l’évolution constante des idées et de la scénographie de l’espace. En effet, les oeuvres exposées sont régulièrement remplacées, ce qui créé un nouvel équilibre à chaque réarrangement du lieu.
L’exposition permet de mieux faire appréhender l’art de notre temps, en dévoilant les métiers et les gestes invisibles qui entourent les oeuvres en révélant les savoir-faire techniques et scientifiques mais aussi en divulguant l’aspect quotidien de la gestion d’une collection. C’est une vitrine sur l’art inattendue qui est offerte au public. Cela permet parfois un temps de dialogue avec les artistes.
Cette exposition fait suite à celle de la HAB galerie au printemps 2015. Celle que nous avons découverte grâce à l’école en est la deuxième édition.
Nous pourrions alors avancer l’idée que le “[2]” inscrit dans le titre fait référence aux deux phases de l’exposition : la 1ère consiste à assister en direct aux différentes étapes de mise en place des oeuvres, et la 2ème étape, à l’exposition au grand public.

Regard sur une œuvre de l’exposition : “La vie éternelle” de Jacques Charlier

4.Jacques Charlier FRAC imageArticle proposé par Ophelie Nollet, Capucine Pennec, Melys Pottier, Amelie Peron, Loélia Rapin

« La vie éternelle » est une installation aux techniques mixtes et aux dimensions variables. Le thème majeur de cette oeuvre est la précarité tragique de la vie. Elle se compose en deux parties. Sur la gauche, on peut voir quatre tableaux (un ange, un démon, des fruits, une femme). A côté est disposé, devant une toile sombre d’une grande dimension, tout un tas d’objets dans un camaïeu de rouge : une sellette supportant une corbeille de fruits artificiels, un grand bouquet de fleurs fraîches et, sur une estrade, un maillot en paillettes, une parure de plumes, des souliers, tout l’attirail de séduction d’une femme. Cette dernière se trouve en portrait photographique disposé sur un chevalet. Cette femme a posé dans l’installation de l’artiste durant le vernissage avant de disparaître, laissant ainsi derrière elle le décor et son image.

Jacques Charlier est né en 1939 à Liège. C’est un artiste qui n’hésite pas à explorer tous les champs d’activités artistiques : la photographie, la peinture, la sculpture etc… souvent critique notamment grâce à son utilisation de l’ironie, n’hésitant pas à détourner les codes de la publicité ou des médias. Il se lie d’amitié avec Marcel Broodthaers, un artiste avec qui il va fréquenter les galeries d’art belges. Il va aussi collaborer jusqu’à la fin de sa carrière avec Jean Hoet. Jacques Charlier participe à de nombreuses expositions en Belgique comme à l’étranger. En 1986 il participe à la célèbre exposition « Chambre d’amis»  à Gand. En 2009 il expose son oeuvre Disorder au Palais des Beaux Arts de Bruxelles mais cette même année il se voit aussi refuser par la ville de Venise son projet 100 sexes d’artistes en raison du caractère sexuel du projet. Ses œuvres sont présentes par exemple au musée d’Ostende en Belgique, mais on les retrouve aussi en France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Luxembourg.

Jacques Charlier propose, à travers son installation, une réflexion amusée sur le temps, l’art et la vie. Les quatre peintures de gauche sont comme une introduction à l’œuvre. Cette derniére  exploite la notion du temps qui passe : un sentiment d’être hors du temps se dégage tel un instant figé. L’installation se transforme au fil des expositions, tout comme le modèle et sa posture . Une atmosphère intimiste avec une dimension romantique s’installe… La femme nous renvoie à l’univers du cabaret, du jeu, de la sensualité… C’est comme une vanité..

A notre avis, un certain paradoxe s’installe en regardant cette œuvre car elle donne l’impression d’être vivante… Cette installation nous montre que la vie n’est pas éternelle, les objets perdurent alors que l’homme non.

Regards sur l’oeuvre de Jean-Luc Vilmouth Cut out 2 (1980)

5-VILMOUTHimageArticle proposé par Lisa MOUEN, Hortense RIPOLL, Maylis ROLLAND, Lucas RAGOT

Jean-Luc Vilmouth, plasticien français a été influencé par le minimalisme et l’art conceptuel. Il a consacré sa carrière aux sculptures et aux installations et a également réalisé des performances. Il a été profondément sensible à l’étude de nouvelles cultures ainsi qu’aux liens familiers qui peuvent exister entre l’homme, la réalité, monde. Son art se focalise autour des objets du quotidien.  Il cherche à souligner la valeur que possède chaque objet, le sens, la force, la poésie que celui-ci véhicule. Il ne le transforme pas, ne le magnifie pas physiquement mais, par sa mise en scène, tente de lui apporter une dimension différente. Il interroge le rapport que l’homme entretient avec l’objet et la place que celui-ci prend dans notre quotidien.

Cut out 2” est exposée actuellement au Frac du Pays de la Loire, dans le cadre de l’exposition “Ouverture pour inventaire”. Il s’ agit d’une œuvre composée essentiellement de fils gainés. L’installation, imposante, est disposée à même le sol. Elle est constituée de cercles de fils électriques de couleurs et de sections différentes. Notre regard est directement attiré au centre du cercle où est posée une pince dont les couleurs ont une incidence sur le choix des couleurs des cercles concentriques qui se déplient autour d’elle. Ces cercles de  câbles qui entourent la pince lui confèrent une certaine aura. L’artiste joue de la relation outil/matériau (puisque la pince est conçue pour couper le fil électrique). L’objet ainsi détourné de son utilisation première est ainsi mis en avant. La pince n’est plus une simple pince mais devient par l’appropriation qu’en fait l’artiste, un symbole, une pièce unique bien que provenant d’une fabrication en série. L’objet dans l’art redéfinit son statut par sa mise en scène au sein d’une installation, un contexte différent de celui de la vie quotidienne où chaque objet a une place définie.

Lorsque nous avons pénétré dans la salle, l’installation a suscité des questionnements sur sa signification ainsi que sur la démarche de l’artiste. Le fait qu’elle soit placée à même le sol nous a intrigués. Son agencement dans la pièce n’est pas un hasard, elle attire le regard du public puisqu’elle se situe à l’entrée de l’exposition. Suivant son lieu d’exposition, l’oeuvre est adaptée à l’espace. Pour son exposition actuelle, avec l’accord de l’artiste, des cercles de fils ont été ajoutés afin de lui donner plus d’ampleur dans l’espace. De ce fait, la taille de l’oeuvre est impressionnante, d’une taille supérieure à celle d’un homme. Dans l’installation Cut Out 2, Jean-Luc Vilmouth réduit l’acte de sculpter à sa plus simple expression : couper.

“WORKING  MODEL”, Dominik Lang

6-expo Dominik Lang image FRAC-2Article proposé par Juliette Paugam, Marie Pelhate, Paul Pege, Laurent Poinsignon, Clémentine Peyron

Nous allons nous intéresser à l’exposition “Working Model” de Dominik Lang qui s’inscrit dans le cadre de « Ouverture pour inventaire» . Il y a en effet, quelque chose de la collection, de l’inventaire dans la démarche de Dominik Lang. Ses sculptures évoluent avec le temps, son processus de création « documente»  une histoire personnelle. Dominik Lang utilise des fragments de croquis trouvés dans l’atelier de son père, Jiri Lang lui-même artiste, pour créer des sculptures qui n’existaient que sous forme d’esquisse, de projet. Le manque de précision des brouillons réalisés par son père, fait que Lang s’éloigne sûrement des intentions initiales, mais cela perpétue le cycle de création et d’évolution. Dominik Lang s’intéresse aux modalités de création et de production des œuvres. En effet, ici, les socles sont remplacés par des tabourets, salis de peinture, les dessins sont accrochés sur un morceau de véranda, il y a des caisses, des chevalets… Ces éléments nous font comprendre que nous nous trouvons dans un espace atelier. Dans son travail, Dominik Lang nous confronte également à diverses questions: Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Quels en sont les critères : la beauté ? l’intention ? l’authenticité ? Ces questions centrales nous proposent une lecture différente de son travail. De plus, en exposant de vieux croquis de son père, il donne vie à l’imaginaire de son père. Cette installation nous plonge également dans l’univers de conception des artistes, puisque l’on y voit les croquis prendre vie en volume.

Nous avons apprécier l’œuvre de Dominik Lang. Tout d’abord, la configuration de l’espace, conçue par l’artiste, comme un espace d’atelier, est épuré, dans une petite pièce claire. En observant ses oeuvres, on explore une installation mêlant volumes et dessins, réalisés à partir de différents matériaux. Ce mélange de techniques permet de voir le processus de création des oeuvres, tout en ayant une diversité de supports. Son travail est également intéressant car il réactive la production artistique de son père… Ceci ajoute une dimension vivante et humaine, on entre dans l’intimité de l’artiste. Il interroge la continuité d’un travail artistique d’un père à son fils, les mécanismes de transmission…

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8 mai 2016    Théâtre

Publié par d.gouard

The Roots

Compte-rendu du spectacle vu par les étudiants de A1 en février 2016 au Grand T

Kader Attou, chorégraphe d’émotion…

Par Jérémy DREAN, Teddy DETOMA, Manon LEVERRIER, Valentin TOURNEREAU, Pierre BARDON

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En 1984, alors qu’il n’avait que 10 ans, Kader Attou découvre le hip hop avec l’émission télé « H.I.P.H.O.P ». S’en est suivi une transition l’année 1992, lors d’une rencontre d’enfants réfugiés à Zagreb : « Nous étions là-bas pour donner des cours, animer des ateliers et nous en avons finalement fait un spectacle, Kelkemo, un témoignage ». Ce loisir c’est par la suite transformé en véritable projet de vie.

En soi, The Roots n’est pas un spectacle qui traite des racines identitaires de la danse hip hop mais une pièce qui cherche à interroger ce mouvement. Il s’agit d’un bilan des vingt ans de danse de l’artiste, une sorte d’autoévaluation.

Kader cherche à créer un dialogue avec le langage du corps. Il traite ceci comme une « danse humaniste ». Il n’impose pas de mouvement mais au contraire adapte son spectacle en fonction de ce que sont ses danseurs.

Kader sait mieux chorégraphier les hommes que les femmes en hip hop. Il cita : « J’ai toujours travaillé avec des danseuses, mais rarement dans l’esthétique hip hop. Pendant longtemps, les danseuses ont dû s’imposer dans cet univers très masculin reposant beaucoup sur la performance, symbole de virilité. », d’où la présence unique d’homme dans The Roots, tous spécialisés dans cet univers Hip Hop.

Depuis Symfonia, son dernier spectacle, Kader est véritablement dans un processus de pure mise en scène. Il a donc choisi de ne pas jouer dans sa représentation car la perception sur scène et en gradin est très différente : « Avant j’étais en mouvement avec les danseurs, je créais de l’intérieur. Danser, j’en ai envie, toujours. Mais je suis tellement touché par mes danseurs vus des gradins (…) On ne voit pas la même chose lorsque l’on est avec eux sur scène. Je suis, jour après jour, émerveillé, surpris, bouleversé par ce qu’ils apportent. »

The Roots, voyage dans le temps et les cultures

Par Clémence Russeil, Laurine Voisin, Ophélie Nollet, Zoé Oberlé, Clémentine Peyron et Mélys Pottier

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« The Roots » est une immersion dans le monde chorégraphique et acrobatique du « hip-hop ».
C’est un questionnement sur la danse qui nous est présenté, à travers la sensibilité du chorégraphe et peut prendre parfois des airs d’introspection. Il amorce plusieurs questions simples : qu’est ce que le hip-hop, comment est né le hip-hop ? Quelle est son évolution ?

Nous avons pu constater que l’idée d’une chronologie et de la logique n’est pas évidente au premier abord. En effet, l’histoire du spectacle peut être interprétée de plusieurs façons : chaque spectateur se l’approprie en fonction de ses expériences, de son vécu, de son histoire personnelle. Au lever de rideau, on voit un danseur seul dans un fauteuil, dans l’ombre se cachent le reste des danseurs. Le sujet de l’histoire reste vague: l’un pourrait penser que tout le reste du spectacle représente le rêve de ce personnage, d’autres diront que c’est plutôt l’histoire du hip-hop… Mais tous resteront d’accord sur le fait, que celle-ci parle du hip-hop.

Cependant, nous avons trouvé que ce spectacle s’engage dans une réelle interaction entre les danseurs et leurs influences culturelles qui, en somme, ont données naissance au hip hop. Kader Attou, nous fait voyager à travers le monde grâce à la diversité. Cette diversité est montrée aux spectateurs par la façon de danser des personnages et les mouvements qui leurs sont associés. Car, en effet, la danse est un langage physique et esthétique capable de traduire une grande émotion. La présence de la danse contemporaine apporte aussi une dimension abstraite, ce qui pousse le spectateur à penser, réfléchir, rêver. Chaque danseur garde une identité propre à lui-même, son propre langage corporel, même quand il ne danse pas seul, ils conservent leur individualité grâce à leur style. Leur corps est leur outil de langage et raconte l’histoire de leur danse. Ceux qui dansent sont racontés et se racontent dans une narration poétique et rythmée par de nouvelles influences et de nouvelles façons de s’exprimer.

C’est aussi un voyage sonore, effectivement nous pouvons découvrir dans le spectacle des styles de musique très variés, ceux-ci ne sont pas forcement généralement associé au hip-hop mais qui ont participé à sa construction tout autant que les mouvements de danse.

Pour conclure, ce spectacle laisse, tout de même, une liberté de lecture et la possibilité au spectateur de se l’approprier. C’est également un moyen d’en apprendre plus sur le hip-hop de façon originale.

Le mouvement au service du souvenir

Par Lucie Redt, Capucine Pennec, Amélie Péron, Fanny Maillard et Julien Cougnaud

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Soundousse Marongiu Le spectacle The Roots est une invitation à découvrir l’histoire des origines du hip-hop : à travers une évolution de mouvement, les danseurs deviennent peu à peu les interprètes de leur art. La performance transporte le spectateur dans un autre monde, un univers qui concilie la diversité des courants de la danse, le métissage des influences et la mixité des codes. La troupe évolue dans une gestuelle mettant en valeur la cohésion du groupe mais également l’individualité et la singularité de chacun. En effet chaque danseur présente un solo, dévoilant ainsi son style et son univers propre. La troupe raconte une histoire qui nous fait voyager dans le monde de la mémoire et du rêve grâce aux mimes et à un langage corporel spécifique. Chaque passage est mis en parallèle, en interaction ou en confrontation avec le mouvement des autres membres du groupe. Pour interagir avec les spectateurs, les danseurs n’usent pas seulement de leurs mouvements : les expressions de visage révèlent une tension qui unit le groupe et la force de leurs regards dépeint tantôt rage, tristesse ou malice. La puissance est le maître mot traduisant l’interprétation : elle est présente tant dans leur expressivité, dans leur gestuelle, que dans la physionomie des danseurs. Un court instant, une scène se démarque des autres par sa théâtralité : on y décèle chez les danseurs un jeu d’acteur presque burlesque, mêlant onomatopées et comique de geste.

Les déplacements conduisent vers différents modèles d’organisation variant du solo au quatuor. The Roots nous révèle une danse contrastée de jeux de rythme : à la fois saccadé et lié ; à la frontière entre vitesse et retenue, et alliant force et délicatesse. Chaque geste immerge le spectateur dans le monde des réminiscences, tel un arrêt sur image. Ainsi, comme l’œil du spectateur qui se balade sur l’espace scénique, la chorégraphie illustre par les allées et venues des danseurs et le mélange désordonné des styles, les parcelles de nos souvenirs qui nous reviennent en flash back.

Ainsi, The Roots est une ode à l’histoire du hip hop. La mise en scène poétique alliée à la force des expressions corporelles créent un pont entre les mémoires du mouvement et sa réalité. On retrace alors l’évolution du style hip hop, de ces racines à nos jours, à travers une troupe aux origines multiculturelles.

The Roots : Costumes et décors, entre simplicité et primordialité

Par Gaëtan CHAUDET, Alexandre COMPAGNIE, Clara CHANTELOUP, Thomas GAUTIER, Emma MELKI CAJGFINGER et Agathe LERAY.

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Le décor est planté avant même l’arrivée des danseurs. Un fauteuil bancal, un vinyle crépitant sur un tourne-disque évoquant des souvenirs de jeunesse. Ce lieu de pensée est en réalité un élément de transition qui permet aux danseurs de passer d’un chapitre à un  autre. Au fil de la représentation s’accumulent des mobiliers tels qu’une table, trois chaises, un canapé et une table basse (en guise de trampoline). Ces meubles forment un univers quotidien et servent de supports pour les figures des danseurs, un rappel au cirque.  Le décor est en mouvement et devient accessoire pour les danseurs. Tous les composants sont en harmonie et partagent la même texture et la même teinte.

Le sol aussi a une grande importance dans le décor, les graphismes peints rappellent les traces de pas des danseurs sur le tapis de danse. L’écran positionné au second plan permet une harmonie complète avec le reste de la scène.  Le tout forme un univers épuré et minimaliste mais reste imposant. Finalement le décor semble épouser les mouvements des danseurs. Ce mobilier bancal comme la vie est comme autant d’obstacles à surmonter.

Le costume des danseurs, quant à lui, est seulement constitué d’un complet : chemise, veste, pantalon. Il est quasiment identique pour tous les personnages, exception faite de la couleur qui se décline en une palette de couleurs assez ternes : marron, beige, gris ou blanc. Cette tenue ne change pas tout au long du spectacle, mais se développe : les danseurs font tomber la veste pour certaines scènes. C’est un costume inhabituel pour ce genre de représentation où la liberté de mouvements est une condition sine qua non. Cependant, il n’entrave pas la gestuelle et les acrobaties des performeurs. Comme le mobilier, les costumes sont plus qu’un accessoire : les danseurs interagissent avec, les attrapent, les tirent, les font voler, créant un mouvement qui prolonge celui du corps.  D’autre part, ils dénotent plutôt face au style de danse pratiqué : le hip hop et le break dance. Seules les chaussures se rapprochent un peu plus de l’univers « Hip hop » comme on a l’habitude de le voir : les danseurs arborent des baskets, toutefois assez sobres. Plusieurs danseurs portant la même paire, il est possible que celles-ci soient choisies en fonction de leurs caractéristiques (adhérence, semelle…) pour correspondre au mieux au style de danse de chaque danseur. Enfin, cette tenue s’accorde au mobilier : ils définissent ensemble une harmonie, tout en présentant une époque indéfinie.

Les étincelles ondulantes

Par Jules Lerouge, Alexis Séchoir, Milan Toupard, Susie Edde et Lewis Dingley

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La lumière et le son sont des éléments très importants dans le monde du théâtre et de sa représentation. Ces deux composants s’accompagnent souvent et permettent de dévoiler d’une part, la présence sur scène et d’autre part, d’orienter le regard, l’attention. Nous allons développer ces deux aspects à travers la pièce à laquelle nous avons assisté : The Roots.

Tout d’abord, intéressons-nous à la lumière, bien qu’elle soit fixe et plutôt homogène la plupart du temps (éclatée sur toute la scène), elle souligne l’importance de certains aspects scéniques/ chorégraphiques. En effet, par exemple la première scène où le faisceau lumineux nous dévoile un homme assis dans un fauteuil en train de regarder un vinyle tourner. C’est également le cas lors du numéro de claquettes, l’éclairage met en valeur le danseur et permet de doubler son identité grâce à l’ombre plaquée au second plan. De plus la lumière n’est pas toujours répartie en un point mais est plusieurs fois scindée en deux cercles permettant d’opposer un chœur et un danseur seul (ce qui renforce l’idée de chorégraphie). La lumière permet aussi d’amener une ambiance qui aide les spectateurs à comprendre l’atmosphère et les rôles joués par les acteurs. Pour finir, les danseurs sur scène sont souvent agités ce qui explique le fait que l’éclairage soit statique pour éviter les confusions et apprécier la fluidité des mouvements.

Mais la lumière ne compose pas seule, elle joue en cohésion avec un autre élément fort de ce spectacle : le son. Tableau après tableau, sur des rythmes aux allures de hip hop et d’électro, des airs d’accordéon, des refrains algériens, brésiliens ou encore les œuvres classiques de Brahms, enlacent le corps des artistes du début jusqu’à la fin pour nous embarquer dans un univers onirique fait de personnes qui dansent en totale cohésion. The Roots propose une danse libre, en accord avec les sons et la lumière. L’ensemble de la musique, des sons et des bruits se confondent et se morfondent tout au long de la représentation. Les moments silencieux ne sont que des moments de transition. La musique avait un volume presque oppressant par moment voir assourdissant. La mélodie était très rythmée et des basses puissantes marquaient les temps. Nous avons pu relever quelques bruits naturels, notamment des bruits de pas et de la ville. De plus des sons de cloches se font entendre à un certain moment, nous amenant l’idée du temps qui passe.

The Roots, les racines de la danse représentées par une tapisserie de rythmes

Par Elise CUGNART, Enzo LEMASSON, Mathis JAGOREL, Mehdi KAOUKA, Fabien LABARBE-DESVIGNES

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Si l’on devait résumer le spectacle The Roots en un seul et unique mot, ce serait « rythmé », en effet le rythme est omniprésent dans ce spectacle de danse hip-hop. Il prend tout d’abord place avec les danseurs qui, de part leurs origines et métissages divers, racontent chacun un bout de son histoire en utilisant des danses, des mouvements et donc des rythmes différents. On retrouve le rythme dans les costumes qui, bien que quasi-similaires, se différencient tout du long de la pièce. Chacun des danseurs porte le sien de manière différente et les vestes sont enlevées puis remises, les chemises rentrées puis sorties, ouvertes puis fermées. Cela n’est pas dû au hasard et donne une dynamique à quelque chose qui aurait pu n’être que banal.

Le rythme est présent de manière encore plus évidente à travers la musique. On retrouve des musiques de variété française ainsi que des musiques du monde, mais aussi des sons africains, orientaux ou bien brésiliens. Le rythme de la musique s’adapte aux différentes danses telles que le break, le toprock, le dancehall, ainsi que les claquettes et un peu de jazz. Le résultat est un spectacle tissé de rythmes et chorégraphies différents. Lentes, rapides, courtes ou longues, cette tapisserie de rythmes nous emmène à travers des univers divers.

Enfin le rythme est présent dans la mise en scène, avec un spectacle qu’on pourrait découper en actes plus ou moins longs. Les danseurs se mêlent en chœurs, en trios, en duos et en solos, ce qui sert à créer un nouveau rythme en plus de ceux déjà présents, chacun des danseurs se retrouve notamment une fois en solo pour montrer les différentes spécialités qui l’anime. Chacune des chorégraphies s’entremêle et donne un nouveau rythme au spectacle qui nous emporte et nous fait voyager. Pour terminer la mise en scène compte en son corps la présence d’un mobilier mouvant (une table trampoline, des canapés bancals et une lampe de salon) qui se déplace lentement en parfaite opposition avec la mouvance des danseurs qui s’amusent à jouer avec ce dernier. Ils effectuent des acrobaties aériennes qui amènent leur propre rythme à la pièce. Un vinyle vient aussi structurer la pièce en différents tableaux.

Le terme « rythmé » nous paraît alors des plus adéquats pour définir le si beau spectacle que Kader Attou et sa troupe ACCRORAP ont pu nous offrir durant The Roots. Nous avons su apprécier le travail fait par Kader Attou pour nous faire voyager dans son univers mêlant force, équilibre et émotion tout en étant un clin d’œil à ses origines et son parcours (danse et cirque).The Roots n’est finalement qu’une tapisserie de rythmes représentant avec poésie et émotions les racines et diverses évolutions de la danse hip-hop.

Tags: Théâtre

8 mai 2016    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Etienne Cournault, la part du rêve

Compte-rendu de l’exposition visitée par les A1 en janvier-février 2016 au Musée des Beaux-Arts de Nantes (Chapelle de l’Oratoire)

La Divergence guidée par l’univers onirique

Par Flammenn Briand-Vaugeois, Clara Chanteloup, Albéric Chevallier, Corentin Dauvert, Antoine De Lemos, Julien Cougnaud

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L’exposition « la part du rêve » présente les œuvres d’Étienne Cournault, artiste, peintre et graveur Nancéien originaire du début du XXème siècle. Pour l’occasion, le musée des Beaux-Arts de Nantes a créé un partenariat avec celui de Nancy pour mettre en évidence la compétence d’un artiste souvent méconnu du grand public et négligé dans l’histoire de l’art.

Pour sa première à Nantes, le travail d’Étienne Cournault est exposé dans la Chapelle de l’Oratoire. Ce lieu atypique est apprécié pour sa luminosité et son volume, ainsi que les possibilités scénographiques qu’il offre. En effet, l’architecture de cet espace est propice à la mise en place de la soixantaine d’œuvres exposée qui peut ainsi être répartie de manière logique selon les différentes thématiques ou techniques. La Chapelle de l’Oratoire devient alors un lieu singulier et unique par sa réhabilitation en un espace d’exposition où la composition originelle du lieu est conservée grâce à une scénographie sobre, claire et épurée.

Comme le titre de l’exposition le suggère, « La part du rêve », ces œuvres mettent en avant l’imaginaire et la métamorphose. L’artiste s’inspire du cubisme, surréalisme et du métaphysisme sans toutefois ne jamais y prendre part. Certaines de ses œuvres peuvent être considérées comme référentes à Picasso, Dali ou encore André Breton.

Cependant, Étienne Cournault n’est pas seulement novateur par l’originalité des thèmes qu’il aborde, tels que la tâche ou le graffiti. Il utilise également de nouvelles techniques et s’intéresse tout particulièrement aux matériaux comme le sable, la nacre, les paillettes, le carton ainsi que le verre. Il a également utilisé la technique de peinture sur verre avec collage d’éléments photographiques ou encore la fresque.

De plus, il est adepte d’un « art total » : c’est à dire qu’il ne veut pas se limiter aux beaux-arts, aux arts décoratifs ou aux arts appliqués mais il veut bel et bien développer ces trois formes. De ce fait, on trouve des éléments dont la fonction reste encore indéterminable: c’est le cas du Miroir à Pied (1935).

Enfin, on remarque clairement qu’Étienne Cournault développe un style particulièrement graphique où il arbore un aspect faussement enfantin. Cette naïveté est parfois difficile à interpréter, mais on peut établir un lien entre toutes ses œuvres qui est la représentation humaine de manière plus ou moins subjective.

Etienne Cournault, un artiste polyvalent

Par Marion Chollat-Namy, Léa Dubois, Léa Cherbonnier, Astoria Diarra, Amaïa Charles, Oriane Danniélou

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Etienne Cournault naît près de Nancy en 1891 dans une famille d’artistes. Il prend des cours de dessin dans l’atelier tenu par deux peintres lorrains et s’intéresse en parallèle à la gravure. En 1906, il intègre pour cinq ans l’École des Beaux-arts de Nancy où il reçoit une formation variée, aussi bien axée sur les arts graphiques que sur les arts appliqués.

Il est illustrateur de guerre durant la Première Guerre mondiale.

En 1920, il part s’installer à Paris pour y faire ses débuts en tant que portraitiste. Il commence à côté un certain nombre d’expérimentations, introduisant du sable au sein de ses travaux.

Son voyage en Italie en 1923 le pousse à s’intéresser à la technique de la fresque à laquelle il s’essayera à partir de 1926. A son retour en France, il parcourt les expositions universelles des arts décoratifs et de l’industrie et est influencé par les différents mouvements d’avant-garde de son époque. Son intérêt pour le cubisme et plus particulièrement pour les travaux autour de la matière d’artistes tels que Braque (La Mandoline) ou encore Picasso (Nature morte à la chaise cannée) s’accroît. Il devient alors un expérimentateur, et mélange les supports et matériaux, introduit dans son œuvre des objets du quotidien (comme une boule de noël). Ses sujets se diversifient. Comme beaucoup d’artistes de son époque, tels que Miro ou Calder, il s’intéresse à l’univers du cirque, où il travaille pendant un an. En parallèle, il commence un certain nombre d’œuvres autour des graffitis qui le passionnent.

L’année 1928 marque un tournant dans sa carrière. Il expose pour la première fois son travail personnel, un ensemble d’œuvres autour du miroir et du verre et se fait repérer par le collectionneur Jacques Doucet et la décoratrice Rose Adler. Ces rencontres lui permettent de recevoir ses premières grosses commandes. Un an plus tard il intègre l’Union des Artistes Modernes (UAM) en tant que membre fondateur, au côté de personnalités telles que Charlotte Perriand ou Le Corbusier. En parallèle, Etienne Cournault fonde un collectif de graveurs, La Jeune Gravure Contemporaine (JGM).

Ses collaborations avec des designers et architectes placent son travail à la frontière entre l’œuvre d’art et l’objet. Ainsi, Jean Prouvé réalise pour lui le support de certaines de ses œuvres, l’orfèvre Jean Desprès transforme ses plaques décorées en bijoux.

A partir de 1930, des problèmes de santé le poussent à rejoindre sa maison familiale, où il y demeurera jusqu’à sa mort.  Ses travaux sont de plus en plus axés autour de la fresque, et de la gravure sèche, au burin. Il s’essaye à de nouvelles techniques et réalise durant la Seconde Guerre mondiale son premier monotype. Il meurt prématurément à l’âge de 57 ans en 1948.

Si le travail d’Etienne Cournault est aussi peu connu, c’est probablement dû à son ambiguïté entre beaux-arts et arts décoratifs. Au carrefour des différents mouvements artistiques de son époque : surréalisme, cubisme, art abstrait… Il est au centre du foisonnement artistique de la première moitié du XXème siècle. Son travail est à la fois représentatif de son époque, et de par sa polyvalence, très particulier.

Bibliographie
“Etienne Cournault, la part du rêve”, Musée des Beaux Arts de Nantes, aide à la visite, exposition du 6 novembre 2015 au 7 février 2016
Université de Nantes,  Université Bretagne Loire, VERMILLON Simy, “Conférence à 14h30 : Claire LEBOSSE « Autour d’Etienne Cournault (1891-1948)» ”, dernière modification le 10/12/2015, consulté le 01/02/2016, http://www.univ-nantes.fr /
Les Arts Décoratifs, Musée des arts décoratifs de Paris, auteur anonyme, “L’Union des Artistes Modernes (UAM)”, dernière mise à jour du site en 01/2015, consulté le 01/02/2016, http://www.lesartsdecoratifs.fr/
“Etienne Cournault” [émission TV], France Région 3 Nancy, 28 avril 1978, 12min 27 sec, disponible sur le site de l’INA, consulté le 01/02/2016

Une polyvalence artistique

Par Gaëtan Chaudet, Arthur Colpaert, Jeanne Crespin, Alexandre Compagnie, Malouine d’Aubert, Arthur de l’Estang du Rusquet, Palmyre du Boberil

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Etienne Cournault mélange les références, s’inspire du cubisme de Picasso, du surréalisme de Dali, et du découpage de Matisse. Il ne cherche pas à appartenir à un courant spécifique, ce qui l’intéresse particulièrement est l’aspect visuel et la matérialité de l’œuvre. Il s’est beaucoup inspiré des peintures métaphysiques et surréalistes qui créent un univers frontière entre rêve et réalité ; et de l’histoire mythique romaine.

Ses œuvres renvoient à une idée de fragment, de puzzle, par le travail de matières et de textures, elles sont plus figuratives qu’abstraites. Les formes stylisées sont disposées dans un espace incohérent, cela donne l’impression d’être dans un rêve étrange.

L’artiste utilise un miroir argent auquel il retire le tain par grattage à l’acide puis y peint ou applique des décorations au revers. Il exploite différentes techniques telles que le collage de photo ou de tissus. Ses œuvres font penser à des dessins enfantins.

L’effet miroir reflète l’espace environnant le tableau, il interagit avec celui-ci. Le spectateur pénètre dans l’œuvre, il se voit fractionné et ses cadres profonds faits spécialement pour les œuvres font passer l’observateur du monde réel au monde imaginaire onirique.

Au cours de sa vie, il a beaucoup travaillé avec des designers tels que Jean Prouvé pour réaliser les socles de ses sculptures, il utilise entre autres la tôle et d’autres matériaux.

Il fait partie de l’UAM (Union des Artistes Modernes) en effet son travail s’intègre très bien dans le travail des designers et des architectes de sa génération (Le Corbusier, de Launay) ainsi dans le mouvement des arts décoratifs où l’on mélange art et mobilier, on réfléchit beaucoup à moderniser et à trouver de l’utilité.

Etienne Cournault a conjointement pratiqué des techniques particulières et des pratiques expérimentales : il peint au revers de plaques de verre puis en fait argenter certaines parties laissées en réserve et y peindre ou appliquer des décorations au revers à sa guise pour entremêler formes et couleurs (peinture, collage, photo, morceaux de nacre, boules de Noël, paillettes métalliques, encre, papier…)

Dans ses œuvres sous verre on ne se voit plus, les fonds sont sombres et uniformes. On retrouve d’ailleurs une similitude artistique avec le peintre Miro, notamment dans sa série sur les constellations. On retrouve aussi l’univers du carnaval et du cirque, cela s’explique car l’artiste a vécu quelques temps dans un cirque étant plus jeune, le temps de faire quelques croquis. C’est de manière générale une source d’inspiration pour cette génération d’artistes, car c’est la frontière entre la réalité et le rêve.

De plus, ses cadres sont toujours travaillés pour être en parfaite adéquation avec l’œuvre. Il travaille pour cela avec des designers.

A travers le même thème il a réussi à réaliser des représentations très variées avec une peinture très singulière et n’entre pas forcément dans la chronologie habituelle.

Entre spontanéité et réflexion

Par Clémence Delin, Geneviève Cugnart, Camille Davy, Léo Decan, Jules Chanvilalrd, Jason Chapron, Lisa Diguet.

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Etienne Cournault est toujours à la recherche de variété, de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux.

Outre ses œuvres peintes sur verre ou miroir, il réalise aussi des graffitis, des estampes et des tableaux de sable. En 1927, il commence ses premières séries inspirées des graffitis. Ce sont des inscriptions gravées grossièrement sur les murs de la ville. Il réalise ces œuvres grâce à la gravure, afin d’être au plus proche du sujet, qu’il maîtrise sous ses multiples approches : eau forte, vernis mou, encre au sucre, burin, pointe sèche, sur cuivre, sur zinc, sur aluminium, sur argent, sur rhodoïd et sur mica, comme par exemple pour son tableau « Danse sur la plage »  ici fait sur une plaque de métal, sur laquelle il dépose une couche de vernis en épargnant des endroits pertinents et réfléchis. Une fois la plaque dans l’acide les parties non vernies se creusent. Initialement, Cournault s’inspire de l’ensemble des graffitis qu’il observe dans Paris, réalisés par divers inconnus. C’est donc une impression de spontanéité qu’il veut faire ressortir dans ses œuvres, car les graffitis reflètent nos propres pensées, un langage brut et enfantin. Cette forme d’expression intéresse de nombreux artistes comme le photographe Brassai qui prend les murs de Paris gravés comme sujet, et duquel Cournault s’inspire. Il crée aussi à partir de gravures des estampes qui sont les empreintes réalisées à l’encre sur un support souple à partir d’une matrice. La méthode utilisée pour cette technique est la gravure par eau forte ou par burin, celle par eau forte étant cependant la plus adéquate. Elle permet un travail précis, et des endroits partiellement composés d’encre sans motifs définis. Une fois recouverte d’encre ou de peinture à l’huile elle est renversée afin de reproduire les motifs préalablement inscrits. Les estampes permettent donc des impressions successives et identiques.

Parmi ses estampes le monotype est un procédé d’impression sans gravure qui produit un tirage unique. Il s’agit de peindre à l’encre, à la peinture à l’huile, ou à la gouache, sur un support non poreux comme du verre, du métal ou du plexiglas.

Cournault conçoit aussi des tableaux de sable, c’est à dire que certaines parties du tableau sont recouvertes de sable, ces parties sont ternes, compactes, grossières, sombres contrairement aux œuvres sur miroir ou verre qui sont lumineuses, légères et intégrant l’observateur. Pour ses tableaux de sable, il s’inspire notamment du cubisme avec ses formes grossières et géométriques.

Ainsi les œuvres de Cournault sont le résultat de différentes expérimentations suite aux multiples techniques mises en œuvre. Il ne cherche pas la reproduction en série et l’identique mais la spontanéité et la diversité dans ses styles. Pour beaucoup de ses œuvres, il part d’une tache qui par sa couleur et sa forme l’inspire. Le thème le plus abordé par Cournault est la représentation humaine.

A la suite de cette exposition, notre ressenti général a été l’incompréhension face à une grande quantité de travail et de réflexion pour un résultat suscitant une impression de facilité, de la part de l’observateur. Nous retenons l’originalité d’un travail innovant, expérimental et diversifié.

Un Rêveur aux Multiples facettes

Par Maxence DE COCK, Hermeline DUCHEMIN, Teddy DETOMA, Jérémy DREAN, Lewis DINGLEY, Jean-Guillaume DENIEL

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Vers la fin du XVème siècle, la philosophie humaniste naissante a bouleversé l’art, en plaçant l’homme au centre des préoccupations, et ce au profit de la figure divine. Depuis, la figure humaine est sans contestation l’élément le plus représenté par les artistes. Portraits, autoportraits, scènes romantiques, de guerre ou encore de fête, témoignent de l’attachement des artistes à cette dernière. Déclinée sous différents styles, plus ou moins réalistes, l’image de l’homme n’a cessé d’évoluer au cours des siècles, et des courants artistiques. Rien d’étonnant donc qu’Etienne Cournault, artiste lorrain de la première moitié du 20ème siècle et grand amoureux de la stature humaine, y ait consacré nombre de son temps.

Nous avons pu observer à travers l’exposition de Cournault qu’il ne se considère pas comme un peintre d’un genre, il n’intègre aucun courant. E. Cournault privilégie l’effet esthétique et non théorique. Dépourvu de progrès technique, son travail est un aller-retour perpétuel qu’il opère avec des techniques stylistiquement très variées.  Il explore la matière avec notamment la fresque qui selon lui, “ convient à son improvisation, à la vitesse de son coup de fouet et sa fantaisie “ mais également les jeux d’équilibre de peintures et objets sous verre avec des miroirs argentés, cadres de métal tridimensionnels, procédés de grattage, d’acides ou d’oxydation pour ses peintures au sable, collage d’éléments photographiques, série de graffitis qu’il ne cesse de réinventer.

L’humour Dada, la tâche, le graffiti, le dessin d’enfant, le masque, la calligraphie deviennent ses thèmes privilégiés dont il doit tirer l’intérêt de sa carrière de portraitiste mondain. Ses œuvres ont un impact sur l’espace dans lequel elles se situent et impliquent le spectateur.

Etienne Cournault était un rêveur, voyageur parmi des constellations abstraites, amoureux des visages humains, graffitis et des formes hybrides évoquant le surréalisme. Il a expérimenté les courants artistiques mais toujours en laissant une part au “ hasard de la matière ”. Il a cherché à créer une frontière entre le réel et l’imaginaire tel un test de Rorschach en restant dans le thème de l’Homme et de son corps.

Cournault invente sa propre modernité. « L’inutile, l’étrange, le mystère » (Roger Brielle, 1931) habitent son monde.

Rendant hommage à l’artiste, Waldemar Georges écrira de lui : « Quelle étrange histoire et quel étrange destin que celui de cet artiste que seule une élite d’amateurs connaît et qui s’impose comme un maître. »

Tags: Art · Expositions

8 mai 2016    Théâtre

Publié par d.gouard

Cinq Visages pour Camille Brunelle

Compte-rendu du spectacle vu par les étudiants de A1 en janvier 2016

Deux visages pour Camille Brunelle

Par Audrey POILANE, Pierre HELIOU, Naël HANRAS, Killian JACQ et Lauréane ESCUDIER

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La troupe « Cinq Visages pour Camille Brunelle»  nous a fait l’honneur de venir en France durant l’hiver 2016 ; son auteur, Guillaume Corbeil, est un écrivain de 36 ans né à Coteau-station en 1980. Ce jeune Canadien n’a pas fait de nombreux textes dans sa carrière, toutefois, il détient aujourd’hui un grand nombre de prix pour ses textes remplis de spontanéité et d’audace.

Avec « Pleurer comme dans les films» , paru chez Leméac en 2009 Guillaume Corbeil signe son premier roman à l’imaginaire foisonnant et débridé, puis continue son travail avec une biographie du metteur en scène André Brassard en 2010.

La pièce de théâtre « Cinq Visages pour Camille Brunelle»  a été écrite entre 2012 et 2013 afin de critiquer une société « médiatisée»  qu’est la nôtre. Elle est composée en cinq actes, dont chacun montre le point de vue d’un personnage présent sur la scène.

Sans jamais mentionner de réseaux sociaux, nous comprenons de quoi ils parlent, tout d’abord la pièce est racontée à la manière des profils Facebook, en mettant en avant la mention « J’AIME» , et ensuite l’excessive réalité des photos prises au cours de soirées qui reflètent bien la génération actuelle.

Cette pièce fut dans un premier temps représentée dans une école de manière totalement improvisée, puis dans un second temps mise en scène par Claude Poissant à sa demande, ce qui est peu courant.

Claude Poissant est né en 1995 à Montréal, il est très connu du public canadien car il est avant tout fondateur de la troupe de théâtre PAP (Petit À Petit), crée en 1978, fortement orientée vers la dramaturgie contemporaine. Il est aujourd’hui directeur artistique du Théâtre Denise-Pelletier. Il a aussi consacré une partie de sa carrière au cinéma en interprétant quatre rôles d’acteurs et un scénariste.

Son travail porte généralement un fort intérêt à l’outil principal d’une pièce de théâtre : la parole. Nous la retrouvons dans « Cinq Visages pour Camille Brunelle»  mais aussi « The Dragonfly of Chicoutimi»  de Larry Tremblay (2011) ou encore « Tristesse animal noir»  de Anji Hiling. Dans cette pièce, Claude Poissant utilise également la projection d’images afin d’animer les décors, le tout dans une ambiance sombre, tout comme le jeu des acteurs, qui se trouvent face à nous.

Nous pouvons clore ce chapitre avec la métaphore de Guillaume Corbeil qui résume bien ce qu’il veut démontrer : »  Nous sommes tous avalés par la bête, les uns après les autres. Nous avons beau tout faire pour y échapper, ses tentacules s’enroulent à notre jambe et nous tirent vers sa gueule grande ouverte ; chaque instant et chaque chose sont dévorés et digérés. Dans le ventre du monstre, nous sommes des acteurs qui tentons tant bien que mal de définir notre rôle, de nous mettre en scène du mieux possible pour être saisis tel que nous croyons ou voulons être – ou voulons croire que nous sommes. « 

Mentons-nous à nous-mêmes ?

Par Zélie GUILLARD, Coralie HAEGEMAN, Laurine HERMOUET, Ninon MANCIAUX, Philippine MASUREL

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5 actes nous présentent 5 personnages différents mais ordinaires, contemporains et universels. Ils se retrouvent sur scène en nous énumérant anaphoriquement de nombreuses phrases banales. Nous identifions des paroles inspirées d’une forme de langage retrouvé sur les réseaux sociaux dans un univers compétitif (ex: «J’aime» ; «J’ai vu» ; «J’ai lu» etc…).

Dans le premier acte nous découvrons les personnages à travers leur portait: leur âge, leur sexe, la couleur de leurs yeux, la taille, leurs goûts et leurs références culturelles. Un monologue vif mais sans dialogue nous plonge dans une analyse sociale tout en nous décrivant les personnages.

Nous pouvons dire qu’ils nous entraînent dans une compétition amicale accompagnée d’un langage familier à celui ou celle qui se fabriquera la meilleure image plaisante et enviable par autrui. Dans la première partie de la pièce, les personnages racontent leur soirée de manière artificielle, publique et positive. Cependant nous remarquons rapidement que les 5 personnages désignent globalement l’universel.

Dans la deuxième partie de la scène, ces personnages paraissent démunis face au temps, le temps est un point essentiel de la pièce, plus on avance plus le temps écoulé est long. En effet durant celle ci les 5 personnages se basent sur une soirée, où ils étaient quasiment tous présents. Ils nous la décrivent, ils nous commentent leurs photos défilant sur le mur derrière avec un rythme effréné.

Les cinq acteurs surexposent leur image, puis ils analysent le temps grâce à cette soirée »  déjà la semaine dernière, c’était déjà le mois dernier» , le temps passe pour soudainement se figer et laisser place à la vérité. Les personnages rompent progressivement l’image idyllique qu’ils renvoyaient et ils commencent à se dévoiler.

Nous découvrons que l’un se drogue, l’autre se prostitue, grâce à des paroles « trash»  et crues, amplifiées par les photos du décor. Les 5 personnages connaissent Camille Brunelle, une femme dont on ne connait pas les goûts, les références culturelles. Elle ne fait pas partie de la scène, mais du décor. Ils la mentionnent brièvement mais avec intensité, ils sont admiratifs mais antipathiques à son égard. Lors du dénouement un des personnages met fin à ses jours et les quatre autres personnages s’approprient sa personne en reprenant son identité présentée au début. Au fur et à mesure de la pièce on comprend la différence entre l’image qu’on veut transmettre et ce qu’on est vraiment, en particulier sur les réseaux sociaux. Nous discernons une superficialité et une fiction couronnée d’un besoin de validation extérieure, ainsi nous sommes plongés dans l’isolement et la douleur des personnages. Cette pièce peut être une réflexion sur l’identité, sur l’image que l’on renvoie et surtout celle que l’on souhaite ou que l’on pense renvoyer.

Un jeu contrasté

Par Manon VERCAMBRE, Charles GUEDON, Brandon GONDOUIN, Baptiste GIRONNET et Maëva HEMON.

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Si le jeu des comédiens parait limité dans cette pièce, il est en réalité très complexe et très déterminé. Des passages de paroles statiques et des passages chorégraphiés, très mouvementés, s’alternent et s’enchainent pour rendre la pièce dynamique et le rythme irrégulier et soutenu. Bien que les comédiens se déplacent peu sur la scène, que leurs mouvements soient moindres, que leur position soit souvent figée et que leur expression soit neutre, leur débit de parole très élevé capte l’attention du spectateur aussi bien que le ferait un sur-jeu. Ce débit est alimenté par une concurrence entre les personnages qui haussent le ton et le rythme des répliques. Les personnages se démarquent très peu les uns des autres de part leur jeu, mais plus par leurs propos. Ceux-ci ont une façon de jouer très similaire et semblent avoir une certaine unité du début jusqu’à la fin. Leur jeu sobre et leurs propos nombreux permettent au spectateur de s’identifier à une partie de la personnalité de chaque personnage.

Les comédiens ne semblent pas jouer réellement entre eux, et ne sont que rarement réunis, bien que toujours présents sur scène, formant régulièrement des groupes marquant la distinction entre ceux qui racontent et ceux qui découvrent l’histoire racontée. Ils semblent séparés comme si chacun était derrière son écran d’ordinateur. De plus, ils sont tournés vers le public et leurs répliques, construites de manière impersonnelle avec toujours les mêmes formules, ne se répondent que rarement. Les répliques s’enchainent très rapidement, ce qui crée un effet d’accumulation qui peut perdre le spectateur. On a même parfois l’impression d’assister à une énumération d’informations lues sur les réseaux sociaux. Les personnages sont presque toujours face au public et semblent s’y adresser plus qu’à leurs propres amis, avec lesquels ils semblent avoir un certain détachement. Cette distanciation entre les personnages est marquée dès le début de la pièce avec l’intégration du public, salué par les comédiens, puis remercié à la fin.

Si les comédiens ne jouent pas entre eux, ils jouent par contre avec l’ensemble du théâtre. Ils s’adressent au public, dansent et se déplacent de plus en plus énergiquement sur des transitions sonores, commentent les photos du décor, qui traduisent les expressions qui n’apparaissent pas sur leur visage, s’habillent avec les accessoires présents sur scène.

Leur jeu parait rempli de stéréotypes, parfois même à la limite de la caricature. Cependant, en y réfléchissant, il ne s’agit que d’un reflet de la réalité. En effet, cela illustre le fait que nous apportons plus d’importance à notre image qu’à nos amis. Le jeu est donc au service du propos, et par conséquent du moi: nous vivons dans un monde où le narcissisme est omniprésent.

Cinq visages scénographiques

Par Zoé ESPINASSE, Loélia RAPIN, Guillaume FERREIRA, Guillaume JEHANNO et Emilie-Marie GIOANNI.

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La pièce, en ce qui concerne le décor, les accessoires et les costumes, est scindée en 2 parties. Au départ la scène reflète les apparences des cinq protagonistes pour ensuite montrer leurs véritables personnalités et histoires.

Avant que les personnages entrent sur scène, le spectateur est face à une estrade recouverte d’un tapis de vêtements sur laquelle se trouvent cinq chaises en plastique transparent. Le « mur » de cette scène est composé d’écrans, qui diffuseront durant toute la pièce les photos privées ou publiques des personnages. Celui-ci pourrait s’apparenter au mur Facebook où défile la vie plus ou moins intime de ces amis – ce qui peut provoquer une certaine gêne, le spectateur devenant voyeur malgré lui. Les vêtements répartis au sol peuvent être le reflet des différentes personnalités que revêtent les protagonistes le long de la pièce. Ils sont à la fois accessoires, décor, costumes et acteurs. Quant aux tenues portées par les cinq trentenaires, elles sont simples, correspondent à la mode actuelle et à leur âge. Elles reflètent leurs personnalités : la plus féminine est vêtue d’une jupe et d’un haut rose, l’autre, plus « garçonne », porte un pantalon et ses cheveux attachés.

Dans la deuxième partie de la pièce la scène évolue. Chaque changement scénographique la découpe en 5 actes. Les vêtements qui recouvraient la scène disparaissent petit à petit, tout comme les chaises. Les acteurs utilisent les habits comme accessoires pour montrer différents aspects de leur personnalité, tandis que les écrans derrière eux, leur « mur social », prennent de plus en plus de place, quitte à parfois détourner l’attention du spectateur des acteurs. A la fin, le jeu des acteurs sur l’espace scénique laisse place à un miroir au sol. Les vêtements qui servaient au décor sont alors une métaphore des réseaux sociaux comme les accessoires d’une apparence, et sortent de la scène au fur et à mesure que les acteurs se dévoilent. Ils laissent alors place à ce miroir reflétant leur personne sans artifice. Un décor plus vide mais qui sera vite oublié avec la place que prennent les images sur les écrans. Elles illustrent chaque parole des acteurs par des photos, de façon complémentaire, toujours plus crues. Peu à peu l’obsession de l’image s’empare de la scène jusqu’à nous rappeler à quel point les réseaux sociaux s’emparent de nous-mêmes. La pièce se conclue sur la mort d’une actrice et se traduit sur scène par un tas de vêtements que déposent les autres acteurs sur son corps. Cela prouve une dernière fois que l’image qu’il restera de la défunte ne sera qu’une apparence, et non celle de sa véritable identité.

Une mise en scène sobre pour une pièce subtile ?

Par Arthur COLPAERT, Maurine GUINGAMP, Anne-Charlotte JONO, Nathan FROUIN, Geneviève CUGNART.

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Les éclairages et les sons étaient des éléments importants dans la pièce. Les lumières étaient la plupart du temps classiques, lumière blanche focalisée sur les personnages. Il y avait donc cinq faisceaux de lumière, un sur chaque comédien. Au niveau des couleurs les lumières restent basiques, les lumières éclairent alors toute la scène, avec des jeux d’éclairages et de couleurs : bleu, rouge, orange, jaune et blanc. Celles-ci étaient en rythme avec la musique et en adéquation avec les photos projetées sur l’écran présent derrière les comédiens. L’intensité des lumières est assez forte, elle remplie bien la fonction d’éclairer les comédiens mais elle ne les met pas vraiment en valeur. Le seul point distinctif par rapport aux personnages apparaît à la fin de la pièce. En effet, la protagoniste défunte est éclairée d’un blanc profond et intense, la démarquant des autres personnages.

La pièce étant composée de cinq personnages, elle est structurée en cinq actes. Le son est composé principalement des dialogues des comédiens, mais aussi de musiques et d’enregistrements. A la fin de chaque acte, la dernière phrase prononcée était répétée une dizaine de fois. Cette phrase est alors mixée sur de la musique rythmée, électro, et répétée à chaque temps de la mesure.

Nous pouvons aussi introduire les images diffusées derrière les personnages comme éclairage car elles ont apporté des couleurs en plus à la pièce. Celles-ci étaient en adéquation avec le son et les lumières. En effet, les photos étaient plutôt tristes et sombres. Des crânes, des créatures étranges, des tombes qui font bien évidemment référence à la mort étaient projetées. La musique était agressive, les lumières rouge sang.

Le plus souvent le son, la lumière et les images sont complémentaires. Excepté lors d’un passage où la lumière et la musique sont en contradiction avec le dialogue des personnages. Ce jeu de lumière et de son a pu apporter un côté décalé à la scène, ironique. Pendant que les personnages racontent la vérité sur leur vie, leurs tristesse, leurs mensonges, leur solitude. La musique est, elle, chaleureuse et exotique, caribéenne. Les lumières, elles, sont de couleurs chaudes, orangées, crépusculaires faisant contradiction avec les paroles des acteurs dansant en rythme tout en racontant leurs malheurs.

Le son et les éclairages sont des éléments parfois oubliés mais ont une part d’importance pour la mise en scène de la pièce et son style. Un éclairage sobre comme celui choisi dans Cinq Visages pour Camille Brunelle permet d’accompagner le spectateur sur les subtilités de la pièce et des personnages. Le son, lui, accentue l’importance du texte et des paroles.

Moi, ma réalité, ma mort

Par Camille LAURENT, Lisa DIGUET, Laurine ERANOSSIAN, Maxence DE COCK et Mélodie GLÉONEC

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5 Visages pour Camille Brunelle est une pièce de théâtre contemporaine, respectant peu de codes du théâtre classique.

Dans cette pièce les références sont nombreuses et diverses. Elle ne possède aucune unité de lieu. Le thème du temps, lui est singulier par son expansion dans la pièce. Plus nous avançons dans l’histoire plus le temps s’écoule entre chaque rencontre, de jours, en semaines, puis années.

Elle nous présente une succession de rencontres entres 5 protagonistes très distincts, formant une typologie de personnalités très marquées. Cependant les individus gardent un côté universel, réaliste, auquel nous pouvons s’identifier. On y voit une surenchère des caractères, nous sommes à la limite entre la caricature, le stéréotype et quelque chose au contraire de plus subtile qui crée une proxemie avec le spectateur. Camille Brunelle est une connaissance commune évoquée de temps à autre mais pas jouée sur scène. Elle amène une vision contradictoire. Si au début elle est valorisée et aimée, elle finit malade et dénigrée et tombe dans l’oubli des personnages. Cela concorde avec la construction en deux grandes périodes de la pièce. Dans un premier temps les personnages véhiculent une image méliorative et manipulée pour finir par se dévoiler réellement, en montrant la réalité crue de chacun.

La pièce est basée sur des comparaisons entre chaque personnage, avec des jugements de valeurs. Nous y voyons un certain narcissisme des personnages, que ce soit en bien ou en mal, c’est une compétition entre eux, chacun souhaite flatter son ego. La pièce montre la différence entre l’image que l’on veut transmettre et ce que nous sommes réellement, met en avant la représentation et le paraître dans notre société.

La pièce révèle “La manière dont on manipule la réalité à travers la communication”. Lorsque l’un rompt ce schéma de valorisation la pièce devient moins légère, chacun dévoile la vérité, des choses très privées sur leurs vrais vécus. Ils divulguent des faits d’ordinaire cachés, qui nuiraient à l’image. La pièce est un jeu de communication d’images, celles que nous projetons et celles que nous dissimulons.

Bien qu’ils ne soient jamais évoqués les réseaux sociaux sont manifestement une trame majeure de la pièce. Le pronom personnel accentué “ Moi ” la première personne du singulier “ Je ” sont les seuls sujets utilisés. Les ‘’J’aime’’ suivis d’énumérations de films, musiques puis des photos prises sur le vif confortent ce sentiment. De plus il n’y a pas d’interaction physique entres les personnages. Sont-ils du moins dans un même lieu, ou derrière un écran ?

On pourrait dire que les 5 personnages dans 5 visages pour Camille Brunelle correspondraient à 5 visages d’une réalité, 5 visions d’une même soirée ou encore 5 fragments d’identités.

Cette œuvre s’inscrit parfaitement dans le contexte actuel à l’heure où l’apparence tient une place importante. Cette pièce nous pousse donc à nous interroger sur les questions de l’identité, de l’ego et ainsi à se demander comment exister dans le regard des autres ?

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