Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

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18 mars 2014    Architecture   Expositions

Publié par c.cesbron

« Simone et Lucien Kroll, une architecture habitée »

    Le Lieu Unique, histoire d’un lieu

    le Lieu Unique

Un article de : Arthur Follenfant, Antoine Braud, Aurélien Lutton, Damien Bosher, Adrien Milcent

Aux origines le bâtiment abritait les usines de biscuit LU fondées en 1886 par les pâtissiers Lefèvre-Utile, usine où étaient confectionnés les célèbres Petits-Beurre et Paille d’Or. En 1974 l’usine est en partie démolie, et les bâtiments désaffectés encore debout deviennent un squat dédié à la culture, ouvert à tous, à toutes heures. On y accueille artistes et événements en tous genres. C’est Jean Blaise, directeur du CRDC (Centre de Recherche pour le Développement de la Culture) qui est à l’initiative de réinvestir le lieu en tant que lieu où se réunissent les genres, l’art, dans une ambiance conviviale. Jean Blaise convint le maire Jean-Marc Ayrault pour que le bâtiment annexe Ferdinand Favre soit racheté par la ville, c’est ainsi qu’en 1995 échappant à une destruction imminente, le Lieu s’institutionnalise. À la fin des années 90, Patrick Bouchain réhabilite l’usine dans le respect de son architecture d’origine, la tour LU est reconstruite, toute l’architecture est conservée telle qu’elle, et les travaux d’électricité sont réalisés. Le lieu unique est désormais comme on le connait aujourd’hui, un lieu mêlant l’art aux espaces sociaux dans un bâtiment authentique orné d’une légère touche contemporaine. Il est inauguré lors du festival de fin de siècle le 30 décembre 1999. Pour l’occasion, on installe sur une façade, une double paroi qui renferme le grenier du siècle, une multitude de barils scellés où ont été placés divers objets déposés par 11 855 citoyens. Ces barils ont pour but de créer une mémoire géante pour les générations futures et seront ouverts le premier janvier 2100.
Le Lieu Unique se situe sur les bords du canal Saint-Félix proche de la gare SNCF et du centre-ville. Lors de la mise en place du projet architectural de Patrick Bouchain, la maire souhaitait une entrée donnant sur l’avenue Carnot pour rapprocher la vie du Lieu Unique avec celle de la cité des congrès, mais Patrick Bouchain réussit à obtenir l’entré de son projet sur la rive du canal Saint-Félix, ou plus exactement sur le quai Ferdinand Havre. La façade Est du bâtiment est en courbe et donne sur ce quai  devenu piéton ce qui  offre une terrasse avec des grands platanes et donc une entrée plus chaleureuse. La façade Ouest, qui donne pourtant sur des axe de transports importants, notamment au niveau des bus et des tramway, reste vide et muette ce qui peut donner l’impression que lorsque que l’on rentre dans le Lieu Unique, on quitte la ville pour se plonger dans un monde culturel.
Sa dernière façade très reconnaissable, offre le spectacle du Grenier du siècle,  elle permet aussi une entrée secondaire pour les services d’entretien, artistes, régisseurs et de nombreux occupants du Lieu Unique.
3) Le lieu Unique, et tous ses espaces.
Au rez de chaussée se trouve la Cour, grande verrière de 1200m². C’est un espace principalement dédié aux expositions. En effet, la luminosité de ce lieu permet une présentation optimale des œuvres. Juste à côté, séparé par une cloison mobile, se trouve le Grand Atelier. C’est une salle de spectacle totalement modulable avec des gradins amovibles d’une capacité de 532 places et lorsque l’on replie les gradins, elle peut accueillir jusqu’à 1 500 spectateurs debout. La Cour et le Grand Atelier peuvent être reliés lorsque l’on enlève le mur modulable qui les sépare, ce qui offre une capacité de 3000 personnes pour les grandes occasions.
En entrant, on se trouve dans une vaste espace ou l’on peut profiter d’un bar, d’un restaurant, d’un disquaire, d’une librairie et d’une boutique séparé par de petites cloisons modulables.
On monte au 1er étage pour trouver les Ateliers, configurables suivant les besoins des artistes, puis on accède au Salon de musique, pièce totalement insonorisée pour les mini-concerts ou des lectures publiques. Enfin, on arrive à l’Atelier du Silo, lieu de résidence 6 mois par an, destiné aux artistes plasticiens.
4) La transformation du Lieu Unique par Patrick Bouchain.
Patrick Bouchain est l’architecte qui a réalisé la transformation du lieu unique, il a avant tout voulu garder l’architecture d’origine de l’usine, en laissant visibles les poutres en fonte et la verrière. Le bâtiment est resté presque comme il était depuis son implantation en tant qu’usine de biscuiterie nantaise. Il n’a pas rajouté ou enlever grand-chose, chaque lieux a été inspecté afin de vérifier que tout en était aux normes, et la tour Lu a été rénové en 1998. La restauration est restée fidèle à l’ancienne tour grâce aux archives conservées par la famille Lefèvre-utile. Au sommet de cette tour se trouve une lanterne identique à celle qui était présente lors de la l’exposition universelle de 1900. Seule la salle de spectacle a été entièrement revue afin d’obtenir de meilleur qualité d’acoustique, elle montre une architecture originale, notamment avec des passerelles techniques, et une régie conçue par des régisseurs, pour les régisseurs. On peut aussi observer dans cette salle un mur entièrement drapé de tapis maliens, pour rappeler le commerce triangulaire.
Lucien et Simone Kroll sont connus pour leurs architectures qui mettent en scène l’usager. Pour eux, il est nécessaire de respecter les envies des futurs habitants,  de respecter une écologie responsable et mesurée, les possibilités présentes et futures, ainsi qu’une diversité  à l’image de celle des usagers. Ils revendiquent une « Utopie Habitée ».  D’où la relation avec le Lieu Unique actuel, qui a été longtemps un squat pour les artiste et un lieu culturel désormais officiel avec une histoire très riche. C’est à la façon de Lucien et Simone Kroll que ce bâtiment fût rénové, en  respectant ce concept de l’« Utopie Habitée ». Ainsi le Lieu Unique garde son ancienne architecture pour respecter l’histoire de ce lieu, mais aussi des murs, des meubles, et même des gradins modulables (comme le projet de la maison médicale de la Mémé)  afin de pouvoir répondre à l’attente des spectateurs ou des artistes.

Simone et Lucien Kroll

Un article proposé par Emma MORIN Laura PALMER Marie CABILLIC Agathe MARCELLIN Axel MILLET

2-simone et lucien KrollLucien Kroll est un architecte belge né en 1927. Sa femme Simone, née en 1928, est une jardinière française reconnue. Ensemble, ils réaliseront tous leurs projets. Lucien s’occupant des plans architecturaux tandis que Simone se préoccupera de réaliser un espace naturel pour chaque réalisation. Ensemble, ils ont travaillé sur de nombreux projets. Lucien et Simone se basent sur un concept très important : l’incrémentalisme ! Il s’agit d’une méthode de travail consistant à réaliser un projet petit à petit, par plusieurs petits changements, par une évolution progressive. Par ailleurs, chaque projet des Kroll se fait en collectif. Les Kroll ont besoin des habitants pour concevoir. Selon une citation de Lucien : « Pas d’habitants, pas de plans ». En effet, c’est l’habitant qui va définir ce qui lui correspond et ainsi faire avancer le projet. C’est pour cela que chaque maison réalisée par les Kroll est unique !
Un autre concept important aux yeux des Kroll concerne l’environnement. Les Kroll réalisent une architecte qui s’adapte et s’inscrit dans l’environnement. Il est impensable de détruire la nature pour construire. Au contraire, on se base sur celle-ci pour harmoniser les réalisations. L’utilisation de plantes, de la nature et de matériaux vernaculaires est donc essentielle.
Les Kroll sont les auteurs de nombreux projets reconnus à travers le monde. « La Vigne Blanche » à Cergy Pontoise, est un projet où les habitants ont choisi quelles maisons rénover avec la même volonté de communauté, sans trottoirs pour éviter toute frontière . « La Mémé », est le projet qui leur a valu une renommée internationale. Le challenge était de reconstruire un campus universitaire. Cinq bâtiments ont été entièrement réalisés sur les 7 prévus dont : la fameuse « Mémé» , le restaurant universitaire, la mairie, le centre œcuménique et la station de météo Alma. C’est une architecture modulable. Les extérieurs et intérieurs sont transformables en fonction des goûts et des besoins des habitants. Par ailleurs, de 1961 à 1964, les Kroll ont un projet avec certains de leur amis, voisins, etc … Il s’agit de réaliser une construction collective qui serait aussi aléatoire que la population d’une rue quelconque. Toutes les maisons sont connectées, il n’y a pas de barrière, de grillage. Tous les habitants vivent en communauté et cet endroit devient ainsi pour le couple leur lieu de vie,de travail et y cultivent leur jardin.

« La Mémé» 

3-"La Mémé"

Un article proposé par Clément LEMIÈRE, Paul JEANNINGROS, Jean-Philippe LEFAUCHEUX, Hugo MORIN

« La Mémé»  est un bâtiment qui désigne la maison médicale des étudiants en médecine de l’Université catholique de Louvain en Belgique. Il compose le campus Woluwe-Saint-Lambert avec quatre autres bâtiments que sont la mairie, le restaurant universitaire, le centre œcuménique et la station de métro Alma. Né d’un mouvement de protestation des étudiants en médecine, qui ne voulaient pas qu’on ne leur impose un architecte, ils ont pris la liberté de le choisir eux-même. Lucien Kroll, architecte belge né en 1929, connu pour la liberté qu’il donne aux habitants de choisir leur propre environnement, est alors sélectionné pour créer l’espace de vie des étudiants. Le projet de « la Mémé»  commence ainsi en 1970 et prendra fin en 1972.

L’approche de Lucien Kroll est différente de celle des architectes plus classiques en ce sens qu’il cherche à collaborer directement avec les personnes concernées : les utilisateurs. La collaboration entre Kroll et les étudiants va donner lieu à un bâtiment hétéroclite qui s’adapte aux besoins de chacun. A l’exception des murs porteurs et des espaces nécessitant une tuyauterie (salles d’eau), l’ensemble des cloisons de la Mémé peut être démonté et déplacé. L’environnement modulable ainsi créé, facilite le changement d’espace et d’appropriation d’une pièce : les murs sont posés sur des rails permettant la transformation facile et rapide de l’intérieur. Par ailleurs, Kroll met en place un tirage au sort pour les panneaux en façade qui serviront de rideaux, ce qui amène le bâtiment à une grande diversité et à une irrégularité au niveau des matériaux et des couleurs.

Bien que certains l’appellent vulgairement « bidonville, son aspect coloré, disproportionné et modulable à souhait est une réussite pour les étudiants, avec qui, Lucien Kroll a su créer un espace de travail, de détente et de communion singulier. Les maîtres mots de « la Mémé» , créée en collaboration avec l’architecte et les étudiants eux-mêmes, ont été et restent encore participation, compatibilité et pensée paysagère.

Le jardin de Simone Kroll

4-Le Jardin de SimoneArticle proposé par Raphaël Mascia, Camille Paquereau, Thibaut Lambin , Julien Chevrier, Anaelle Sourice

Simone Kroll, potière de formation est devenue paysagiste. Elle travaille sur des projets d’architectures, d’urbanismes et d’informations. Dans toutes les constructions architecturales de Lucien et Simone Kroll, un tiers de la superficie totale est dédié au jardin car pour eux le jardin est un lieu de convivialité, de bonheur et de beauté. Pour le Jardin du Lieu Unique, elle imagine un jardin vivrier dans les tonalités jaunes, orange et rouges et à la forme irrégulière. Ces jardins seront composés de plantes vernaculaires et de légumes du Pays de la Loire. Pour Simone Kroll le jardin devra être un mélange de légumes, fleurs et condiments.  Aussi composé de plantes grimpantes (houblon, clématites…), de plantes aromatiques (fenouil, thym, ciboulette…), de légumes (choux, brocolis, betterave, chardon, citrouille…), d’arbustes (laurier du Portugal, cornus, …), de plantes répulsives et de vivaces, le jardin se verra entouré de capucines afin d’attirer certains insectes (par exemple les pucerons), pour éviter qu’ils ne s’en prennent aux légumes. Ces plantations sont réparties sur deux parcelles de terre face au Lieu Unique et au bord du canal Saint Félix. Non utilisé, cet espace en contre bas de la terrasse du LU, sur une surface de vingt mètres de long et de trois mètres de large a été aménagée selon un principe de « désordre organique » qui est cher à Lucien et Simone Kroll. Précisons que le jardin n’a pas de forme rectiligne et la petite palissade en châtaigner réalisée pour retenir la terre qui est irrégulière. Pour chacun des jardins, Simone Kroll travaille avec les riverains dans le plus grand respect du contexte, afin de  rechercher le « sentiment d’habiter ». Ce jardin s’implante parfaitement dans le paysage du Lieu Unique et aux abords du canal. Il s’agit d’un jardin convivial car Simone Kroll aura demandé l’avis du quartier avant de commencer celui-ci mais il s’agit surtout d’un jardin « vivrier»  conçu avec les habitants afin d’être consommé par les habitants.

L’appartement témoin

5-l'appartement temoinUn article proposé par Virginie SOUFFOY, Estelle MÜLLER, Malory MÉNAGÉ, Aurélia MAURIN, Margot LENORAIS

« Simone et Lucien Kroll, une architecture habitée»  est une exposition se déroulant au Lieu Unique du 25 septembre au 1er décembre 2013. Celle-ci a pour objectif d’offrir une rétrospective du travail du couple d’architectes Simone et Lucien Kroll. Projets finalisés, interrompus ou plus personnels, on y retrouve un bel échantillon de leur œuvre. Au sein de cette exposition, existe une drôle de structure, l’appartement témoin.

A l’origine, cet appartement se situait dans un groupe de quinze logements, une sorte de demeure collective construite par les Kroll de 1961 à 1964. L’appartement « témoin»  était celui situé juste au-dessus de celui des Kroll. Ce n’est pas tant l’appartement en lui-même mais le mode de vie proposé par les Kroll qui est intéressant à analyser. En effet, l’appartement plutôt sobre et simple nous pousse à poser notre attention sur ce concept de vie en collectivité que proposaient les Kroll. L’ensemble des logements étaient aménagés de telle sorte que chacun puisse se l’approprier à sa manière : un logement qui pouvait devenir exactement ce que les habitants souhaitaient. « L’habitation est une action et non un objet » : on reconnait effectivement dans cette démarche les mots de Lucien Kroll. C’est la façon dont ils sont habités qui détermine les espaces et non plus la façon dont ils sont construits.

L’idée de reproduire cet appartement au sein de l’exposition vient de Lucien Kroll et de Patrick Bouchain, commissaire de l’exposition. Ils ont confié cette mission au collectif ETC, collectif qui met y au coeur de son projet les démarches participatives. ETC est un collectif regroupant des étudiants et diplômés d’architecture des Sciences Appliquées de Strasbourg. C’est leur « détour de France»  qui a particulièrement intéressé Kroll et Bouchain. Ce « détour»  consistait en fait à faire le tour de la France. A chaque étape dans les grandes villes, ils ont proposé aux gens de travailler avec eux sur des projets d’urbanisme, proposant aux habitants et usagers de devenir acteurs de leur propre espace urbain. Pour ETC, le résultat de cette démarche n’est pas le plus important, ce qui compte, c’est le processus, la participation de la population et l’émergence de nouveaux comportements plus impliqués dans la création de l’espace de vie. collectif

L’appartement s’inscrit avec logique au sein de l’exposition répondant à la démarche des Kroll dans leurs projets architecturaux. L’appartement est ouvert à un public qui peut le découvrir en toute liberté mais il accueille aussi toutes les semaines en résidence un nouveau collectif aussi bien d’artistes, de designers ou d’architectes. Ces collectifs sont invités à modifier le lieu comme bon leur semble, à se l’approprier et à réfléchir à la question « d’habiter»  en général. De ce fait, l’appartement est en constante évolution et se transforme au fil des jours.

De nombreux collectifs sont venus habiter cet appartement: le bureau cosmique, j’aime beaucoup ce que vous faites, le fabricatoire ou encore le collectif fertile. Beaucoup se sont posé la question de « comment habiter dans l’appartement?»  ou encore « comment vit-on dans un lieu d’exposition?». Certains ont modifié le lieu, physiquement parlant, en retapissant les murs, créant de nouveaux espaces, éventrant certaines cloisons ou en décorant le plancher. D’autres ont préféré interagir avec le lieu sous forme de performances: interroger les visiteurs sur leur façon d’habiter, organiser un cuedo géant, un mini-concert, une vente aux enchères ou encore une distribution de soupe. L’objectif de la démarche n’était pas de trouver une solution à tel ou tel problème mais plutôt de devenir acteur de la vie de cet appartement, d’y laisser la trace de son passage. Ainsi, l’appartement devient témoin de la vie qui s’y vit.


La Scénographie de l’exposition

6-Lieu Unique, Exposition Kroll - ScénographieArticle proposé par Margaux Leroy, Ophélie Moreau, Amandine Palierne, Laura Pasquier et Anne Lefevre

Le scénographe de l’exposition « Simone et Lucien Kroll, une architecture habitée»  n’est autre que Patrick Bouchain, l’architecte qui a réaménagé les biscuiteries Lefèvre-Utile pour en faire le Lieu Unique. Il a travaillé en collaboration avec Eddy Hallauer proposant un espace visuel, pédagogique, didactique et interactif à l’image de l’architecture des Kroll. L’enjeu de l’exposition est une démarche architecturale puisqu’on ne peut pas clairement exposer de l’architecture.

L’espace est séparé en 3 parties : cour, appartement témoin et jardin. La cour présente l’exposition rétrospective des projets des Kroll. Ceux-ci est sont exposés sur de grands panneaux, chaque cimaises mettant en lumière un projet différent. Même les tables mises en place dans l’exposition sont des cimaises penchées (…) Les calques (plan techniques avec indications) laissés aux ouvriers pour la construction de l’exposition manquaient parfois de détails, ce qui leur a permis de les interpréter comme ils le voulaient. On peut distinguer chaque projet par leur nom, le lieu, la date situés en haut à gauche de chaque cimaise. On y découvre les croquis, photographies, plans, plans de coupe et schémas. Plusieurs maquettes permettent une lisibilité en 3D de certaines des réalisations. Les projets sont exposés dans le désordre, il n’y a pas de chronologie ou de logique de placement. Seule « la Mémé» , projet qui a fait connaître les Kroll à l’international en 1970, a été placée volontairement au milieu de l’exposition. L’appartement est situé « à la fin », dans le fond, pour que le spectateur puisse d’abord s’imprégner de la démarche des Kroll avant de pouvoir comprendre le concept de l’appartement proposé par Bouchain et Hallauer. L’appartement est un espace qui, chaque semaine, est habité par un collectif différent qui renouvelle sans cesse son agencement.

Les couleurs de l’exposition, bleu, rouge, jaune, sont les mêmes que celles du catalogue.
Le spectateur n’a pas de circuit, pas de point de départ, il choisit son chemin et décide de tout regarder ou non suivant sa curiosité. C’est un lieu non sacralisé, le spectateur peut toucher les murs, les calques, les photos, il peut interagir avec les maquettes. S’il le veut, le spectateur peut rester plusieurs heures dans l’exposition, elle est gratuite et des sièges, transats, et autres sont installés. Il a également des croquis sur calques en libre service qu’il peut emporter. Le spectateur peut également laisser sa marque sur le Mur d’Or. Des crayons ont été accrochés à ce mur pour que chacun puisse écrire ou dessiner ce qu’il désire. Ce mur a eu tellement de succès et s’est rempli tellement vite qu’il a été repeint pour être à nouveau utilisable.
La scénographie de l’exposition renvoie avec bonheur à la philosophie du travail des Kroll.


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