Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

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26 mai 2016    Art   Non classé

Publié par c.cesbron

Guy Brunet, réalisateur. Une exposition au Lieu Unique

Guy Brunet, The Self Made Man

1-GbrunetportraitimageArticle proposé par Justine Massot, Mathurin Loncle, Melissa Lejal, Yannick Mary et Agathe Leray

Guy Brunet est un réalisateur autodidacte de films d’animation et décorateur de cinéma né en 1945 à Viviez, une commune de l’Aveyron. Né de parents exploitant un cinéma nommé Le Caméo et ensuite gérants du cinéma Le Plaza. L’enfance de Guy Brunet est baignée par les films de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, des années 1930 aux années 1960. Il se souvient : « Le week-end, il y avait jusqu’à trois séances pour un même film. A la première, je me laissais porter par l’intrigue, à la deuxième je regardais le jeu des vedettes et après, le travail du réalisateur ». De cette époque, Guy Brunet collectionne les dossiers avec photos et affiches que les exploitants reçoivent pour la promotion des films. En 1958, il seconde son père comme projectionniste. Mais la télévision remplace petit à petit le cinéma. En 1963, les parents de Guy Brunet vendent le cinéma pour ouvrir un magasin de téléviseurs. Ils l’incitent donc à faire partie de l’entreprise où il y travaillera pendant quelques temps. Alors qu’il commençait déjà à écrire des petits scénarios, de 1973 à 1986, il travaille comme ouvrier dans les usines du bassin minier de l’Aveyron. Puis installe son « studio de production»  en 1994. Ce studio est fait dans sa maison à Viviez, dans une ancienne boucherie, sur une route nationale dans la banlieue de Decazeville. Il le nomme Paravision, en référence au studio Paramount. Pour marquer sa singularité, il constitue une grande fresque murale à la gloire du cinéma hollywoodien sur la façade de sa maison. S’inspirant du cinéma hollywoodien et grâce à la documentation accumulée pendant son enfance, Guy Brunet construit ses films tout seul et sans budget. Il est à la fois producteur, scénariste, dialoguiste, décorateur, costumier, maquilleur, acteur, cameraman, réalisateur et affichiste. Il écrit tout, le scénario, les scripts, les découpages des plans, les dialogues. Ensuite il fabrique les décors dans son atelier. Il crée ses acteurs avec du carton d’emballage, il les dessine, les peint et des découpes à sa guise. Son cinéma est fait uniquement de matériaux recyclés. Le jour, il élabore ses silhouettes de carton et les décors. Afin de ne pas être perturbé par les bruits de la rue, il tourne la nuit. Guy Brunet dessine le générique puis met le film dans une boîte décorée. En 2015, il aura créé plus de 793 silhouettes dont 171 acteurs américains et 151 actrices françaises, 25 grands décors, 100 affiches de films. Il a écrit 350 scénarios et réalisée 14 long-métrages. Son premier film est sorti en 2001, et en 2002 son œuvre est exposée pour la première fois au Musée international des arts modestes de Sète, ce qui fait de lui un artiste accompli et reconnu .

La démarche singulière de l’artiste

Article proposé par Emeline LOAS, Camille METAYER, Camille LE LUHANDRE, Soundousse MARONGIU , Philippine MASUREL

Guy Brunet devra attendre d’être à la retraite pour devenir ce qu’il a toujours souhaité être : cinéaste. Il va alors se replonger dans son enfance. N’ayant pas fait d’études de cinéma ni étudié aux Beaux-Arts, il crée chez lui sa propre maison de production qu’il nomme « Le Studio Paravision ». Au Lieu Unique, une grande fresque habille l’entrée de la salle d’exposition. Il s’agit de la réplique de la fresque murale peinte à l’extérieur de chez lui, présentant les différents genres du cinéma (westerns, comiques…). Cette porte spectaculaire marque une césure matérielle et symbolique entre le monde extérieur et le monde imaginaire du cinéma auquel il a tant aspiré et dans lequel il gravite aujourd’hui. Hollywood est pour lui la référence ultime. Son travail résulte des films découverts quand il était enfant. Depuis son enfance, Guy Brunet a écrit plus de 360 scénarii. Sans grands moyens financiers, il décide de confectionner lui-même ses propres acteurs à partir de carton. Au sein de ses studios « Paravision », Guy Brunet est donc à lui seul : cinéaste, réalisateur, caméraman, acteur, maquilleur ou encore affichiste. Lors de notre visite, nous avons pu constater à quel point cet artiste peut être prolifique.
Lors de cette visite, nous avons pu voir que la démarche de cet artiste que nous pouvons qualifier d’autodidacte, est inédite. Pour tous ses travaux, que ce soit la création de ses acteurs, le décor ou les affiches, tout est fait à partir de matériaux récupérés et recyclés qu’il collectionne méticuleusement au sein de l’atelier qu’il s’est créé à son domicile. En arpentant les allées de l’exposition, nous avons été frappés par la masse colossale de travail que représentent ses créations, notamment à la vue des dizaines de personnages en carton que Guy Brunet a façonné de ses mains. C’était à la fois très chargé et chaleureux, en raison de la multitude de couleurs utilisées par l’artiste pour personnaliser ses acteurs. Concernant sa série des huit âges d’or, nous pouvons dire qu’il les a réinterprétés. Par exemple, Guy Brunet ne supportait pas les histoires où les fins étaient malheureuses, c’est pourquoi il s’est permis de modifier la fin de certains films. Il a donc, par exemple, transformé « L’âge de la guerre » en « âge de l’héroïsme ».

L’exposition Guy Brunet, carton plein !

3-Gbrunetdécorimage.jpgArticle proposé par Hugo MICHEL, Jules LEROUGE, Jules LEMER, Pierre LE SCOUL, Nathan LEBORGNE

L’exposition du Lieu Unique présente les travaux de Guy Brunet, à la fois ses affiches, ses films, ses synopsis, ses acteurs mais aussi ses mises en scène, fresques, décors, photos et ses premiers travaux. On retiendra ici tout ce qui compose l’exposition en dehors de ses films.
Tout d’abord, à l’entrée de l’exposition, est présentée la réplique de la fresque peinte sur la façade de sa maison. Elle représente à la fois un avant-gout de son travail et une porte d’entrée vers son univers.
Guy Brunet réalise des films seul, à partir de personnages et de décors en carton. Il est important de souligner qu’il compose vraiment tout dans son studio, de la réalisation jusqu’à la communication. Ses films sont des « remakes » singuliers de films existants et ils sont créés dans sa maison qui est envahie par ses réalisations. Brunet pioche des bouts d’histoire pour créer ses propres scénarios. Ses personnages en carton représentent des acteurs, actrices ainsi que des réalisateurs et producteurs de son temps (il travaille essentiellement sur les films des années 30-50 et dit ne pas regarder les films d’après 1966). Ces silhouettes inanimées sont faites via des matériaux de récupération et mesurent tous environ 1m38 (par soucis techniques, pour qu’ils apparaissent en contre plongée dans le champ de la caméra) sauf ceux qui représentent des producteurs et des réalisateurs car Guy Brunet leur accorde une plus grande importance (faire l’inverse du cinéma qui prône les acteurs et oublie souvent ceux qui dirigent le film). On peut déjà constater l’esprit engagé de ce réalisateur atypique. Ils étaient, à ses débuts, peints de glycero mais il travaille maintenant à l’acrylique.
Pour ses affiches, il a un mode opératoire particulier qu’il respecte quasiment à chaque fois lors de ses compositions et qui fait de lui ce créateur singulier. En effet, toutes ses affiches de films sont réalisées au dos de vraies affiches du film en questions (ce qui renforce l’idée d’une réadaptation à sa manière). Bien qu’il garde les  grandes lignes et éléments des affiches à partir desquelles il travaille, il commence toujours par installer le lettrage, la typographie, avant de travailler l’image.

Le monde cinématographique d’un self-made man

4-GbrunetfilmsimageArticle proposé par Emma MELKI, Ebony LERANDY, Élise CUGNART, Maud MARICOURT, et Fanny MAILLARD.

Guy Brunet est un réalisateur autodidacte né en 1945. Baigné dans le monde du cinéma depuis son enfance, il se passionne pour les films hollywoodiens. Les aléas de la vie l’empêchent de réaliser son rêve de devenir réalisateur et c’est seulement à l’âge de la retraite qu’il y parvint enfin.
Dès 16 ans, Guy Brunet écrivait ses premiers scénarios dans lesquels il rendait hommage au cinéma de l’âge d’or hollywoodien. En 1994, il loue son premier studio qu’il nomme Paravision (contraction de paradis et vision) et où il réalisera l’exploit de tourner ses films seul dans un lieu restreint (l’industrie du cinéma nécessitant un grand nombre d’intervenants). En effet, faute de moyens, il ne peut se payer ni acteurs ni décors.
Grâce aux silhouettes en carton qu’il fabrique dans son atelier, il va alors recréer tous les protagonistes nécessaires à ses films : producteurs, réalisateurs, acteurs, maquilleurs… soit près de 800 silhouettes d’environ 1m40 de hauteur pour permettre la vue en contre-plongée lors des tournages et faciliter leur transport.
Guy Brunet crée son propre monde, joyeux et multicolore, où les fins sont toujours heureuses. Il s’inspire de la documentation accumulée depuis son enfance et revisite l’histoire du cinéma en décomposant et recomposant à sa manière les éléments de référence qu’il connaît et les archétypes du cinéma. Il crée également son propre casting pour chacun de ses films. On peut citer par exemple « Le monde magique des frères Lumière », un documentaire réalisé en 2012. Pour Guy Brunet, les frères Lumière sont des dieux  puisqu’ils ont créé la magie du cinéma. Le réalisateur a pour but à travers ce film de faire découvrir la richesse culturelle, les recherches, ainsi que la rêverie que les frères Lumière ont produit grâce à l’invention du cinéma.
Guy Brunet réalise un étrange travail de mémoire dans ses films ou par le biais des affiches qu’il reconstitue. Il redonne vie à une grande époque du cinéma par amour et nostalgie. On pourrait qualifier le travail de Brunet comme un art cinématographique singulier, qui nous trouble à une époque où notre génération est habituée aux films à gros budgets, saturés d’effets spéciaux et autres technologies modernes. Ses films, qui nous paraissent à première vue ternes et ennuyeux, révèlent en fait une richesse artistique brute et épurée.
Guy Brunet a créé son propre système d’expression et nous emmène avec lui dans son univers, poétique, simple, touchant, atypique…

LA SCENOGRAPHIE : « L’envers du décor »

5-GBrunetsscénographieimageArticle proposé par Ambre Lelabousse, Enzo Lemasson, Manon Leverrier, Steven Merlet

La scénographie réalisée pour l’exposition « Guy Brunet – réalisateur » au Lieu Unique à Nantes a été faite pour présenter Guy Brunet, ses créations plastiques et ses projets de cinéaste autodidacte. Et ce, comme si l’on était directement dans son atelier de Viviez. L’espace d’entrée en est d’ailleurs directement inspiré. Une forme d’arche, formant l’accès à l’exposition, est une copie sur toile de la fresque peinte sur la façade de sa « société de production» . Cela signale sa passion pour l’âge d’or du cinéma avec la représentation de figures emblématiques du Western, des comédies musicales ou d’autres genres cinématographiques comme le péplum.
Cette exposition laisse un sens de visite libre et non défini. Il n’y a aucun parcours induit entre les grandes cloisons de bois permettant le support d’un écran téléviseur et servant de cimaises aux œuvres de Guy Brunet.
Les affiches de film qu’il a réalisé parlent d’elles-mêmes, de façon explicite et n’ont ainsi nullement besoin d’un décor très soutenu pour que les visiteurs comprennent que ces créations empruntent à  l’âge d’or du cinéma.
Les cimaises en bois rappellent, elles aussi, l’univers du cinéma et plus précisément les différents éléments de décor installés dans les studios de production.
Hormis ces grandes cimaises, des tables d’expositions lumineuses, toujours en bois (rappelant l’aspect brut de l’arrière des décors hollywoodiens) présentent les cahiers, scénarios et premiers dessins de Brunet.
Cet aspect écru, brut peut aussi se rapprocher des conceptions des travaux plastiques de l’artiste : un travail simple, avec des matériaux de récupération qu’il ne cherche pas forcément à masquer.
Un second lieu, délimité par un tracé blanc au sol, livre une surface d’exposition sous forme d’estrades, de gradins, formant un escalier, telle une salle de projection, permettant la bonne visualisation des silhouettes en carton des acteurs, placés suivant une hiérarchisation de leur célébrité.
Dans le vaste hangar du Lieu Unique se trouve également une pièce, une « salle » de projection permettant la découverte des films de Guy Brunet. Cet endroit sombre équipé de sièges de salle de cinéma, rappelle encore une fois la passion de l’artiste pour l’univers du cinéma.
A l’inverse de cette pièce, le reste de l’exposition est éclairé, de façon artificielle par des projecteurs de lumières jaunes ou des spots lumineux avec des filtres, le tout adoucissant ainsi la luminosité pour une visite plus agréable et une bonne protection des dessins. On peut d’ailleurs retenir que les supports lumineux utilisés évoquent également l’univers des studios de tournage. Seuls certains éclairages sont plus intenses pour une meilleure visibilité.

Passion Brute

6-GbrunetArtbrutartsingulierArticle proposé par Gwendolie Le Roux, Pauline Leriche, Morgane Lepotier, Ninon Manciaux, Océane Lebreton

On peut définir l’art brut comme étant une pratique artistique hors norme. C’est un art qui ne découle pas d’un autre mouvement, d’une mode ou du domaine du classique. Le terme « art brut » fut défini par Jean Dubuffet en 1945, le créateur de ce concept. Le terme brut est une qualification que l’on donne à des artistes autodidactes et indemnes de culture artistique, ce sont donc des artistes qui produisent des œuvres qui sortent du contexte habituel de l’art, car leurs impulsions artistiques découlent de leur propre imagination. Souvent, ils ne cherchent pas à s’inscrire dans un mouvement en particulier. L’art singulier, lui, est lié à l’art Brut, c’est un mouvement artistique en marge établissant une distance avec l’art officiel.
Le travail de Guy Brunet est originale et atypique. Ses réalisations nous ont paru en marge des expositions que nous avions pu voir auparavant. Guy Brunet est un artiste qui utilise des matériaux de récupération, comme par exemple le dos de bannières Intermarché ou d’affiches de films venant du cinéma que ses parents tenaient. Il utilise le carton, une matière essentielle dans laquelle il réalise ses silhouettes d’acteurs. Il les recouvre de peinture Glycéro ou acrylique. Sa patte artistique est forte et reconnaissable.
Passionné de cinéma, il rend hommage à l’âge d’or du cinéma hollywoodien en peignant dans un premier temps, des affiches traitant tout genre de films existants (du western à la comédie musicale). Puis dans un second temps, il produira des affiches pour ses propres films. Guy transforme ce qu’il voit, il ne copie pas les affiches existantes, mais s’inspire, sélectionne, « pioche », choisit, ce qui l’intéresse, pour ensuite en faire ce qu’il désire. C’est en cela que l’on peut dire que son art est atypique et très personnel. Il refuse de s’enfermer dans un style en particulier car il se définit avant tout comme cinéaste, réalisateur et producteur de ses propres films. Cet univers le passionne, il s’est d’ailleurs fait connaitre au festival « hors champ » pour son coté atypique.
Guy ne se définit pas lui-même, mais n’ayant pas reçu d’enseignement artistique ou cinématographique, c’est une des caractéristiques qui permet aux critiques et musées de le classer dans la catégorie de l’art brut. Certains considèrent qu’il est dans l’art modeste, d’autres dans l’art singulier, lui préfère laisser le soin aux dirigeants des musées de le placer selon leur point de vue. Il  livre néanmoins qu’il préfère que son  travail soit qualifié d’art brut. C’est aussi pour cela que ses œuvres sont achetées et placées dans des collections d’art brut (comme au musée Lausanne).
Le travail de recherche et de création de Guy Brunet pourrait s’inscrire dans l’art brut car il en possède toutes les caractéristiques, mais Guy dit lui-même « Pour vous dire que mon art est l’art cinématographique. Je me suis placé dans cet art qui m’appartient,… ». Il puise simplement dans son imagination et fait de sa passion des œuvres en marge du domaine classique et habituel.

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26 mai 2016    Art   Expositions   Non classé

Publié par c.cesbron

Frac des Pays de la Loire.

Le Frac : un espace dédié au soutien et à la diffusion de l’art contemporain

1.FRAC

Article proposé par Léna Paleczny, Louise Peyon, Pauline Oger, Zoé Oberlé, Audrey Poilane.

S’engager aujourd’hui pour la culture de demain, telles sont les valeurs que souhaite transmettre le Frac. Les Fonds Régionaux d’Art Contemporain (Frac), créés entre 1981 et 1993 dans le cadre de la politique de décentralisation culturelle, ont pour but de diffuser l’art contemporain dans chaque région de France. D’abord installé dans l’Abbaye Royale de Fontevraud, le Frac déménagera ensuite à Clisson, puis Nantes, pour s’installer enfin à Carquefou dans un bâtiment spécialement conçu pour ses collections et ses actions. Jean-Claude Pondevie, l’architecte, l’a imaginé tel un “studio-atelier”. Dans un environnement calme et naturel, on découvre un bâtiment de béton brut, de bois et de verre. Une grande faille vitrée le traverse, révélant la fonction du lieu. L’architecte a créé un bâtiment simple, fin et élégant, comme “posé” légèrement au sol. Grâce aux rapports de forces colorés, il prend une place discrète et élégante dans le parc. Le Frac “prête” régulièrement des oeuvres à des Institutions pour les rendre visibles et accessibles, étendant ainsi son champ de diffusion.Créé en 1984, le Frac des Pays de la Loire apparaît comme précurseur proposant des ateliers internationaux. Chaque année le Frac invite six artistes en résidence. Le Frac constitue une collection qu’il fait vivre aux travers d’expositions dans toute la Région. Il accueille également un espace de documentation, important outil de recherches, et propose un travail de sensibilisation auprès de tous les publics et en particulier du jeune public (scolaire).
Le Frac accueille en ce moment deux expositions. La première, “ouverture pour inventaire” propose une redécouverte et une relecture des oeuvres conservées au sous-sol. Elles sont sorties des réserves, pour être inventoriées et  montrées au public. Pendant six mois, une centaine d’oeuvres est exposées, permettant au public de voir ou revoir les oeuvres de la collection.

La deuxième; “Working Model” de Dominik Lang, est un instantané qui est proposé dans le cadre « d’ouverture pour inventaire”. L’artiste tchèque reconstitue un atelier d’artiste, mettant en avant le processus de création artistique et d’exposition des oeuvres.

Ainsi, le Frac par son choix hétéroclite d’oeuvres d’art et son architecture, permet la découverte de l’art contemporain et a l’ambition de rendre la culture ouverte à tous.

L’art contemporain: de l’oeuvre au livre

2-FRACdocumentationimage

Article proposé par Valentine Milliand, Julia Nicoli, Alexandre Nicolle, Constance Rondeau

Le Frac de Carquefou (Fond régional d’art contemporain) est une collection publique d’art contemporain dont la mission est de sensibiliser différents types de publics à la création actuelle. Prenant une place important dans l’espace, le service de documentation comprend plus de 8000 titres, dont des dossiers et des publications concernant les artistes représentés dans la collection. Cette documentation sert plus globalement à constituer un fond de références sur l’actualité des arts plastiques et visuels. Elle est constituée de livres d’artistes, de catalogues d’exposition, de revues périodiques, ainsi que des ressources numériques, le tout centré sur l’art contemporain, le design, l’architecture, etc.
Ce centre de documentation est à disposition du public et comporte un poste informatique qui est destiné à la consultation de la base de données mais aussi à la lecture de DVD et de CD-Roms ainsi qu’à l’accès à Videomuseum : le réseau des collections publiques d’art moderne et contemporain. Étudiants en art, artistes ou passionnés peuvent donc accéder à une quantité et une diversité d’ouvrages sur l’art contemporain facilement grâce à la documentation du Frac.
Certains ouvrages de cette documentation ont été créés par les artistes. Lors de notre visite nous avons pu, à l’aide d’un intervenant, découvrir ce pôle de documentation ainsi que certaines productions qui la composent, en particulier des éditions artistiques jouant avec les codes de l’édition. En effet dans chacun des livres présentés par l’intervenant, l’artiste qui en était l’auteur s’était adonné a un exercice qui poussait alors le spectateur à la réflexion pour en saisir le sens. Par exemple, nous avons découvert un livre étant fait de typographie en bichromie noire et blanche et nous devions retrouver la lettre illustrée au travers de ce qui, au premier abord, constituait à notre sens un motif.

L’exposition

3. principe expo FRAC imageArticle proposé par Mickael Rasolofo, Kevin Pieplu, Guillaume Rotter, Jules Riché, Lucie Redt

« Ouverture pour inventaire [2]»  est une exposition présentée au FRAC (Fonds Régionaux d’art Contemporain) de Carquefou. Comment expliquer ce titre ? Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à ce qu’est un inventaire.
Dans sa définition formelle, un inventaire consiste en un dénombrement ordonné des biens, des stocks. Ce sont donc les éléments formant l’actif et le passif d’un patrimoine. En effet, le FRAC possède une immense collection d’oeuvres qui sont stockées dans ses sous-sols. Il est impossible de tout exposer en permanence. C’est pourquoi l’institution procède régulièrement à des récolements. Mais alors, qu’est-ce qu’un récolement ? C’est une opération qui consiste à vérifier l’état d’objets répertoriés dans un inventaire.
Les oeuvres sont donc étudiées avant d’être exposées dans la galerie. A la découverte de l’exposition, le public est invité à réaliser lui même une sorte d’inventaire tout en créant un lien entre les différentes créations exposées. L’intérêt de l’exposition « Ouverture pour inventaire [2]« , réside dans sa diversité et dans l’évolution constante des idées et de la scénographie de l’espace. En effet, les oeuvres exposées sont régulièrement remplacées, ce qui créé un nouvel équilibre à chaque réarrangement du lieu.
L’exposition permet de mieux faire appréhender l’art de notre temps, en dévoilant les métiers et les gestes invisibles qui entourent les oeuvres en révélant les savoir-faire techniques et scientifiques mais aussi en divulguant l’aspect quotidien de la gestion d’une collection. C’est une vitrine sur l’art inattendue qui est offerte au public. Cela permet parfois un temps de dialogue avec les artistes.
Cette exposition fait suite à celle de la HAB galerie au printemps 2015. Celle que nous avons découverte grâce à l’école en est la deuxième édition.
Nous pourrions alors avancer l’idée que le “[2]” inscrit dans le titre fait référence aux deux phases de l’exposition : la 1ère consiste à assister en direct aux différentes étapes de mise en place des oeuvres, et la 2ème étape, à l’exposition au grand public.

Regard sur une œuvre de l’exposition : “La vie éternelle” de Jacques Charlier

4.Jacques Charlier FRAC imageArticle proposé par Ophelie Nollet, Capucine Pennec, Melys Pottier, Amelie Peron, Loélia Rapin

« La vie éternelle » est une installation aux techniques mixtes et aux dimensions variables. Le thème majeur de cette oeuvre est la précarité tragique de la vie. Elle se compose en deux parties. Sur la gauche, on peut voir quatre tableaux (un ange, un démon, des fruits, une femme). A côté est disposé, devant une toile sombre d’une grande dimension, tout un tas d’objets dans un camaïeu de rouge : une sellette supportant une corbeille de fruits artificiels, un grand bouquet de fleurs fraîches et, sur une estrade, un maillot en paillettes, une parure de plumes, des souliers, tout l’attirail de séduction d’une femme. Cette dernière se trouve en portrait photographique disposé sur un chevalet. Cette femme a posé dans l’installation de l’artiste durant le vernissage avant de disparaître, laissant ainsi derrière elle le décor et son image.

Jacques Charlier est né en 1939 à Liège. C’est un artiste qui n’hésite pas à explorer tous les champs d’activités artistiques : la photographie, la peinture, la sculpture etc… souvent critique notamment grâce à son utilisation de l’ironie, n’hésitant pas à détourner les codes de la publicité ou des médias. Il se lie d’amitié avec Marcel Broodthaers, un artiste avec qui il va fréquenter les galeries d’art belges. Il va aussi collaborer jusqu’à la fin de sa carrière avec Jean Hoet. Jacques Charlier participe à de nombreuses expositions en Belgique comme à l’étranger. En 1986 il participe à la célèbre exposition « Chambre d’amis»  à Gand. En 2009 il expose son oeuvre Disorder au Palais des Beaux Arts de Bruxelles mais cette même année il se voit aussi refuser par la ville de Venise son projet 100 sexes d’artistes en raison du caractère sexuel du projet. Ses œuvres sont présentes par exemple au musée d’Ostende en Belgique, mais on les retrouve aussi en France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Luxembourg.

Jacques Charlier propose, à travers son installation, une réflexion amusée sur le temps, l’art et la vie. Les quatre peintures de gauche sont comme une introduction à l’œuvre. Cette derniére  exploite la notion du temps qui passe : un sentiment d’être hors du temps se dégage tel un instant figé. L’installation se transforme au fil des expositions, tout comme le modèle et sa posture . Une atmosphère intimiste avec une dimension romantique s’installe… La femme nous renvoie à l’univers du cabaret, du jeu, de la sensualité… C’est comme une vanité..

A notre avis, un certain paradoxe s’installe en regardant cette œuvre car elle donne l’impression d’être vivante… Cette installation nous montre que la vie n’est pas éternelle, les objets perdurent alors que l’homme non.

Regards sur l’oeuvre de Jean-Luc Vilmouth Cut out 2 (1980)

5-VILMOUTHimageArticle proposé par Lisa MOUEN, Hortense RIPOLL, Maylis ROLLAND, Lucas RAGOT

Jean-Luc Vilmouth, plasticien français a été influencé par le minimalisme et l’art conceptuel. Il a consacré sa carrière aux sculptures et aux installations et a également réalisé des performances. Il a été profondément sensible à l’étude de nouvelles cultures ainsi qu’aux liens familiers qui peuvent exister entre l’homme, la réalité, monde. Son art se focalise autour des objets du quotidien.  Il cherche à souligner la valeur que possède chaque objet, le sens, la force, la poésie que celui-ci véhicule. Il ne le transforme pas, ne le magnifie pas physiquement mais, par sa mise en scène, tente de lui apporter une dimension différente. Il interroge le rapport que l’homme entretient avec l’objet et la place que celui-ci prend dans notre quotidien.

Cut out 2” est exposée actuellement au Frac du Pays de la Loire, dans le cadre de l’exposition “Ouverture pour inventaire”. Il s’ agit d’une œuvre composée essentiellement de fils gainés. L’installation, imposante, est disposée à même le sol. Elle est constituée de cercles de fils électriques de couleurs et de sections différentes. Notre regard est directement attiré au centre du cercle où est posée une pince dont les couleurs ont une incidence sur le choix des couleurs des cercles concentriques qui se déplient autour d’elle. Ces cercles de  câbles qui entourent la pince lui confèrent une certaine aura. L’artiste joue de la relation outil/matériau (puisque la pince est conçue pour couper le fil électrique). L’objet ainsi détourné de son utilisation première est ainsi mis en avant. La pince n’est plus une simple pince mais devient par l’appropriation qu’en fait l’artiste, un symbole, une pièce unique bien que provenant d’une fabrication en série. L’objet dans l’art redéfinit son statut par sa mise en scène au sein d’une installation, un contexte différent de celui de la vie quotidienne où chaque objet a une place définie.

Lorsque nous avons pénétré dans la salle, l’installation a suscité des questionnements sur sa signification ainsi que sur la démarche de l’artiste. Le fait qu’elle soit placée à même le sol nous a intrigués. Son agencement dans la pièce n’est pas un hasard, elle attire le regard du public puisqu’elle se situe à l’entrée de l’exposition. Suivant son lieu d’exposition, l’oeuvre est adaptée à l’espace. Pour son exposition actuelle, avec l’accord de l’artiste, des cercles de fils ont été ajoutés afin de lui donner plus d’ampleur dans l’espace. De ce fait, la taille de l’oeuvre est impressionnante, d’une taille supérieure à celle d’un homme. Dans l’installation Cut Out 2, Jean-Luc Vilmouth réduit l’acte de sculpter à sa plus simple expression : couper.

“WORKING  MODEL”, Dominik Lang

6-expo Dominik Lang image FRAC-2Article proposé par Juliette Paugam, Marie Pelhate, Paul Pege, Laurent Poinsignon, Clémentine Peyron

Nous allons nous intéresser à l’exposition “Working Model” de Dominik Lang qui s’inscrit dans le cadre de « Ouverture pour inventaire» . Il y a en effet, quelque chose de la collection, de l’inventaire dans la démarche de Dominik Lang. Ses sculptures évoluent avec le temps, son processus de création « documente»  une histoire personnelle. Dominik Lang utilise des fragments de croquis trouvés dans l’atelier de son père, Jiri Lang lui-même artiste, pour créer des sculptures qui n’existaient que sous forme d’esquisse, de projet. Le manque de précision des brouillons réalisés par son père, fait que Lang s’éloigne sûrement des intentions initiales, mais cela perpétue le cycle de création et d’évolution. Dominik Lang s’intéresse aux modalités de création et de production des œuvres. En effet, ici, les socles sont remplacés par des tabourets, salis de peinture, les dessins sont accrochés sur un morceau de véranda, il y a des caisses, des chevalets… Ces éléments nous font comprendre que nous nous trouvons dans un espace atelier. Dans son travail, Dominik Lang nous confronte également à diverses questions: Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Quels en sont les critères : la beauté ? l’intention ? l’authenticité ? Ces questions centrales nous proposent une lecture différente de son travail. De plus, en exposant de vieux croquis de son père, il donne vie à l’imaginaire de son père. Cette installation nous plonge également dans l’univers de conception des artistes, puisque l’on y voit les croquis prendre vie en volume.

Nous avons apprécier l’œuvre de Dominik Lang. Tout d’abord, la configuration de l’espace, conçue par l’artiste, comme un espace d’atelier, est épuré, dans une petite pièce claire. En observant ses oeuvres, on explore une installation mêlant volumes et dessins, réalisés à partir de différents matériaux. Ce mélange de techniques permet de voir le processus de création des oeuvres, tout en ayant une diversité de supports. Son travail est également intéressant car il réactive la production artistique de son père… Ceci ajoute une dimension vivante et humaine, on entre dans l’intimité de l’artiste. Il interroge la continuité d’un travail artistique d’un père à son fils, les mécanismes de transmission…

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8 mai 2016    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Etienne Cournault, la part du rêve

Compte-rendu de l’exposition visitée par les A1 en janvier-février 2016 au Musée des Beaux-Arts de Nantes (Chapelle de l’Oratoire)

La Divergence guidée par l’univers onirique

Par Flammenn Briand-Vaugeois, Clara Chanteloup, Albéric Chevallier, Corentin Dauvert, Antoine De Lemos, Julien Cougnaud

1-ecournault-introducton-présentation de l'exposition-image

L’exposition « la part du rêve » présente les œuvres d’Étienne Cournault, artiste, peintre et graveur Nancéien originaire du début du XXème siècle. Pour l’occasion, le musée des Beaux-Arts de Nantes a créé un partenariat avec celui de Nancy pour mettre en évidence la compétence d’un artiste souvent méconnu du grand public et négligé dans l’histoire de l’art.

Pour sa première à Nantes, le travail d’Étienne Cournault est exposé dans la Chapelle de l’Oratoire. Ce lieu atypique est apprécié pour sa luminosité et son volume, ainsi que les possibilités scénographiques qu’il offre. En effet, l’architecture de cet espace est propice à la mise en place de la soixantaine d’œuvres exposée qui peut ainsi être répartie de manière logique selon les différentes thématiques ou techniques. La Chapelle de l’Oratoire devient alors un lieu singulier et unique par sa réhabilitation en un espace d’exposition où la composition originelle du lieu est conservée grâce à une scénographie sobre, claire et épurée.

Comme le titre de l’exposition le suggère, « La part du rêve », ces œuvres mettent en avant l’imaginaire et la métamorphose. L’artiste s’inspire du cubisme, surréalisme et du métaphysisme sans toutefois ne jamais y prendre part. Certaines de ses œuvres peuvent être considérées comme référentes à Picasso, Dali ou encore André Breton.

Cependant, Étienne Cournault n’est pas seulement novateur par l’originalité des thèmes qu’il aborde, tels que la tâche ou le graffiti. Il utilise également de nouvelles techniques et s’intéresse tout particulièrement aux matériaux comme le sable, la nacre, les paillettes, le carton ainsi que le verre. Il a également utilisé la technique de peinture sur verre avec collage d’éléments photographiques ou encore la fresque.

De plus, il est adepte d’un « art total » : c’est à dire qu’il ne veut pas se limiter aux beaux-arts, aux arts décoratifs ou aux arts appliqués mais il veut bel et bien développer ces trois formes. De ce fait, on trouve des éléments dont la fonction reste encore indéterminable: c’est le cas du Miroir à Pied (1935).

Enfin, on remarque clairement qu’Étienne Cournault développe un style particulièrement graphique où il arbore un aspect faussement enfantin. Cette naïveté est parfois difficile à interpréter, mais on peut établir un lien entre toutes ses œuvres qui est la représentation humaine de manière plus ou moins subjective.

Etienne Cournault, un artiste polyvalent

Par Marion Chollat-Namy, Léa Dubois, Léa Cherbonnier, Astoria Diarra, Amaïa Charles, Oriane Danniélou

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Etienne Cournault naît près de Nancy en 1891 dans une famille d’artistes. Il prend des cours de dessin dans l’atelier tenu par deux peintres lorrains et s’intéresse en parallèle à la gravure. En 1906, il intègre pour cinq ans l’École des Beaux-arts de Nancy où il reçoit une formation variée, aussi bien axée sur les arts graphiques que sur les arts appliqués.

Il est illustrateur de guerre durant la Première Guerre mondiale.

En 1920, il part s’installer à Paris pour y faire ses débuts en tant que portraitiste. Il commence à côté un certain nombre d’expérimentations, introduisant du sable au sein de ses travaux.

Son voyage en Italie en 1923 le pousse à s’intéresser à la technique de la fresque à laquelle il s’essayera à partir de 1926. A son retour en France, il parcourt les expositions universelles des arts décoratifs et de l’industrie et est influencé par les différents mouvements d’avant-garde de son époque. Son intérêt pour le cubisme et plus particulièrement pour les travaux autour de la matière d’artistes tels que Braque (La Mandoline) ou encore Picasso (Nature morte à la chaise cannée) s’accroît. Il devient alors un expérimentateur, et mélange les supports et matériaux, introduit dans son œuvre des objets du quotidien (comme une boule de noël). Ses sujets se diversifient. Comme beaucoup d’artistes de son époque, tels que Miro ou Calder, il s’intéresse à l’univers du cirque, où il travaille pendant un an. En parallèle, il commence un certain nombre d’œuvres autour des graffitis qui le passionnent.

L’année 1928 marque un tournant dans sa carrière. Il expose pour la première fois son travail personnel, un ensemble d’œuvres autour du miroir et du verre et se fait repérer par le collectionneur Jacques Doucet et la décoratrice Rose Adler. Ces rencontres lui permettent de recevoir ses premières grosses commandes. Un an plus tard il intègre l’Union des Artistes Modernes (UAM) en tant que membre fondateur, au côté de personnalités telles que Charlotte Perriand ou Le Corbusier. En parallèle, Etienne Cournault fonde un collectif de graveurs, La Jeune Gravure Contemporaine (JGM).

Ses collaborations avec des designers et architectes placent son travail à la frontière entre l’œuvre d’art et l’objet. Ainsi, Jean Prouvé réalise pour lui le support de certaines de ses œuvres, l’orfèvre Jean Desprès transforme ses plaques décorées en bijoux.

A partir de 1930, des problèmes de santé le poussent à rejoindre sa maison familiale, où il y demeurera jusqu’à sa mort.  Ses travaux sont de plus en plus axés autour de la fresque, et de la gravure sèche, au burin. Il s’essaye à de nouvelles techniques et réalise durant la Seconde Guerre mondiale son premier monotype. Il meurt prématurément à l’âge de 57 ans en 1948.

Si le travail d’Etienne Cournault est aussi peu connu, c’est probablement dû à son ambiguïté entre beaux-arts et arts décoratifs. Au carrefour des différents mouvements artistiques de son époque : surréalisme, cubisme, art abstrait… Il est au centre du foisonnement artistique de la première moitié du XXème siècle. Son travail est à la fois représentatif de son époque, et de par sa polyvalence, très particulier.

Bibliographie
“Etienne Cournault, la part du rêve”, Musée des Beaux Arts de Nantes, aide à la visite, exposition du 6 novembre 2015 au 7 février 2016
Université de Nantes,  Université Bretagne Loire, VERMILLON Simy, “Conférence à 14h30 : Claire LEBOSSE « Autour d’Etienne Cournault (1891-1948)» ”, dernière modification le 10/12/2015, consulté le 01/02/2016, http://www.univ-nantes.fr /
Les Arts Décoratifs, Musée des arts décoratifs de Paris, auteur anonyme, “L’Union des Artistes Modernes (UAM)”, dernière mise à jour du site en 01/2015, consulté le 01/02/2016, http://www.lesartsdecoratifs.fr/
“Etienne Cournault” [émission TV], France Région 3 Nancy, 28 avril 1978, 12min 27 sec, disponible sur le site de l’INA, consulté le 01/02/2016

Une polyvalence artistique

Par Gaëtan Chaudet, Arthur Colpaert, Jeanne Crespin, Alexandre Compagnie, Malouine d’Aubert, Arthur de l’Estang du Rusquet, Palmyre du Boberil

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Etienne Cournault mélange les références, s’inspire du cubisme de Picasso, du surréalisme de Dali, et du découpage de Matisse. Il ne cherche pas à appartenir à un courant spécifique, ce qui l’intéresse particulièrement est l’aspect visuel et la matérialité de l’œuvre. Il s’est beaucoup inspiré des peintures métaphysiques et surréalistes qui créent un univers frontière entre rêve et réalité ; et de l’histoire mythique romaine.

Ses œuvres renvoient à une idée de fragment, de puzzle, par le travail de matières et de textures, elles sont plus figuratives qu’abstraites. Les formes stylisées sont disposées dans un espace incohérent, cela donne l’impression d’être dans un rêve étrange.

L’artiste utilise un miroir argent auquel il retire le tain par grattage à l’acide puis y peint ou applique des décorations au revers. Il exploite différentes techniques telles que le collage de photo ou de tissus. Ses œuvres font penser à des dessins enfantins.

L’effet miroir reflète l’espace environnant le tableau, il interagit avec celui-ci. Le spectateur pénètre dans l’œuvre, il se voit fractionné et ses cadres profonds faits spécialement pour les œuvres font passer l’observateur du monde réel au monde imaginaire onirique.

Au cours de sa vie, il a beaucoup travaillé avec des designers tels que Jean Prouvé pour réaliser les socles de ses sculptures, il utilise entre autres la tôle et d’autres matériaux.

Il fait partie de l’UAM (Union des Artistes Modernes) en effet son travail s’intègre très bien dans le travail des designers et des architectes de sa génération (Le Corbusier, de Launay) ainsi dans le mouvement des arts décoratifs où l’on mélange art et mobilier, on réfléchit beaucoup à moderniser et à trouver de l’utilité.

Etienne Cournault a conjointement pratiqué des techniques particulières et des pratiques expérimentales : il peint au revers de plaques de verre puis en fait argenter certaines parties laissées en réserve et y peindre ou appliquer des décorations au revers à sa guise pour entremêler formes et couleurs (peinture, collage, photo, morceaux de nacre, boules de Noël, paillettes métalliques, encre, papier…)

Dans ses œuvres sous verre on ne se voit plus, les fonds sont sombres et uniformes. On retrouve d’ailleurs une similitude artistique avec le peintre Miro, notamment dans sa série sur les constellations. On retrouve aussi l’univers du carnaval et du cirque, cela s’explique car l’artiste a vécu quelques temps dans un cirque étant plus jeune, le temps de faire quelques croquis. C’est de manière générale une source d’inspiration pour cette génération d’artistes, car c’est la frontière entre la réalité et le rêve.

De plus, ses cadres sont toujours travaillés pour être en parfaite adéquation avec l’œuvre. Il travaille pour cela avec des designers.

A travers le même thème il a réussi à réaliser des représentations très variées avec une peinture très singulière et n’entre pas forcément dans la chronologie habituelle.

Entre spontanéité et réflexion

Par Clémence Delin, Geneviève Cugnart, Camille Davy, Léo Decan, Jules Chanvilalrd, Jason Chapron, Lisa Diguet.

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Etienne Cournault est toujours à la recherche de variété, de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux.

Outre ses œuvres peintes sur verre ou miroir, il réalise aussi des graffitis, des estampes et des tableaux de sable. En 1927, il commence ses premières séries inspirées des graffitis. Ce sont des inscriptions gravées grossièrement sur les murs de la ville. Il réalise ces œuvres grâce à la gravure, afin d’être au plus proche du sujet, qu’il maîtrise sous ses multiples approches : eau forte, vernis mou, encre au sucre, burin, pointe sèche, sur cuivre, sur zinc, sur aluminium, sur argent, sur rhodoïd et sur mica, comme par exemple pour son tableau « Danse sur la plage »  ici fait sur une plaque de métal, sur laquelle il dépose une couche de vernis en épargnant des endroits pertinents et réfléchis. Une fois la plaque dans l’acide les parties non vernies se creusent. Initialement, Cournault s’inspire de l’ensemble des graffitis qu’il observe dans Paris, réalisés par divers inconnus. C’est donc une impression de spontanéité qu’il veut faire ressortir dans ses œuvres, car les graffitis reflètent nos propres pensées, un langage brut et enfantin. Cette forme d’expression intéresse de nombreux artistes comme le photographe Brassai qui prend les murs de Paris gravés comme sujet, et duquel Cournault s’inspire. Il crée aussi à partir de gravures des estampes qui sont les empreintes réalisées à l’encre sur un support souple à partir d’une matrice. La méthode utilisée pour cette technique est la gravure par eau forte ou par burin, celle par eau forte étant cependant la plus adéquate. Elle permet un travail précis, et des endroits partiellement composés d’encre sans motifs définis. Une fois recouverte d’encre ou de peinture à l’huile elle est renversée afin de reproduire les motifs préalablement inscrits. Les estampes permettent donc des impressions successives et identiques.

Parmi ses estampes le monotype est un procédé d’impression sans gravure qui produit un tirage unique. Il s’agit de peindre à l’encre, à la peinture à l’huile, ou à la gouache, sur un support non poreux comme du verre, du métal ou du plexiglas.

Cournault conçoit aussi des tableaux de sable, c’est à dire que certaines parties du tableau sont recouvertes de sable, ces parties sont ternes, compactes, grossières, sombres contrairement aux œuvres sur miroir ou verre qui sont lumineuses, légères et intégrant l’observateur. Pour ses tableaux de sable, il s’inspire notamment du cubisme avec ses formes grossières et géométriques.

Ainsi les œuvres de Cournault sont le résultat de différentes expérimentations suite aux multiples techniques mises en œuvre. Il ne cherche pas la reproduction en série et l’identique mais la spontanéité et la diversité dans ses styles. Pour beaucoup de ses œuvres, il part d’une tache qui par sa couleur et sa forme l’inspire. Le thème le plus abordé par Cournault est la représentation humaine.

A la suite de cette exposition, notre ressenti général a été l’incompréhension face à une grande quantité de travail et de réflexion pour un résultat suscitant une impression de facilité, de la part de l’observateur. Nous retenons l’originalité d’un travail innovant, expérimental et diversifié.

Un Rêveur aux Multiples facettes

Par Maxence DE COCK, Hermeline DUCHEMIN, Teddy DETOMA, Jérémy DREAN, Lewis DINGLEY, Jean-Guillaume DENIEL

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Vers la fin du XVème siècle, la philosophie humaniste naissante a bouleversé l’art, en plaçant l’homme au centre des préoccupations, et ce au profit de la figure divine. Depuis, la figure humaine est sans contestation l’élément le plus représenté par les artistes. Portraits, autoportraits, scènes romantiques, de guerre ou encore de fête, témoignent de l’attachement des artistes à cette dernière. Déclinée sous différents styles, plus ou moins réalistes, l’image de l’homme n’a cessé d’évoluer au cours des siècles, et des courants artistiques. Rien d’étonnant donc qu’Etienne Cournault, artiste lorrain de la première moitié du 20ème siècle et grand amoureux de la stature humaine, y ait consacré nombre de son temps.

Nous avons pu observer à travers l’exposition de Cournault qu’il ne se considère pas comme un peintre d’un genre, il n’intègre aucun courant. E. Cournault privilégie l’effet esthétique et non théorique. Dépourvu de progrès technique, son travail est un aller-retour perpétuel qu’il opère avec des techniques stylistiquement très variées.  Il explore la matière avec notamment la fresque qui selon lui, “ convient à son improvisation, à la vitesse de son coup de fouet et sa fantaisie “ mais également les jeux d’équilibre de peintures et objets sous verre avec des miroirs argentés, cadres de métal tridimensionnels, procédés de grattage, d’acides ou d’oxydation pour ses peintures au sable, collage d’éléments photographiques, série de graffitis qu’il ne cesse de réinventer.

L’humour Dada, la tâche, le graffiti, le dessin d’enfant, le masque, la calligraphie deviennent ses thèmes privilégiés dont il doit tirer l’intérêt de sa carrière de portraitiste mondain. Ses œuvres ont un impact sur l’espace dans lequel elles se situent et impliquent le spectateur.

Etienne Cournault était un rêveur, voyageur parmi des constellations abstraites, amoureux des visages humains, graffitis et des formes hybrides évoquant le surréalisme. Il a expérimenté les courants artistiques mais toujours en laissant une part au “ hasard de la matière ”. Il a cherché à créer une frontière entre le réel et l’imaginaire tel un test de Rorschach en restant dans le thème de l’Homme et de son corps.

Cournault invente sa propre modernité. « L’inutile, l’étrange, le mystère » (Roger Brielle, 1931) habitent son monde.

Rendant hommage à l’artiste, Waldemar Georges écrira de lui : « Quelle étrange histoire et quel étrange destin que celui de cet artiste que seule une élite d’amateurs connaît et qui s’impose comme un maître. »

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27 juin 2014    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Henry-Pierre Picou et les néo-grecs

Compte-rendu de la visite réalisée par les étudiants de A1 à la Chapelle de l’Oratoire

L’exposition PICOU : Une balade dans le musée des beaux arts à la période néo-grecque

Par Thibaud GOUNO, Marianne GUIDOU,  Coline HERCOUET.

Illustration par Thibaud Gouno, Marianne Guidou

Illustration par Thibaud Gouno, Marianne Guidou, Coline Hercouet

Du 25 octobre 2013 au 26 février 2014, le musée des beaux arts de Nantes organise, dans la Chapelle de l’Oratoire, une exposition dédiée aux néo grecs axée autour des œuvres du peintre Henry-Pierre Picou. Cette exposition est baptisée « la lyre d’ivoire, Henry-Pierre Picou et les néo-grecs ». Elle est inédite puisque c’est la première fois que seront réunies les grandes œuvres de l’artiste, associées aux pièces majeures du mouvement des Néo-grecs grâce aux prêts exceptionnels du musée d’Orsay. L’exposition rassemble peintures, dessins, sculptures, objets d’art mais aussi divers ouvrages issus de ce mouvement éphémère, d’une dizaine d’années (1846-1855). Un mouvement né autour de Jean-Léon-Gérôme, où l’on voit des artistes qui créèrent et inventèrent un nouveau style. Des artistes comme Ingres, Burthe, Hamon ou Picou qui constituèrent une communauté artistique, portée vers le philhellénisme. Il s’agit pour ces artistes de réinventer un quotidien grec qu’ils expriment parfois avec humour et légèreté tout en s’inspirant du classicisme grec. Les techniques utilisées par ces derniers, sollicitent beaucoup l’utilisation de claque et de détails minutieux tels que des représentations de mosaïques dans les tableaux.

Nous avons pu constater que la disposition de la salle s’organise d’une façon particulière, en effet la présence des murs en place et des systèmes d’attaches mobiles (cimaises) permet à la chapelle de disposer le musée de façon différente a chaque exposition. En l’occurrence, pour l’exposition PICOU, ils forment une ligne conductrice à la visite. De plus, les tableaux se suivent chronologiquement en fonction de l’évolution du mouvement Néogrecs. Ce mouvement est donc symbolisé par la décoration intérieure du musée (présence de colonnes grecques). La scénographie de l’exposition à la manière d’un clin d’œil propose donc un parcours dans une villa antique. On doit cette disposition au scénographe Silvio Crescoli. La visite commence par un tableau de Ingres (1780-1867), qui se nomme « La Maladie d’Antiochus ou Antiochus et Stratonice»  réalisée en 1840 appartenant au néoclassicisme. La scène représente une scène de le mythologie grecque. En effet, on peut le constater au décor (colonnes, mosaïques). C’est un point d’entrée vers le mouvement néo grecs pour les artistes peintres de l’époque. Le néogrec s’illustre aussi à travers l’architecture. Durant la visite, on a pu commenter une maquette étant une maison de style grec. C’est pourquoi elle ressemble étroitement à un temple grec. (présence de colonnes grecques, sculpture d’une muse, peintures.) C’est une collaboration entre peintres et architectes. Elle a été conçue pour une tragédienne dénommée Rachel. Pour finir, le style néo-grec est aussi présent dans les objets de la vie quotidienne. On a pu voir des services d’assiettes. Ces dernières sont décorées de par des éléments de fresques antiques. Elles ont pour but d’intégrer un décor antique.

Les néo-grecs : « L’art pour l’art »

Par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent

Illustration par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent
Illustration par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent

L’antiquité est un sujet d’actualité au début du XIXème siècle. La Grèce obtient son indépendance grâce au traité d’Andrinople (1829). De plus on effectue des fouilles archéologiques (Pompéi et Herculanum) qui rendent compte de l’architecture et de la décoration de l’antiquité. Ce renouveau de connaissances entraîne le développement du néo-classicisme qui vise à faire méditer le spectateur. Ainsi le modèle antique est remis au goût du jour.

C’est alors qu’apparaissent les néo-grecs qui s’opposent à ce style académique : les sujets traités ne sont plus moraux, mais divertissants. Cela se justifie par la jeunesse des artistes de ce mouvement. Leur entrée officielle sur la scène artistique est datée de 1847, date à laquelle Jean-Léon Gérôme expose au Salon son tableau Le Combat de Coq. Ce tableau est salué par la critique, notamment par Théophile Gautier qui invente le terme de « néo-grec ». Jean-Léon Gérôme est donc le chef de fil de ce groupe.

Les néo-grecs sont formés dans un premier temps dans l’atelier de Delaroche, puis envoyés chez Charles Gleyre. Gérôme était un de leurs élèves. C’est aussi à cette époque que prend fin la Monarchie de Juillet, qui marque une rupture avec le régime royal en France. Cela conduit à une émancipation des intellectuels. Ainsi, les artistes revendiquent la place de leurs œuvres afin de se valoriser face au marché capitaliste de l’art et face à l’industrie. Théophile Gautier disait « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid ».

Le mouvement néo-grec n’est pas exclusivement réservé à la peinture, mais concerne également d’autres disciplines artistiques, telles que la musique, la littérature, l’architecture, le théâtre, etc. La réunion de ces différents domaines et compétences conduit à la cohésion du groupe. Cette association permet la réalisation de la Maison Pompéienne commandée par le prince Napoléon, cousin de Napoléon III. L’architecture et la décoration intérieure sont fidèles au style néo-grec.

La volonté d’indépendance face à l’académisme et l’union des activités artistiques conduisent au développement du néo-grec. Cependant le mouvement néo-grec finit par s’essouffler au bout d’une dizaine d’années par le manque d’intérêt des sujets traités.

Jean-Léon Gérôme : un artiste au style innovateur

Par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE

 Illustration par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE
Illustration par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE

Jean-Léon Gérôme est né le 11 mai 1824 à Vesoul et mort à Paris le 10 janvier 1904.

En 1844, de retour de son voyage italien avec Paul Delaroche, Gérôme s’inscrit dans l’atelier de Charles Gleyre afin de remporter le prix de Rome. Il travaille le modèle idéal vouant un culte à l’antiquité, mais échoue au concours. Il rencontre alors Picou et Hamon avec qui il a partagé ses connaissances. Mais en 1846, ce fut un second échec au concours de Rome ce qui le poussa à prendre un an de son temps pour s’y préparer à nouveau en peignant avec ses amis sculpteurs les animaux du jardin des plantes afin de perfectionner le réalisme de ses œuvres.

Il devint dès lors l’un des peintres français les plus célèbres de son temps en élargissant les thèmes de ses peintures avec pour désir de renouveler la peinture d’histoire. Il transcrit avec ce style de nouveaux sujets épisodiques et le réétudie afin d’améliorer la sensualité et l’harmonie des corps dans le décor.

A travers ces scènes, Gérôme apparaît comme un artiste unique ayant réussi à trouver le juste équilibre entre la nature et la tradition de son regard innocent. De plus, le public, lassé des leçons de morales néoclassiques est alors charmé par le rajeunissement d’une antiquité idéale où l’humour n’est pas absent.

Gérôme est vu comme le précurseur d’un nouveau style néo-grec influençant d’autres artistes comme Picou, Hamon et Boulanger par exemple.

Lors de cette exposition au musée des Beaux Arts de Nantes, nous avons pu voir trois œuvres de Jean-Léon Gérôme. La plus marquante étant Le Combat de Coqs, une œuvre qui montre l’aboutissement de son travail et qui marque alors le début de son nouveau genre. Il montre deux adolescents regardant un combat de coqs, une activité très appréciée à Athènes au Ve siècle avant J.C.

De plus, Gérôme nous montre à travers La Femme aux cornes de Bélier en 1853, qu’il est capable d’associer l’homme à l’animal pour un résultat qui paraît réaliste. Il fait peut-être allusion à la mythologie grecque avec ses nombreuses créatures qui sont le croisement d’un humain et d’un animal.

Enfin, le dernier tableau exposé était Anacréon, Bacchus et l’Amour, dans lequel Gérôme prouve à nouveau sa finesse à représenter le réel par différentes figurations artistiques telles que la musique (flûte double, lyre), la poésie (Anacréon), la danse (cortège, Bacchus) et l’Amour (Cupidon).

Gérôme est un artiste qui a évolué dans sa manière de peindre lui valant d’être l’exemple et la source d’inspiration de nombreux autres artistes. Il est le chef de file du mouvement néo-grec.

Les sujets et les supports travaillés par les néo-grecs

Par Thomas LAUTREDOU, Elisa LECOMTE, Marie KERBRAT

4-ExpoPicouLesArtsDécoratifsTexteIllustrationSuite aux fouilles archéologiques de Pompéi et d’Herculanum, un engouement s’est créé autour de l’époque antique. De nombreux artistes s’y sont intéressés, notamment les néo-grecs dont le cercle s’est formé en 1847.

Les sujets régulièrement abordés par les artistes néo-grecs font donc référence à la Grèce antique, cependant ils ne sont pas traités de la même façon que les néo-classiques (Ingres). En effet, ils ne privilégient pas une réflexion morale et intellectuelle réservée à une culture élitiste mais, au contraire, une peinture de genre avec des sujets plus légers et divertissants de la vie quotidienne qui s’adressent à tous. Par exemple,  Jean-Léon Gérôme a peint en 1846 un tableau intitulé « Jeunes Grecs faisant battre des coqs ». Ce tableau représente deux jeunes grecs se divertissant avec un combat de coqs, activité très répandue à l’époque de la Grèce antique.

Les néo-grecs privilégient principalement le dessin, donnant des peintures très minutieuses et précises. Certaines peintures ont été reproduites en gravures, permettant aux œuvres de se diffuser plus facilement. La maison Goupil & Cie a édité des gravures néo-grecques, notamment des tableaux d’Henri-Pierre Picou. Des ornements ont également été réalisés par les artistes néo-grecs pour des services en porcelaine, principalement en collaboration avec la manufacture de Sèvres. En 1856, un service de table est réalisé pour la villa pompéienne. Ce service est typiquement néo-grec par ses aplats de couleurs vives et ses ornements, inspirés des éléments décoratifs relevés sur les sites archéologiques de Pompéi et d’Herculanum. En effet, les peintres néo-grecs s’inspirent beaucoup de relevés très précis effectués par les architectes sur les sites archéologiques.

Le cercle néo-grec s’étend donc sur plusieurs domaines artistiques tels que l’architecture, la céramique mais aussi la musique, la poésie et la littérature. Parmi ces artistes on compte notamment Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Franz Listz et bien d’autres, qui se retrouvent régulièrement autour de débats et d’échanges.

Henry-Pierre Picou le néo-grec

Par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué

Illustration par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué
Illustration par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué

Nous avons choisit de travailler sur la partie concernant Henry-Pierre Picou, tout d’abord parce qu’il est Nantais, mais aussi parce que sont travail nous à fortement intéressé. Ce fut une belle découverte.

Tout d’abord, Henry-Pierre Picou est né à Nantes en 1824 et mort en 1895 à Nantes également. Il est issu d’une famille d’artistes Nantais. Il fait ses études à Paris et exerce ses talents de décorateur pour la manufacture de Sèvres. Toutefois, il reste proche des collectionneurs de sa ville natale. Son attachement pour la ville est prouvé par la légation de ses œuvres au musée des beaux-arts de Nantes par ses descendants en 1986.

C’est pourquoi, dans la chapelle de l’oratoire sont exposés des tableaux qui sont des peintures et des croquis d’Henry-Pierre Picou dans le style néo-grec. Les œuvres du chef de file des néo grecs, Jean-Léon Gérôme sont également exposées.

Parlons un peu de ce mouvement néo-grec qui est né au 19ème siècle, en France. Il est apparu sous l’impulsion des peintres issus des ateliers des beaux-arts de Paris. On retiendra notamment les élèves de l’atelier de Charles Gleyre, que fréquentait Henry Pierre Picou. Le mouvement a duré toute la deuxième moitié du 19ème siècle. Ce courant s’inscrit lui même dans la mode du classicisme, et a pour particularité d’inclure des contours précis, une atmosphère limpide. Henry Pierre Picou s’inscrit donc parfaitement dans cette mouvance, car ses peintures sont empreintes d’une finesse dans les contours, d’une pureté de l’atmosphère.

Enfin , une œuvre contemporaine est exposée parmi les originaux du 19ème siècle, pour différentes raisons. Tout d’abord les néo grecs avaient repris des thèmes anciens de la mythologie grecque, pour l’inscrire dans la période du classicisme, avec des techniques de leur époque. De la même manière, reprendre des tableaux d’une époque passée, le 19ème, avec des techniques contemporaines a été la motivation première de ces artistes contemporains. Il s’agit de la reprise de l’idée même qui est à l’origine de la fondation du mouvement néo grec.

Pour finir, l’utilisation de paillettes attire l’œil, intrigue et apporte de l’originalité. Cela renforce l’idée qu’un thème artistique peut-être intemporel et constamment revisité, réapproprié par les artistes.

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23 mars 2013    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Exposition « Splendeurs sacrées»  à la chapelle de l’Oratoire

© Thomas Laroche, Louis Aubret, Perrine Paulin, Chloé Emeriau, Apolline Hellez

© Thomas Laroche, Louis Aubret, Perrine Paulin, Chloé Emeriau, Apolline Hellez

La Chapelle de l’Oratoire est une ancienne chapelle déconsacrée datant du XVIIème siècle appartenant au Musée des Beaux-Arts de Nantes. L’exposition « Splendeurs sacrées»  est le reflet de la peinture du XVIIème siècle. Elle questionne la position de l’œuvre religieuse au fil du temps. Sont exposés 14 chefs-d’œuvre datant de 1630 à 1660. Au XVIIème siècle, on observe des changements majeurs dans les domaines politique, artistique et religieux. C’est au Concile de Trente que sont décidés ces changements. L’Eglise décide de redorer son image en contrôlant d’avantage l’Art en limitant les déformations du maniérisme et en donnant un caractère pédagogique aux œuvres en représentant des scènes de La Bible.

Cette exposition aborde des sujets religieux s’inspirant de la Bible ce qui est courant à l’époque. On y observe ainsi des tableaux comme Le repas chez Simon le Pharisien de Philipe de Champaigne, Le Lavement des pieds par Claude Vignon ou encore La Cène par un auteur anonyme. On a d’autres tableaux racontant des fragments de la vie des Saints tels que Ste Geneviève priant pour Paris, St Jean baptisant le Christ, St Germain et Ste Geneviève par Sébastien Bourdon. Il y a d’autres peintures présentées mais les thèmes restent d’ordre religieux. Tous ces tableaux sont des commandes pour des monastères, des églises ou des logements d’ordres religieux, ce qui explique le thème récurent des peintures du XVIIème siècle. [Lire la suite →]

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13 janvier 2013    Art   Expositions

Publié par c.cesbron

« Fragile Territories» , une exposition de Robert Henke au Lieu Unique

Suite à la visite du Lieu Unique et de l’exposition « Fragile Territories» , les étudiants de A1F proposent une série d’articles présentant l’espace culturel, son histoire, sa politique et l’exposition en cours.

1-Histoire d’un lieu

Un article proposé par Alexine PIQUET, Ludivine QUELFENEC, Charlotte GIRARD, Hugo MORIN, Matisse VRIGNAUD

© A. PIQUET, L.QUELFENEC, C. GIRARD, H. MORIN, M. VRIGNAUD
© A. PIQUET, L.QUELFENEC, C. GIRARD, H. MORIN, M. VRIGNAUD

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