Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

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26 mai 2016    Art   Expositions   Non classé

Publié par c.cesbron

Frac des Pays de la Loire.

Le Frac : un espace dédié au soutien et à la diffusion de l’art contemporain

1.FRAC

Article proposé par Léna Paleczny, Louise Peyon, Pauline Oger, Zoé Oberlé, Audrey Poilane.

S’engager aujourd’hui pour la culture de demain, telles sont les valeurs que souhaite transmettre le Frac. Les Fonds Régionaux d’Art Contemporain (Frac), créés entre 1981 et 1993 dans le cadre de la politique de décentralisation culturelle, ont pour but de diffuser l’art contemporain dans chaque région de France. D’abord installé dans l’Abbaye Royale de Fontevraud, le Frac déménagera ensuite à Clisson, puis Nantes, pour s’installer enfin à Carquefou dans un bâtiment spécialement conçu pour ses collections et ses actions. Jean-Claude Pondevie, l’architecte, l’a imaginé tel un “studio-atelier”. Dans un environnement calme et naturel, on découvre un bâtiment de béton brut, de bois et de verre. Une grande faille vitrée le traverse, révélant la fonction du lieu. L’architecte a créé un bâtiment simple, fin et élégant, comme “posé” légèrement au sol. Grâce aux rapports de forces colorés, il prend une place discrète et élégante dans le parc. Le Frac “prête” régulièrement des oeuvres à des Institutions pour les rendre visibles et accessibles, étendant ainsi son champ de diffusion.Créé en 1984, le Frac des Pays de la Loire apparaît comme précurseur proposant des ateliers internationaux. Chaque année le Frac invite six artistes en résidence. Le Frac constitue une collection qu’il fait vivre aux travers d’expositions dans toute la Région. Il accueille également un espace de documentation, important outil de recherches, et propose un travail de sensibilisation auprès de tous les publics et en particulier du jeune public (scolaire).
Le Frac accueille en ce moment deux expositions. La première, “ouverture pour inventaire” propose une redécouverte et une relecture des oeuvres conservées au sous-sol. Elles sont sorties des réserves, pour être inventoriées et  montrées au public. Pendant six mois, une centaine d’oeuvres est exposées, permettant au public de voir ou revoir les oeuvres de la collection.

La deuxième; “Working Model” de Dominik Lang, est un instantané qui est proposé dans le cadre « d’ouverture pour inventaire”. L’artiste tchèque reconstitue un atelier d’artiste, mettant en avant le processus de création artistique et d’exposition des oeuvres.

Ainsi, le Frac par son choix hétéroclite d’oeuvres d’art et son architecture, permet la découverte de l’art contemporain et a l’ambition de rendre la culture ouverte à tous.

L’art contemporain: de l’oeuvre au livre

2-FRACdocumentationimage

Article proposé par Valentine Milliand, Julia Nicoli, Alexandre Nicolle, Constance Rondeau

Le Frac de Carquefou (Fond régional d’art contemporain) est une collection publique d’art contemporain dont la mission est de sensibiliser différents types de publics à la création actuelle. Prenant une place important dans l’espace, le service de documentation comprend plus de 8000 titres, dont des dossiers et des publications concernant les artistes représentés dans la collection. Cette documentation sert plus globalement à constituer un fond de références sur l’actualité des arts plastiques et visuels. Elle est constituée de livres d’artistes, de catalogues d’exposition, de revues périodiques, ainsi que des ressources numériques, le tout centré sur l’art contemporain, le design, l’architecture, etc.
Ce centre de documentation est à disposition du public et comporte un poste informatique qui est destiné à la consultation de la base de données mais aussi à la lecture de DVD et de CD-Roms ainsi qu’à l’accès à Videomuseum : le réseau des collections publiques d’art moderne et contemporain. Étudiants en art, artistes ou passionnés peuvent donc accéder à une quantité et une diversité d’ouvrages sur l’art contemporain facilement grâce à la documentation du Frac.
Certains ouvrages de cette documentation ont été créés par les artistes. Lors de notre visite nous avons pu, à l’aide d’un intervenant, découvrir ce pôle de documentation ainsi que certaines productions qui la composent, en particulier des éditions artistiques jouant avec les codes de l’édition. En effet dans chacun des livres présentés par l’intervenant, l’artiste qui en était l’auteur s’était adonné a un exercice qui poussait alors le spectateur à la réflexion pour en saisir le sens. Par exemple, nous avons découvert un livre étant fait de typographie en bichromie noire et blanche et nous devions retrouver la lettre illustrée au travers de ce qui, au premier abord, constituait à notre sens un motif.

L’exposition

3. principe expo FRAC imageArticle proposé par Mickael Rasolofo, Kevin Pieplu, Guillaume Rotter, Jules Riché, Lucie Redt

« Ouverture pour inventaire [2]»  est une exposition présentée au FRAC (Fonds Régionaux d’art Contemporain) de Carquefou. Comment expliquer ce titre ? Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à ce qu’est un inventaire.
Dans sa définition formelle, un inventaire consiste en un dénombrement ordonné des biens, des stocks. Ce sont donc les éléments formant l’actif et le passif d’un patrimoine. En effet, le FRAC possède une immense collection d’oeuvres qui sont stockées dans ses sous-sols. Il est impossible de tout exposer en permanence. C’est pourquoi l’institution procède régulièrement à des récolements. Mais alors, qu’est-ce qu’un récolement ? C’est une opération qui consiste à vérifier l’état d’objets répertoriés dans un inventaire.
Les oeuvres sont donc étudiées avant d’être exposées dans la galerie. A la découverte de l’exposition, le public est invité à réaliser lui même une sorte d’inventaire tout en créant un lien entre les différentes créations exposées. L’intérêt de l’exposition « Ouverture pour inventaire [2]« , réside dans sa diversité et dans l’évolution constante des idées et de la scénographie de l’espace. En effet, les oeuvres exposées sont régulièrement remplacées, ce qui créé un nouvel équilibre à chaque réarrangement du lieu.
L’exposition permet de mieux faire appréhender l’art de notre temps, en dévoilant les métiers et les gestes invisibles qui entourent les oeuvres en révélant les savoir-faire techniques et scientifiques mais aussi en divulguant l’aspect quotidien de la gestion d’une collection. C’est une vitrine sur l’art inattendue qui est offerte au public. Cela permet parfois un temps de dialogue avec les artistes.
Cette exposition fait suite à celle de la HAB galerie au printemps 2015. Celle que nous avons découverte grâce à l’école en est la deuxième édition.
Nous pourrions alors avancer l’idée que le “[2]” inscrit dans le titre fait référence aux deux phases de l’exposition : la 1ère consiste à assister en direct aux différentes étapes de mise en place des oeuvres, et la 2ème étape, à l’exposition au grand public.

Regard sur une œuvre de l’exposition : “La vie éternelle” de Jacques Charlier

4.Jacques Charlier FRAC imageArticle proposé par Ophelie Nollet, Capucine Pennec, Melys Pottier, Amelie Peron, Loélia Rapin

« La vie éternelle » est une installation aux techniques mixtes et aux dimensions variables. Le thème majeur de cette oeuvre est la précarité tragique de la vie. Elle se compose en deux parties. Sur la gauche, on peut voir quatre tableaux (un ange, un démon, des fruits, une femme). A côté est disposé, devant une toile sombre d’une grande dimension, tout un tas d’objets dans un camaïeu de rouge : une sellette supportant une corbeille de fruits artificiels, un grand bouquet de fleurs fraîches et, sur une estrade, un maillot en paillettes, une parure de plumes, des souliers, tout l’attirail de séduction d’une femme. Cette dernière se trouve en portrait photographique disposé sur un chevalet. Cette femme a posé dans l’installation de l’artiste durant le vernissage avant de disparaître, laissant ainsi derrière elle le décor et son image.

Jacques Charlier est né en 1939 à Liège. C’est un artiste qui n’hésite pas à explorer tous les champs d’activités artistiques : la photographie, la peinture, la sculpture etc… souvent critique notamment grâce à son utilisation de l’ironie, n’hésitant pas à détourner les codes de la publicité ou des médias. Il se lie d’amitié avec Marcel Broodthaers, un artiste avec qui il va fréquenter les galeries d’art belges. Il va aussi collaborer jusqu’à la fin de sa carrière avec Jean Hoet. Jacques Charlier participe à de nombreuses expositions en Belgique comme à l’étranger. En 1986 il participe à la célèbre exposition « Chambre d’amis»  à Gand. En 2009 il expose son oeuvre Disorder au Palais des Beaux Arts de Bruxelles mais cette même année il se voit aussi refuser par la ville de Venise son projet 100 sexes d’artistes en raison du caractère sexuel du projet. Ses œuvres sont présentes par exemple au musée d’Ostende en Belgique, mais on les retrouve aussi en France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Luxembourg.

Jacques Charlier propose, à travers son installation, une réflexion amusée sur le temps, l’art et la vie. Les quatre peintures de gauche sont comme une introduction à l’œuvre. Cette derniére  exploite la notion du temps qui passe : un sentiment d’être hors du temps se dégage tel un instant figé. L’installation se transforme au fil des expositions, tout comme le modèle et sa posture . Une atmosphère intimiste avec une dimension romantique s’installe… La femme nous renvoie à l’univers du cabaret, du jeu, de la sensualité… C’est comme une vanité..

A notre avis, un certain paradoxe s’installe en regardant cette œuvre car elle donne l’impression d’être vivante… Cette installation nous montre que la vie n’est pas éternelle, les objets perdurent alors que l’homme non.

Regards sur l’oeuvre de Jean-Luc Vilmouth Cut out 2 (1980)

5-VILMOUTHimageArticle proposé par Lisa MOUEN, Hortense RIPOLL, Maylis ROLLAND, Lucas RAGOT

Jean-Luc Vilmouth, plasticien français a été influencé par le minimalisme et l’art conceptuel. Il a consacré sa carrière aux sculptures et aux installations et a également réalisé des performances. Il a été profondément sensible à l’étude de nouvelles cultures ainsi qu’aux liens familiers qui peuvent exister entre l’homme, la réalité, monde. Son art se focalise autour des objets du quotidien.  Il cherche à souligner la valeur que possède chaque objet, le sens, la force, la poésie que celui-ci véhicule. Il ne le transforme pas, ne le magnifie pas physiquement mais, par sa mise en scène, tente de lui apporter une dimension différente. Il interroge le rapport que l’homme entretient avec l’objet et la place que celui-ci prend dans notre quotidien.

Cut out 2” est exposée actuellement au Frac du Pays de la Loire, dans le cadre de l’exposition “Ouverture pour inventaire”. Il s’ agit d’une œuvre composée essentiellement de fils gainés. L’installation, imposante, est disposée à même le sol. Elle est constituée de cercles de fils électriques de couleurs et de sections différentes. Notre regard est directement attiré au centre du cercle où est posée une pince dont les couleurs ont une incidence sur le choix des couleurs des cercles concentriques qui se déplient autour d’elle. Ces cercles de  câbles qui entourent la pince lui confèrent une certaine aura. L’artiste joue de la relation outil/matériau (puisque la pince est conçue pour couper le fil électrique). L’objet ainsi détourné de son utilisation première est ainsi mis en avant. La pince n’est plus une simple pince mais devient par l’appropriation qu’en fait l’artiste, un symbole, une pièce unique bien que provenant d’une fabrication en série. L’objet dans l’art redéfinit son statut par sa mise en scène au sein d’une installation, un contexte différent de celui de la vie quotidienne où chaque objet a une place définie.

Lorsque nous avons pénétré dans la salle, l’installation a suscité des questionnements sur sa signification ainsi que sur la démarche de l’artiste. Le fait qu’elle soit placée à même le sol nous a intrigués. Son agencement dans la pièce n’est pas un hasard, elle attire le regard du public puisqu’elle se situe à l’entrée de l’exposition. Suivant son lieu d’exposition, l’oeuvre est adaptée à l’espace. Pour son exposition actuelle, avec l’accord de l’artiste, des cercles de fils ont été ajoutés afin de lui donner plus d’ampleur dans l’espace. De ce fait, la taille de l’oeuvre est impressionnante, d’une taille supérieure à celle d’un homme. Dans l’installation Cut Out 2, Jean-Luc Vilmouth réduit l’acte de sculpter à sa plus simple expression : couper.

“WORKING  MODEL”, Dominik Lang

6-expo Dominik Lang image FRAC-2Article proposé par Juliette Paugam, Marie Pelhate, Paul Pege, Laurent Poinsignon, Clémentine Peyron

Nous allons nous intéresser à l’exposition “Working Model” de Dominik Lang qui s’inscrit dans le cadre de « Ouverture pour inventaire» . Il y a en effet, quelque chose de la collection, de l’inventaire dans la démarche de Dominik Lang. Ses sculptures évoluent avec le temps, son processus de création « documente»  une histoire personnelle. Dominik Lang utilise des fragments de croquis trouvés dans l’atelier de son père, Jiri Lang lui-même artiste, pour créer des sculptures qui n’existaient que sous forme d’esquisse, de projet. Le manque de précision des brouillons réalisés par son père, fait que Lang s’éloigne sûrement des intentions initiales, mais cela perpétue le cycle de création et d’évolution. Dominik Lang s’intéresse aux modalités de création et de production des œuvres. En effet, ici, les socles sont remplacés par des tabourets, salis de peinture, les dessins sont accrochés sur un morceau de véranda, il y a des caisses, des chevalets… Ces éléments nous font comprendre que nous nous trouvons dans un espace atelier. Dans son travail, Dominik Lang nous confronte également à diverses questions: Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Quels en sont les critères : la beauté ? l’intention ? l’authenticité ? Ces questions centrales nous proposent une lecture différente de son travail. De plus, en exposant de vieux croquis de son père, il donne vie à l’imaginaire de son père. Cette installation nous plonge également dans l’univers de conception des artistes, puisque l’on y voit les croquis prendre vie en volume.

Nous avons apprécier l’œuvre de Dominik Lang. Tout d’abord, la configuration de l’espace, conçue par l’artiste, comme un espace d’atelier, est épuré, dans une petite pièce claire. En observant ses oeuvres, on explore une installation mêlant volumes et dessins, réalisés à partir de différents matériaux. Ce mélange de techniques permet de voir le processus de création des oeuvres, tout en ayant une diversité de supports. Son travail est également intéressant car il réactive la production artistique de son père… Ceci ajoute une dimension vivante et humaine, on entre dans l’intimité de l’artiste. Il interroge la continuité d’un travail artistique d’un père à son fils, les mécanismes de transmission…

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8 mai 2016    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Etienne Cournault, la part du rêve

Compte-rendu de l’exposition visitée par les A1 en janvier-février 2016 au Musée des Beaux-Arts de Nantes (Chapelle de l’Oratoire)

La Divergence guidée par l’univers onirique

Par Flammenn Briand-Vaugeois, Clara Chanteloup, Albéric Chevallier, Corentin Dauvert, Antoine De Lemos, Julien Cougnaud

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L’exposition « la part du rêve » présente les œuvres d’Étienne Cournault, artiste, peintre et graveur Nancéien originaire du début du XXème siècle. Pour l’occasion, le musée des Beaux-Arts de Nantes a créé un partenariat avec celui de Nancy pour mettre en évidence la compétence d’un artiste souvent méconnu du grand public et négligé dans l’histoire de l’art.

Pour sa première à Nantes, le travail d’Étienne Cournault est exposé dans la Chapelle de l’Oratoire. Ce lieu atypique est apprécié pour sa luminosité et son volume, ainsi que les possibilités scénographiques qu’il offre. En effet, l’architecture de cet espace est propice à la mise en place de la soixantaine d’œuvres exposée qui peut ainsi être répartie de manière logique selon les différentes thématiques ou techniques. La Chapelle de l’Oratoire devient alors un lieu singulier et unique par sa réhabilitation en un espace d’exposition où la composition originelle du lieu est conservée grâce à une scénographie sobre, claire et épurée.

Comme le titre de l’exposition le suggère, « La part du rêve », ces œuvres mettent en avant l’imaginaire et la métamorphose. L’artiste s’inspire du cubisme, surréalisme et du métaphysisme sans toutefois ne jamais y prendre part. Certaines de ses œuvres peuvent être considérées comme référentes à Picasso, Dali ou encore André Breton.

Cependant, Étienne Cournault n’est pas seulement novateur par l’originalité des thèmes qu’il aborde, tels que la tâche ou le graffiti. Il utilise également de nouvelles techniques et s’intéresse tout particulièrement aux matériaux comme le sable, la nacre, les paillettes, le carton ainsi que le verre. Il a également utilisé la technique de peinture sur verre avec collage d’éléments photographiques ou encore la fresque.

De plus, il est adepte d’un « art total » : c’est à dire qu’il ne veut pas se limiter aux beaux-arts, aux arts décoratifs ou aux arts appliqués mais il veut bel et bien développer ces trois formes. De ce fait, on trouve des éléments dont la fonction reste encore indéterminable: c’est le cas du Miroir à Pied (1935).

Enfin, on remarque clairement qu’Étienne Cournault développe un style particulièrement graphique où il arbore un aspect faussement enfantin. Cette naïveté est parfois difficile à interpréter, mais on peut établir un lien entre toutes ses œuvres qui est la représentation humaine de manière plus ou moins subjective.

Etienne Cournault, un artiste polyvalent

Par Marion Chollat-Namy, Léa Dubois, Léa Cherbonnier, Astoria Diarra, Amaïa Charles, Oriane Danniélou

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Etienne Cournault naît près de Nancy en 1891 dans une famille d’artistes. Il prend des cours de dessin dans l’atelier tenu par deux peintres lorrains et s’intéresse en parallèle à la gravure. En 1906, il intègre pour cinq ans l’École des Beaux-arts de Nancy où il reçoit une formation variée, aussi bien axée sur les arts graphiques que sur les arts appliqués.

Il est illustrateur de guerre durant la Première Guerre mondiale.

En 1920, il part s’installer à Paris pour y faire ses débuts en tant que portraitiste. Il commence à côté un certain nombre d’expérimentations, introduisant du sable au sein de ses travaux.

Son voyage en Italie en 1923 le pousse à s’intéresser à la technique de la fresque à laquelle il s’essayera à partir de 1926. A son retour en France, il parcourt les expositions universelles des arts décoratifs et de l’industrie et est influencé par les différents mouvements d’avant-garde de son époque. Son intérêt pour le cubisme et plus particulièrement pour les travaux autour de la matière d’artistes tels que Braque (La Mandoline) ou encore Picasso (Nature morte à la chaise cannée) s’accroît. Il devient alors un expérimentateur, et mélange les supports et matériaux, introduit dans son œuvre des objets du quotidien (comme une boule de noël). Ses sujets se diversifient. Comme beaucoup d’artistes de son époque, tels que Miro ou Calder, il s’intéresse à l’univers du cirque, où il travaille pendant un an. En parallèle, il commence un certain nombre d’œuvres autour des graffitis qui le passionnent.

L’année 1928 marque un tournant dans sa carrière. Il expose pour la première fois son travail personnel, un ensemble d’œuvres autour du miroir et du verre et se fait repérer par le collectionneur Jacques Doucet et la décoratrice Rose Adler. Ces rencontres lui permettent de recevoir ses premières grosses commandes. Un an plus tard il intègre l’Union des Artistes Modernes (UAM) en tant que membre fondateur, au côté de personnalités telles que Charlotte Perriand ou Le Corbusier. En parallèle, Etienne Cournault fonde un collectif de graveurs, La Jeune Gravure Contemporaine (JGM).

Ses collaborations avec des designers et architectes placent son travail à la frontière entre l’œuvre d’art et l’objet. Ainsi, Jean Prouvé réalise pour lui le support de certaines de ses œuvres, l’orfèvre Jean Desprès transforme ses plaques décorées en bijoux.

A partir de 1930, des problèmes de santé le poussent à rejoindre sa maison familiale, où il y demeurera jusqu’à sa mort.  Ses travaux sont de plus en plus axés autour de la fresque, et de la gravure sèche, au burin. Il s’essaye à de nouvelles techniques et réalise durant la Seconde Guerre mondiale son premier monotype. Il meurt prématurément à l’âge de 57 ans en 1948.

Si le travail d’Etienne Cournault est aussi peu connu, c’est probablement dû à son ambiguïté entre beaux-arts et arts décoratifs. Au carrefour des différents mouvements artistiques de son époque : surréalisme, cubisme, art abstrait… Il est au centre du foisonnement artistique de la première moitié du XXème siècle. Son travail est à la fois représentatif de son époque, et de par sa polyvalence, très particulier.

Bibliographie
“Etienne Cournault, la part du rêve”, Musée des Beaux Arts de Nantes, aide à la visite, exposition du 6 novembre 2015 au 7 février 2016
Université de Nantes,  Université Bretagne Loire, VERMILLON Simy, “Conférence à 14h30 : Claire LEBOSSE « Autour d’Etienne Cournault (1891-1948)» ”, dernière modification le 10/12/2015, consulté le 01/02/2016, http://www.univ-nantes.fr /
Les Arts Décoratifs, Musée des arts décoratifs de Paris, auteur anonyme, “L’Union des Artistes Modernes (UAM)”, dernière mise à jour du site en 01/2015, consulté le 01/02/2016, http://www.lesartsdecoratifs.fr/
“Etienne Cournault” [émission TV], France Région 3 Nancy, 28 avril 1978, 12min 27 sec, disponible sur le site de l’INA, consulté le 01/02/2016

Une polyvalence artistique

Par Gaëtan Chaudet, Arthur Colpaert, Jeanne Crespin, Alexandre Compagnie, Malouine d’Aubert, Arthur de l’Estang du Rusquet, Palmyre du Boberil

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Etienne Cournault mélange les références, s’inspire du cubisme de Picasso, du surréalisme de Dali, et du découpage de Matisse. Il ne cherche pas à appartenir à un courant spécifique, ce qui l’intéresse particulièrement est l’aspect visuel et la matérialité de l’œuvre. Il s’est beaucoup inspiré des peintures métaphysiques et surréalistes qui créent un univers frontière entre rêve et réalité ; et de l’histoire mythique romaine.

Ses œuvres renvoient à une idée de fragment, de puzzle, par le travail de matières et de textures, elles sont plus figuratives qu’abstraites. Les formes stylisées sont disposées dans un espace incohérent, cela donne l’impression d’être dans un rêve étrange.

L’artiste utilise un miroir argent auquel il retire le tain par grattage à l’acide puis y peint ou applique des décorations au revers. Il exploite différentes techniques telles que le collage de photo ou de tissus. Ses œuvres font penser à des dessins enfantins.

L’effet miroir reflète l’espace environnant le tableau, il interagit avec celui-ci. Le spectateur pénètre dans l’œuvre, il se voit fractionné et ses cadres profonds faits spécialement pour les œuvres font passer l’observateur du monde réel au monde imaginaire onirique.

Au cours de sa vie, il a beaucoup travaillé avec des designers tels que Jean Prouvé pour réaliser les socles de ses sculptures, il utilise entre autres la tôle et d’autres matériaux.

Il fait partie de l’UAM (Union des Artistes Modernes) en effet son travail s’intègre très bien dans le travail des designers et des architectes de sa génération (Le Corbusier, de Launay) ainsi dans le mouvement des arts décoratifs où l’on mélange art et mobilier, on réfléchit beaucoup à moderniser et à trouver de l’utilité.

Etienne Cournault a conjointement pratiqué des techniques particulières et des pratiques expérimentales : il peint au revers de plaques de verre puis en fait argenter certaines parties laissées en réserve et y peindre ou appliquer des décorations au revers à sa guise pour entremêler formes et couleurs (peinture, collage, photo, morceaux de nacre, boules de Noël, paillettes métalliques, encre, papier…)

Dans ses œuvres sous verre on ne se voit plus, les fonds sont sombres et uniformes. On retrouve d’ailleurs une similitude artistique avec le peintre Miro, notamment dans sa série sur les constellations. On retrouve aussi l’univers du carnaval et du cirque, cela s’explique car l’artiste a vécu quelques temps dans un cirque étant plus jeune, le temps de faire quelques croquis. C’est de manière générale une source d’inspiration pour cette génération d’artistes, car c’est la frontière entre la réalité et le rêve.

De plus, ses cadres sont toujours travaillés pour être en parfaite adéquation avec l’œuvre. Il travaille pour cela avec des designers.

A travers le même thème il a réussi à réaliser des représentations très variées avec une peinture très singulière et n’entre pas forcément dans la chronologie habituelle.

Entre spontanéité et réflexion

Par Clémence Delin, Geneviève Cugnart, Camille Davy, Léo Decan, Jules Chanvilalrd, Jason Chapron, Lisa Diguet.

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Etienne Cournault est toujours à la recherche de variété, de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux.

Outre ses œuvres peintes sur verre ou miroir, il réalise aussi des graffitis, des estampes et des tableaux de sable. En 1927, il commence ses premières séries inspirées des graffitis. Ce sont des inscriptions gravées grossièrement sur les murs de la ville. Il réalise ces œuvres grâce à la gravure, afin d’être au plus proche du sujet, qu’il maîtrise sous ses multiples approches : eau forte, vernis mou, encre au sucre, burin, pointe sèche, sur cuivre, sur zinc, sur aluminium, sur argent, sur rhodoïd et sur mica, comme par exemple pour son tableau « Danse sur la plage »  ici fait sur une plaque de métal, sur laquelle il dépose une couche de vernis en épargnant des endroits pertinents et réfléchis. Une fois la plaque dans l’acide les parties non vernies se creusent. Initialement, Cournault s’inspire de l’ensemble des graffitis qu’il observe dans Paris, réalisés par divers inconnus. C’est donc une impression de spontanéité qu’il veut faire ressortir dans ses œuvres, car les graffitis reflètent nos propres pensées, un langage brut et enfantin. Cette forme d’expression intéresse de nombreux artistes comme le photographe Brassai qui prend les murs de Paris gravés comme sujet, et duquel Cournault s’inspire. Il crée aussi à partir de gravures des estampes qui sont les empreintes réalisées à l’encre sur un support souple à partir d’une matrice. La méthode utilisée pour cette technique est la gravure par eau forte ou par burin, celle par eau forte étant cependant la plus adéquate. Elle permet un travail précis, et des endroits partiellement composés d’encre sans motifs définis. Une fois recouverte d’encre ou de peinture à l’huile elle est renversée afin de reproduire les motifs préalablement inscrits. Les estampes permettent donc des impressions successives et identiques.

Parmi ses estampes le monotype est un procédé d’impression sans gravure qui produit un tirage unique. Il s’agit de peindre à l’encre, à la peinture à l’huile, ou à la gouache, sur un support non poreux comme du verre, du métal ou du plexiglas.

Cournault conçoit aussi des tableaux de sable, c’est à dire que certaines parties du tableau sont recouvertes de sable, ces parties sont ternes, compactes, grossières, sombres contrairement aux œuvres sur miroir ou verre qui sont lumineuses, légères et intégrant l’observateur. Pour ses tableaux de sable, il s’inspire notamment du cubisme avec ses formes grossières et géométriques.

Ainsi les œuvres de Cournault sont le résultat de différentes expérimentations suite aux multiples techniques mises en œuvre. Il ne cherche pas la reproduction en série et l’identique mais la spontanéité et la diversité dans ses styles. Pour beaucoup de ses œuvres, il part d’une tache qui par sa couleur et sa forme l’inspire. Le thème le plus abordé par Cournault est la représentation humaine.

A la suite de cette exposition, notre ressenti général a été l’incompréhension face à une grande quantité de travail et de réflexion pour un résultat suscitant une impression de facilité, de la part de l’observateur. Nous retenons l’originalité d’un travail innovant, expérimental et diversifié.

Un Rêveur aux Multiples facettes

Par Maxence DE COCK, Hermeline DUCHEMIN, Teddy DETOMA, Jérémy DREAN, Lewis DINGLEY, Jean-Guillaume DENIEL

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Vers la fin du XVème siècle, la philosophie humaniste naissante a bouleversé l’art, en plaçant l’homme au centre des préoccupations, et ce au profit de la figure divine. Depuis, la figure humaine est sans contestation l’élément le plus représenté par les artistes. Portraits, autoportraits, scènes romantiques, de guerre ou encore de fête, témoignent de l’attachement des artistes à cette dernière. Déclinée sous différents styles, plus ou moins réalistes, l’image de l’homme n’a cessé d’évoluer au cours des siècles, et des courants artistiques. Rien d’étonnant donc qu’Etienne Cournault, artiste lorrain de la première moitié du 20ème siècle et grand amoureux de la stature humaine, y ait consacré nombre de son temps.

Nous avons pu observer à travers l’exposition de Cournault qu’il ne se considère pas comme un peintre d’un genre, il n’intègre aucun courant. E. Cournault privilégie l’effet esthétique et non théorique. Dépourvu de progrès technique, son travail est un aller-retour perpétuel qu’il opère avec des techniques stylistiquement très variées.  Il explore la matière avec notamment la fresque qui selon lui, “ convient à son improvisation, à la vitesse de son coup de fouet et sa fantaisie “ mais également les jeux d’équilibre de peintures et objets sous verre avec des miroirs argentés, cadres de métal tridimensionnels, procédés de grattage, d’acides ou d’oxydation pour ses peintures au sable, collage d’éléments photographiques, série de graffitis qu’il ne cesse de réinventer.

L’humour Dada, la tâche, le graffiti, le dessin d’enfant, le masque, la calligraphie deviennent ses thèmes privilégiés dont il doit tirer l’intérêt de sa carrière de portraitiste mondain. Ses œuvres ont un impact sur l’espace dans lequel elles se situent et impliquent le spectateur.

Etienne Cournault était un rêveur, voyageur parmi des constellations abstraites, amoureux des visages humains, graffitis et des formes hybrides évoquant le surréalisme. Il a expérimenté les courants artistiques mais toujours en laissant une part au “ hasard de la matière ”. Il a cherché à créer une frontière entre le réel et l’imaginaire tel un test de Rorschach en restant dans le thème de l’Homme et de son corps.

Cournault invente sa propre modernité. « L’inutile, l’étrange, le mystère » (Roger Brielle, 1931) habitent son monde.

Rendant hommage à l’artiste, Waldemar Georges écrira de lui : « Quelle étrange histoire et quel étrange destin que celui de cet artiste que seule une élite d’amateurs connaît et qui s’impose comme un maître. »

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13 février 2015    Expositions

Publié par c.cesbron

Visite de l’exposition « Les Mues»  de Huang Yong Ping à la HAB galerie

1- Une exposition qui s’inscrit dans le parcours du VAN ( Voyage à Nantes)

1-Voyage à Nantes

Un article proposé par : Gaëlle RIOUAL, Caroline ROTUREAU, Marine TEXIER, Jade TOTH, Céline VEPA

Le Voyage à Nantes est un événement estival et un organisme touristique, créé en 2011, pour donner à la ville une dimension culturelle, une image vivante et un rayonnement national, voire international. Nantes Métropole a eu l’idée de réunir l’Office de tourisme, la SEM Nantes Culture et Patrimoine, les Machines de l’île, et le parcours Estuaire dans une même structure. C’est à Jean Blaise, directeur artistique, qu’a été confié le projet.

Le Voyage à Nantes est un parcours entre la ville et l’art. Plusieurs étapes sont proposées, à la découverte de la ville, d’œuvres d’art, des musées, des lieux patrimoniaux, des lieux de vie, de multiples manifestations…

Le Voyage à Nantes a pour objectifs d’augmenter l’attractivité touristique de la ville de Nantes et de l’internationaliser.
La programmation 2014 du Voyage à Nantes a été marqué par plusieurs œuvres :
- L’installation chromatique d’Elsa Tomkowiak au théâtre Graslin.-

- Métamorphose, installation au jardin des Plantes de Claude Ponti, illustrateur et auteur de littérature jeunesse qui donne vie à des créations originales comme « Serpicouliflor », les personnages nés dans des pots de terre, les bancs processionnaires ou le poussin endormi.

- Patrick Dougherty, artiste américain, a réalisé dans les douves du Château des Duc de Bretagne une construction de structures végétales et éphémères.
L’exposition « Les mues » de Yong Ping, installée dans la HAB Galerie participe à l’événement. La HAB galerie, ouverte en 2011, espace clé du Voyage à Nantes, est située dans les anciens hangars à bananes de l’île de Nantes. Ce lieu ouvert à l’année a pour but de promouvoir l’art contemporain à travers 3 à  4 expositions par an. Cette exposition fait écho à une autre oeuvre de Yon Ping, installée à Saint-Brévin-les-Pins, le serpent d’océan, partie intégrante du parcours de l’estuaire 2011. De la même manière, l’anamorphose de Varini créée sur les hangars garde la mémoire de l’exposition « Suites d’éclats » à la HAB Galerie lors de la version 2013 du Voyage à Nantes.

2- L’artiste, Huang Yong Ping

2-Yong PingUn article proposé par Ophélie STREZLEC, Xiaoyu TANG, Kevin SCOTET, Aurore SALVI, Capucine RUELLAND

Huang Yong Ping est né le 18 février 1954 dans la province du Fujian. Cet artiste contemporain de nationalité chinoise, puis naturalisé français, s’est installé en France en 1989. En Chine, il a fondé le mouvement «Xiamen Dada», qui a pour mot d’ordre «Le zen est Dada, Dada est le zen». Huang Yong Ping est un grand admirateur de Marcel Duchamp, dont on retrouve la trace dans l’exposition aux travers d’articles de journaux. Un article du Figaro décrit l’artiste comme un « un tigre, comme ceux qu’il fait renaître dans ses installations théâtrales et symboliques où l’homme, hors de proportions, tour à tour trop petit ou trop grand, disparaît comme le fétu de paille sur l’Océan.»  Peut-être que l’on peut reconnaitre l’artiste à l’entrée de l’exposition sous l’apparence de  éléphant qui perd sa peau. En effet, on peut comprendre que Yong Ping change de peau en arrivant en France, il change de nationalité, se confronte à une nouvelle langue, une nouvelle culture. L’éléphant se situe devant la grande baie vitrée : il a besoin d’air, ayant l’habitude des grands espaces de liberté. Sa trompe esquisse un mouvement : il n’est pas passif  face à son destin. Déjà invité à Nantes, dans le cadre d’Estuaire, Yong Ping a réalisé une œuvre monumentale installée à Saint-Brevin en 2012. Le « Serpent d’Océan»  est présent sur la plage du Nez-de-Chien. Fantomatique et immense, l’œuvre se découvre à marée basse, ne gardant que la tête hors de l’eau à marée haute. En faisant apparaître sur les rives de l’Europe l’une des figures majeures de la mythologie chinoise, Huang Yong Ping aborde, comme souvent dans son travail, les notions d’identité et d’hybridité culturelle. La question environnementale est également très présente dans son art où il met régulièrement au jour le paradoxe de l’homme sciant la branche sur laquelle il est assis, tiraillé entre capacités créatrices et pulsions destructrices. Lors d’une interview avec Le Figaro, l’artiste déclare: »  J’ai souhaité imaginer avec cette nouvelle pièce Les Mûes, produite pour le Hangar à bananes, un épisode antécédent ou postérieur à la pièce pérenne que j’ai créée en bordure de l’Océan à Saint-Brévin» .

3- Les « Mues »

3-lesmuestitredelexpositionimageUn article proposé par Rémi VERGER, Thomas RUDI, Matthieu ROUSTEAU, Coline ROYER, Agathe ROUSSEAU

L’exposition intitulée  Les Mues rassemble quatorze œuvres de plus ou moins grandes tailles qui, toutes, abordent l’idée de la mutation, de la transformation.
Dès l’entrée de l’exposition, un éléphant perd son ancienne peau, tel un homme enlevant son pyjama le matin. Sa « mue » est étalée au sol. Elle est faite de peaux de buffles cousues entre elles. Leur couleur grise donne à cette« mue » une impression de vieux, d’une peau qui a vécu et qui a gardé des traces. L’éléphant quant à lui semble « renaître» , il est tel un nouveau-né avec sa peau fripée et ses couleurs nuancées entre le blanc et le jaune. Cette œuvre donne une vision poétique d’une renaissance. Traversant l’exposition de part en part, une mue de serpent, longue de 120 mètres, semble symboliser le vivant devenu mort, mais aussi la mutation ou la transformation.
On peut retrouver cette idée dans la maquette qui représente une banque britannique construite au début du 20e siècle à Shanghai. Yong Ping l’a reconstituée en sable à l’aide d’un moule en bois. Le sable s’effrite et finit par tomber traduisant la vanité du pouvoir, de l’argent et du capitalisme. Ironie du sort, cette œuvre s’est partiellement effondrée lors de son installation mais l’artiste a décidé de la laisser comme ça car pour lui l’incident fait parti de l’œuvre.

Plus loin,  une sphère représente un globe terrestre épluché comme une orange. Sur le mur, derrière est accrochée la « peau » de ce globe avec ses continents. Dans cette « peau»  du monde sont enfoncées des épingle ayant à leur extrémité un bout de papier indiquant des catastrophes passées ou à venir. Voilà qui ne laisse rien présager de bon !

Le titre de cette exposition est à la fois explicite et implicite. En effet, « Les Mues » qualifient concrètement certaines œuvres comme, par exemple, les peaux éphémères perdues par des animaux, mais également des œuvres qui détiennent des idées plus abstraites comme, par exemple, la banque britannique. Néanmoins, toutes ces œuvres révèlent une idée commune : le temps, l’évolution, la transformation…

4- Une œuvre qui a une dimension politique ?
4-Yong Ping Banque de sable -image

Un article proposé par Matthis Seguin, Louise Roussière, Cécile Tijou, Garance Warin, Valentin Sendrier

Parmi les nombreuses œuvres présentes dans l’exposition «  Les Mues  » certaines semblent avoir une visée politique. Par exemple,  Le Palanquin,(1997)  est constituée d’une chaise à porteur avec des serpents. Fait-elle référence à une forme de domination (politique, culturelle, sociale ?).
Si on lève la tête, on aperçoit une œuvre nommée  Trois Ailes conçue en 2003. Elle est composée de fibre de verre, tissus, peau d’animal et crayon de couleur sur papier, mettant en scène une chauve souris avec dans sa gueule une aile d’avion. Cette image fait référence à un incident diplomatique entre un chasseur chinois et un avion espion américain.
Abbrotabad est une maquette du complexe fortifié ou Oussama Ben Laden a été tué en 2011. Créé en céramique et plantes, cette pièce est comme une ruine, un jardin abandonné où la nature reprend ses droits. Quelle lecture en avoir ? (politique, historique, philosophique ?)
Banque de sable, sable de banque est une impressionnante maquette en sable de 6 mètres de long. C’est une reproduction de la première banque britannique HSBC inaugurée à Shangaï en 1923. L’œuvre représente la grandeur et l’importance du capitalisme aussi bien que sa fragilité. Lors de son installation à la HAB galerie un angle de l’œuvre s’est même effondré. Huang Yong Ping a fait le choix de laisser l’œuvre telle qu’elle, confirmant ainsi l’instabilité du système financier d’aujourd’hui.  Celle ci est constituée d’un mélange de sable et de ciment. L’artiste a créé un moule réduit de l’édifice, a coulé le mélange à l’intérieur puis il a retiré le moule. C’est d’ailleurs lors de cette opération qu’une partie de la structure s’est effondrée. Cette œuvre prend aujourd’hui une dimension politique en faisant référence à la mondialisation et aux échanges de flux financiers internationaux. Le capitalisme de masse a récemment mené l’économie de pays du monde entier dans des crises financières comme celle de 2008 en France.

5- Les relations Orient/Occident dans l’œuvre de Yong Ping

5-Yong Ping les relations Orient:Occident imageUn article proposé par Tifanie TAILLEFER, Clovis ROMANO, Chloé ROUGEAU, Bastien STEPHANT, Pierre THOMAZEAU

Huang Yong Ping est un artiste chinois, il s’installe en France en 1989 suite à l’exposition Les Magiciens de la terre au Centre Georges Pompidou à Paris. En étant en France l’artiste peut créer des oeuvres qui seraient sans doute censurées dans son pays natal tel que « banque de sable ». Souvent, il mixe dans ses œuvres les deux cultures différentes qui le traversent.
Les mythes liés aux animaux très profond dans la culture chinoise nourrissent son oeuvre. Avec Commencer en tête de serpent et finir en queue de tigre, Huang Yong Ping détourne un proverbe chinois « commencer un tête de tigre et finir en queue de serpent » pour se moquer du comportement humain et faire découvrir ça culture au monde occidental.
L’artiste a affirmé : « Nous devrions combattre l’Occident avec l’Orient et, vice-versa, l’Orient avec l’Occident ». Cette affirmation montre que pour lui les influences entre deux cultures différentes sont très importantes et que « Occident » et « Orient » ne sont pas des concepts définitifs. L’artiste essaie à travers ses œuvres (souvent monumentales) de réinterpréter les philosophies et les mythes de ses différentes cultures, de confronter ses deux mondes plutôt que de choisir entre les deux, en les mélangeant, hybridant, opposant, dans le but d’en révéler les complexités et les contradictions.

6 – La place la figure animale chez Yong Ping.

6-Yong Ping  animal imageUn article proposé par Maxime Rousset, Corentin Travers, Victor Shirm, Elodie Rigault, Baptiste Riom

Huang Yong, ayant deux expériences culturelles différentes, orientales et occidentales, s’inspire des mythes pour traduire sa vision, son univers, son regard sur le monde. Souvent, l’artiste met en scène des animaux dans ses installations. On peut voir l’animal comme le symbole d’un caractère, une sorte de personnification. Un animal possède un caractère violent, calme ou puissant.
Le rapport à l’animal est très fort en chine, car chaque animal possède une signification différente : par exemple, le hibou représente le Yang et la violence. Yong Ping aime emprunter des images à la philosophie chinoise qui est métaphorique.
Dans l’exposition « Les MUES » à la HAB Galerie, il utilise l’animal pour dénoncer des chocs politiques et diplomatiques que traverse le monde. Par exemple La Chauve-souris, qui a été censurée en Chine car elle représente un accident aérien entre un avion espion américain et un chasseur chinois qui se sont télescopés. De plus, elle pouvait porter à confusion avec les évènements du 11 septembre…
Selon lui : « Notre vie ne peut pas échapper aux éléments sociaux : quand on regarde des animaux dans un zoo, ils sont isolés, protégés les uns des autres. Il n’y a pas ce besoin entre les différentes cultures, puisqu’il est impossible aujourd’hui que celles-ci restent isolées et protégées les unes des autres. Chacun chante avec sa propre voix et pourrait créer des désaccords ou casser l’harmonie. »

La Mue de serpent : vedette de l’exposition ?

La Mue de serpent, élément central de l’exposition a été réalisée spécialement pour l’événement. Elle mesure 120 mètres de long et est composée de plusieurs morceaux de toiles et de résine. Elle est également recouverte de vernis et de peinture, ce qui lui donne un aspect réaliste. Elle est entièrement démontable, ce qui lui permet d’être présentée dans les galeries du monde entier.
Fil conducteur de l’exposition, elle guide le spectateur à travers les œuvres. Cette mue impose un sens de visite, nous invitant au voyage… A Nantes. .
La mue semble associée au squelette de serpent d’océan de Saint-Brévin. Celui-ci est une sculpture monumentale composée d’aluminium, longue de 120 mètres. Elle représente le squelette d’un immense serpent de mer imaginaire, dont les vertèbres ondulent pour se terminer par une gueule ouverte. La queue du monstre mythique est située à la limite des marées basse, sa tête à la limite des marées haute. Lorsque la mer monte, la sculpture est peu à peu engloutie par les eaux. Seule la tête du monstre marin émerge. En revanche à marée basse, il est possible d’en faire le tour à pied .
Cette œuvre en deux parties pose la question de l’identité, de l’immigration et de la mixité culturelle.
À la HAB galerie, dans l’exposition « Les Mues» , le serpent possède une place principale, car l’animal est également présent dans d’autres œuvres, comme le Palanquin, qui est composé de véritables mues de serpent. .
Sa disposition oblige le spectateur à l’avoir en permanence dans son champ de vision. Comparé à une montagne ou un océan, cette mue n’est en fait pas très grande. Pour l’artiste : « Cela dépend de l’échelle, ainsi que de notre imagination, et de nos limites [...]. Après la mue, le serpent est léger, mais en même temps, cette peau est morte [...]. La mort est très vivante, c’est le vivant qui devient mort »
Nous avons choisi de parler du serpent, car c’est la pièce maitresse de l’exposition, on ne peut pas passer à côté. Cette œuvre aux dimensions titanesques, nous touche par sa poésie et sa subtilité.

Tags: Expositions

27 juin 2014    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Henry-Pierre Picou et les néo-grecs

Compte-rendu de la visite réalisée par les étudiants de A1 à la Chapelle de l’Oratoire

L’exposition PICOU : Une balade dans le musée des beaux arts à la période néo-grecque

Par Thibaud GOUNO, Marianne GUIDOU,  Coline HERCOUET.

Illustration par Thibaud Gouno, Marianne Guidou

Illustration par Thibaud Gouno, Marianne Guidou, Coline Hercouet

Du 25 octobre 2013 au 26 février 2014, le musée des beaux arts de Nantes organise, dans la Chapelle de l’Oratoire, une exposition dédiée aux néo grecs axée autour des œuvres du peintre Henry-Pierre Picou. Cette exposition est baptisée « la lyre d’ivoire, Henry-Pierre Picou et les néo-grecs ». Elle est inédite puisque c’est la première fois que seront réunies les grandes œuvres de l’artiste, associées aux pièces majeures du mouvement des Néo-grecs grâce aux prêts exceptionnels du musée d’Orsay. L’exposition rassemble peintures, dessins, sculptures, objets d’art mais aussi divers ouvrages issus de ce mouvement éphémère, d’une dizaine d’années (1846-1855). Un mouvement né autour de Jean-Léon-Gérôme, où l’on voit des artistes qui créèrent et inventèrent un nouveau style. Des artistes comme Ingres, Burthe, Hamon ou Picou qui constituèrent une communauté artistique, portée vers le philhellénisme. Il s’agit pour ces artistes de réinventer un quotidien grec qu’ils expriment parfois avec humour et légèreté tout en s’inspirant du classicisme grec. Les techniques utilisées par ces derniers, sollicitent beaucoup l’utilisation de claque et de détails minutieux tels que des représentations de mosaïques dans les tableaux.

Nous avons pu constater que la disposition de la salle s’organise d’une façon particulière, en effet la présence des murs en place et des systèmes d’attaches mobiles (cimaises) permet à la chapelle de disposer le musée de façon différente a chaque exposition. En l’occurrence, pour l’exposition PICOU, ils forment une ligne conductrice à la visite. De plus, les tableaux se suivent chronologiquement en fonction de l’évolution du mouvement Néogrecs. Ce mouvement est donc symbolisé par la décoration intérieure du musée (présence de colonnes grecques). La scénographie de l’exposition à la manière d’un clin d’œil propose donc un parcours dans une villa antique. On doit cette disposition au scénographe Silvio Crescoli. La visite commence par un tableau de Ingres (1780-1867), qui se nomme « La Maladie d’Antiochus ou Antiochus et Stratonice»  réalisée en 1840 appartenant au néoclassicisme. La scène représente une scène de le mythologie grecque. En effet, on peut le constater au décor (colonnes, mosaïques). C’est un point d’entrée vers le mouvement néo grecs pour les artistes peintres de l’époque. Le néogrec s’illustre aussi à travers l’architecture. Durant la visite, on a pu commenter une maquette étant une maison de style grec. C’est pourquoi elle ressemble étroitement à un temple grec. (présence de colonnes grecques, sculpture d’une muse, peintures.) C’est une collaboration entre peintres et architectes. Elle a été conçue pour une tragédienne dénommée Rachel. Pour finir, le style néo-grec est aussi présent dans les objets de la vie quotidienne. On a pu voir des services d’assiettes. Ces dernières sont décorées de par des éléments de fresques antiques. Elles ont pour but d’intégrer un décor antique.

Les néo-grecs : « L’art pour l’art »

Par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent

Illustration par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent
Illustration par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent

L’antiquité est un sujet d’actualité au début du XIXème siècle. La Grèce obtient son indépendance grâce au traité d’Andrinople (1829). De plus on effectue des fouilles archéologiques (Pompéi et Herculanum) qui rendent compte de l’architecture et de la décoration de l’antiquité. Ce renouveau de connaissances entraîne le développement du néo-classicisme qui vise à faire méditer le spectateur. Ainsi le modèle antique est remis au goût du jour.

C’est alors qu’apparaissent les néo-grecs qui s’opposent à ce style académique : les sujets traités ne sont plus moraux, mais divertissants. Cela se justifie par la jeunesse des artistes de ce mouvement. Leur entrée officielle sur la scène artistique est datée de 1847, date à laquelle Jean-Léon Gérôme expose au Salon son tableau Le Combat de Coq. Ce tableau est salué par la critique, notamment par Théophile Gautier qui invente le terme de « néo-grec ». Jean-Léon Gérôme est donc le chef de fil de ce groupe.

Les néo-grecs sont formés dans un premier temps dans l’atelier de Delaroche, puis envoyés chez Charles Gleyre. Gérôme était un de leurs élèves. C’est aussi à cette époque que prend fin la Monarchie de Juillet, qui marque une rupture avec le régime royal en France. Cela conduit à une émancipation des intellectuels. Ainsi, les artistes revendiquent la place de leurs œuvres afin de se valoriser face au marché capitaliste de l’art et face à l’industrie. Théophile Gautier disait « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid ».

Le mouvement néo-grec n’est pas exclusivement réservé à la peinture, mais concerne également d’autres disciplines artistiques, telles que la musique, la littérature, l’architecture, le théâtre, etc. La réunion de ces différents domaines et compétences conduit à la cohésion du groupe. Cette association permet la réalisation de la Maison Pompéienne commandée par le prince Napoléon, cousin de Napoléon III. L’architecture et la décoration intérieure sont fidèles au style néo-grec.

La volonté d’indépendance face à l’académisme et l’union des activités artistiques conduisent au développement du néo-grec. Cependant le mouvement néo-grec finit par s’essouffler au bout d’une dizaine d’années par le manque d’intérêt des sujets traités.

Jean-Léon Gérôme : un artiste au style innovateur

Par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE

 Illustration par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE
Illustration par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE

Jean-Léon Gérôme est né le 11 mai 1824 à Vesoul et mort à Paris le 10 janvier 1904.

En 1844, de retour de son voyage italien avec Paul Delaroche, Gérôme s’inscrit dans l’atelier de Charles Gleyre afin de remporter le prix de Rome. Il travaille le modèle idéal vouant un culte à l’antiquité, mais échoue au concours. Il rencontre alors Picou et Hamon avec qui il a partagé ses connaissances. Mais en 1846, ce fut un second échec au concours de Rome ce qui le poussa à prendre un an de son temps pour s’y préparer à nouveau en peignant avec ses amis sculpteurs les animaux du jardin des plantes afin de perfectionner le réalisme de ses œuvres.

Il devint dès lors l’un des peintres français les plus célèbres de son temps en élargissant les thèmes de ses peintures avec pour désir de renouveler la peinture d’histoire. Il transcrit avec ce style de nouveaux sujets épisodiques et le réétudie afin d’améliorer la sensualité et l’harmonie des corps dans le décor.

A travers ces scènes, Gérôme apparaît comme un artiste unique ayant réussi à trouver le juste équilibre entre la nature et la tradition de son regard innocent. De plus, le public, lassé des leçons de morales néoclassiques est alors charmé par le rajeunissement d’une antiquité idéale où l’humour n’est pas absent.

Gérôme est vu comme le précurseur d’un nouveau style néo-grec influençant d’autres artistes comme Picou, Hamon et Boulanger par exemple.

Lors de cette exposition au musée des Beaux Arts de Nantes, nous avons pu voir trois œuvres de Jean-Léon Gérôme. La plus marquante étant Le Combat de Coqs, une œuvre qui montre l’aboutissement de son travail et qui marque alors le début de son nouveau genre. Il montre deux adolescents regardant un combat de coqs, une activité très appréciée à Athènes au Ve siècle avant J.C.

De plus, Gérôme nous montre à travers La Femme aux cornes de Bélier en 1853, qu’il est capable d’associer l’homme à l’animal pour un résultat qui paraît réaliste. Il fait peut-être allusion à la mythologie grecque avec ses nombreuses créatures qui sont le croisement d’un humain et d’un animal.

Enfin, le dernier tableau exposé était Anacréon, Bacchus et l’Amour, dans lequel Gérôme prouve à nouveau sa finesse à représenter le réel par différentes figurations artistiques telles que la musique (flûte double, lyre), la poésie (Anacréon), la danse (cortège, Bacchus) et l’Amour (Cupidon).

Gérôme est un artiste qui a évolué dans sa manière de peindre lui valant d’être l’exemple et la source d’inspiration de nombreux autres artistes. Il est le chef de file du mouvement néo-grec.

Les sujets et les supports travaillés par les néo-grecs

Par Thomas LAUTREDOU, Elisa LECOMTE, Marie KERBRAT

4-ExpoPicouLesArtsDécoratifsTexteIllustrationSuite aux fouilles archéologiques de Pompéi et d’Herculanum, un engouement s’est créé autour de l’époque antique. De nombreux artistes s’y sont intéressés, notamment les néo-grecs dont le cercle s’est formé en 1847.

Les sujets régulièrement abordés par les artistes néo-grecs font donc référence à la Grèce antique, cependant ils ne sont pas traités de la même façon que les néo-classiques (Ingres). En effet, ils ne privilégient pas une réflexion morale et intellectuelle réservée à une culture élitiste mais, au contraire, une peinture de genre avec des sujets plus légers et divertissants de la vie quotidienne qui s’adressent à tous. Par exemple,  Jean-Léon Gérôme a peint en 1846 un tableau intitulé « Jeunes Grecs faisant battre des coqs ». Ce tableau représente deux jeunes grecs se divertissant avec un combat de coqs, activité très répandue à l’époque de la Grèce antique.

Les néo-grecs privilégient principalement le dessin, donnant des peintures très minutieuses et précises. Certaines peintures ont été reproduites en gravures, permettant aux œuvres de se diffuser plus facilement. La maison Goupil & Cie a édité des gravures néo-grecques, notamment des tableaux d’Henri-Pierre Picou. Des ornements ont également été réalisés par les artistes néo-grecs pour des services en porcelaine, principalement en collaboration avec la manufacture de Sèvres. En 1856, un service de table est réalisé pour la villa pompéienne. Ce service est typiquement néo-grec par ses aplats de couleurs vives et ses ornements, inspirés des éléments décoratifs relevés sur les sites archéologiques de Pompéi et d’Herculanum. En effet, les peintres néo-grecs s’inspirent beaucoup de relevés très précis effectués par les architectes sur les sites archéologiques.

Le cercle néo-grec s’étend donc sur plusieurs domaines artistiques tels que l’architecture, la céramique mais aussi la musique, la poésie et la littérature. Parmi ces artistes on compte notamment Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Franz Listz et bien d’autres, qui se retrouvent régulièrement autour de débats et d’échanges.

Henry-Pierre Picou le néo-grec

Par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué

Illustration par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué
Illustration par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué

Nous avons choisit de travailler sur la partie concernant Henry-Pierre Picou, tout d’abord parce qu’il est Nantais, mais aussi parce que sont travail nous à fortement intéressé. Ce fut une belle découverte.

Tout d’abord, Henry-Pierre Picou est né à Nantes en 1824 et mort en 1895 à Nantes également. Il est issu d’une famille d’artistes Nantais. Il fait ses études à Paris et exerce ses talents de décorateur pour la manufacture de Sèvres. Toutefois, il reste proche des collectionneurs de sa ville natale. Son attachement pour la ville est prouvé par la légation de ses œuvres au musée des beaux-arts de Nantes par ses descendants en 1986.

C’est pourquoi, dans la chapelle de l’oratoire sont exposés des tableaux qui sont des peintures et des croquis d’Henry-Pierre Picou dans le style néo-grec. Les œuvres du chef de file des néo grecs, Jean-Léon Gérôme sont également exposées.

Parlons un peu de ce mouvement néo-grec qui est né au 19ème siècle, en France. Il est apparu sous l’impulsion des peintres issus des ateliers des beaux-arts de Paris. On retiendra notamment les élèves de l’atelier de Charles Gleyre, que fréquentait Henry Pierre Picou. Le mouvement a duré toute la deuxième moitié du 19ème siècle. Ce courant s’inscrit lui même dans la mode du classicisme, et a pour particularité d’inclure des contours précis, une atmosphère limpide. Henry Pierre Picou s’inscrit donc parfaitement dans cette mouvance, car ses peintures sont empreintes d’une finesse dans les contours, d’une pureté de l’atmosphère.

Enfin , une œuvre contemporaine est exposée parmi les originaux du 19ème siècle, pour différentes raisons. Tout d’abord les néo grecs avaient repris des thèmes anciens de la mythologie grecque, pour l’inscrire dans la période du classicisme, avec des techniques de leur époque. De la même manière, reprendre des tableaux d’une époque passée, le 19ème, avec des techniques contemporaines a été la motivation première de ces artistes contemporains. Il s’agit de la reprise de l’idée même qui est à l’origine de la fondation du mouvement néo grec.

Pour finir, l’utilisation de paillettes attire l’œil, intrigue et apporte de l’originalité. Cela renforce l’idée qu’un thème artistique peut-être intemporel et constamment revisité, réapproprié par les artistes.

Tags: Art · Expositions

18 mars 2014    Architecture   Expositions

Publié par c.cesbron

« Simone et Lucien Kroll, une architecture habitée »

    Le Lieu Unique, histoire d’un lieu

    le Lieu Unique

Un article de : Arthur Follenfant, Antoine Braud, Aurélien Lutton, Damien Bosher, Adrien Milcent

Aux origines le bâtiment abritait les usines de biscuit LU fondées en 1886 par les pâtissiers Lefèvre-Utile, usine où étaient confectionnés les célèbres Petits-Beurre et Paille d’Or. En 1974 l’usine est en partie démolie, et les bâtiments désaffectés encore debout deviennent un squat dédié à la culture, ouvert à tous, à toutes heures. On y accueille artistes et événements en tous genres. C’est Jean Blaise, directeur du CRDC (Centre de Recherche pour le Développement de la Culture) qui est à l’initiative de réinvestir le lieu en tant que lieu où se réunissent les genres, l’art, dans une ambiance conviviale. Jean Blaise convint le maire Jean-Marc Ayrault pour que le bâtiment annexe Ferdinand Favre soit racheté par la ville, c’est ainsi qu’en 1995 échappant à une destruction imminente, le Lieu s’institutionnalise. À la fin des années 90, Patrick Bouchain réhabilite l’usine dans le respect de son architecture d’origine, la tour LU est reconstruite, toute l’architecture est conservée telle qu’elle, et les travaux d’électricité sont réalisés. Le lieu unique est désormais comme on le connait aujourd’hui, un lieu mêlant l’art aux espaces sociaux dans un bâtiment authentique orné d’une légère touche contemporaine. Il est inauguré lors du festival de fin de siècle le 30 décembre 1999. Pour l’occasion, on installe sur une façade, une double paroi qui renferme le grenier du siècle, une multitude de barils scellés où ont été placés divers objets déposés par 11 855 citoyens. Ces barils ont pour but de créer une mémoire géante pour les générations futures et seront ouverts le premier janvier 2100.
Le Lieu Unique se situe sur les bords du canal Saint-Félix proche de la gare SNCF et du centre-ville. Lors de la mise en place du projet architectural de Patrick Bouchain, la maire souhaitait une entrée donnant sur l’avenue Carnot pour rapprocher la vie du Lieu Unique avec celle de la cité des congrès, mais Patrick Bouchain réussit à obtenir l’entré de son projet sur la rive du canal Saint-Félix, ou plus exactement sur le quai Ferdinand Havre. La façade Est du bâtiment est en courbe et donne sur ce quai  devenu piéton ce qui  offre une terrasse avec des grands platanes et donc une entrée plus chaleureuse. La façade Ouest, qui donne pourtant sur des axe de transports importants, notamment au niveau des bus et des tramway, reste vide et muette ce qui peut donner l’impression que lorsque que l’on rentre dans le Lieu Unique, on quitte la ville pour se plonger dans un monde culturel.
Sa dernière façade très reconnaissable, offre le spectacle du Grenier du siècle,  elle permet aussi une entrée secondaire pour les services d’entretien, artistes, régisseurs et de nombreux occupants du Lieu Unique.
3) Le lieu Unique, et tous ses espaces.
Au rez de chaussée se trouve la Cour, grande verrière de 1200m². C’est un espace principalement dédié aux expositions. En effet, la luminosité de ce lieu permet une présentation optimale des œuvres. Juste à côté, séparé par une cloison mobile, se trouve le Grand Atelier. C’est une salle de spectacle totalement modulable avec des gradins amovibles d’une capacité de 532 places et lorsque l’on replie les gradins, elle peut accueillir jusqu’à 1 500 spectateurs debout. La Cour et le Grand Atelier peuvent être reliés lorsque l’on enlève le mur modulable qui les sépare, ce qui offre une capacité de 3000 personnes pour les grandes occasions.
En entrant, on se trouve dans une vaste espace ou l’on peut profiter d’un bar, d’un restaurant, d’un disquaire, d’une librairie et d’une boutique séparé par de petites cloisons modulables.
On monte au 1er étage pour trouver les Ateliers, configurables suivant les besoins des artistes, puis on accède au Salon de musique, pièce totalement insonorisée pour les mini-concerts ou des lectures publiques. Enfin, on arrive à l’Atelier du Silo, lieu de résidence 6 mois par an, destiné aux artistes plasticiens.
4) La transformation du Lieu Unique par Patrick Bouchain.
Patrick Bouchain est l’architecte qui a réalisé la transformation du lieu unique, il a avant tout voulu garder l’architecture d’origine de l’usine, en laissant visibles les poutres en fonte et la verrière. Le bâtiment est resté presque comme il était depuis son implantation en tant qu’usine de biscuiterie nantaise. Il n’a pas rajouté ou enlever grand-chose, chaque lieux a été inspecté afin de vérifier que tout en était aux normes, et la tour Lu a été rénové en 1998. La restauration est restée fidèle à l’ancienne tour grâce aux archives conservées par la famille Lefèvre-utile. Au sommet de cette tour se trouve une lanterne identique à celle qui était présente lors de la l’exposition universelle de 1900. Seule la salle de spectacle a été entièrement revue afin d’obtenir de meilleur qualité d’acoustique, elle montre une architecture originale, notamment avec des passerelles techniques, et une régie conçue par des régisseurs, pour les régisseurs. On peut aussi observer dans cette salle un mur entièrement drapé de tapis maliens, pour rappeler le commerce triangulaire.
Lucien et Simone Kroll sont connus pour leurs architectures qui mettent en scène l’usager. Pour eux, il est nécessaire de respecter les envies des futurs habitants,  de respecter une écologie responsable et mesurée, les possibilités présentes et futures, ainsi qu’une diversité  à l’image de celle des usagers. Ils revendiquent une « Utopie Habitée ».  D’où la relation avec le Lieu Unique actuel, qui a été longtemps un squat pour les artiste et un lieu culturel désormais officiel avec une histoire très riche. C’est à la façon de Lucien et Simone Kroll que ce bâtiment fût rénové, en  respectant ce concept de l’« Utopie Habitée ». Ainsi le Lieu Unique garde son ancienne architecture pour respecter l’histoire de ce lieu, mais aussi des murs, des meubles, et même des gradins modulables (comme le projet de la maison médicale de la Mémé)  afin de pouvoir répondre à l’attente des spectateurs ou des artistes.

Simone et Lucien Kroll

Un article proposé par Emma MORIN Laura PALMER Marie CABILLIC Agathe MARCELLIN Axel MILLET

2-simone et lucien KrollLucien Kroll est un architecte belge né en 1927. Sa femme Simone, née en 1928, est une jardinière française reconnue. Ensemble, ils réaliseront tous leurs projets. Lucien s’occupant des plans architecturaux tandis que Simone se préoccupera de réaliser un espace naturel pour chaque réalisation. Ensemble, ils ont travaillé sur de nombreux projets. Lucien et Simone se basent sur un concept très important : l’incrémentalisme ! Il s’agit d’une méthode de travail consistant à réaliser un projet petit à petit, par plusieurs petits changements, par une évolution progressive. Par ailleurs, chaque projet des Kroll se fait en collectif. Les Kroll ont besoin des habitants pour concevoir. Selon une citation de Lucien : « Pas d’habitants, pas de plans ». En effet, c’est l’habitant qui va définir ce qui lui correspond et ainsi faire avancer le projet. C’est pour cela que chaque maison réalisée par les Kroll est unique !
Un autre concept important aux yeux des Kroll concerne l’environnement. Les Kroll réalisent une architecte qui s’adapte et s’inscrit dans l’environnement. Il est impensable de détruire la nature pour construire. Au contraire, on se base sur celle-ci pour harmoniser les réalisations. L’utilisation de plantes, de la nature et de matériaux vernaculaires est donc essentielle.
Les Kroll sont les auteurs de nombreux projets reconnus à travers le monde. « La Vigne Blanche » à Cergy Pontoise, est un projet où les habitants ont choisi quelles maisons rénover avec la même volonté de communauté, sans trottoirs pour éviter toute frontière . « La Mémé », est le projet qui leur a valu une renommée internationale. Le challenge était de reconstruire un campus universitaire. Cinq bâtiments ont été entièrement réalisés sur les 7 prévus dont : la fameuse « Mémé» , le restaurant universitaire, la mairie, le centre œcuménique et la station de météo Alma. C’est une architecture modulable. Les extérieurs et intérieurs sont transformables en fonction des goûts et des besoins des habitants. Par ailleurs, de 1961 à 1964, les Kroll ont un projet avec certains de leur amis, voisins, etc … Il s’agit de réaliser une construction collective qui serait aussi aléatoire que la population d’une rue quelconque. Toutes les maisons sont connectées, il n’y a pas de barrière, de grillage. Tous les habitants vivent en communauté et cet endroit devient ainsi pour le couple leur lieu de vie,de travail et y cultivent leur jardin.

« La Mémé» 

3-"La Mémé"

Un article proposé par Clément LEMIÈRE, Paul JEANNINGROS, Jean-Philippe LEFAUCHEUX, Hugo MORIN

« La Mémé»  est un bâtiment qui désigne la maison médicale des étudiants en médecine de l’Université catholique de Louvain en Belgique. Il compose le campus Woluwe-Saint-Lambert avec quatre autres bâtiments que sont la mairie, le restaurant universitaire, le centre œcuménique et la station de métro Alma. Né d’un mouvement de protestation des étudiants en médecine, qui ne voulaient pas qu’on ne leur impose un architecte, ils ont pris la liberté de le choisir eux-même. Lucien Kroll, architecte belge né en 1929, connu pour la liberté qu’il donne aux habitants de choisir leur propre environnement, est alors sélectionné pour créer l’espace de vie des étudiants. Le projet de « la Mémé»  commence ainsi en 1970 et prendra fin en 1972.

L’approche de Lucien Kroll est différente de celle des architectes plus classiques en ce sens qu’il cherche à collaborer directement avec les personnes concernées : les utilisateurs. La collaboration entre Kroll et les étudiants va donner lieu à un bâtiment hétéroclite qui s’adapte aux besoins de chacun. A l’exception des murs porteurs et des espaces nécessitant une tuyauterie (salles d’eau), l’ensemble des cloisons de la Mémé peut être démonté et déplacé. L’environnement modulable ainsi créé, facilite le changement d’espace et d’appropriation d’une pièce : les murs sont posés sur des rails permettant la transformation facile et rapide de l’intérieur. Par ailleurs, Kroll met en place un tirage au sort pour les panneaux en façade qui serviront de rideaux, ce qui amène le bâtiment à une grande diversité et à une irrégularité au niveau des matériaux et des couleurs.

Bien que certains l’appellent vulgairement « bidonville, son aspect coloré, disproportionné et modulable à souhait est une réussite pour les étudiants, avec qui, Lucien Kroll a su créer un espace de travail, de détente et de communion singulier. Les maîtres mots de « la Mémé» , créée en collaboration avec l’architecte et les étudiants eux-mêmes, ont été et restent encore participation, compatibilité et pensée paysagère.

Le jardin de Simone Kroll

4-Le Jardin de SimoneArticle proposé par Raphaël Mascia, Camille Paquereau, Thibaut Lambin , Julien Chevrier, Anaelle Sourice

Simone Kroll, potière de formation est devenue paysagiste. Elle travaille sur des projets d’architectures, d’urbanismes et d’informations. Dans toutes les constructions architecturales de Lucien et Simone Kroll, un tiers de la superficie totale est dédié au jardin car pour eux le jardin est un lieu de convivialité, de bonheur et de beauté. Pour le Jardin du Lieu Unique, elle imagine un jardin vivrier dans les tonalités jaunes, orange et rouges et à la forme irrégulière. Ces jardins seront composés de plantes vernaculaires et de légumes du Pays de la Loire. Pour Simone Kroll le jardin devra être un mélange de légumes, fleurs et condiments.  Aussi composé de plantes grimpantes (houblon, clématites…), de plantes aromatiques (fenouil, thym, ciboulette…), de légumes (choux, brocolis, betterave, chardon, citrouille…), d’arbustes (laurier du Portugal, cornus, …), de plantes répulsives et de vivaces, le jardin se verra entouré de capucines afin d’attirer certains insectes (par exemple les pucerons), pour éviter qu’ils ne s’en prennent aux légumes. Ces plantations sont réparties sur deux parcelles de terre face au Lieu Unique et au bord du canal Saint Félix. Non utilisé, cet espace en contre bas de la terrasse du LU, sur une surface de vingt mètres de long et de trois mètres de large a été aménagée selon un principe de « désordre organique » qui est cher à Lucien et Simone Kroll. Précisons que le jardin n’a pas de forme rectiligne et la petite palissade en châtaigner réalisée pour retenir la terre qui est irrégulière. Pour chacun des jardins, Simone Kroll travaille avec les riverains dans le plus grand respect du contexte, afin de  rechercher le « sentiment d’habiter ». Ce jardin s’implante parfaitement dans le paysage du Lieu Unique et aux abords du canal. Il s’agit d’un jardin convivial car Simone Kroll aura demandé l’avis du quartier avant de commencer celui-ci mais il s’agit surtout d’un jardin « vivrier»  conçu avec les habitants afin d’être consommé par les habitants.

L’appartement témoin

5-l'appartement temoinUn article proposé par Virginie SOUFFOY, Estelle MÜLLER, Malory MÉNAGÉ, Aurélia MAURIN, Margot LENORAIS

« Simone et Lucien Kroll, une architecture habitée»  est une exposition se déroulant au Lieu Unique du 25 septembre au 1er décembre 2013. Celle-ci a pour objectif d’offrir une rétrospective du travail du couple d’architectes Simone et Lucien Kroll. Projets finalisés, interrompus ou plus personnels, on y retrouve un bel échantillon de leur œuvre. Au sein de cette exposition, existe une drôle de structure, l’appartement témoin.

A l’origine, cet appartement se situait dans un groupe de quinze logements, une sorte de demeure collective construite par les Kroll de 1961 à 1964. L’appartement « témoin»  était celui situé juste au-dessus de celui des Kroll. Ce n’est pas tant l’appartement en lui-même mais le mode de vie proposé par les Kroll qui est intéressant à analyser. En effet, l’appartement plutôt sobre et simple nous pousse à poser notre attention sur ce concept de vie en collectivité que proposaient les Kroll. L’ensemble des logements étaient aménagés de telle sorte que chacun puisse se l’approprier à sa manière : un logement qui pouvait devenir exactement ce que les habitants souhaitaient. « L’habitation est une action et non un objet » : on reconnait effectivement dans cette démarche les mots de Lucien Kroll. C’est la façon dont ils sont habités qui détermine les espaces et non plus la façon dont ils sont construits.

L’idée de reproduire cet appartement au sein de l’exposition vient de Lucien Kroll et de Patrick Bouchain, commissaire de l’exposition. Ils ont confié cette mission au collectif ETC, collectif qui met y au coeur de son projet les démarches participatives. ETC est un collectif regroupant des étudiants et diplômés d’architecture des Sciences Appliquées de Strasbourg. C’est leur « détour de France»  qui a particulièrement intéressé Kroll et Bouchain. Ce « détour»  consistait en fait à faire le tour de la France. A chaque étape dans les grandes villes, ils ont proposé aux gens de travailler avec eux sur des projets d’urbanisme, proposant aux habitants et usagers de devenir acteurs de leur propre espace urbain. Pour ETC, le résultat de cette démarche n’est pas le plus important, ce qui compte, c’est le processus, la participation de la population et l’émergence de nouveaux comportements plus impliqués dans la création de l’espace de vie. collectif

L’appartement s’inscrit avec logique au sein de l’exposition répondant à la démarche des Kroll dans leurs projets architecturaux. L’appartement est ouvert à un public qui peut le découvrir en toute liberté mais il accueille aussi toutes les semaines en résidence un nouveau collectif aussi bien d’artistes, de designers ou d’architectes. Ces collectifs sont invités à modifier le lieu comme bon leur semble, à se l’approprier et à réfléchir à la question « d’habiter»  en général. De ce fait, l’appartement est en constante évolution et se transforme au fil des jours.

De nombreux collectifs sont venus habiter cet appartement: le bureau cosmique, j’aime beaucoup ce que vous faites, le fabricatoire ou encore le collectif fertile. Beaucoup se sont posé la question de « comment habiter dans l’appartement?»  ou encore « comment vit-on dans un lieu d’exposition?». Certains ont modifié le lieu, physiquement parlant, en retapissant les murs, créant de nouveaux espaces, éventrant certaines cloisons ou en décorant le plancher. D’autres ont préféré interagir avec le lieu sous forme de performances: interroger les visiteurs sur leur façon d’habiter, organiser un cuedo géant, un mini-concert, une vente aux enchères ou encore une distribution de soupe. L’objectif de la démarche n’était pas de trouver une solution à tel ou tel problème mais plutôt de devenir acteur de la vie de cet appartement, d’y laisser la trace de son passage. Ainsi, l’appartement devient témoin de la vie qui s’y vit.


La Scénographie de l’exposition

6-Lieu Unique, Exposition Kroll - ScénographieArticle proposé par Margaux Leroy, Ophélie Moreau, Amandine Palierne, Laura Pasquier et Anne Lefevre

Le scénographe de l’exposition « Simone et Lucien Kroll, une architecture habitée»  n’est autre que Patrick Bouchain, l’architecte qui a réaménagé les biscuiteries Lefèvre-Utile pour en faire le Lieu Unique. Il a travaillé en collaboration avec Eddy Hallauer proposant un espace visuel, pédagogique, didactique et interactif à l’image de l’architecture des Kroll. L’enjeu de l’exposition est une démarche architecturale puisqu’on ne peut pas clairement exposer de l’architecture.

L’espace est séparé en 3 parties : cour, appartement témoin et jardin. La cour présente l’exposition rétrospective des projets des Kroll. Ceux-ci est sont exposés sur de grands panneaux, chaque cimaises mettant en lumière un projet différent. Même les tables mises en place dans l’exposition sont des cimaises penchées (…) Les calques (plan techniques avec indications) laissés aux ouvriers pour la construction de l’exposition manquaient parfois de détails, ce qui leur a permis de les interpréter comme ils le voulaient. On peut distinguer chaque projet par leur nom, le lieu, la date situés en haut à gauche de chaque cimaise. On y découvre les croquis, photographies, plans, plans de coupe et schémas. Plusieurs maquettes permettent une lisibilité en 3D de certaines des réalisations. Les projets sont exposés dans le désordre, il n’y a pas de chronologie ou de logique de placement. Seule « la Mémé» , projet qui a fait connaître les Kroll à l’international en 1970, a été placée volontairement au milieu de l’exposition. L’appartement est situé « à la fin », dans le fond, pour que le spectateur puisse d’abord s’imprégner de la démarche des Kroll avant de pouvoir comprendre le concept de l’appartement proposé par Bouchain et Hallauer. L’appartement est un espace qui, chaque semaine, est habité par un collectif différent qui renouvelle sans cesse son agencement.

Les couleurs de l’exposition, bleu, rouge, jaune, sont les mêmes que celles du catalogue.
Le spectateur n’a pas de circuit, pas de point de départ, il choisit son chemin et décide de tout regarder ou non suivant sa curiosité. C’est un lieu non sacralisé, le spectateur peut toucher les murs, les calques, les photos, il peut interagir avec les maquettes. S’il le veut, le spectateur peut rester plusieurs heures dans l’exposition, elle est gratuite et des sièges, transats, et autres sont installés. Il a également des croquis sur calques en libre service qu’il peut emporter. Le spectateur peut également laisser sa marque sur le Mur d’Or. Des crayons ont été accrochés à ce mur pour que chacun puisse écrire ou dessiner ce qu’il désire. Ce mur a eu tellement de succès et s’est rempli tellement vite qu’il a été repeint pour être à nouveau utilisable.
La scénographie de l’exposition renvoie avec bonheur à la philosophie du travail des Kroll.


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4 avril 2013    Expositions   Non classé

Publié par c.cesbron

« De belles sculptures contemporaines» , une exposition du Frac des pays de la Loire à la HAB galerie

Les étudiants de A1G portent leur regard sur l’exposition présentée par le Frac des Pays de la Loire  De belles sculptures contemporaines à la HAB galerie de Nantes.

1- La Hab Galerie

© P. Giret, M. Laillé, C. Dufour, B. Rambaud, C. Marzin [A1G]

© P. Giret, M. Laillé, C. Dufour, B. Rambaud, C. Marzin

Article proposé par : Paulin Giret, Marion Laillé, Charline Dufour, Bettina Rambaud, Carla Marzin

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23 mars 2013    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Exposition « Splendeurs sacrées»  à la chapelle de l’Oratoire

© Thomas Laroche, Louis Aubret, Perrine Paulin, Chloé Emeriau, Apolline Hellez

© Thomas Laroche, Louis Aubret, Perrine Paulin, Chloé Emeriau, Apolline Hellez

La Chapelle de l’Oratoire est une ancienne chapelle déconsacrée datant du XVIIème siècle appartenant au Musée des Beaux-Arts de Nantes. L’exposition « Splendeurs sacrées»  est le reflet de la peinture du XVIIème siècle. Elle questionne la position de l’œuvre religieuse au fil du temps. Sont exposés 14 chefs-d’œuvre datant de 1630 à 1660. Au XVIIème siècle, on observe des changements majeurs dans les domaines politique, artistique et religieux. C’est au Concile de Trente que sont décidés ces changements. L’Eglise décide de redorer son image en contrôlant d’avantage l’Art en limitant les déformations du maniérisme et en donnant un caractère pédagogique aux œuvres en représentant des scènes de La Bible.

Cette exposition aborde des sujets religieux s’inspirant de la Bible ce qui est courant à l’époque. On y observe ainsi des tableaux comme Le repas chez Simon le Pharisien de Philipe de Champaigne, Le Lavement des pieds par Claude Vignon ou encore La Cène par un auteur anonyme. On a d’autres tableaux racontant des fragments de la vie des Saints tels que Ste Geneviève priant pour Paris, St Jean baptisant le Christ, St Germain et Ste Geneviève par Sébastien Bourdon. Il y a d’autres peintures présentées mais les thèmes restent d’ordre religieux. Tous ces tableaux sont des commandes pour des monastères, des églises ou des logements d’ordres religieux, ce qui explique le thème récurent des peintures du XVIIème siècle. [Lire la suite →]

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13 janvier 2013    Art   Expositions

Publié par c.cesbron

« Fragile Territories» , une exposition de Robert Henke au Lieu Unique

Suite à la visite du Lieu Unique et de l’exposition « Fragile Territories» , les étudiants de A1F proposent une série d’articles présentant l’espace culturel, son histoire, sa politique et l’exposition en cours.

1-Histoire d’un lieu

Un article proposé par Alexine PIQUET, Ludivine QUELFENEC, Charlotte GIRARD, Hugo MORIN, Matisse VRIGNAUD

© A. PIQUET, L.QUELFENEC, C. GIRARD, H. MORIN, M. VRIGNAUD
© A. PIQUET, L.QUELFENEC, C. GIRARD, H. MORIN, M. VRIGNAUD

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