Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

Entrées taggées 'Non classé'

5 mai 2017    Non classé   Théâtre

Publié par d.gouard

BESTIAS

Compte-rendu du spectacle vu par les étudiants de A1 en novembre 2016

Fusion de culture et d’univers

Par Manon Penhouet, Sarah Lods, Pauline Motel, Sixtine Puthod et Mayuko Loeillot

1-bestias-auteur-image

Ce surprenant spectacle mêlant différents univers artistiques nous immerge dans l’univers poétique de la compagnie Baro d’evel Cirk. La conception et la direction de ce spectacle sont nées d’une coopération entre Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias. Ce couple ainsi que le reste de la compagnie nous transporte à travers le monde de la musique, du cirque, de la danse et du dressage. En effet, Camille Decourtye, une française, a suivie plusieurs formations comme le chant au conservatoire, la voltige, et le dressage. On la retrouve dans le spectacle avec une performance de dressage de chevaux.

Blaï Mateu Trias, de culture catalane, fils de clown, est depuis toujours plongé dans le domaine du théâtre et du cirque.

De leur union va naitre une compagnie: Baro d’evel Cirk, une expression manouche qui signifie « Grand Dieu ». À travers cette compagnie ils vont découvrir et adopter le mode de vie nomade qu’ils affectionnent.

Ce collectif compte six artistes autour desquels gravite une troupe avec des intervenants plus ou moins réguliers. Parmi eux, une petite fille de dix ans, Taïs Mateu Decourtye, l’enfant des deux metteurs en scène joue.

En 2000, ? Porqué no ?, est leur premier spectacle itinérant sans l’usage d’un chapiteau. Il transmet l’univers tzigane et manouche ce qui fait écho au spectacle Bestias. En effet de nombreux éléments sont récurrents tels les acrobaties, le coté burlesque, le grand nombre de sauts.

Plusieurs autres spectacles ont été créés ensuite.

En 2009 la troupe produit son premier spectacle sous le chapiteau. Ce spectacle fait écho à Bestias.

Nous pouvons aussi retrouver des similitudes avec le spectacle Mazùt (2012). Le projet était de montrer deux personnages à la recherche d’une forme d’animalité et qui finissent presque par prendre leurs apparences. En effet, le rapport à l’Homme et l’animal, les acrobaties, la danse, le chant, le côté rituel, préhistorique (dans le décor), les masques, sont de multiples liens entre ce spectacle et Bestias.

Le titre du spectacle nous pousse à nous questionner sur l’univers qui nous est offert et sur le message transmis. Tout d’abord, les animaux sont omniprésents dans le travail de la compagnie et particulièrement dans Bestias où l’on retrouve chevaux et oiseaux (pour la première fois).

« Bestias » vient de l’espagnol « la bête, la brute ».

Ici, une question se pose sur l’identité de l’homme et son animosité, sur ses faiblesses et ses forces. Toute cette condition humaine est mise en parallèle avec la force des chevaux, la légèreté et la grâce des oiseaux.

Le graphiste Benoit Bonnemaison-Fitte collabore avec cette compagnie de manière régulière. Il se présente sous le pseudonyme Bonnefrite et travaille dans un univers assez proche de la compagnie. Il a créé toute la charte graphique de la compagnie et collabore avec le scénographe ainsi que le metteur en scène.

Sources:

-Fascicule du spectacle

-Site internet de la compagnie: http://www.barodevel.com/

-Conférence du mercredi 23/11/2016 de la compagnie sur le spectacle

Sommes-nous bêtes ?

Par Germain Marsallon, Tara Baron, Ugo Demay, Léa Dolley, Maxime Thureau

2-bestias-texte-image

L’incongru, l’absurde et le burlesque étaient si présents dans le texte de ce spectacle dès le début qu’il est normal de se dire « je ne comprends rien » tant le fil de la logique est tordu dans tous les sens pour au final volontairement nous perdre, pour mieux nous immerger dans l’univers onirique de Bestias. En effet dès le pas de porte du chapiteau, avant même d’être installé, le texte prend sa place sous forme d’une communication avec le public en mettant en action un personnage résolument confus ayant énormément de difficultés à nous communiquer que « le début du spectacle c’est par là », une information bien sûr convenue qui a pour effet d’immerger (sans le savoir) les futurs spectateurs, que nous sommes déjà, dans l’absurde. Bien que le chant soit présent et permette une certaine narration, le reste du texte s’exprime sous forme de phrases courtes avec des « c’est par où ? », « C’est par là ? » autant de réponses qui nous perdent dans l’espace et dans le sens du spectacle, le texte joue avec la notion du spectacle et du réel comme avec « ça a commencé ? », « c’est pour de vrai ? », « Il faut faire quoi ? » lancé par petit fou, un personnage hagard se questionnant et s’interrogeant sans arrêt dans l’optique de trouver sa place. Le texte avec ses petites phrases d’un registre simple, animal, primaire, bestial, nous renvoie l’image d’un sujet faussement évident, renfermant dans plusieurs petites histoires incohérentes une autre beaucoup plus complexe, d’une grande profondeur où l’imagination et l’interprétation sont laissées libres. Bestias intègre également des «  dialogues  » avec les animaux comme la scène du business avec le corbeau-pie, ainsi ce sont les silences qui servent de répliques, les silences étant gérés d’une fine manière apportant un rythme délicat et léger, comme avec la péripétie du saut où la concentration est de mise et où le silence ne trouve pas non plus sa place, apportant un effet comique important. Le texte de Bestias nous sert de transition entre chaque tableau racontant une histoire avec la vie, la place de l’homme et de l’animal qu’un silence bien rythmé nourrit, il est aussi question de scènes appuyées par des phrases descriptives courtes, efficaces, ayant pour effet de souligner l’action ou de la rendre plus floue pour faire nager le spectateur entre le rêve, l’absurde le rocambolesque pour finir sur un Petit fou qui dit clairement « avoir trouvé sa place » et ainsi achever cette suite d’incohérences merveilleuses en une morale claire et profonde.

Narration

Par Nina FLIPO, Jérôme FREEMAN, Jules MANOURY, Pierre FONTAINE et Laureline DUFOUR

3-bestias-jeu-image

Nous entrons sous les chapiteaux, et nous faufilons autour de ceux-ci, nous mêlant aux acteurs, avant de prendre place dans les gradins. Par cette déambulation, sorte de rite initiatique, la « tribu » nous invite à entrer dans l’ambiance de la représentation à venir, où les mouvements sont très importants. On le perçoit dès le début du spectacle, où les artistes traversent l’arène, en font le tour, traversent à nouveau, dans un sens et dans un autre, en courant, sautant, dansant, tombant parfois.

Bestias mêle cirque, danse, théâtre classique, chant, acrobaties… Ce mélange des genres, issus des vécus et des spécialités distinctes des artistes de la troupe, rend la performance très riche.

La représentation, rythmée par les déplacements, s’affranchit de certaines contraintes et s’étend autour de l’arène centrale comme des spectateurs, dans ces mêmes couloirs que nous avions empruntés en début de spectacle. Une fois de plus, le spectateur est immergé dans la performance. Ces actions et voix hors champ nous obligent à faire appel à notre imagination : impliquant de nous fier à notre ouïe plus qu’à notre vue par moments. L’espace est rempli, aussi bien dans la partie visible par le spectateur que dans la partie invisible à l’œil.

Le jeu des acteurs, parfois naturel, parfois sur-joué, offre un contraste intéressant qui nous amène dans un univers du quotidien un peu absurde, tantôt tragique, tantôt comique, bénéficiant d’une touche poétique  remarquable. On assiste à des performances spectaculaires, amenées d’une manière très naturelle, très simple. Chaque acteur joue un rôle singulier, personnalisé par sa spécialité, ancré dans un registre de jeu particulier qui permet d’amener de l’émotion au spectateur. On peut notamment parler de cette petite fille d’une dizaine d’année, qui fait de brèves apparitions, et apporte une touche d’innocence remarquable, ou bien de cet homme maquillé aux couleurs vives qui discute avec un oiseau et nous arrache des éclats de rires.

Lors de la représentation, Hommes et Animaux sont traités sur le même plan, au point de se demander qui est humanisé/déshumanisé. Ce traitement des personnages est possible grâce à une séparation entre échange et dialogue. Les protagonistes ne parlent d’ailleurs pas tous les mêmes langues, mais se comprennent dans la gestuelle comme dans les intonations, la voix pouvant même être chantée.  Aussi, les silences, par leurs apparitions irrégulières mais fréquentes, s’apparentent presque à un acteur. Ils peuvent parfois durer, s’appesantir légèrement. Ils sont les silences du quotidien, de la solitude en groupe.

Ne pas entrer dans ce monde si vous êtes zoophobe !

Par Anthony Ménégon, Théo Monnin, Noé Martineau, Thomas Pasquier

4-bestias-costumes-image

Les costumes et les accessoires font partie intégrante du spectacle. On y retrouve ou comprend la classe sociale des personnages. Ainsi, on peut reconnaître les personnages qui représentent des artistes en quelque sorte, des paysans ou personnes plus aisées. Suivant comment ils sont habillés ou les actions qu’ils réalisent on leur attribue un rôle, par exemple quand ils chantent ou jouent de la guitare. Puis, on peut remarquer également que les costumes et le maquillage sont principalement des couleurs chaudes ocre, orange pastel. Cependant à certains moments on retrouve des touches de couleurs froides comme le gris ou le bleu. La palette chromatique est assez restreinte. Les acteurs utilisaient principalement des instruments de musique en tant qu’accessoires (guitare, clarinette) dont ils jouaient durant certaines scènes. On peut également y voir différents costumes/accessoires ayant un sens assez « flou », par exemple le chapeau en forme de heaume de chevalier fait penser à un signe guerrier ou un rite religieux, ou encore les bottes de foin que portent les personnages, pauvres et rustiques des personnages. On voit à certains moments de la pièce que les personnages ont le visage maquillé, représentatif d’un animal en particulier (exemple : le toucan à la fin). Pour les décors on peut observer une évolution permanente qui nous met en abîme. On peut compter trois chapiteaux. Un premier où on passe à l’entrée avant d’être dans une file d’attente dans un espace clôturé, où se trouvent des dessins de l’artiste « Bonne Frite » représentant des animaux et des hommes. Après ça, dès l’entrée du deuxième chapiteau on nous conduit à travers des couloirs étroits où nos quatre sens sont mis en éveil. La vue : on remarque des peintures préhistoriques rappelant le côté tribal et animal de la pièce qui expliquera d’ailleurs la simplicité des décors, ou encore des ombres de chevaux à travers de grands draps. L’ouïe : ces chevaux émettent des hennissements et autres bruitages. L’odorat : une odeur de paille et de cheval est présente. Et le toucher : on marche sur de la paille et la température est relativement élevée. Installés dans le dernier chapiteau, on observe des décors majoritairement circulaires. Le dispositif scénique offre un parallèle entre deux mondes, la scène centrale en face du spectateur et un espace situé derrière nous en rond que l’on aperçoit peu, ce qui donne un côté mystérieux aux événements qui s’y déroulent. Enfin certains éléments tels que les projecteurs sur les côtés sont intégrés à la pièce, les acteurs les utilisent comme perchoirs. Les couleurs dominantes s’opposent entre chaud et froid : ocre, marron, jaune et gris, bleu, blanc cassé. Ces dernières sont mises en valeur par un jeu d’intensité des lumières.

Au chœur du rêve

Par Marine STEPHAN, Elsa SOUCHET, Manon THOMAS, Amélie WEHRUNG et Marin CHOMIENNE

5-Bestias-éclairagesson-image

L’éclairage permet de donner le ton de la pièce. Il façonne le décor et révèle son caractère onirique. La trame se compose d’une succession de scènes desservies par différents jeux de lumière. Les tons chauds et tamisés renvoient à l’ambiance d’une grotte, d’une caverne.

C’est l’idée d’une lanterne magique qui propose un récit fait de jeux d’ombres. Ces figures à la fois surprenantes et fantastiques permettent de plonger dans un rêve éveillé. L’ombre des masques d’oiseaux suscite l’inquiétude. Quant à celles des chevaux défilant sur la toile, elles intriguent. Le procédé de la lanterne magique renvoie à l’idée de l’enfance, du berceau et nous ramène à l’histoire des premiers hommes.

La lumière zénithale en forme de couloir permet de positionner les personnages dans l’espace et dans l’intrigue. Les animaux en liberté sont également guidés par ce chemin de lumière, ce qui place l’homme et l’animal sur un pied d’égalité. Au contraire la lumière zénithale diffuse évoque une absence de repère laissant place à des mouvements aléatoires, désordonnés.

Derrière les gradins, le trot des chevaux résonne sur la piste, entraînant les spectateurs dans un rythme effréné. Le bruit des sabots semblable à des battements de cœur rappelle le temps qui passe. Ce tempo fait écho au flamenco, aux claquettes et à la culture gitane incarnés par les deux artistes installés sur des plateformes. Face à face, elles sont mises en lumière par des spots. Un univers surélevé est ainsi créé et l’attention du spectateur est portée sur un espace aérien qui renforce l’idée du rêve. Cette scène en hauteur crée une sensation de flottement. Plutôt calme, elle se traduit par seulement une lumière focalisée sur chacun des protagonistes. Celle-ci est intense et crue tandis qu’il y a d’autres types de spots beaucoup plus doux situés à la base de l’arène nous entraînant dans un autre univers. La lumière s’adapte à l’intensité de la musique. Plus cette dernière est forte plus la lumière est puissante. A contrario, plus la lumière est faible plus la musique est douce. Ce type d’ambiance est représenté par la petite fille assise sur la balançoire, en retrait. En chantant dans une autre langue, elle met en valeur les danses des artistes situés au centre du chapiteau. L’atmosphère rappelle les rites des tribus ancestrales.

A l’inverse, les chants d’opéra, les rires et les cris dans différentes langues (français, italien, espagnol, anglais, catalan) sont accompagnés d’une lumière intense. Sa densité et son aspect volumineux sont dus aux particules de talc flottant dans l’air. Ce nuage donne un effet voluptueux reprenant l’idée fantasmagorique de l’histoire.

Voyage au cœur d’une tribu envoutante

Par Théo Marsolier, Kévin Vanit, Marie Donnou, Lorenn Furic et Laëtitia Gérard

6-bestias-synthèse-image

La compagnie Baro d’Evel nous transporte avec Bestias, dans une bulle onirique, un univers surprenant et poétique. Dès nos premiers pas, nous sommes immergés dans cette expérience dont l’atmosphère nous fait perdre nos repères spatio-temporels. Le spectacle commence tel un rite initiatique dans un “double-chapiteau”. Nous parcourons une sorte de labyrinthe dont les parois sont décorées de peintures au style rupestre. Il y a un véritable jeu avec la temporalité de la représentation ; on ne sait pas exactement quand ça commence ni quand ça va se terminer. On ne découvrira qu’à la fin que cette fresque est le déroulement du spectacle. La troupe nous guide ensuite dans un lieu très intimiste, la piste est petite et l’ambiance tamisée. Au cœur du chapiteau, on vit le moment, on le partage avec eux, nous sommes comme hors du temps.

On évolue dans un mélange de genres exprimé à travers les chants, les danses, les différents registres à la fois comique et dramatique. Le spectacle est rythmé, il s’installe ainsi une boucle, un cycle avec des répétitions de pas, de mouvements tels un rituel. On peut y voir une métaphore de la vie comme l’évoque l’un des personnages : “Ça va dans tous les sens, toutes les directions. Ça bouge, ça tourne, ça ne s’arrête jamais. Après tu te sens pressé, tu veux avoir toutes les informations. Ensuite, tu réalises que ça va trop vite, que ça va finir”.

Sous forme performée, la mise en scène spectaculaire semble naturelle. La dimension corporelle a en effet une place importante avec notamment beaucoup de voltiges. Ils s’amusent avec les corps, ils les déforment et les utilisent comme moyen d’expression.

Ainsi, tout au long de ce spectacle singulier, nous nous demandons qui sont véritablement les bêtes? Nous sommes confrontés au monde animal, on retrouve nos instincts primaires, notre état sauvage et bestial. Cette idée de retour aux sources dénonce le fait que l’Homme s’enferme dans sa vie, sa routine, son travail. Un businessman est par exemple ridiculisé par un corbeau, ce qui va dénoncer sa condition “d’homme-machine”, d’homme esclave de la société. Il perd sa sensibilité et oublie son lien originel avec la nature et sa liberté. Symboliquement, on voit ainsi des cages à oiseaux vides et des chevaux sans bride. Nous sommes partagés entre notre animalité et notre humanité dont la frontière est nébuleuse.

Les codes sont alors brisés, les stéréotypes dénoncés. On s’interroge finalement sur notre place dans le monde, dans notre société. La phrase récurrente du spectacle : “Où est ta cachette?” prend alors tout son sens.

Tags: Non classé · Théâtre

26 mai 2016    Art   Non classé

Publié par c.cesbron

Guy Brunet, réalisateur. Une exposition au Lieu Unique

Guy Brunet, The Self Made Man

1-GbrunetportraitimageArticle proposé par Justine Massot, Mathurin Loncle, Melissa Lejal, Yannick Mary et Agathe Leray

Guy Brunet est un réalisateur autodidacte de films d’animation et décorateur de cinéma né en 1945 à Viviez, une commune de l’Aveyron. Né de parents exploitant un cinéma nommé Le Caméo et ensuite gérants du cinéma Le Plaza. L’enfance de Guy Brunet est baignée par les films de l’âge d’or du cinéma hollywoodien, des années 1930 aux années 1960. Il se souvient : « Le week-end, il y avait jusqu’à trois séances pour un même film. A la première, je me laissais porter par l’intrigue, à la deuxième je regardais le jeu des vedettes et après, le travail du réalisateur ». De cette époque, Guy Brunet collectionne les dossiers avec photos et affiches que les exploitants reçoivent pour la promotion des films. En 1958, il seconde son père comme projectionniste. Mais la télévision remplace petit à petit le cinéma. En 1963, les parents de Guy Brunet vendent le cinéma pour ouvrir un magasin de téléviseurs. Ils l’incitent donc à faire partie de l’entreprise où il y travaillera pendant quelques temps. Alors qu’il commençait déjà à écrire des petits scénarios, de 1973 à 1986, il travaille comme ouvrier dans les usines du bassin minier de l’Aveyron. Puis installe son « studio de production»  en 1994. Ce studio est fait dans sa maison à Viviez, dans une ancienne boucherie, sur une route nationale dans la banlieue de Decazeville. Il le nomme Paravision, en référence au studio Paramount. Pour marquer sa singularité, il constitue une grande fresque murale à la gloire du cinéma hollywoodien sur la façade de sa maison. S’inspirant du cinéma hollywoodien et grâce à la documentation accumulée pendant son enfance, Guy Brunet construit ses films tout seul et sans budget. Il est à la fois producteur, scénariste, dialoguiste, décorateur, costumier, maquilleur, acteur, cameraman, réalisateur et affichiste. Il écrit tout, le scénario, les scripts, les découpages des plans, les dialogues. Ensuite il fabrique les décors dans son atelier. Il crée ses acteurs avec du carton d’emballage, il les dessine, les peint et des découpes à sa guise. Son cinéma est fait uniquement de matériaux recyclés. Le jour, il élabore ses silhouettes de carton et les décors. Afin de ne pas être perturbé par les bruits de la rue, il tourne la nuit. Guy Brunet dessine le générique puis met le film dans une boîte décorée. En 2015, il aura créé plus de 793 silhouettes dont 171 acteurs américains et 151 actrices françaises, 25 grands décors, 100 affiches de films. Il a écrit 350 scénarios et réalisée 14 long-métrages. Son premier film est sorti en 2001, et en 2002 son œuvre est exposée pour la première fois au Musée international des arts modestes de Sète, ce qui fait de lui un artiste accompli et reconnu .

La démarche singulière de l’artiste

Article proposé par Emeline LOAS, Camille METAYER, Camille LE LUHANDRE, Soundousse MARONGIU , Philippine MASUREL

Guy Brunet devra attendre d’être à la retraite pour devenir ce qu’il a toujours souhaité être : cinéaste. Il va alors se replonger dans son enfance. N’ayant pas fait d’études de cinéma ni étudié aux Beaux-Arts, il crée chez lui sa propre maison de production qu’il nomme « Le Studio Paravision ». Au Lieu Unique, une grande fresque habille l’entrée de la salle d’exposition. Il s’agit de la réplique de la fresque murale peinte à l’extérieur de chez lui, présentant les différents genres du cinéma (westerns, comiques…). Cette porte spectaculaire marque une césure matérielle et symbolique entre le monde extérieur et le monde imaginaire du cinéma auquel il a tant aspiré et dans lequel il gravite aujourd’hui. Hollywood est pour lui la référence ultime. Son travail résulte des films découverts quand il était enfant. Depuis son enfance, Guy Brunet a écrit plus de 360 scénarii. Sans grands moyens financiers, il décide de confectionner lui-même ses propres acteurs à partir de carton. Au sein de ses studios « Paravision », Guy Brunet est donc à lui seul : cinéaste, réalisateur, caméraman, acteur, maquilleur ou encore affichiste. Lors de notre visite, nous avons pu constater à quel point cet artiste peut être prolifique.
Lors de cette visite, nous avons pu voir que la démarche de cet artiste que nous pouvons qualifier d’autodidacte, est inédite. Pour tous ses travaux, que ce soit la création de ses acteurs, le décor ou les affiches, tout est fait à partir de matériaux récupérés et recyclés qu’il collectionne méticuleusement au sein de l’atelier qu’il s’est créé à son domicile. En arpentant les allées de l’exposition, nous avons été frappés par la masse colossale de travail que représentent ses créations, notamment à la vue des dizaines de personnages en carton que Guy Brunet a façonné de ses mains. C’était à la fois très chargé et chaleureux, en raison de la multitude de couleurs utilisées par l’artiste pour personnaliser ses acteurs. Concernant sa série des huit âges d’or, nous pouvons dire qu’il les a réinterprétés. Par exemple, Guy Brunet ne supportait pas les histoires où les fins étaient malheureuses, c’est pourquoi il s’est permis de modifier la fin de certains films. Il a donc, par exemple, transformé « L’âge de la guerre » en « âge de l’héroïsme ».

L’exposition Guy Brunet, carton plein !

3-Gbrunetdécorimage.jpgArticle proposé par Hugo MICHEL, Jules LEROUGE, Jules LEMER, Pierre LE SCOUL, Nathan LEBORGNE

L’exposition du Lieu Unique présente les travaux de Guy Brunet, à la fois ses affiches, ses films, ses synopsis, ses acteurs mais aussi ses mises en scène, fresques, décors, photos et ses premiers travaux. On retiendra ici tout ce qui compose l’exposition en dehors de ses films.
Tout d’abord, à l’entrée de l’exposition, est présentée la réplique de la fresque peinte sur la façade de sa maison. Elle représente à la fois un avant-gout de son travail et une porte d’entrée vers son univers.
Guy Brunet réalise des films seul, à partir de personnages et de décors en carton. Il est important de souligner qu’il compose vraiment tout dans son studio, de la réalisation jusqu’à la communication. Ses films sont des « remakes » singuliers de films existants et ils sont créés dans sa maison qui est envahie par ses réalisations. Brunet pioche des bouts d’histoire pour créer ses propres scénarios. Ses personnages en carton représentent des acteurs, actrices ainsi que des réalisateurs et producteurs de son temps (il travaille essentiellement sur les films des années 30-50 et dit ne pas regarder les films d’après 1966). Ces silhouettes inanimées sont faites via des matériaux de récupération et mesurent tous environ 1m38 (par soucis techniques, pour qu’ils apparaissent en contre plongée dans le champ de la caméra) sauf ceux qui représentent des producteurs et des réalisateurs car Guy Brunet leur accorde une plus grande importance (faire l’inverse du cinéma qui prône les acteurs et oublie souvent ceux qui dirigent le film). On peut déjà constater l’esprit engagé de ce réalisateur atypique. Ils étaient, à ses débuts, peints de glycero mais il travaille maintenant à l’acrylique.
Pour ses affiches, il a un mode opératoire particulier qu’il respecte quasiment à chaque fois lors de ses compositions et qui fait de lui ce créateur singulier. En effet, toutes ses affiches de films sont réalisées au dos de vraies affiches du film en questions (ce qui renforce l’idée d’une réadaptation à sa manière). Bien qu’il garde les  grandes lignes et éléments des affiches à partir desquelles il travaille, il commence toujours par installer le lettrage, la typographie, avant de travailler l’image.

Le monde cinématographique d’un self-made man

4-GbrunetfilmsimageArticle proposé par Emma MELKI, Ebony LERANDY, Élise CUGNART, Maud MARICOURT, et Fanny MAILLARD.

Guy Brunet est un réalisateur autodidacte né en 1945. Baigné dans le monde du cinéma depuis son enfance, il se passionne pour les films hollywoodiens. Les aléas de la vie l’empêchent de réaliser son rêve de devenir réalisateur et c’est seulement à l’âge de la retraite qu’il y parvint enfin.
Dès 16 ans, Guy Brunet écrivait ses premiers scénarios dans lesquels il rendait hommage au cinéma de l’âge d’or hollywoodien. En 1994, il loue son premier studio qu’il nomme Paravision (contraction de paradis et vision) et où il réalisera l’exploit de tourner ses films seul dans un lieu restreint (l’industrie du cinéma nécessitant un grand nombre d’intervenants). En effet, faute de moyens, il ne peut se payer ni acteurs ni décors.
Grâce aux silhouettes en carton qu’il fabrique dans son atelier, il va alors recréer tous les protagonistes nécessaires à ses films : producteurs, réalisateurs, acteurs, maquilleurs… soit près de 800 silhouettes d’environ 1m40 de hauteur pour permettre la vue en contre-plongée lors des tournages et faciliter leur transport.
Guy Brunet crée son propre monde, joyeux et multicolore, où les fins sont toujours heureuses. Il s’inspire de la documentation accumulée depuis son enfance et revisite l’histoire du cinéma en décomposant et recomposant à sa manière les éléments de référence qu’il connaît et les archétypes du cinéma. Il crée également son propre casting pour chacun de ses films. On peut citer par exemple « Le monde magique des frères Lumière », un documentaire réalisé en 2012. Pour Guy Brunet, les frères Lumière sont des dieux  puisqu’ils ont créé la magie du cinéma. Le réalisateur a pour but à travers ce film de faire découvrir la richesse culturelle, les recherches, ainsi que la rêverie que les frères Lumière ont produit grâce à l’invention du cinéma.
Guy Brunet réalise un étrange travail de mémoire dans ses films ou par le biais des affiches qu’il reconstitue. Il redonne vie à une grande époque du cinéma par amour et nostalgie. On pourrait qualifier le travail de Brunet comme un art cinématographique singulier, qui nous trouble à une époque où notre génération est habituée aux films à gros budgets, saturés d’effets spéciaux et autres technologies modernes. Ses films, qui nous paraissent à première vue ternes et ennuyeux, révèlent en fait une richesse artistique brute et épurée.
Guy Brunet a créé son propre système d’expression et nous emmène avec lui dans son univers, poétique, simple, touchant, atypique…

LA SCENOGRAPHIE : « L’envers du décor »

5-GBrunetsscénographieimageArticle proposé par Ambre Lelabousse, Enzo Lemasson, Manon Leverrier, Steven Merlet

La scénographie réalisée pour l’exposition « Guy Brunet – réalisateur » au Lieu Unique à Nantes a été faite pour présenter Guy Brunet, ses créations plastiques et ses projets de cinéaste autodidacte. Et ce, comme si l’on était directement dans son atelier de Viviez. L’espace d’entrée en est d’ailleurs directement inspiré. Une forme d’arche, formant l’accès à l’exposition, est une copie sur toile de la fresque peinte sur la façade de sa « société de production» . Cela signale sa passion pour l’âge d’or du cinéma avec la représentation de figures emblématiques du Western, des comédies musicales ou d’autres genres cinématographiques comme le péplum.
Cette exposition laisse un sens de visite libre et non défini. Il n’y a aucun parcours induit entre les grandes cloisons de bois permettant le support d’un écran téléviseur et servant de cimaises aux œuvres de Guy Brunet.
Les affiches de film qu’il a réalisé parlent d’elles-mêmes, de façon explicite et n’ont ainsi nullement besoin d’un décor très soutenu pour que les visiteurs comprennent que ces créations empruntent à  l’âge d’or du cinéma.
Les cimaises en bois rappellent, elles aussi, l’univers du cinéma et plus précisément les différents éléments de décor installés dans les studios de production.
Hormis ces grandes cimaises, des tables d’expositions lumineuses, toujours en bois (rappelant l’aspect brut de l’arrière des décors hollywoodiens) présentent les cahiers, scénarios et premiers dessins de Brunet.
Cet aspect écru, brut peut aussi se rapprocher des conceptions des travaux plastiques de l’artiste : un travail simple, avec des matériaux de récupération qu’il ne cherche pas forcément à masquer.
Un second lieu, délimité par un tracé blanc au sol, livre une surface d’exposition sous forme d’estrades, de gradins, formant un escalier, telle une salle de projection, permettant la bonne visualisation des silhouettes en carton des acteurs, placés suivant une hiérarchisation de leur célébrité.
Dans le vaste hangar du Lieu Unique se trouve également une pièce, une « salle » de projection permettant la découverte des films de Guy Brunet. Cet endroit sombre équipé de sièges de salle de cinéma, rappelle encore une fois la passion de l’artiste pour l’univers du cinéma.
A l’inverse de cette pièce, le reste de l’exposition est éclairé, de façon artificielle par des projecteurs de lumières jaunes ou des spots lumineux avec des filtres, le tout adoucissant ainsi la luminosité pour une visite plus agréable et une bonne protection des dessins. On peut d’ailleurs retenir que les supports lumineux utilisés évoquent également l’univers des studios de tournage. Seuls certains éclairages sont plus intenses pour une meilleure visibilité.

Passion Brute

6-GbrunetArtbrutartsingulierArticle proposé par Gwendolie Le Roux, Pauline Leriche, Morgane Lepotier, Ninon Manciaux, Océane Lebreton

On peut définir l’art brut comme étant une pratique artistique hors norme. C’est un art qui ne découle pas d’un autre mouvement, d’une mode ou du domaine du classique. Le terme « art brut » fut défini par Jean Dubuffet en 1945, le créateur de ce concept. Le terme brut est une qualification que l’on donne à des artistes autodidactes et indemnes de culture artistique, ce sont donc des artistes qui produisent des œuvres qui sortent du contexte habituel de l’art, car leurs impulsions artistiques découlent de leur propre imagination. Souvent, ils ne cherchent pas à s’inscrire dans un mouvement en particulier. L’art singulier, lui, est lié à l’art Brut, c’est un mouvement artistique en marge établissant une distance avec l’art officiel.
Le travail de Guy Brunet est originale et atypique. Ses réalisations nous ont paru en marge des expositions que nous avions pu voir auparavant. Guy Brunet est un artiste qui utilise des matériaux de récupération, comme par exemple le dos de bannières Intermarché ou d’affiches de films venant du cinéma que ses parents tenaient. Il utilise le carton, une matière essentielle dans laquelle il réalise ses silhouettes d’acteurs. Il les recouvre de peinture Glycéro ou acrylique. Sa patte artistique est forte et reconnaissable.
Passionné de cinéma, il rend hommage à l’âge d’or du cinéma hollywoodien en peignant dans un premier temps, des affiches traitant tout genre de films existants (du western à la comédie musicale). Puis dans un second temps, il produira des affiches pour ses propres films. Guy transforme ce qu’il voit, il ne copie pas les affiches existantes, mais s’inspire, sélectionne, « pioche », choisit, ce qui l’intéresse, pour ensuite en faire ce qu’il désire. C’est en cela que l’on peut dire que son art est atypique et très personnel. Il refuse de s’enfermer dans un style en particulier car il se définit avant tout comme cinéaste, réalisateur et producteur de ses propres films. Cet univers le passionne, il s’est d’ailleurs fait connaitre au festival « hors champ » pour son coté atypique.
Guy ne se définit pas lui-même, mais n’ayant pas reçu d’enseignement artistique ou cinématographique, c’est une des caractéristiques qui permet aux critiques et musées de le classer dans la catégorie de l’art brut. Certains considèrent qu’il est dans l’art modeste, d’autres dans l’art singulier, lui préfère laisser le soin aux dirigeants des musées de le placer selon leur point de vue. Il  livre néanmoins qu’il préfère que son  travail soit qualifié d’art brut. C’est aussi pour cela que ses œuvres sont achetées et placées dans des collections d’art brut (comme au musée Lausanne).
Le travail de recherche et de création de Guy Brunet pourrait s’inscrire dans l’art brut car il en possède toutes les caractéristiques, mais Guy dit lui-même « Pour vous dire que mon art est l’art cinématographique. Je me suis placé dans cet art qui m’appartient,… ». Il puise simplement dans son imagination et fait de sa passion des œuvres en marge du domaine classique et habituel.

Tags: Art · Non classé

26 mai 2016    Art   Expositions   Non classé

Publié par c.cesbron

Frac des Pays de la Loire.

Le Frac : un espace dédié au soutien et à la diffusion de l’art contemporain

1.FRAC

Article proposé par Léna Paleczny, Louise Peyon, Pauline Oger, Zoé Oberlé, Audrey Poilane.

S’engager aujourd’hui pour la culture de demain, telles sont les valeurs que souhaite transmettre le Frac. Les Fonds Régionaux d’Art Contemporain (Frac), créés entre 1981 et 1993 dans le cadre de la politique de décentralisation culturelle, ont pour but de diffuser l’art contemporain dans chaque région de France. D’abord installé dans l’Abbaye Royale de Fontevraud, le Frac déménagera ensuite à Clisson, puis Nantes, pour s’installer enfin à Carquefou dans un bâtiment spécialement conçu pour ses collections et ses actions. Jean-Claude Pondevie, l’architecte, l’a imaginé tel un “studio-atelier”. Dans un environnement calme et naturel, on découvre un bâtiment de béton brut, de bois et de verre. Une grande faille vitrée le traverse, révélant la fonction du lieu. L’architecte a créé un bâtiment simple, fin et élégant, comme “posé” légèrement au sol. Grâce aux rapports de forces colorés, il prend une place discrète et élégante dans le parc. Le Frac “prête” régulièrement des oeuvres à des Institutions pour les rendre visibles et accessibles, étendant ainsi son champ de diffusion.Créé en 1984, le Frac des Pays de la Loire apparaît comme précurseur proposant des ateliers internationaux. Chaque année le Frac invite six artistes en résidence. Le Frac constitue une collection qu’il fait vivre aux travers d’expositions dans toute la Région. Il accueille également un espace de documentation, important outil de recherches, et propose un travail de sensibilisation auprès de tous les publics et en particulier du jeune public (scolaire).
Le Frac accueille en ce moment deux expositions. La première, “ouverture pour inventaire” propose une redécouverte et une relecture des oeuvres conservées au sous-sol. Elles sont sorties des réserves, pour être inventoriées et  montrées au public. Pendant six mois, une centaine d’oeuvres est exposées, permettant au public de voir ou revoir les oeuvres de la collection.

La deuxième; “Working Model” de Dominik Lang, est un instantané qui est proposé dans le cadre « d’ouverture pour inventaire”. L’artiste tchèque reconstitue un atelier d’artiste, mettant en avant le processus de création artistique et d’exposition des oeuvres.

Ainsi, le Frac par son choix hétéroclite d’oeuvres d’art et son architecture, permet la découverte de l’art contemporain et a l’ambition de rendre la culture ouverte à tous.

L’art contemporain: de l’oeuvre au livre

2-FRACdocumentationimage

Article proposé par Valentine Milliand, Julia Nicoli, Alexandre Nicolle, Constance Rondeau

Le Frac de Carquefou (Fond régional d’art contemporain) est une collection publique d’art contemporain dont la mission est de sensibiliser différents types de publics à la création actuelle. Prenant une place important dans l’espace, le service de documentation comprend plus de 8000 titres, dont des dossiers et des publications concernant les artistes représentés dans la collection. Cette documentation sert plus globalement à constituer un fond de références sur l’actualité des arts plastiques et visuels. Elle est constituée de livres d’artistes, de catalogues d’exposition, de revues périodiques, ainsi que des ressources numériques, le tout centré sur l’art contemporain, le design, l’architecture, etc.
Ce centre de documentation est à disposition du public et comporte un poste informatique qui est destiné à la consultation de la base de données mais aussi à la lecture de DVD et de CD-Roms ainsi qu’à l’accès à Videomuseum : le réseau des collections publiques d’art moderne et contemporain. Étudiants en art, artistes ou passionnés peuvent donc accéder à une quantité et une diversité d’ouvrages sur l’art contemporain facilement grâce à la documentation du Frac.
Certains ouvrages de cette documentation ont été créés par les artistes. Lors de notre visite nous avons pu, à l’aide d’un intervenant, découvrir ce pôle de documentation ainsi que certaines productions qui la composent, en particulier des éditions artistiques jouant avec les codes de l’édition. En effet dans chacun des livres présentés par l’intervenant, l’artiste qui en était l’auteur s’était adonné a un exercice qui poussait alors le spectateur à la réflexion pour en saisir le sens. Par exemple, nous avons découvert un livre étant fait de typographie en bichromie noire et blanche et nous devions retrouver la lettre illustrée au travers de ce qui, au premier abord, constituait à notre sens un motif.

L’exposition

3. principe expo FRAC imageArticle proposé par Mickael Rasolofo, Kevin Pieplu, Guillaume Rotter, Jules Riché, Lucie Redt

« Ouverture pour inventaire [2]»  est une exposition présentée au FRAC (Fonds Régionaux d’art Contemporain) de Carquefou. Comment expliquer ce titre ? Dans un premier temps, nous allons nous intéresser à ce qu’est un inventaire.
Dans sa définition formelle, un inventaire consiste en un dénombrement ordonné des biens, des stocks. Ce sont donc les éléments formant l’actif et le passif d’un patrimoine. En effet, le FRAC possède une immense collection d’oeuvres qui sont stockées dans ses sous-sols. Il est impossible de tout exposer en permanence. C’est pourquoi l’institution procède régulièrement à des récolements. Mais alors, qu’est-ce qu’un récolement ? C’est une opération qui consiste à vérifier l’état d’objets répertoriés dans un inventaire.
Les oeuvres sont donc étudiées avant d’être exposées dans la galerie. A la découverte de l’exposition, le public est invité à réaliser lui même une sorte d’inventaire tout en créant un lien entre les différentes créations exposées. L’intérêt de l’exposition « Ouverture pour inventaire [2]« , réside dans sa diversité et dans l’évolution constante des idées et de la scénographie de l’espace. En effet, les oeuvres exposées sont régulièrement remplacées, ce qui créé un nouvel équilibre à chaque réarrangement du lieu.
L’exposition permet de mieux faire appréhender l’art de notre temps, en dévoilant les métiers et les gestes invisibles qui entourent les oeuvres en révélant les savoir-faire techniques et scientifiques mais aussi en divulguant l’aspect quotidien de la gestion d’une collection. C’est une vitrine sur l’art inattendue qui est offerte au public. Cela permet parfois un temps de dialogue avec les artistes.
Cette exposition fait suite à celle de la HAB galerie au printemps 2015. Celle que nous avons découverte grâce à l’école en est la deuxième édition.
Nous pourrions alors avancer l’idée que le “[2]” inscrit dans le titre fait référence aux deux phases de l’exposition : la 1ère consiste à assister en direct aux différentes étapes de mise en place des oeuvres, et la 2ème étape, à l’exposition au grand public.

Regard sur une œuvre de l’exposition : “La vie éternelle” de Jacques Charlier

4.Jacques Charlier FRAC imageArticle proposé par Ophelie Nollet, Capucine Pennec, Melys Pottier, Amelie Peron, Loélia Rapin

« La vie éternelle » est une installation aux techniques mixtes et aux dimensions variables. Le thème majeur de cette oeuvre est la précarité tragique de la vie. Elle se compose en deux parties. Sur la gauche, on peut voir quatre tableaux (un ange, un démon, des fruits, une femme). A côté est disposé, devant une toile sombre d’une grande dimension, tout un tas d’objets dans un camaïeu de rouge : une sellette supportant une corbeille de fruits artificiels, un grand bouquet de fleurs fraîches et, sur une estrade, un maillot en paillettes, une parure de plumes, des souliers, tout l’attirail de séduction d’une femme. Cette dernière se trouve en portrait photographique disposé sur un chevalet. Cette femme a posé dans l’installation de l’artiste durant le vernissage avant de disparaître, laissant ainsi derrière elle le décor et son image.

Jacques Charlier est né en 1939 à Liège. C’est un artiste qui n’hésite pas à explorer tous les champs d’activités artistiques : la photographie, la peinture, la sculpture etc… souvent critique notamment grâce à son utilisation de l’ironie, n’hésitant pas à détourner les codes de la publicité ou des médias. Il se lie d’amitié avec Marcel Broodthaers, un artiste avec qui il va fréquenter les galeries d’art belges. Il va aussi collaborer jusqu’à la fin de sa carrière avec Jean Hoet. Jacques Charlier participe à de nombreuses expositions en Belgique comme à l’étranger. En 1986 il participe à la célèbre exposition « Chambre d’amis»  à Gand. En 2009 il expose son oeuvre Disorder au Palais des Beaux Arts de Bruxelles mais cette même année il se voit aussi refuser par la ville de Venise son projet 100 sexes d’artistes en raison du caractère sexuel du projet. Ses œuvres sont présentes par exemple au musée d’Ostende en Belgique, mais on les retrouve aussi en France, en Allemagne, aux Pays-Bas ou au Luxembourg.

Jacques Charlier propose, à travers son installation, une réflexion amusée sur le temps, l’art et la vie. Les quatre peintures de gauche sont comme une introduction à l’œuvre. Cette derniére  exploite la notion du temps qui passe : un sentiment d’être hors du temps se dégage tel un instant figé. L’installation se transforme au fil des expositions, tout comme le modèle et sa posture . Une atmosphère intimiste avec une dimension romantique s’installe… La femme nous renvoie à l’univers du cabaret, du jeu, de la sensualité… C’est comme une vanité..

A notre avis, un certain paradoxe s’installe en regardant cette œuvre car elle donne l’impression d’être vivante… Cette installation nous montre que la vie n’est pas éternelle, les objets perdurent alors que l’homme non.

Regards sur l’oeuvre de Jean-Luc Vilmouth Cut out 2 (1980)

5-VILMOUTHimageArticle proposé par Lisa MOUEN, Hortense RIPOLL, Maylis ROLLAND, Lucas RAGOT

Jean-Luc Vilmouth, plasticien français a été influencé par le minimalisme et l’art conceptuel. Il a consacré sa carrière aux sculptures et aux installations et a également réalisé des performances. Il a été profondément sensible à l’étude de nouvelles cultures ainsi qu’aux liens familiers qui peuvent exister entre l’homme, la réalité, monde. Son art se focalise autour des objets du quotidien.  Il cherche à souligner la valeur que possède chaque objet, le sens, la force, la poésie que celui-ci véhicule. Il ne le transforme pas, ne le magnifie pas physiquement mais, par sa mise en scène, tente de lui apporter une dimension différente. Il interroge le rapport que l’homme entretient avec l’objet et la place que celui-ci prend dans notre quotidien.

Cut out 2” est exposée actuellement au Frac du Pays de la Loire, dans le cadre de l’exposition “Ouverture pour inventaire”. Il s’ agit d’une œuvre composée essentiellement de fils gainés. L’installation, imposante, est disposée à même le sol. Elle est constituée de cercles de fils électriques de couleurs et de sections différentes. Notre regard est directement attiré au centre du cercle où est posée une pince dont les couleurs ont une incidence sur le choix des couleurs des cercles concentriques qui se déplient autour d’elle. Ces cercles de  câbles qui entourent la pince lui confèrent une certaine aura. L’artiste joue de la relation outil/matériau (puisque la pince est conçue pour couper le fil électrique). L’objet ainsi détourné de son utilisation première est ainsi mis en avant. La pince n’est plus une simple pince mais devient par l’appropriation qu’en fait l’artiste, un symbole, une pièce unique bien que provenant d’une fabrication en série. L’objet dans l’art redéfinit son statut par sa mise en scène au sein d’une installation, un contexte différent de celui de la vie quotidienne où chaque objet a une place définie.

Lorsque nous avons pénétré dans la salle, l’installation a suscité des questionnements sur sa signification ainsi que sur la démarche de l’artiste. Le fait qu’elle soit placée à même le sol nous a intrigués. Son agencement dans la pièce n’est pas un hasard, elle attire le regard du public puisqu’elle se situe à l’entrée de l’exposition. Suivant son lieu d’exposition, l’oeuvre est adaptée à l’espace. Pour son exposition actuelle, avec l’accord de l’artiste, des cercles de fils ont été ajoutés afin de lui donner plus d’ampleur dans l’espace. De ce fait, la taille de l’oeuvre est impressionnante, d’une taille supérieure à celle d’un homme. Dans l’installation Cut Out 2, Jean-Luc Vilmouth réduit l’acte de sculpter à sa plus simple expression : couper.

“WORKING  MODEL”, Dominik Lang

6-expo Dominik Lang image FRAC-2Article proposé par Juliette Paugam, Marie Pelhate, Paul Pege, Laurent Poinsignon, Clémentine Peyron

Nous allons nous intéresser à l’exposition “Working Model” de Dominik Lang qui s’inscrit dans le cadre de « Ouverture pour inventaire» . Il y a en effet, quelque chose de la collection, de l’inventaire dans la démarche de Dominik Lang. Ses sculptures évoluent avec le temps, son processus de création « documente»  une histoire personnelle. Dominik Lang utilise des fragments de croquis trouvés dans l’atelier de son père, Jiri Lang lui-même artiste, pour créer des sculptures qui n’existaient que sous forme d’esquisse, de projet. Le manque de précision des brouillons réalisés par son père, fait que Lang s’éloigne sûrement des intentions initiales, mais cela perpétue le cycle de création et d’évolution. Dominik Lang s’intéresse aux modalités de création et de production des œuvres. En effet, ici, les socles sont remplacés par des tabourets, salis de peinture, les dessins sont accrochés sur un morceau de véranda, il y a des caisses, des chevalets… Ces éléments nous font comprendre que nous nous trouvons dans un espace atelier. Dans son travail, Dominik Lang nous confronte également à diverses questions: Qu’est-ce qu’une œuvre d’art ? Quels en sont les critères : la beauté ? l’intention ? l’authenticité ? Ces questions centrales nous proposent une lecture différente de son travail. De plus, en exposant de vieux croquis de son père, il donne vie à l’imaginaire de son père. Cette installation nous plonge également dans l’univers de conception des artistes, puisque l’on y voit les croquis prendre vie en volume.

Nous avons apprécier l’œuvre de Dominik Lang. Tout d’abord, la configuration de l’espace, conçue par l’artiste, comme un espace d’atelier, est épuré, dans une petite pièce claire. En observant ses oeuvres, on explore une installation mêlant volumes et dessins, réalisés à partir de différents matériaux. Ce mélange de techniques permet de voir le processus de création des oeuvres, tout en ayant une diversité de supports. Son travail est également intéressant car il réactive la production artistique de son père… Ceci ajoute une dimension vivante et humaine, on entre dans l’intimité de l’artiste. Il interroge la continuité d’un travail artistique d’un père à son fils, les mécanismes de transmission…

Tags: Art · Expositions · Non classé

16 février 2015    Non classé

Publié par c.cesbron

Visite de l’exposition « Théâtres en Utopie»  au Lieu Unique

1. « Théâtres en Utopie » Le titre, l’espace, le contexte

1-théâtres en UtopieUn article proposé par Cellie PIRAUD, Roselyne NGUYEN, Marie POMMERET,  Nolwenn RAT, Lucille RABADAN

Théâtre en utopie est une exposition présentant des théâtres qui n’ont jamais été réalisés. L’exposition regroupe un ensemble de projets (conçus de l’Antiquité à la fin du XXème siècle) qui tous tendent vers l’imaginaire, le rêve, l’idéal, le surréel.
Pour Yann Rocher, le commissaire d’exposition, ces projets ont été quelque peu oubliés car, comme le titre l’indique, utopiques. Ils constituent, selon lui, un ensemble de monuments idéalisés, placés dans une sorte de monde parallèle irréel. Ainsi, en exposant ces projets, il tend à les rendre réels, leur donne une seconde vie. Le théâtre n’est pas un lieu anodin : il fallait faire de cet endroit quelque chose de spectaculaire, d’innovant, d’éblouissant et de vivant. En effet, le théâtre est un lieu où on détourne le spectateur du réel où on joue avec ses sentiments. Et dramatiser, c’est exagérer, présenter de manière théâtrale, émouvoir. C’est pourquoi des projets immenses, étranges, incroyables ont souvent été rêvés, mais laissés de côté. Yann Rocher a donc choisi de rassembler quelques 76 projets, pour ressusciter les rêves architecturaux les plus fous, et aussi stimuler notre imaginaire. L’exposition se parcourt telle une promenade curieuse, scénographiée par Xavier Dousson. L’exposition permet également de définir le terme d’utopie sous ses diverses facettes, de voir l’évolution des idées architecturales, l’évolution de la conception de ce que peut être un théâtre, à différentes époques, dans différentes sociétés, tout en permettant au spectateur de développer sa propre réflexion.
C’est le Lieu Unique, « scène nationale de Nantes » depuis 2000, communément appelée Lu, qui propose et reçoit l’exposition du 11 octobre 2014 au 4 Janvier 2015, dans un espace nommé « La Cour », le plus souvent dédié aux expositions. Ancienne manufacture des emblématiques « Pailles d’or » ou « Petits beurres », l’usine Lu, désaffectée en 1986, a été rénové par l’architecte Patrick Bouchain ainsi que par Jean Blaise, directeur du CRDC, dans le but de créer un espace pour promouvoir la culture, créer un nouveau lieu de croisement culturel et social. Le projet a d’abord été considéré comme utopique, car il se veut polyvalent. Il accueille aujourd’hui diverses manifestations culturelles : spectacles, concerts, expositions, conférences… mais propose aussi des services tels que des résidences d’artistes, un café/bar, librairie, un hammam ou encore une crèche. La rénovation a permis au Lieu Unique de s’imposer comme scène nationale tout en gardant des traces de son identité passée comme l’une des deux tours de l’usine. Il accueille l’exposition Théâtres en utopie car il a été autrefois perçu comme Lieu Utopique, premier nom attribué au Lu. En proposant cette exposition, il rend une sorte d’hommage à ces projets utopiques oubliés.

2- Le propos de l’exposition

2-théâtres en UtopieUn article proposé par Saline PINEAU, Adélie PAYET, Chloé PASCAL, Alexandre POIRIER, Marie MOTTE

L’exposition donne un éclairage à des projets architecturaux en lien avec le théâtre, pour la plupart n’ayant jamais dépassé le stade de l’idée, du papier. Son but est aussi de montrer l’évolution de la pensée architecturale en lien avec l’évolution de la conception théâtrale. Elle met en lumière la volonté de certains architectes de se démarquer des constructions classiques, en cassant les codes et en développant une pensée, un imaginaire, une vision différents. On parle ici d’utopie non pas comme d’un rêve impossible à réaliser mais comme une revendication de rupture avec un mode de société, la capacité à ouvrir une brèche dans le réel.

Théâtres en Utopie s’axe sur des thématiques chronologiques et culturelles, et se fragmente principalement en trois types de projets  : ceux qui critiquent par le biais de leurs conceptions les contraintes dictées par la société dans laquelle ils vivent, sous la censure par exemple. On retrouve aussi des artistes qui expérimentent en jouant avec la forme du bâtiment et le monde de l’imaginaire jusqu’au quasi-fantastique. Les projets architecturaux de l’Antiquité, notamment ceux de Curion et Vitruve, sont d’ailleurs les sources d’inspirations de nombreux architectes. Cela se caractérise dans la recherche d’une amélioration de l’acoustique ou de la modularité et la mobilité des décors. Enfin, d’autres, développent une nouvelle forme du spectacle en utilisant l’architecture-même pour élargir les possibilités de mise en scène ou bien encore  faire participer le spectateur et donc repenser l’expérience vécue par ce dernier.

Ces divers projets, visionnaires, possibles ou impossibles à réaliser, traduisent l’étendue infinie des capacités de l’imaginaire à retranscrire des idées, à les explorer sans être freiné par les contraintes matérielles. Les architectes ont, par leur audace, su nous transmettre la sensibilité du rêve que l’on retrouve en assistant à un spectacle au sein même de leurs architectures. Ce système de représentation est une personnification du théâtre, où l’édifice devient un outil et s’adapte au besoin pour devenir utile et même un acteur du spectacle.

Les architectures peuvent refléter une évolution de la pensée artistique et de la conception du théâtre. Si on commence à faire de l’improvisation dans le théâtre, on va tenter d’adapter les salles pour concrétiser cette idée.

On peut remarquer que les projets de théâtre issus du système soviétique ont quelque chose de totalitaire. Certains théâtres aux formes organiques ont été pensés pendant la République de Weimar, mélangent art, architecture et nature. C’est pour cela que l’on peut dire que chaque époque, chaque société recherche ses systèmes de représentation de théâtre, suivant sa culture, ses modes de vie, sa façon de penser, son idéologie…

3 - La scénographie de l’exposition

3-théâtres en UtopieUn article proposé par Maya PINTARD, Mathilde PATOIZEAU, Alizée PARRY, Antoine POQUET, Raphaëlle NIGER

L’exposition « Théâtre en Utopie » de Yann Rocher (commissaire et architecte) et Xavier Dousson (scénographe et architecte) au Lieu Unique à Nantes, met en scène 80 projets de théâtres, n’ayant jamais vu le jour pour la plupart. Dans cette exposition nous pouvons retrouver des photos, des textes explicatifs et des maquettes pour chacun des projets.

L’exposition propose un cheminement chronologique, de l’Antiquité au XXIème siècle. Le visiteur suit un parcours délimité par des blocs disposés de manière parallèle suivant des formes géométriques. L’exposition suit « les contours » de la salle du Lieu Unique. Une des majeures contraintes du lieu était les poteaux de la structure qui ne devaient pas perturber le parcours du visiteur. Rocher et Dousson se sont servis de cette contrainte afin de mettre certains éléments de l’exposition en évidence. En effet, presque l’intégralité de l’événement est installée entre les poteaux, hormis quelques maquettes qui se trouvent de l’autre coté des colonnes, ce qui permet de mieux les mettre en valeur. En ce qui concerne les différents projets, chacun d’entre eux se compose de textes explicatifs, de plans, de maquettes plus ou moins imposante, de casques audio et de photos. Les textes sont en lettres lumineuses, ce qui permet d’avoir une meilleure visibilité et lisibilité. Ils sont soit à plat à coté des maquettes soit sur des cubes d’affichage à hauteur d’œil. Les maquettes sont, quant-à elles, posées sur des plateformes rotatives et éclairées par de petites lampes que le visiteur peut moduler à sa guise afin de mieux apprécier les détails. De plus, les blocs d’exposition sont principalement composés de matériaux noirs. Une bande de couleur apparaît afin de mettre en valeur la légende des différents documents du projet. Cette dernière, change en fonction de l’époque. Par exemple : la période de l’Antiquité est symbolisée par la couleur jaune, tandis que la période de la Renaissance est en rouge. Cet évident contraste entre les couleurs, attire l’œil du visiteur. Enfin, il n’y a pas de lumière naturelle, ni de lumière artificielle, mise à part la lumière des blocs, ce qui permet de focaliser le visiteur sur l’exposition en elle-même et non pas sur son environnement. S’y ajoutent quatre écrans sur lesquels on peut entendre des témoignages d’architectes. Ces écrans sont face à des transats mis à disposition des visiteurs.
De notre point de vue, l’exposition, offre de nombreux aspects positifs. La rotation des maquettes apporte un côté attractif et original. De plus comme les blocs sont presque entièrement numérisés, ils amènent du dynamisme. Le fait que les projets soient disposés de façon chronologique permet une meilleure compréhension du propos. En revanche cela limite les libertés du visiteur qui n’a qu’une seule possibilité de visite. Enfin, davantage de jeux de lumière et un fond musical auraient pu être appréciés.

4 - Les maquettes

4-LUimageUn article proposé par Mégane PETTON, Tamara PRUD’HOM , ZiYing QI, Marie PRIGENT, Anna RIGAUD

L’exposition « Théâtres en utopie » est une présentation de maquettes conçue par Yann Rocher et Xavier Dousson dans le but de faire connaître des projets d’architecture de théâtre jamais réalisés.
Environ 80 maquettes ont été réalisées par les étudiants de l’école d architecture ENS à Paris pour illustrer le propos, certaines en carton et bois, d’autres par impression 3D .
Cependant certains projets n’ont pas été concrétisés par des maquettes et sont restés sous forme de croquis pour cause de manque d informations.
Pour chaque projet, il a fallu faire un travail de recherches important ; ainsi les maquettes exposées sont des interprétations du projet initial.
L’exposition propose de découvrir des projets datant de 51 avant Jc jusqu’à 1985. Les théâtres pensés après 1985 ne sont pas exposés, certains ont été tout de même présentés sous forme de vidéos.
Suivant l’époque de conception des projets,  les maquettes sont réalisées avec différents codes et objectifs.
Pour commencer, dans l’Antiquité, les théâtres avaient la forme d’arènes, favorisant l’acoustique. La mobilité du décor était très importante car elle permettait de jouer des scènes tragiques, comiques et satiriques.
Puis pendant la Renaissance, Serlio fut l’un des premiers à penser un théâtre prenant en compte rigoureusement les règles de la perspective.
Pendant la Révolution Française, c’est la précision qui est de rigueur et la recherche de formes géométriques simples.
A la fin du 19eme, a été réfléchi un théâtre modulable pouvant posséder 3 dimensions (petit, moyen, grand)…
En 1919, Hendrik Wijdeveld conçoit un gigantesque théâtre aux formes explicitement obscènes…
Dans les années 50, un théâtre a été créé de façon légère et démontable pour de nouvelle itinérances ce qui nous semble être l’idée la plus intéressante.
Le lieu d’implantation peut être inattendu, ce qui est le cas de l’Opera de Bagdad qui est imaginé sur une île sur le Tigre (1957)
Dans les années 60, des théâtres sont conceptualisés par empilement de façon a réalisé une scène aérienne.
En Italie dans les années 70, des créateurs décident d’inverser le concept du théâtre, le spectateur devient acteur. (…)

5-Focus sur un projet de Léonard de Vinci

5-LUimageUn article proposé par Anastasia PESCHEUX SERGIENKO, Titouan MOTREUIL, Paul PÉGÉ, PHILOUZE, OURY

Nous nous sommes intéressés aux projets de Léonard de Vinci, homme important de la Renaissance dans de nombreux domaines, scientifique, architectural, pictural, etc… .

Léonard de Vinci a travaillé sur différents projets comme :  » théâtres pour écouter la messe»  et un édifice, appelé « emplacement d’où l’on prêche» . Son projet possède une structure centrale, une estrade, entourée de trois zones de sièges, rappelant la structure des amphithéâtres et dessinant la façade courbe du bâtiment extérieur. Léonard de Vinci reprend cette idée d’encerclement de l’orateur dans la structure du lieu du prêche (celui que l’on peut voir sur le croquis) qui rapproche tout aussi bien l’auditeur de l’orateur, qui se trouve dans la chaire, disposée en haut d’une colonne. Six galeries dominent la chaire, en donnant à l’intérieur une forme sphérique. L’accès à ces galeries se fait par les escaliers placés en extérieur du bâtiment, créant ainsi un bâtiment ressemblant à un « double » amphithéâtre, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Léonard de Vinci s’intéresse à l’acoustique, il étudie l’effet de la concavité sur le son, et les phénomènes d’échos. Il cherche comment maîtriser la qualité sonore du bâtiment. C’est pourquoi, dans son projet, il propose une architecture en dôme, pour mettre en valeur l’acoustique lors du rituel de la messe. Cette architecture est un lieu de culte qui devient comme un théâtre, avec une scène et une salle…

6-Focus sur un projet du XXe siècle : Nikolaï Ladovski, grand théâtre utopique

6-LUimage

Un article proposé par Ewen RIBOT, Paul PERUSAT, Hector PATEMAN, Martin RAGAIGNE, Andréa PALLADINO

Le théâtre imaginé par Nikolaï Alexandrovitch Ladovski architecte russe, en 1931, en pleine période soviétique, a vu le jour au cours de l’organisation d’un concours pour la création de grands théâtres dans certaines grandes villes russes, sous l’impulsion du parti soviétique. Ce projet s’inscrit dans un ensemble de projets dantesque dont la fonction principale pouvait parfois être détournée afin de répondre aux besoins (politiques, d’apparat ou de propagande) des autorités.

Le bâtiment est dessiné en formes géométriques simples. Le théâtre principal a une forme oblongue comme un stade. Il est rattaché à deux coursives circulaires formant un  cercle ouvert. L’ensemble du bâtiment est rendu asymétrique par la présence d’une salle de concert plus intimiste placée à gauche du théâtre et reliée à celui-ci par une coursive. Le théâtre principal est de dimensions imposantes répondant aux standards de l’architecture soviétique (architectures gigantesques voulant promouvoir la grandeur du pouvoir). Le théâtre devait être au service du peuple, être un théâtre de masse avec un nombre de places impressionnant. Le projet correspond à la politique en vigueur à cette époque, où il s’agit de glorifier le pouvoir par la grandeur des édifices publics. Il permet également la diffusion d’une propagande de masse par le nombre de places qu’il contient.
Le complexe est essentiellement consacré à l’art théâtral, mais il pouvait aussi avoir des fonctions bien différentes afin de servir au pouvoir en place. Ainsi, la cour délimitée par le cercle ouvert marquant l’entrée du complexe, pouvaient servir, entre autres, à certaines parades militaires magnifiant le régime politique. La salle de théâtre principale devait en principe pouvoir servir de salle de réunion pour l’ensemble les dirigeants du parti.
D’un point de vue esthétique, les formes et les dimensions de ce bâtiment rappellent fortement les lignes directrices voulu par les instances du gouvernement, des formes géométriques simples et assemblées, qui semblent  composer, vue du dessus ,la faucille et le marteau stylisée du drapeau soviétique…

Tags: Non classé

5 septembre 2014    Non classé

Publié par d.gouard

Ajax

Compte-rendu du spectacle présenté au Grand T en janvier 2014 (par un groupe d’étudiants de A1)

Un véritable mélange culturel

Amandine Palierme, Virginie Souffoy, Malory Ménagé, Margaux Leroy, Anaëlle Sourice

Illustration par Amandine Palierme, Virginie Souffoy, Malory Ménagé, Margaux Leroy, Anaëlle Sourice

Illustration par Amandine Palierme, Virginie Souffoy, Malory Ménagé, Margaux Leroy, Anaëlle Sourice

Sophocle, grand auteur de l’an 400 av. J.C., est un tragédien qui a écrit plus de 122 textes et une centaine de tragédies, dont Œdipe Roi ou encore Ajax.

Ce spectacle contemporain est inspiré de la plus grande pièce antique, Ajax. Pour être mise en scène, elle a été traduite par Robert Davreu, poète et écrivain français puis réalisée par Wadji Mouawad.

Wadji Mouawad, auteur et réalisateur de la pièce, est né le 16 Octobre 1968 à Deir-el-Qama au Liban. Depuis toujours, il est intéressé par le théâtre et décide d’en faire son métier. Il est à la fois auteur, metteur en scène, directeur artistique, comédien et plasticien. C’est un homme passionné par son métier, jusqu’à en être nommé « homme de théâtre ».

D’origine libano-canadienne, il quitte le Liban à l’âge de onze ans suite à la guerre civile qui y fait rage. Il émigre en France, à Rouen, nouvelle terre d’adoption pour lui.

En 1983, il part pour Montréal au Québec où il rejoint une troupe de théâtre tout en continuant sa scolarité dans le secondaire. Il poursuit ses études à l’école nationale du théâtre du Canada et obtient son diplôme en 1991. À la fin de ses études, il a l’honneur de codiriger la compagnie «   Théâtre Ô Parleur   » avec Isabelle Leblanc. Il réalise de nombreuses mises en scène et adaptations dont « Macbeth »   , « L’Exil » ou encore « Incendie » qui fait partie de la quadrilogie   : « Le Sang des promesses ».

De 2000 à 2004, il dirige le théâtre Quat’sous à Montréal, puis fonde en 2005, deux compagnies de production : Au carré de l’hypoténuse, en France et Abé carré cé carré, à  Montréal. Cela lui permet de faire lien entre ses deux terres d’adoption.

Ces spectacles sont souvent des suites qui sont regroupés dans en certain ordre afin de former une seule et même pièce. Par exemple, « Le Sang des Promesses » contient « Littoral », « Incendie », « Forêt » et « Ciel ». La quadrilogie a été représentée au Grand T en 2009,  théâtre où il devient un artiste associé en janvier 2011.

Aujourd’hui, il travaille sur les sept tragédies connues de Sophocle qu’il décline en trois : « Des Femmes », « Des Héros » et « Des Mourants » prévues pour 2015. Il a pour projet de se consacrer à des pièces sur un « cycle domestique » en prolongeant sa recherche autour d’un univers familial : « Sœur », « Frère », « Père » et « Mère ».

Un héros déchu

Par Adrien GRANGE, Charles PERINET, Morgane THOMAS, Solenne RETY, Maëlle BRETECHE

Illustration par Adrien GRANGE, Charles PERINET, Morgane THOMAS, Solenne RETY, Maëlle BRETECHE

Illustration par Adrien GRANGE, Charles PERINET, Morgane THOMAS, Solenne RETY, Maëlle BRETECHE

Nous avons réalisé une étude du texte d’Ajax par Wajdi Mouawad, une pièce de théâtre unique aux prises entre un univers antique et un monde moderne. En effet, Wajdi Mouawad réinvente cette pièce du Vème siècle av. J.-C. en y incluant des références du 20ème siècle avec l’objectif de la rendre accessible au public actuel. On note ainsi l’évocation  d’évènements récents et notamment des  guerres modernes comme la guerre du Liban,  la guerre d’Algérie ou encore les attentats du World Trade Center. Des références iconographiques modernes sont présentes à l’instar de Dark Vador (Star Wars) mais aussi des phrases que l’on doit à des personnalités : « nettoyer la banlieue au Karcher. » ici Sarkozy.

Des aboiements sont présents, le réalisateur et le personnage principal, Ajax, expriment la folie, la colère, la rage, le désespoir autant d’Ajax que du réalisateur originaire du Liban. Cette œuvre comporte d’ailleurs un aspect autobiographique qui passe par les accents des différents appareils électroniques, référence aux lieux de résidences de Wajdi Mouawad (Liban, Québec). Ajax, personnage principal, ne parle qu’au moment de sa tentative de pendaison mais l’on peut supposer que la voix off est en réalité la voix ou les pensées d’Ajax. On peut aussi noter que certains comédiens prennent la parole à la fin. Des symboles prennent de l’importance au fil de l’œuvre, notamment au moment où Ajax est baigné dans une baignoire de peinture blanche, pour symboliser la mort d’Ajax, il est transformé en statue d’inspiration Antique. Dark Vador, est plus qu’une référence, c’est aussi un symbole : celui de l’anti-héros mais aussi celui du père, peut être le père d’Ajax.

Tout comme le coquillage d’Ajax, les appareils électroniques sont souvent un moyen de s’évader. Leur rôle ici est de présenter, d’animer la pièce. Ils tissent un fil d’Ariane en prononçant ce qui pourrait être des didascalies et amenant une part comique à cette tragédie. D’une manière générale, les textes suivent le rythme de la pièce avec des textes lents aux moments lents de l’histoire et inversement. Et quand le récit s’intensifie, les paroles sont effacées par des cris dénotant avec des blagues racistes ou sexuelles. Ce texte est une réflexion sur la condition du héros en plaçant Ajax au centre du dispositif nous laissant juger de ses actions, de ses pensées, de ses humeurs.

Nous avons donc affaire à une œuvre mêlant le tragique et le comique, l’ancien et le moderne, autour d’une histoire intemporelle, mettant en avant la condition du héros. Celui-ci finit par choir avec la dose de souffrance qui accompagne cette chute, comme a pu nous le montrer très récemment Martin Scorsese dans Le Loup de Wall Street.

Ajax, une dualité des jeux d’acteurs

Par Carine ABOUZER, Olivia BALLET, Héloïse BANNERMAN, Thibaut LALANNE, Ophélie JARET

Illustration par Carine ABOUZER, Olivia BALLET, Héloïse BANNERMAN, Thibaut LALANNE, Ophélie JARET

Illustration par Carine ABOUZER, Olivia BALLET, Héloïse BANNERMAN, Thibaut LALANNE, Ophélie JARET

Wajdi Mouawad nous offre une mise en scène originale d’une pièce antique revisitée dans un style cabaret, démesuré et vivant. Du fait de la dualité de la pièce, le jeu des acteurs s’en ressent.

On peut distinguer deux sortes de jeux d’acteurs, un plus léger dans le registre comique et un autre plus grave et tragique, conformément à l’esprit des tragédies grecques.

Le jeu d’Ajax est multiple. Il est joué par le metteur en scène lui-même au début de la pièce,  on le voit faire le chien enragé, il fait très peur, comme empreint de folie. Ses déplacements sont expressifs et spontanés. On sent une grande détresse. On ne l’entend jamais parler sur scène a part pour hurler son prénom, ou lorsqu’il joue le jeu du narrateur en voix off, également faite par Wadji MOUAWAD. Elle est monotone, sans tonalite, elle raconte simplement des anecdotes. Aux crises de folie s’en suit une phase de calme, Ajax se met en retrait, il est passif, comme absent.

La mère d’Ajax joue d’une façon tragique, interprétation comme dans la Grèce antique. Elle se déplace lentement mais fait aussi des gestes amples et vifs de temps en temps on sent une souffrance dans sa voix et ses gestes, elle est presque à l’agonie, elle se replie par terre en suppliant et en pleurant, on sent un registre pathétique.  Son monologue se veut convaincant, on sent la tristesse d’’une mère qui est en train de perdre son enfant. Elle est face au public mais s’adresse à Ajax.

Le fils, par son jeu, utilise deux registres, le comique et le tragique. Lorsqu’il fait partie des musiciens, on ne le remarque pas plus que les autres, ils sont dans la démesure, qui exprime la douleur d’Ajax. Lorsqu’il parle, il se positionne comme un narrateur, il se tient droit face au public et il tient un micro.

Les musiciens occupent tout l’espace sur scène, ils viennent tous du rideau du fond, à la manière antique, ils sont dynamiques, ils sautent comme lors d’un vrai concert de rock.

Les maîtres de cérémonie sont fictifs, ce sont des objets de communication (ordinateur, radio..) montés sur des tabourets. Ils sont au nombre de cinq et sont tous caractérises par une personnalité ou des accents, arabe, québécois  ce qui donne un côté humoristique. Ils sont face au public et se mouvant d’avant en arrière grâce à un rail coulissant.

L’acteur qui joue Dark Vador s’imprègne de son personnage en agissant comme le vrai, la voix est identique ainsi que l’attitude. Il ajoute une touche humoristique en faisant un clin d œil au dilemme père-fils présent dans les deux fictions.

Noir complet

Par Anne LEFEVRE, Caroline DE L’ESPINAY, Laura PASQUIER, Sarah BROSSARD, Estelle MULLER

Illustration par Anne LEFEVRE, Caroline DE L’ESPINAY, Laura PASQUIER, Sarah BROSSARD, Estelle MULLER

Illustration par Anne LEFEVRE, Caroline DE L’ESPINAY, Laura PASQUIER, Sarah BROSSARD, Estelle MULLER

Dès le début de la pièce, le spectateur est plongé dans le noir complet -qu’il le veuille ou non- afin d’entrer pleinement dans l’histoire tragique du héros grec, Ajax. Surprenant, et parfois troublant, les décors et l’ambiance générale se veulent à la fois contemporains et tragiques. À travers cet entre-deux et la sobriété des décors, le metteur en scène réinterprète de manière personnelle l’œuvre de Sophocle en la transposant à l’ère de la technologie, et l’éloigne ainsi de la traditionnelle Grèce antique et de ses décors classiques. De la projection à la radio, de la télévision au portable, les appareils technologiques semblent prendre le pas sur le jeu dramatique et les décors. Malgré les pans de mur blancs semblables aux remparts antiques à l’arrière plan, les décors rappelant l’univers du héros grec restent sommaires. Cependant, bien que confronté à un anachronique Dark Vador et à des musiciens et chanteurs vêtus d’habits contemporains, le héros Ajax se révèle au spectateur par ses attributs tels que son bouclier, son casque, et sa lance, ainsi que par sa nudité, propre aux représentations des héros grecs épiques. Le héros éponyme s’inscrit alors dans une atmosphère tragique pesante à travers des décors sombres, mais aussi à travers la froideur du blanc et le rouge de la colère et du sang.

Tout au long de cette pièce Ajax se distingue par une nudité constante. Recouvert de peinture sombre, ou bien vêtu de quelques accessoires, puis drapé d’une toge rouge à la manière grecque ou venant de Rome Antique ( qui d’ailleurs pourrait être l’un des rares liens que Wajdi Mouawad a conservé, afin d’évoquer l’époque mythologique, antique.) Au travers d’une nudité constante le personnage est mis en valeur, permettant ainsi aux spectateurs de ressentir le désarroi, la souffrance et la douleur… chaque sensation transmise par le comédien.

De plus, les muscles se contractants de colère, la folie d’Ajax, ou bien les jeux d’ombres et de lumières nous laissent entrevoir subtilement des parties du corps du comédien et ainsi accentuent sa mise en valeur… Grâce à un corps et un visage très expressif, le comédien nous immerge toujours un peu plus dans son histoire, nous entrainant ainsi à rentrer doucement dans la folie d’Ajax. Donnant ainsi l’illusion d’être au cœur même de cette tragédie.

Enfin il est intéressant de constater que la pièce se conclue sur Ajax entièrement recouvert de peinture blanche épaisse, lisse; à la manière d’une statue grecque taillée dans le marbre. Comme gravé, sculpté dans la pierre quelque chose d’indélébile et d’intemporel qui contraste parfaitement avec les éléments plus contemporains de la pièce.

Son et Lumières sur AJAX

Par Camille PETER, Alice BONNEAU, Perrine RAVATIN, Yunfei WANG, Sullyvan LECOMTE

Illustration par Camille PETER, Alice BONNEAU, Perrine RAVATIN, Yunfei WANG, Sullyvan LECOMTE

Illustration par Camille PETER, Alice BONNEAU, Perrine RAVATIN, Yunfei WANG, Sullyvan LECOMTE

On peut remarquer dans la pièce « Ajax»  que la notion d’éclairage et de son est omniprésente. En effet, elle est traitée de manière singulière et comporte une symbolique très forte. Dans un premier temps, nous pouvons nous pencher sur la dimension dramatique renforcée par le son et la lumière. Il existe une très forte opposition entre lumière, clarté et aveuglement en ce qui concerne l’état d’esprit des personnages, qui se retranscrit à travers l’alternance entre obscurité et lumière vive.

Par exemple, la souffrance d’Ajax au début de la pièce est représentée par le noir total. Lorsque le personnage est présent sur la scène, il est comme effacé, la scène est sombre (de couleur rouge parfois, ce qui peut représenter les passions douloureuses qui le détruisent). De plus, la lumière est parfois trouble, voir floue, et peint la folie, l’incompréhension grandissante d’Ajax. Les cris de douleur et de souffrance appuient également le destin tragique du personnage.

A travers ceux-ci, nous pouvons ressentir toute la peur, la rage, et la folie d’Ajax, ainsi, il partage avec le spectateur ses émotions sans jamais parler. La représentation de la folie du personnage se fait également symboliquement lorsqu’il se bat avec une ombre qui représenterait son aliénation, sa malédiction. Il évolue dans un environnement sombre, inquiétant dans un égarement perpétuel, une psychose meurtrière qui le mènera au suicide.

De plus, la lumière tamisée, de teinte soit rouge qui transmet une sensation de danger et de violence soit bleue pour donner un aspect plus calme. Par exemple, quand Dark Vador entre en scène, la lumière est bleue. Dans Star Wars la lumière bleue représente la justice et la lumière rouge, le mal. Ainsi, il apparait comme un personnage bon : il essaie de résonner Ajax et celui-ci abandonne pour quelque temps l’idée du suicide. Ces émotions sont accentuées par le son qui va avoir un rôle de narration à travers le noir total du début de la pièce ou encore les aboiements qui vont suivre. Pendant la scène du suicide, la lumière est focalisée sur le personnage, tout le reste est mis à l’écart. L’accent est alors mis sur le côté dramatique de ce geste, le spectateur ressent la solitude du héros dans cet élan de désespoir, comme s’il était mis à nu. Ensuite, lorsqu’une machine parle, elle sort de l’ombre et avance sur le devant de la scène, l’arrière-plan est alors plus sombre afin d’attirer l’attention du spectateur sur le principal.

La scène du retour d’un personnage dans son pays natal est accompagnée d’une musique douce, orientale. Le rythme lent et régulier donne une impression de lourdeur dans la progression du personnage. La musique appuie le contraste entre les souvenirs d’une enfance heureuse et insouciante, ainsi que l’insécurité, la tristesse qui ressort du lieu à présent.

A la fin, lorsque la mère d’Ajax apprend sa mort, on sent une montée en intensité des bruits diffusés par les machines. Sa plainte laisse place à la cacophonie des machines et le monde semble totalement indifférent à sa souffrance.

Pour finir, il existe une discordance entre certaines scènes et l’éclairage ainsi que le son qui l’accompagne. Au début, lorsque le réalisateur aboie, il y a de la musique classique en fond. Ensuite, quand la mère d’Ajax apprend la mort de son fils, on entend du rock. Cela est lié à la notion d’indifférence envers l’histoire du héros (il est constamment ignoré). A contrario, lorsque les machines parlent, toute l’attention est portée sur eux et non sur la scène. Même lorsqu’il s’agit de la projection sur la guerre et ses atrocités, les machines détournaient l’attention avec de mauvaises blagues. Cela montre une indifférence envers l’histoire et la souffrance dans sa globalité.

[Sans titre]

Par Léo TAIARIOL, Niall THIERRY, Alexandre GELLARD, Mathilde STEULLET, Lola RIVOL

Illustration par Léo TAIARIOL, Niall THIERRY, Alexandre GELLARD, Mathilde STEULLET, Lola RIVOL

Illustration par Léo TAIARIOL, Niall THIERRY, Alexandre GELLARD, Mathilde STEULLET, Lola RIVOL

L’œuvre Ajax de Wajdi Mouawad dont la traduction de Sophocle a été confiée au poète Robert Davreu est une des deux pièces qui composent le volet « Des Héros». Cette pièce est contemporaine de par son étrange fonctionnement. Entre des maîtres de cérémonie technologiques, l’œuvre immense de Sophocle et les conflits arabo-musulmans, W. Mouawad crée des liens, avec très peu. Un décors identique tout au long de la pièce, qui lui permet aussi de projeter des vidéos, des costumes pour la plupart minimalistes, ou même inexistants, et des accessoires moindres. La mise en scène apporte une connotation poétique, tragique, que ce soit par le son, tantôt voile se déplaçant, tantôt mur infranchissable, ou la vidéo, qui oppresse, et donne un sentiment de malaise. Ce qui fait la force de cette création, c’est la réflexion qu’elle engendre, de par les sujets qu’elle aborde. La raison du suicide d’Ajax est qu’il se rend compte que, dans le monde dans lequel il vit, cet héroïsme n’a plus sa place, parce que l’on est passé de quelque chose de très droit à des questions politiques, à des arrangements… L’Iliade d’Homère mentionne le pourquoi du fait que Ajax ne reçoit pas les armes, c’est parce qu’il y a eu un débat politique qui en a décidé autrement. Ce n’est pas un héros, ce n’est pas un exemple non plus. C’est un personnage en quelque sorte immobile, piégé.

Le metteur en scène divise la pièce en 2 parties, une première qui reprend des éléments qui correspondaient à la manière dont était représentée une pièce pendant l’Antiquité, et une seconde où sont regroupées des références plus modernes.

On a ainsi une mise en scène un peu perturbante et anachronique par rapport à la pièce originale. Ce décalage se retrouve dans la mise en place de différents maîtres de cérémonie campés par des appareils électroniques allant de la radio pour finir chronologiquement avec un smartphone. Le passage d’un petit concert où la démesure du rock exalte les malheurs d’Ajax où encore l’apparition du célèbre Dark Vador, symbolisant alors la perte des repères du personnage. Wajdi Mouawad joue ainsi sur ces décalages afin de nous interpeler, de capter l’attention du spectateur et nous inviter à découvrir une pièce antique mais dont l’histoire et le message trouvent encore un sens et une résonance forte dans notre société moderne.

Tags: Non classé

30 décembre 2013    Non classé   Théâtre

Publié par d.gouard

Le Cabaret New Burlesque

Compte-rendu du spectacle présenté au Grand T en octobre 2013 (par un groupe d’étudiants de A1)

L’aventure entre un metteur en scène talentueux et une conceptrice déjantée

par Iris Rué, Pauline Bernard, Ophélie Brard, Charlottre Quesnel, Camille Théou.

Illustration par Iris Rué, Pauline Bernard, Ophélie Brard, Charlottre Quesnel, Camille Théou

Illustration par Iris Rué, Pauline Bernard, Ophélie Brard, Charlottre Quesnel, Camille Théou

Le Cabaret New Burlesque, un spectacle décalé, humoristique, chic, provocant et sauvage, a été conçu par Kitty Hartl en association avec Pierrick Sorin. L’Autrichienne Kitty Hartl est la conceptrice de cette troupe incroyable du Cabaret New Burlesque.  Auparavant programmatrice au Lieu Unique à Nantes, elle a travaillée à de nombreuses reprises en France. C’est ainsi qu’elle rencontra Pierrick Sorin artiste vidéaste Nantais. Célèbre pour ses travaux vidéo, notamment des œuvres autobiographiques travaillant sur sa propre image, il exposa au Lieu Unique à Nantes mais également au Château des Ducs de Bretagne. Par ses petits « théâtre optiques », Pierrick Sorin aime le détournement, la dérision, et l’ironie sur la société et la vie quotidienne. Ses dispositifs visuels sont souvent provocants et invoquent le comique ludique. En 2003, Kitty Hartl partit à la recherche d’artistes déjantés et découvrit le New Burlesque. Elle regroupa cinq numéros préexistants pour en créer une troupe permanente : ainsi naquit le Cabaret New Burlesque. Cette troupe vit le jour à Nantes, ville d’attache, en 2004. Les performeurs furent renommés en 2010 dans le film de Mathieu Amalric, Tournée, film qui reçut à Cannes le prix de la Mise en scène. Kitty Hartl n’est pas le metteur en scène du spectacle car chaque artiste est le propre metteur en scène de son numéro. Cependant la conceptrice met en lien ces numéros pluridisciplinaires sous une présentation scénique burlesque et artistique. Afin de créer ce spectacle ; Kitty Hartl s’est donc associée à Pierrick Sorin, dans le but d’amener au cabaret moderne une touche artistique et contemporaine. L’utilisation de vidéos et d’images animées  permet la création du spectacle en temps réel. Pierrick Sorin, maître du théâtre optique apporte un élément de création au spectacle. Les artistes participent à la mise en place du dispositif et se mettent en scène devant la caméra. Ce mécanisme optique incite le spectateur à réfléchir sur la conception des décors. Ainsi, l’association de Pierrick Sorin et Kitty Hartl permit la conception d’un spectacle  mêlant aussi bien la musique, le corps humain que l’art visuel, ayant pour résultat une véritable création artistique.

[Lire la suite →]

Tags: Non classé · Théâtre

19 juin 2013    Non classé

Publié par S.Chagnard

Petit Dictionnaire des Tracas, édition 2012-2013

Par la classe 3CI-French, année 2012-2013.

Inspiration : Le Baleinié, Dictionnaire des tracas, de Christine Murillo, Jean-Claude Leguay et Grégoire Oestermann, Editions du Seuil, Collection « Humour », 2003.

Objectifs : dresser et mettre en commun une liste de petits tracas de la vie quotidienne qui n’ont pas de nom. Afin de les faire entrer dans un dictionnaire, créer des néologismes selon le principe qu’on voudra (euphonie, cacophonie, mot-valise…) et proposer une définition.

[Lire la suite →]

Tags: Non classé

2 mai 2013    Cinéma   Non classé

Publié par Nicolas Thévenin

Blade runner

Compte-rendu du film de Ridley Scott, réalisé par les élèves du groupe D des A1 2012/2013, suite à la projection au Cinématographe le 20 septembre 2012

6_theme_du_futur

(Illustration : Maxime Bigonnet / Florise Jacques / Clémence Martineau / Alice Halliday / Bérangère Levy / Raphaëlle Babin-Chevaye)

[Lire la suite →]

Tags: Cinéma · Non classé

18 avril 2013    Non classé   Théâtre

Publié par l.vantorre

Théâtre des opérations, 6 décembre 2012, Lieu unique

Compte rendu du spectacle Théâtre des opérations par les étudiants de Première année.

Illustration par BOULESTIN Camille - DANILO Eloïse et LEBRUN Charline

Illustration par BOULESTIN Camille - DANILO Eloïse et LEBRUN Charline

[Lire la suite →]

Tags: Non classé · Théâtre

4 avril 2013    Expositions   Non classé

Publié par c.cesbron

« De belles sculptures contemporaines» , une exposition du Frac des pays de la Loire à la HAB galerie

Les étudiants de A1G portent leur regard sur l’exposition présentée par le Frac des Pays de la Loire  De belles sculptures contemporaines à la HAB galerie de Nantes.

1- La Hab Galerie

© P. Giret, M. Laillé, C. Dufour, B. Rambaud, C. Marzin [A1G]

© P. Giret, M. Laillé, C. Dufour, B. Rambaud, C. Marzin

Article proposé par : Paulin Giret, Marion Laillé, Charline Dufour, Bettina Rambaud, Carla Marzin

[Lire la suite →]

Tags: Expositions · Non classé