Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

5 mai 2017    Non classé   Théâtre

Publié par d.gouard

BESTIAS

Compte-rendu du spectacle vu par les étudiants de A1 en novembre 2016

Fusion de culture et d’univers

Par Manon Penhouet, Sarah Lods, Pauline Motel, Sixtine Puthod et Mayuko Loeillot

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Ce surprenant spectacle mêlant différents univers artistiques nous immerge dans l’univers poétique de la compagnie Baro d’evel Cirk. La conception et la direction de ce spectacle sont nées d’une coopération entre Camille Decourtye et Blaï Mateu Trias. Ce couple ainsi que le reste de la compagnie nous transporte à travers le monde de la musique, du cirque, de la danse et du dressage. En effet, Camille Decourtye, une française, a suivie plusieurs formations comme le chant au conservatoire, la voltige, et le dressage. On la retrouve dans le spectacle avec une performance de dressage de chevaux.

Blaï Mateu Trias, de culture catalane, fils de clown, est depuis toujours plongé dans le domaine du théâtre et du cirque.

De leur union va naitre une compagnie: Baro d’evel Cirk, une expression manouche qui signifie « Grand Dieu ». À travers cette compagnie ils vont découvrir et adopter le mode de vie nomade qu’ils affectionnent.

Ce collectif compte six artistes autour desquels gravite une troupe avec des intervenants plus ou moins réguliers. Parmi eux, une petite fille de dix ans, Taïs Mateu Decourtye, l’enfant des deux metteurs en scène joue.

En 2000, ? Porqué no ?, est leur premier spectacle itinérant sans l’usage d’un chapiteau. Il transmet l’univers tzigane et manouche ce qui fait écho au spectacle Bestias. En effet de nombreux éléments sont récurrents tels les acrobaties, le coté burlesque, le grand nombre de sauts.

Plusieurs autres spectacles ont été créés ensuite.

En 2009 la troupe produit son premier spectacle sous le chapiteau. Ce spectacle fait écho à Bestias.

Nous pouvons aussi retrouver des similitudes avec le spectacle Mazùt (2012). Le projet était de montrer deux personnages à la recherche d’une forme d’animalité et qui finissent presque par prendre leurs apparences. En effet, le rapport à l’Homme et l’animal, les acrobaties, la danse, le chant, le côté rituel, préhistorique (dans le décor), les masques, sont de multiples liens entre ce spectacle et Bestias.

Le titre du spectacle nous pousse à nous questionner sur l’univers qui nous est offert et sur le message transmis. Tout d’abord, les animaux sont omniprésents dans le travail de la compagnie et particulièrement dans Bestias où l’on retrouve chevaux et oiseaux (pour la première fois).

« Bestias » vient de l’espagnol « la bête, la brute ».

Ici, une question se pose sur l’identité de l’homme et son animosité, sur ses faiblesses et ses forces. Toute cette condition humaine est mise en parallèle avec la force des chevaux, la légèreté et la grâce des oiseaux.

Le graphiste Benoit Bonnemaison-Fitte collabore avec cette compagnie de manière régulière. Il se présente sous le pseudonyme Bonnefrite et travaille dans un univers assez proche de la compagnie. Il a créé toute la charte graphique de la compagnie et collabore avec le scénographe ainsi que le metteur en scène.

Sources:

-Fascicule du spectacle

-Site internet de la compagnie: http://www.barodevel.com/

-Conférence du mercredi 23/11/2016 de la compagnie sur le spectacle

Sommes-nous bêtes ?

Par Germain Marsallon, Tara Baron, Ugo Demay, Léa Dolley, Maxime Thureau

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L’incongru, l’absurde et le burlesque étaient si présents dans le texte de ce spectacle dès le début qu’il est normal de se dire « je ne comprends rien » tant le fil de la logique est tordu dans tous les sens pour au final volontairement nous perdre, pour mieux nous immerger dans l’univers onirique de Bestias. En effet dès le pas de porte du chapiteau, avant même d’être installé, le texte prend sa place sous forme d’une communication avec le public en mettant en action un personnage résolument confus ayant énormément de difficultés à nous communiquer que « le début du spectacle c’est par là », une information bien sûr convenue qui a pour effet d’immerger (sans le savoir) les futurs spectateurs, que nous sommes déjà, dans l’absurde. Bien que le chant soit présent et permette une certaine narration, le reste du texte s’exprime sous forme de phrases courtes avec des « c’est par où ? », « C’est par là ? » autant de réponses qui nous perdent dans l’espace et dans le sens du spectacle, le texte joue avec la notion du spectacle et du réel comme avec « ça a commencé ? », « c’est pour de vrai ? », « Il faut faire quoi ? » lancé par petit fou, un personnage hagard se questionnant et s’interrogeant sans arrêt dans l’optique de trouver sa place. Le texte avec ses petites phrases d’un registre simple, animal, primaire, bestial, nous renvoie l’image d’un sujet faussement évident, renfermant dans plusieurs petites histoires incohérentes une autre beaucoup plus complexe, d’une grande profondeur où l’imagination et l’interprétation sont laissées libres. Bestias intègre également des «  dialogues  » avec les animaux comme la scène du business avec le corbeau-pie, ainsi ce sont les silences qui servent de répliques, les silences étant gérés d’une fine manière apportant un rythme délicat et léger, comme avec la péripétie du saut où la concentration est de mise et où le silence ne trouve pas non plus sa place, apportant un effet comique important. Le texte de Bestias nous sert de transition entre chaque tableau racontant une histoire avec la vie, la place de l’homme et de l’animal qu’un silence bien rythmé nourrit, il est aussi question de scènes appuyées par des phrases descriptives courtes, efficaces, ayant pour effet de souligner l’action ou de la rendre plus floue pour faire nager le spectateur entre le rêve, l’absurde le rocambolesque pour finir sur un Petit fou qui dit clairement « avoir trouvé sa place » et ainsi achever cette suite d’incohérences merveilleuses en une morale claire et profonde.

Narration

Par Nina FLIPO, Jérôme FREEMAN, Jules MANOURY, Pierre FONTAINE et Laureline DUFOUR

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Nous entrons sous les chapiteaux, et nous faufilons autour de ceux-ci, nous mêlant aux acteurs, avant de prendre place dans les gradins. Par cette déambulation, sorte de rite initiatique, la « tribu » nous invite à entrer dans l’ambiance de la représentation à venir, où les mouvements sont très importants. On le perçoit dès le début du spectacle, où les artistes traversent l’arène, en font le tour, traversent à nouveau, dans un sens et dans un autre, en courant, sautant, dansant, tombant parfois.

Bestias mêle cirque, danse, théâtre classique, chant, acrobaties… Ce mélange des genres, issus des vécus et des spécialités distinctes des artistes de la troupe, rend la performance très riche.

La représentation, rythmée par les déplacements, s’affranchit de certaines contraintes et s’étend autour de l’arène centrale comme des spectateurs, dans ces mêmes couloirs que nous avions empruntés en début de spectacle. Une fois de plus, le spectateur est immergé dans la performance. Ces actions et voix hors champ nous obligent à faire appel à notre imagination : impliquant de nous fier à notre ouïe plus qu’à notre vue par moments. L’espace est rempli, aussi bien dans la partie visible par le spectateur que dans la partie invisible à l’œil.

Le jeu des acteurs, parfois naturel, parfois sur-joué, offre un contraste intéressant qui nous amène dans un univers du quotidien un peu absurde, tantôt tragique, tantôt comique, bénéficiant d’une touche poétique  remarquable. On assiste à des performances spectaculaires, amenées d’une manière très naturelle, très simple. Chaque acteur joue un rôle singulier, personnalisé par sa spécialité, ancré dans un registre de jeu particulier qui permet d’amener de l’émotion au spectateur. On peut notamment parler de cette petite fille d’une dizaine d’année, qui fait de brèves apparitions, et apporte une touche d’innocence remarquable, ou bien de cet homme maquillé aux couleurs vives qui discute avec un oiseau et nous arrache des éclats de rires.

Lors de la représentation, Hommes et Animaux sont traités sur le même plan, au point de se demander qui est humanisé/déshumanisé. Ce traitement des personnages est possible grâce à une séparation entre échange et dialogue. Les protagonistes ne parlent d’ailleurs pas tous les mêmes langues, mais se comprennent dans la gestuelle comme dans les intonations, la voix pouvant même être chantée.  Aussi, les silences, par leurs apparitions irrégulières mais fréquentes, s’apparentent presque à un acteur. Ils peuvent parfois durer, s’appesantir légèrement. Ils sont les silences du quotidien, de la solitude en groupe.

Ne pas entrer dans ce monde si vous êtes zoophobe !

Par Anthony Ménégon, Théo Monnin, Noé Martineau, Thomas Pasquier

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Les costumes et les accessoires font partie intégrante du spectacle. On y retrouve ou comprend la classe sociale des personnages. Ainsi, on peut reconnaître les personnages qui représentent des artistes en quelque sorte, des paysans ou personnes plus aisées. Suivant comment ils sont habillés ou les actions qu’ils réalisent on leur attribue un rôle, par exemple quand ils chantent ou jouent de la guitare. Puis, on peut remarquer également que les costumes et le maquillage sont principalement des couleurs chaudes ocre, orange pastel. Cependant à certains moments on retrouve des touches de couleurs froides comme le gris ou le bleu. La palette chromatique est assez restreinte. Les acteurs utilisaient principalement des instruments de musique en tant qu’accessoires (guitare, clarinette) dont ils jouaient durant certaines scènes. On peut également y voir différents costumes/accessoires ayant un sens assez « flou », par exemple le chapeau en forme de heaume de chevalier fait penser à un signe guerrier ou un rite religieux, ou encore les bottes de foin que portent les personnages, pauvres et rustiques des personnages. On voit à certains moments de la pièce que les personnages ont le visage maquillé, représentatif d’un animal en particulier (exemple : le toucan à la fin). Pour les décors on peut observer une évolution permanente qui nous met en abîme. On peut compter trois chapiteaux. Un premier où on passe à l’entrée avant d’être dans une file d’attente dans un espace clôturé, où se trouvent des dessins de l’artiste « Bonne Frite » représentant des animaux et des hommes. Après ça, dès l’entrée du deuxième chapiteau on nous conduit à travers des couloirs étroits où nos quatre sens sont mis en éveil. La vue : on remarque des peintures préhistoriques rappelant le côté tribal et animal de la pièce qui expliquera d’ailleurs la simplicité des décors, ou encore des ombres de chevaux à travers de grands draps. L’ouïe : ces chevaux émettent des hennissements et autres bruitages. L’odorat : une odeur de paille et de cheval est présente. Et le toucher : on marche sur de la paille et la température est relativement élevée. Installés dans le dernier chapiteau, on observe des décors majoritairement circulaires. Le dispositif scénique offre un parallèle entre deux mondes, la scène centrale en face du spectateur et un espace situé derrière nous en rond que l’on aperçoit peu, ce qui donne un côté mystérieux aux événements qui s’y déroulent. Enfin certains éléments tels que les projecteurs sur les côtés sont intégrés à la pièce, les acteurs les utilisent comme perchoirs. Les couleurs dominantes s’opposent entre chaud et froid : ocre, marron, jaune et gris, bleu, blanc cassé. Ces dernières sont mises en valeur par un jeu d’intensité des lumières.

Au chœur du rêve

Par Marine STEPHAN, Elsa SOUCHET, Manon THOMAS, Amélie WEHRUNG et Marin CHOMIENNE

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L’éclairage permet de donner le ton de la pièce. Il façonne le décor et révèle son caractère onirique. La trame se compose d’une succession de scènes desservies par différents jeux de lumière. Les tons chauds et tamisés renvoient à l’ambiance d’une grotte, d’une caverne.

C’est l’idée d’une lanterne magique qui propose un récit fait de jeux d’ombres. Ces figures à la fois surprenantes et fantastiques permettent de plonger dans un rêve éveillé. L’ombre des masques d’oiseaux suscite l’inquiétude. Quant à celles des chevaux défilant sur la toile, elles intriguent. Le procédé de la lanterne magique renvoie à l’idée de l’enfance, du berceau et nous ramène à l’histoire des premiers hommes.

La lumière zénithale en forme de couloir permet de positionner les personnages dans l’espace et dans l’intrigue. Les animaux en liberté sont également guidés par ce chemin de lumière, ce qui place l’homme et l’animal sur un pied d’égalité. Au contraire la lumière zénithale diffuse évoque une absence de repère laissant place à des mouvements aléatoires, désordonnés.

Derrière les gradins, le trot des chevaux résonne sur la piste, entraînant les spectateurs dans un rythme effréné. Le bruit des sabots semblable à des battements de cœur rappelle le temps qui passe. Ce tempo fait écho au flamenco, aux claquettes et à la culture gitane incarnés par les deux artistes installés sur des plateformes. Face à face, elles sont mises en lumière par des spots. Un univers surélevé est ainsi créé et l’attention du spectateur est portée sur un espace aérien qui renforce l’idée du rêve. Cette scène en hauteur crée une sensation de flottement. Plutôt calme, elle se traduit par seulement une lumière focalisée sur chacun des protagonistes. Celle-ci est intense et crue tandis qu’il y a d’autres types de spots beaucoup plus doux situés à la base de l’arène nous entraînant dans un autre univers. La lumière s’adapte à l’intensité de la musique. Plus cette dernière est forte plus la lumière est puissante. A contrario, plus la lumière est faible plus la musique est douce. Ce type d’ambiance est représenté par la petite fille assise sur la balançoire, en retrait. En chantant dans une autre langue, elle met en valeur les danses des artistes situés au centre du chapiteau. L’atmosphère rappelle les rites des tribus ancestrales.

A l’inverse, les chants d’opéra, les rires et les cris dans différentes langues (français, italien, espagnol, anglais, catalan) sont accompagnés d’une lumière intense. Sa densité et son aspect volumineux sont dus aux particules de talc flottant dans l’air. Ce nuage donne un effet voluptueux reprenant l’idée fantasmagorique de l’histoire.

Voyage au cœur d’une tribu envoutante

Par Théo Marsolier, Kévin Vanit, Marie Donnou, Lorenn Furic et Laëtitia Gérard

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La compagnie Baro d’Evel nous transporte avec Bestias, dans une bulle onirique, un univers surprenant et poétique. Dès nos premiers pas, nous sommes immergés dans cette expérience dont l’atmosphère nous fait perdre nos repères spatio-temporels. Le spectacle commence tel un rite initiatique dans un “double-chapiteau”. Nous parcourons une sorte de labyrinthe dont les parois sont décorées de peintures au style rupestre. Il y a un véritable jeu avec la temporalité de la représentation ; on ne sait pas exactement quand ça commence ni quand ça va se terminer. On ne découvrira qu’à la fin que cette fresque est le déroulement du spectacle. La troupe nous guide ensuite dans un lieu très intimiste, la piste est petite et l’ambiance tamisée. Au cœur du chapiteau, on vit le moment, on le partage avec eux, nous sommes comme hors du temps.

On évolue dans un mélange de genres exprimé à travers les chants, les danses, les différents registres à la fois comique et dramatique. Le spectacle est rythmé, il s’installe ainsi une boucle, un cycle avec des répétitions de pas, de mouvements tels un rituel. On peut y voir une métaphore de la vie comme l’évoque l’un des personnages : “Ça va dans tous les sens, toutes les directions. Ça bouge, ça tourne, ça ne s’arrête jamais. Après tu te sens pressé, tu veux avoir toutes les informations. Ensuite, tu réalises que ça va trop vite, que ça va finir”.

Sous forme performée, la mise en scène spectaculaire semble naturelle. La dimension corporelle a en effet une place importante avec notamment beaucoup de voltiges. Ils s’amusent avec les corps, ils les déforment et les utilisent comme moyen d’expression.

Ainsi, tout au long de ce spectacle singulier, nous nous demandons qui sont véritablement les bêtes? Nous sommes confrontés au monde animal, on retrouve nos instincts primaires, notre état sauvage et bestial. Cette idée de retour aux sources dénonce le fait que l’Homme s’enferme dans sa vie, sa routine, son travail. Un businessman est par exemple ridiculisé par un corbeau, ce qui va dénoncer sa condition “d’homme-machine”, d’homme esclave de la société. Il perd sa sensibilité et oublie son lien originel avec la nature et sa liberté. Symboliquement, on voit ainsi des cages à oiseaux vides et des chevaux sans bride. Nous sommes partagés entre notre animalité et notre humanité dont la frontière est nébuleuse.

Les codes sont alors brisés, les stéréotypes dénoncés. On s’interroge finalement sur notre place dans le monde, dans notre société. La phrase récurrente du spectacle : “Où est ta cachette?” prend alors tout son sens.

Tags: Non classé · Théâtre

29 mars 2016    Théâtre

Publié par d.gouard

Klaxon

Compte-rendu du spectacle vu par les étudiants de A1 en octobre 2015

Le nouveau cirque

Par Elisa SAINTE-CLAIRE, Adnane BENMAAJOUZ, Albéric CHEVALLIER, Palmyre DU BOBERIL, Malouine D’AUBERT.

Illustration par

Klaxon est un spectacle alliant acrobaties et musique joué sous un chapiteau par une troupe nommée Akoreacro. Celle-ci est à l’origine composée de quatre amis liés par le passé : ils étudiaient l’art du cirque ensemble au lycée, puis se sont retrouvés plus tard à la prestigieuse école du cirque de Moscou. Ils montent ensuite leur propre compagnie. Leur premier spectacle est joué dans la rue. Ils disposent aujourd’hui d’un chapiteau.

Onze personnes constituent à ce jour cette troupe : cinq musiciens et six acrobates, avec une majorité masculine.
Deux personnes ne faisant pas partie de la troupe Akoreacro, ont participé à la réalisation de Klaxon. Ainsi, Alain Reynaud s’est occupé de la mise en piste et Jean-François Pika s’est chargé de la production.

C’est la compagnie entière qui s’occupe de la mise en scène, cette tâche n’est pas dévolue à une seule personne mais à chacun des membres du groupe.

Dans Klaxon, le décor est totalement différent du précédent spectacle produit par Akoreacro, Pfffffff. En effet dans celui-ci le décor est très chargé, et certains éléments ne sont pas utiles aux acrobates et musiciens, alors que dans Klaxon, il n’y a aucun superflu. Les éléments du décor ont un rôle dans la pièce et sont utiles aux acteurs. Par exemple le piano qui sert en même temps comme fond sonore mais également comme point d’appui pour les acrobates. En outre, la pièce se caractérise par son manque de dialogue : en effet il n’y a aucun texte.

De plus, dans le spectacle Klaxon les membres du groupe ont décidé de rappeler les premières valeurs de la compagnie : le cirque, se produisant par conséquent sous un chapiteau. Par ailleurs, les spectateurs sont très proches des comédiens dont la scène est exigüe. Cela noue une forme de complicité entre ces deux entités.

Klaxon, une histoire qui fait du bruit

Par Mélissa LEJAL, Yann JOUANINE, Margot RYCKEWAERT, Léna PALECZNY, Bertrand FILHOL

Mélissa LEJAL, Yann JOUANINE, Margot RYCKEWAERT, Léna PALECZNY, Bertrand FILHOL

Klaxon est un spectacle de cirque mais n’en perd pas pour autant son charme narratif. Cependant, ce n’est pas par la parole que les personnages nous emmènent dans leur univers farfelu et surréaliste, mais surtout par la gestuelle et la musique.

Les personnages plutôt maladroits effectuent des performances artistiques des plus banales aux plus extraordinaires, de l’imaginaire à la réalité. Klaxon est un spectacle débordant de contrastes, jouant sur le rire et le risque.

De plus, les personnages sont totalement différents, d’un point de vue de la langue mais aussi du caractère. Les artistes rentrent dans leurs personnages et même s’ils sont français, on peut entendre « Switch off your phone » lancé avec un accent russe. Mais malgré les différences de langues, on comprend tout à fait leur caractère. Espagnols, russes, anglais, ils illustrent parfaitement les clichés de leur culture. En effet les personnages dominants se trouvent être un russe au tempérament explosif, ses colères demeurent répétitives et les autres protagonistes donnent une impression de crainte envers lui. Nous retrouvons de plus, un espagnol qui débite son dialogue à toute vitesse jusqu’à le rendre incompréhensible par un public étranger à la langue. Tous ces personnages se réunissent autour de différentes histoires. M. Loyal, le chef de troupe russe remet ses violonistes à leur place tandis que deux acrobates courent après l’unique femme du spectacle. On peut également observer les expériences du pianiste qui joue avec des balles de ping pong dans son piano à queue, ou encore voir les talents cachés de l’agent d’entretien qui dès que les autres ont le dos tourné, commence à jongler. Ces scènes s’enchaînent par des transitions toujours fluides. On a ainsi une impression de « bazar organisé ».

Nous pouvons parler de « cirque revisité»  car même avant le commencement de la pièce, dès l’arrivée des premiers spectateurs, les artistes sont perpétuellement en mouvement, et cela jusqu’à la clausule lorsque les lumières s’éteignent. Il semble indispensable de préciser le fait que les artistes proposent à la toute fin une soirée en leur compagnie dans le but d’échanger sur le spectacle précédemment vu.

Klaxon, c’est un mélange culturel et social, une façon artistique et loufoque de lier des personnalités que l’on pourrait observer dans différentes rues du monde.

Entre musiques et acrobaties

Par  Astoria DIARRA, Antoine DE LEMOS, Corentin DAUVERT, Arthur DE l’ESTANG DU RUSQUEC, Jules LEMER, Pierre LE SCOUL

Illustration par Astoria DIARRA, Antoine DE LEMOS, Corentin DAUVERT, Arthur DE l’ESTANG DU RUSQUEC, Jules LEMER, Pierre LE SCOUL

Klaxon est un spectacle contemporain inspiré du cirque traditionnel. L’alchimie entre la musique et l’acrobatie est omniprésente. Ce cirque moderne réinvente la musique de par le jeu musicien-acrobate, ce qui apporte une dynamique supplémentaire. Il y a également une interaction avec le public, captivant ce dernier. Le spectacle envahit également l’espace du public en le faisant participer et en rentrant dans son espace. Klaxon met en relation l’ancien et le moderne en mélangeant différents styles musicaux, par exemple le passage du violoncelle au « beat box ». Dans Klaxon, on ne remarque pas de dialogue oral, mais on comprend une histoire grâce à la musique et la gestuelle. Les instruments ont donc un rôle primordial dans le spectacle, le piano est personnifié en monstre, mais également en navire. A la fin de la représentation, tous les personnages naviguent sur le bateau piano. Les instruments de musique prennent part au spectacle en s’invitant sur scène parmi les acrobates.

Les dix artistes ont très peu recours au texte et utilisent leur corps pour exprimer leur Art au public. Ce spectacle se compose de nombreuses acrobaties aériennes : avec le trapèze et les sauts. Elles donnent une impression aquatique, lorsque l’acrobate réalise sa performance tous les spectateurs ainsi que les personnages sont obnubilés par la scène. Au sol : avec le numéro de cerceau de jonglage ainsi que les cascades. La scène est disposée en bazar organisé que l’on pourrait penser improvisé et qui vise à surprendre le spectateur. L’espace investi est organisé de manière circulaire (Chapiteau traditionnel de Cirque) pour permettre un visionnage du spectacle à trois cent soixante degrés.

Les personnages sont drôles malgré eux. On assiste à un spectacle burlesque rythmé de chutes inattendues, ils n’utilisent que très rarement la parole et expriment leurs sentiments à travers leur gestuelle et leurs « mimiques » nous traduisent leurs émotions durant le spectacle. Les personnages sont perturbés, durant tout le spectacle, les personnages se mettent soudainement à tomber, et sont automatiquement rattrapés pas d’autres. Klaxon est très mouvementé et étonnamment, ne possède pas de temps d’arrêt, il y a toujours un des personnages présents pour faire son numéro. Le spectacle met en avant une scène de vie en l’interprétant de façon humoristique : scène du balai qui tremble ou accompagné de jonglage.

Ce spectacle très dynamique a de nombreux jeux d’interprétation où les dialogues physiques et musicaux sont mis en relation.

Levons le voile…

Par Ambre LE LABOUSSE, Steven MERLET, Quentin CADERO, Flammenn BRIAND-VAUGEOIS, Camille DAVY, Aurore WALLAERT.

Illustration par Ambre LE LABOUSSE, Steven MERLET, Quentin CADERO, Flammenn BRIAND-VAUGEOIS, Camille DAVY, Aurore WALLAERT

Le décor est composé d’un chapiteau, ce qui donne une scène circulaire qui peut être vu à 360°. La représentation dans un chapiteau à ses avantages car on peut utiliser des accessoires aériens comme le trapèze ou la balançoire, on peut également faire des performances nécessitant un espace circulaire comme celle du cerceau. De plus une certaine convivialité s’installe. Les artistes se retrouvent encerclés par les spectateurs permettant à ces derniers d’être acteurs de ce spectacle. Mais la représentation sur ce genre de scène implique une contrainte majeure, celle que tous les spectateurs se doivent d’apprécier la pièce sans aucunes contraintes visuelles. Par leur choix de ne pas avoir utilisé d’arrière-plan, tel qu’une entrée des artistes définie, les artistes doivent faire preuve d’invention et de créativité pour créer et faire voyager le spectateur dans un autre univers. Par conséquent, les accessoires et les costumes prennent une place essentielle.

En effet, nous avons un très grand nombre d’accessoires défilant tout au long de la pièce, ils vont du plus traditionnels aux plus modernes comme un trapèze, une balançoire, des balles de ping pong, un balai, un micro et des instruments de musique tels qu’une batterie, des accordéons, et plusieurs instruments à cordes. Certains de ces instruments sont plus importants, le violon entraîne une concurrence entre deux personnages, le violoncelle permet d’interagir avec le public et le piano lui est utilisé pour les numéros d’acrobaties. Certains accessoires sont propres à un personnage et permettent de le définir, les balles pour le pianiste maladroit ou le balai pour l’homme en bleu de travail. Alors que d’autres sont utilisés pour pouvoir définir une ambiance, comme la fumée qui va créer du suspense, et le talc lâché dans l’air créant une atmosphère comique rappelant l’humour clownesque du cirque traditionnel.

Chaque artiste porte un costume bien défini qui crée son identité. La jeune femme et un de ses compagnons sont vêtus d’un “costume amoureux”, un ensemble en jean et des chaussettes en cuir rouge. Un homme porte un costume blanc trop grand avec des baskets, il semble maladroit et pas à sa place soulignant le registre du burlesque. On retrouve Monsieur Loyal portant un ensemble de chef d’orchestre avec un chapeau haut de forme. Le garçon de piste en bleu de travail sert d’intermédiaire, il dévoile l’envers du spectacle. Les costumes servent donc majoritairement à créer une atmosphère dans ce spectacle.

La lumière et le son sont-ils une partie importante du spectacle ?

Par Léo DECAN, Morgane BOILEAU, Luis-Miguel BORDERON, Julie BUREAU, Enzo ZOUAOUI

Illustration par Léo DECAN, Morgane BOILEAU, Luis-Miguel BORDERON, Julie BUREAU, Enzo ZOUAOUI

La lumière tout d’abord permet beaucoup de choses, ici parfois additionnée à de la fumée, elle ouvre sur différents choix d’ambiances. Ici trois principaux thèmes ressortent, les passages avec fumée, les lumières d’ensemble et les lumières tamisées.

Définissons quelques mots avant de vous expliquer le but et comment réaliser ces ambiances. Tout d’abord un « spot»  c’est un projecteur, qui peut être fixe ou non (ici ils le sont presque tous), et qui peut être placé à divers endroits. Il existe cinq principales positions d’éclairage, la « douche»  qui vient verticalement depuis le dessus éclairer notre sujet, le « contre-jour»  qui éclaire aussi du dessus mais en diagonale, puis son opposé, qui fait de même mais de dessous, la « contre-plongée» ; vient ensuite le « face » qui comme son nom l’indique vient face au personnage et à l’horizontale et les « latéraux » qui viendront de côté à l’horizontale eux aussi.

Ici seuls sont utilisés des douches, des contre-jours et des contre-plongées, les faces et latéraux sont plus utilisés dans le cas du cinéma dans un plan fixe, ils restent très durs à maitriser dans le cas d’une scène de chapiteau. Quasiment tous les spots sont fixes, seul sera repositionné un spot durant le spectacle par un des représentants.

Le spectacle commence en pleine lumière blanche et jaune, tous les spots sont donc allumés, pour amener une lumière proche de la lumière extérieure. Pour signifier le départ du spectacle, la lumière baisse en intensité. C’est à ce moment que commence réellement le ballet des jeux de lumière, Klaxon nous ouvre donc son spectacle sur une lumière d’ensemble un peu plus basse que la lumière extérieure, cette ambiance sera très récurrente et sera accentuée pendant les interludes pour bien marquer les changements de plateau.

La première lumière tamisée utilisera une douche seule blanche et jaune (deux spots utilisés) qui sera très forte additionnée avec un ensemble entièrement jaune très faible, qui gardera le spectateur sur un seul personnage mais indiquant bien que le représentant est seul sur le plateau. C’est après quelques variations d’ensemble que la fumée interviendra, plutôt tard au final car les fumées permettent vraiment des accentuations importantes et des jeux d’ombres très intéressants. Notons tout d’abord la seule utilisation de spots face du spectacle pour souligner l’entrée de la fumée dans un tout un peu mystérieux ; l’utilisation ici permettra un focus sur un musicien jouant un air mélancolique, une douche blanche le soulignant et des spots rouges sur le sol tamisé où sont dispersés, allongés, les autres acteurs, le tout créant un focus très important sur le seul personnage debout et un tableau s’accordant avec l’air joué par le violoniste.

Je terminerais cette description par les ambiances plus froides du spectacle, où se mêlent des bleus et des rouges avec toujours la présence de fumée, lors de moments prenants ou importants du spectacle.

La seconde partie intégrante du spectacle est bien sur la musique, nous y retrouvons des sonorités empruntant au Jazz, au Ska, aux musiques d’Europe de l’est, des Balkans et surement d’autres que nous avons omises. Pour ce faire nous y avons observés une contrebasse, deux violons, un tuba, un piano, une batterie, une clarinette basse, deux accordéons, une basse, du chant et même du beat box !

Un jeu avec les lumières s’effectue, les ambiances s’accordent aux mélodies et leur tempo joue avec celui du spectacle qui se veut plus ou moins rapide, quand le spectacle est prenant, le débit monte, lors d’acrobaties, la batterie s’installe plus imposante, les cordes s’effacent derrière les cuivres et le spectateur est pris dans des tourbillons de techniques autant visuelles qu’auditives où le but est qu’il ne se rende compte de rien et qu’il soit emporté par ce flot.

Akoréacro nous livre donc un spectacle prenant et travaillé où seul un problème technique pourrait briser la danse.

Synthèse

Par Emma Boileau, Fauste Gilibert, Jean-Guillaume Deniel, Manon Chamly

Illustration par Emma BOILEAU, Fauste GILIBERT, Jean-Guillaume DENIEL, Manon CHAMLY

Le spectacle Klaxon d’Akoreacro est une synthèse magique entre acrobaties et musiques où les musiciens et jongleurs sont réunis sur la piste pour un spectacle impressionnant et insolite, ce qui en fait une représentation très singulière. Tout cela principalement à travers quatre éléments clés : les lumières, la musique, les jeux et les rôles, puis les costumes.

Dans ce spectacle, les jeux de lumières sont utilisés afin de transmettre les différentes atmosphères et émotions tout au long du spectacle. Par exemple, les couleurs des lumières accompagnent implicitement la musique, élément essentiel au spectacle, et les acrobaties. Cela affecte également le rythme du spectacle, ainsi les lumières plongent le spectateur dans l’univers de Klaxon. On notera également l’utilisation de la fumée qui ajoute une dimension mystérieuse et stimule l’imagination du spectateur pour figurer ce qui va se passer.

En ce qui concerne la dimension sonore de ce spectacle, la musique occupe une place très importante. En effet, on peut dire qu’elle fait partie du spectacle puisqu’elle est jouée en live par des musiciens, qui contribuent aussi aux acrobaties. Elle est parfois au centre du jeu des acteurs (scène violon et piano).  On remarque aussi que le tempo et la musique sont en accord avec chaque partie du spectacle, ce qui permet encore une fois, le passage des émotions entre les acteurs et les spectateurs. Enfin, l’utilisation de musiques rythmées et expressives est utilisée comme langage circo-musical (car texte très peu présent) et entraîne le public durant tout le spectacle.

Dans le spectacle Klaxon chaque acteur a sa propre personnalité et son propre rôle à jouer. On peut donc facilement voir les relations entre les personnages. Par exemple il est clairement possible de voir que le contrebassiste fait preuve de plus d’autorité. On remarque la présence d’une seule fille ce qui entraîne une notion de rivalité entre tous les autres acteurs. Enfin on notera que chaque personnage, bien que tous différents, sont très attachants.

Finalement, les costumes sont propres à chaque acteurs. En effet, ils caractérisent leurs places et rôles dans le spectacle et ils représentent également leurs personnalités. Cela permet au spectateur une meilleure compréhension du spectacle.

En conclusion ce spectacle fait preuve de pertinence en représentant un style de cirque nouveau à travers les choix des disciplines représentées, peu communes de nos jours, mais également par sa mise en scène où la présence chaque acteurs en toute circonstance représente l’unité du spectacle.

Klaxon.

Par Alicia GUILLOTON

La représentation que nous sommes allés voir était du cirque interprété par la troupe Akoreacro.

Mais toutes les particularités d’un «vrai cirque» n’étaient pas présentes. En effet quand l’on évoque le mot «cirque» nous pensons aux animaux, aux dompteurs de lions, aux clowns, aux acrobates mais encore de la magie.

Ici cette représentation traitait principalement sur des acrobaties.

Cette troupe regroupait cinq musiciens et six acrobates, certains étant bivalents. Tout cela réuni sous un chapiteau.

En général dans les numéros que l’on retrouve au cirque il n’y a pas vraiment d» histoire, les numéros sont là pour nous en mettre plein la vue, nous surprendre, nous faire rire, mais ici derrière ces acrobaties plus impressionnantes les unes que les autres on pouvait interpréter certains mouvements, gestes et regards comme un langage. Les acrobates ont laissé leur corps dessiner un texte uniquement dans la gestuelle.

La musique prenait part elle aussi à ce langage en donnant les ambiances, parfois la musique était enjouée, rapide et rythmée et des fois elle était plus lente et douce.

Nous entrions alors dans un univers totalement différent. Nous étions là, avec les acrobates à vivre les mêmes sensations, comme une vibration au son de la musique. Une réelle poésie se créait, d’un coup nous étions projetés dans les airs comme si l’apesanteur n’existait plus, la notion d’imaginaire, se mettait en place.

Les acrobates suspendus dans les airs à voler, et virevolter nous transportaient dans les airs avec eux. Les éclairages étaient eux aussi de la partie, nous entrions dans la pénombre lorsque nous étions dans le «monde imaginaire».  Puis la lumière devenait plus intense lors des moments rythmés par une musique entraînante. La notion de «bazar» apparaissait et nous faisait redescendre les pieds sur terre, toute cette agitation se vivait comme celle qu’il y a dans la rue, le brouhaha des voitures, les gens qui courent, se bousculent. Les costumes portaient eux même un rôle dans cette représentation.

Nous pouvions distinguer plusieurs classes sociales, le balayeur en salopette bleue, l’homme d’affaires en costume, le musicien fou et son piano, c’était comme si l’on voyait l’envers du décors à certains instants. Le passage du balayeur qui commence à se distraire lorsqu’il se retrouve seul avec son balais (réel), puis lorsque le cerceau arrive c’est comme si nous entrons dans l’imagination du balayeur.

Pour clore ce sujet nous dirions que ce spectacle se vit comme une expérience enrichissante, elle nous permet de voir une autre facette de l’univers du cirque.

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