Blog des enseignements en culture générale de L’Ecole de design de Nantes Atlantique

8 mai 2016    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Etienne Cournault, la part du rêve

Compte-rendu de l’exposition visitée par les A1 en janvier-février 2016 au Musée des Beaux-Arts de Nantes (Chapelle de l’Oratoire)

La Divergence guidée par l’univers onirique

Par Flammenn Briand-Vaugeois, Clara Chanteloup, Albéric Chevallier, Corentin Dauvert, Antoine De Lemos, Julien Cougnaud

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L’exposition « la part du rêve » présente les œuvres d’Étienne Cournault, artiste, peintre et graveur Nancéien originaire du début du XXème siècle. Pour l’occasion, le musée des Beaux-Arts de Nantes a créé un partenariat avec celui de Nancy pour mettre en évidence la compétence d’un artiste souvent méconnu du grand public et négligé dans l’histoire de l’art.

Pour sa première à Nantes, le travail d’Étienne Cournault est exposé dans la Chapelle de l’Oratoire. Ce lieu atypique est apprécié pour sa luminosité et son volume, ainsi que les possibilités scénographiques qu’il offre. En effet, l’architecture de cet espace est propice à la mise en place de la soixantaine d’œuvres exposée qui peut ainsi être répartie de manière logique selon les différentes thématiques ou techniques. La Chapelle de l’Oratoire devient alors un lieu singulier et unique par sa réhabilitation en un espace d’exposition où la composition originelle du lieu est conservée grâce à une scénographie sobre, claire et épurée.

Comme le titre de l’exposition le suggère, « La part du rêve », ces œuvres mettent en avant l’imaginaire et la métamorphose. L’artiste s’inspire du cubisme, surréalisme et du métaphysisme sans toutefois ne jamais y prendre part. Certaines de ses œuvres peuvent être considérées comme référentes à Picasso, Dali ou encore André Breton.

Cependant, Étienne Cournault n’est pas seulement novateur par l’originalité des thèmes qu’il aborde, tels que la tâche ou le graffiti. Il utilise également de nouvelles techniques et s’intéresse tout particulièrement aux matériaux comme le sable, la nacre, les paillettes, le carton ainsi que le verre. Il a également utilisé la technique de peinture sur verre avec collage d’éléments photographiques ou encore la fresque.

De plus, il est adepte d’un « art total » : c’est à dire qu’il ne veut pas se limiter aux beaux-arts, aux arts décoratifs ou aux arts appliqués mais il veut bel et bien développer ces trois formes. De ce fait, on trouve des éléments dont la fonction reste encore indéterminable: c’est le cas du Miroir à Pied (1935).

Enfin, on remarque clairement qu’Étienne Cournault développe un style particulièrement graphique où il arbore un aspect faussement enfantin. Cette naïveté est parfois difficile à interpréter, mais on peut établir un lien entre toutes ses œuvres qui est la représentation humaine de manière plus ou moins subjective.

Etienne Cournault, un artiste polyvalent

Par Marion Chollat-Namy, Léa Dubois, Léa Cherbonnier, Astoria Diarra, Amaïa Charles, Oriane Danniélou

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Etienne Cournault naît près de Nancy en 1891 dans une famille d’artistes. Il prend des cours de dessin dans l’atelier tenu par deux peintres lorrains et s’intéresse en parallèle à la gravure. En 1906, il intègre pour cinq ans l’École des Beaux-arts de Nancy où il reçoit une formation variée, aussi bien axée sur les arts graphiques que sur les arts appliqués.

Il est illustrateur de guerre durant la Première Guerre mondiale.

En 1920, il part s’installer à Paris pour y faire ses débuts en tant que portraitiste. Il commence à côté un certain nombre d’expérimentations, introduisant du sable au sein de ses travaux.

Son voyage en Italie en 1923 le pousse à s’intéresser à la technique de la fresque à laquelle il s’essayera à partir de 1926. A son retour en France, il parcourt les expositions universelles des arts décoratifs et de l’industrie et est influencé par les différents mouvements d’avant-garde de son époque. Son intérêt pour le cubisme et plus particulièrement pour les travaux autour de la matière d’artistes tels que Braque (La Mandoline) ou encore Picasso (Nature morte à la chaise cannée) s’accroît. Il devient alors un expérimentateur, et mélange les supports et matériaux, introduit dans son œuvre des objets du quotidien (comme une boule de noël). Ses sujets se diversifient. Comme beaucoup d’artistes de son époque, tels que Miro ou Calder, il s’intéresse à l’univers du cirque, où il travaille pendant un an. En parallèle, il commence un certain nombre d’œuvres autour des graffitis qui le passionnent.

L’année 1928 marque un tournant dans sa carrière. Il expose pour la première fois son travail personnel, un ensemble d’œuvres autour du miroir et du verre et se fait repérer par le collectionneur Jacques Doucet et la décoratrice Rose Adler. Ces rencontres lui permettent de recevoir ses premières grosses commandes. Un an plus tard il intègre l’Union des Artistes Modernes (UAM) en tant que membre fondateur, au côté de personnalités telles que Charlotte Perriand ou Le Corbusier. En parallèle, Etienne Cournault fonde un collectif de graveurs, La Jeune Gravure Contemporaine (JGM).

Ses collaborations avec des designers et architectes placent son travail à la frontière entre l’œuvre d’art et l’objet. Ainsi, Jean Prouvé réalise pour lui le support de certaines de ses œuvres, l’orfèvre Jean Desprès transforme ses plaques décorées en bijoux.

A partir de 1930, des problèmes de santé le poussent à rejoindre sa maison familiale, où il y demeurera jusqu’à sa mort.  Ses travaux sont de plus en plus axés autour de la fresque, et de la gravure sèche, au burin. Il s’essaye à de nouvelles techniques et réalise durant la Seconde Guerre mondiale son premier monotype. Il meurt prématurément à l’âge de 57 ans en 1948.

Si le travail d’Etienne Cournault est aussi peu connu, c’est probablement dû à son ambiguïté entre beaux-arts et arts décoratifs. Au carrefour des différents mouvements artistiques de son époque : surréalisme, cubisme, art abstrait… Il est au centre du foisonnement artistique de la première moitié du XXème siècle. Son travail est à la fois représentatif de son époque, et de par sa polyvalence, très particulier.

Bibliographie
“Etienne Cournault, la part du rêve”, Musée des Beaux Arts de Nantes, aide à la visite, exposition du 6 novembre 2015 au 7 février 2016
Université de Nantes,  Université Bretagne Loire, VERMILLON Simy, “Conférence à 14h30 : Claire LEBOSSE « Autour d’Etienne Cournault (1891-1948)» ”, dernière modification le 10/12/2015, consulté le 01/02/2016, http://www.univ-nantes.fr /
Les Arts Décoratifs, Musée des arts décoratifs de Paris, auteur anonyme, “L’Union des Artistes Modernes (UAM)”, dernière mise à jour du site en 01/2015, consulté le 01/02/2016, http://www.lesartsdecoratifs.fr/
“Etienne Cournault” [émission TV], France Région 3 Nancy, 28 avril 1978, 12min 27 sec, disponible sur le site de l’INA, consulté le 01/02/2016

Une polyvalence artistique

Par Gaëtan Chaudet, Arthur Colpaert, Jeanne Crespin, Alexandre Compagnie, Malouine d’Aubert, Arthur de l’Estang du Rusquet, Palmyre du Boberil

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Etienne Cournault mélange les références, s’inspire du cubisme de Picasso, du surréalisme de Dali, et du découpage de Matisse. Il ne cherche pas à appartenir à un courant spécifique, ce qui l’intéresse particulièrement est l’aspect visuel et la matérialité de l’œuvre. Il s’est beaucoup inspiré des peintures métaphysiques et surréalistes qui créent un univers frontière entre rêve et réalité ; et de l’histoire mythique romaine.

Ses œuvres renvoient à une idée de fragment, de puzzle, par le travail de matières et de textures, elles sont plus figuratives qu’abstraites. Les formes stylisées sont disposées dans un espace incohérent, cela donne l’impression d’être dans un rêve étrange.

L’artiste utilise un miroir argent auquel il retire le tain par grattage à l’acide puis y peint ou applique des décorations au revers. Il exploite différentes techniques telles que le collage de photo ou de tissus. Ses œuvres font penser à des dessins enfantins.

L’effet miroir reflète l’espace environnant le tableau, il interagit avec celui-ci. Le spectateur pénètre dans l’œuvre, il se voit fractionné et ses cadres profonds faits spécialement pour les œuvres font passer l’observateur du monde réel au monde imaginaire onirique.

Au cours de sa vie, il a beaucoup travaillé avec des designers tels que Jean Prouvé pour réaliser les socles de ses sculptures, il utilise entre autres la tôle et d’autres matériaux.

Il fait partie de l’UAM (Union des Artistes Modernes) en effet son travail s’intègre très bien dans le travail des designers et des architectes de sa génération (Le Corbusier, de Launay) ainsi dans le mouvement des arts décoratifs où l’on mélange art et mobilier, on réfléchit beaucoup à moderniser et à trouver de l’utilité.

Etienne Cournault a conjointement pratiqué des techniques particulières et des pratiques expérimentales : il peint au revers de plaques de verre puis en fait argenter certaines parties laissées en réserve et y peindre ou appliquer des décorations au revers à sa guise pour entremêler formes et couleurs (peinture, collage, photo, morceaux de nacre, boules de Noël, paillettes métalliques, encre, papier…)

Dans ses œuvres sous verre on ne se voit plus, les fonds sont sombres et uniformes. On retrouve d’ailleurs une similitude artistique avec le peintre Miro, notamment dans sa série sur les constellations. On retrouve aussi l’univers du carnaval et du cirque, cela s’explique car l’artiste a vécu quelques temps dans un cirque étant plus jeune, le temps de faire quelques croquis. C’est de manière générale une source d’inspiration pour cette génération d’artistes, car c’est la frontière entre la réalité et le rêve.

De plus, ses cadres sont toujours travaillés pour être en parfaite adéquation avec l’œuvre. Il travaille pour cela avec des designers.

A travers le même thème il a réussi à réaliser des représentations très variées avec une peinture très singulière et n’entre pas forcément dans la chronologie habituelle.

Entre spontanéité et réflexion

Par Clémence Delin, Geneviève Cugnart, Camille Davy, Léo Decan, Jules Chanvilalrd, Jason Chapron, Lisa Diguet.

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Etienne Cournault est toujours à la recherche de variété, de nouvelles techniques et de nouveaux matériaux.

Outre ses œuvres peintes sur verre ou miroir, il réalise aussi des graffitis, des estampes et des tableaux de sable. En 1927, il commence ses premières séries inspirées des graffitis. Ce sont des inscriptions gravées grossièrement sur les murs de la ville. Il réalise ces œuvres grâce à la gravure, afin d’être au plus proche du sujet, qu’il maîtrise sous ses multiples approches : eau forte, vernis mou, encre au sucre, burin, pointe sèche, sur cuivre, sur zinc, sur aluminium, sur argent, sur rhodoïd et sur mica, comme par exemple pour son tableau « Danse sur la plage »  ici fait sur une plaque de métal, sur laquelle il dépose une couche de vernis en épargnant des endroits pertinents et réfléchis. Une fois la plaque dans l’acide les parties non vernies se creusent. Initialement, Cournault s’inspire de l’ensemble des graffitis qu’il observe dans Paris, réalisés par divers inconnus. C’est donc une impression de spontanéité qu’il veut faire ressortir dans ses œuvres, car les graffitis reflètent nos propres pensées, un langage brut et enfantin. Cette forme d’expression intéresse de nombreux artistes comme le photographe Brassai qui prend les murs de Paris gravés comme sujet, et duquel Cournault s’inspire. Il crée aussi à partir de gravures des estampes qui sont les empreintes réalisées à l’encre sur un support souple à partir d’une matrice. La méthode utilisée pour cette technique est la gravure par eau forte ou par burin, celle par eau forte étant cependant la plus adéquate. Elle permet un travail précis, et des endroits partiellement composés d’encre sans motifs définis. Une fois recouverte d’encre ou de peinture à l’huile elle est renversée afin de reproduire les motifs préalablement inscrits. Les estampes permettent donc des impressions successives et identiques.

Parmi ses estampes le monotype est un procédé d’impression sans gravure qui produit un tirage unique. Il s’agit de peindre à l’encre, à la peinture à l’huile, ou à la gouache, sur un support non poreux comme du verre, du métal ou du plexiglas.

Cournault conçoit aussi des tableaux de sable, c’est à dire que certaines parties du tableau sont recouvertes de sable, ces parties sont ternes, compactes, grossières, sombres contrairement aux œuvres sur miroir ou verre qui sont lumineuses, légères et intégrant l’observateur. Pour ses tableaux de sable, il s’inspire notamment du cubisme avec ses formes grossières et géométriques.

Ainsi les œuvres de Cournault sont le résultat de différentes expérimentations suite aux multiples techniques mises en œuvre. Il ne cherche pas la reproduction en série et l’identique mais la spontanéité et la diversité dans ses styles. Pour beaucoup de ses œuvres, il part d’une tache qui par sa couleur et sa forme l’inspire. Le thème le plus abordé par Cournault est la représentation humaine.

A la suite de cette exposition, notre ressenti général a été l’incompréhension face à une grande quantité de travail et de réflexion pour un résultat suscitant une impression de facilité, de la part de l’observateur. Nous retenons l’originalité d’un travail innovant, expérimental et diversifié.

Un Rêveur aux Multiples facettes

Par Maxence DE COCK, Hermeline DUCHEMIN, Teddy DETOMA, Jérémy DREAN, Lewis DINGLEY, Jean-Guillaume DENIEL

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Vers la fin du XVème siècle, la philosophie humaniste naissante a bouleversé l’art, en plaçant l’homme au centre des préoccupations, et ce au profit de la figure divine. Depuis, la figure humaine est sans contestation l’élément le plus représenté par les artistes. Portraits, autoportraits, scènes romantiques, de guerre ou encore de fête, témoignent de l’attachement des artistes à cette dernière. Déclinée sous différents styles, plus ou moins réalistes, l’image de l’homme n’a cessé d’évoluer au cours des siècles, et des courants artistiques. Rien d’étonnant donc qu’Etienne Cournault, artiste lorrain de la première moitié du 20ème siècle et grand amoureux de la stature humaine, y ait consacré nombre de son temps.

Nous avons pu observer à travers l’exposition de Cournault qu’il ne se considère pas comme un peintre d’un genre, il n’intègre aucun courant. E. Cournault privilégie l’effet esthétique et non théorique. Dépourvu de progrès technique, son travail est un aller-retour perpétuel qu’il opère avec des techniques stylistiquement très variées.  Il explore la matière avec notamment la fresque qui selon lui, “ convient à son improvisation, à la vitesse de son coup de fouet et sa fantaisie “ mais également les jeux d’équilibre de peintures et objets sous verre avec des miroirs argentés, cadres de métal tridimensionnels, procédés de grattage, d’acides ou d’oxydation pour ses peintures au sable, collage d’éléments photographiques, série de graffitis qu’il ne cesse de réinventer.

L’humour Dada, la tâche, le graffiti, le dessin d’enfant, le masque, la calligraphie deviennent ses thèmes privilégiés dont il doit tirer l’intérêt de sa carrière de portraitiste mondain. Ses œuvres ont un impact sur l’espace dans lequel elles se situent et impliquent le spectateur.

Etienne Cournault était un rêveur, voyageur parmi des constellations abstraites, amoureux des visages humains, graffitis et des formes hybrides évoquant le surréalisme. Il a expérimenté les courants artistiques mais toujours en laissant une part au “ hasard de la matière ”. Il a cherché à créer une frontière entre le réel et l’imaginaire tel un test de Rorschach en restant dans le thème de l’Homme et de son corps.

Cournault invente sa propre modernité. « L’inutile, l’étrange, le mystère » (Roger Brielle, 1931) habitent son monde.

Rendant hommage à l’artiste, Waldemar Georges écrira de lui : « Quelle étrange histoire et quel étrange destin que celui de cet artiste que seule une élite d’amateurs connaît et qui s’impose comme un maître. »

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27 juin 2014    Art   Expositions

Publié par d.gouard

Henry-Pierre Picou et les néo-grecs

Compte-rendu de la visite réalisée par les étudiants de A1 à la Chapelle de l’Oratoire

L’exposition PICOU : Une balade dans le musée des beaux arts à la période néo-grecque

Par Thibaud GOUNO, Marianne GUIDOU,  Coline HERCOUET.

Illustration par Thibaud Gouno, Marianne Guidou

Illustration par Thibaud Gouno, Marianne Guidou, Coline Hercouet

Du 25 octobre 2013 au 26 février 2014, le musée des beaux arts de Nantes organise, dans la Chapelle de l’Oratoire, une exposition dédiée aux néo grecs axée autour des œuvres du peintre Henry-Pierre Picou. Cette exposition est baptisée « la lyre d’ivoire, Henry-Pierre Picou et les néo-grecs ». Elle est inédite puisque c’est la première fois que seront réunies les grandes œuvres de l’artiste, associées aux pièces majeures du mouvement des Néo-grecs grâce aux prêts exceptionnels du musée d’Orsay. L’exposition rassemble peintures, dessins, sculptures, objets d’art mais aussi divers ouvrages issus de ce mouvement éphémère, d’une dizaine d’années (1846-1855). Un mouvement né autour de Jean-Léon-Gérôme, où l’on voit des artistes qui créèrent et inventèrent un nouveau style. Des artistes comme Ingres, Burthe, Hamon ou Picou qui constituèrent une communauté artistique, portée vers le philhellénisme. Il s’agit pour ces artistes de réinventer un quotidien grec qu’ils expriment parfois avec humour et légèreté tout en s’inspirant du classicisme grec. Les techniques utilisées par ces derniers, sollicitent beaucoup l’utilisation de claque et de détails minutieux tels que des représentations de mosaïques dans les tableaux.

Nous avons pu constater que la disposition de la salle s’organise d’une façon particulière, en effet la présence des murs en place et des systèmes d’attaches mobiles (cimaises) permet à la chapelle de disposer le musée de façon différente a chaque exposition. En l’occurrence, pour l’exposition PICOU, ils forment une ligne conductrice à la visite. De plus, les tableaux se suivent chronologiquement en fonction de l’évolution du mouvement Néogrecs. Ce mouvement est donc symbolisé par la décoration intérieure du musée (présence de colonnes grecques). La scénographie de l’exposition à la manière d’un clin d’œil propose donc un parcours dans une villa antique. On doit cette disposition au scénographe Silvio Crescoli. La visite commence par un tableau de Ingres (1780-1867), qui se nomme « La Maladie d’Antiochus ou Antiochus et Stratonice»  réalisée en 1840 appartenant au néoclassicisme. La scène représente une scène de le mythologie grecque. En effet, on peut le constater au décor (colonnes, mosaïques). C’est un point d’entrée vers le mouvement néo grecs pour les artistes peintres de l’époque. Le néogrec s’illustre aussi à travers l’architecture. Durant la visite, on a pu commenter une maquette étant une maison de style grec. C’est pourquoi elle ressemble étroitement à un temple grec. (présence de colonnes grecques, sculpture d’une muse, peintures.) C’est une collaboration entre peintres et architectes. Elle a été conçue pour une tragédienne dénommée Rachel. Pour finir, le style néo-grec est aussi présent dans les objets de la vie quotidienne. On a pu voir des services d’assiettes. Ces dernières sont décorées de par des éléments de fresques antiques. Elles ont pour but d’intégrer un décor antique.

Les néo-grecs : « L’art pour l’art »

Par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent

Illustration par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent
Illustration par Neha Hassanbay, Yan Huang, Lénaïc Laurent

L’antiquité est un sujet d’actualité au début du XIXème siècle. La Grèce obtient son indépendance grâce au traité d’Andrinople (1829). De plus on effectue des fouilles archéologiques (Pompéi et Herculanum) qui rendent compte de l’architecture et de la décoration de l’antiquité. Ce renouveau de connaissances entraîne le développement du néo-classicisme qui vise à faire méditer le spectateur. Ainsi le modèle antique est remis au goût du jour.

C’est alors qu’apparaissent les néo-grecs qui s’opposent à ce style académique : les sujets traités ne sont plus moraux, mais divertissants. Cela se justifie par la jeunesse des artistes de ce mouvement. Leur entrée officielle sur la scène artistique est datée de 1847, date à laquelle Jean-Léon Gérôme expose au Salon son tableau Le Combat de Coq. Ce tableau est salué par la critique, notamment par Théophile Gautier qui invente le terme de « néo-grec ». Jean-Léon Gérôme est donc le chef de fil de ce groupe.

Les néo-grecs sont formés dans un premier temps dans l’atelier de Delaroche, puis envoyés chez Charles Gleyre. Gérôme était un de leurs élèves. C’est aussi à cette époque que prend fin la Monarchie de Juillet, qui marque une rupture avec le régime royal en France. Cela conduit à une émancipation des intellectuels. Ainsi, les artistes revendiquent la place de leurs œuvres afin de se valoriser face au marché capitaliste de l’art et face à l’industrie. Théophile Gautier disait « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien, tout ce qui est utile est laid ».

Le mouvement néo-grec n’est pas exclusivement réservé à la peinture, mais concerne également d’autres disciplines artistiques, telles que la musique, la littérature, l’architecture, le théâtre, etc. La réunion de ces différents domaines et compétences conduit à la cohésion du groupe. Cette association permet la réalisation de la Maison Pompéienne commandée par le prince Napoléon, cousin de Napoléon III. L’architecture et la décoration intérieure sont fidèles au style néo-grec.

La volonté d’indépendance face à l’académisme et l’union des activités artistiques conduisent au développement du néo-grec. Cependant le mouvement néo-grec finit par s’essouffler au bout d’une dizaine d’années par le manque d’intérêt des sujets traités.

Jean-Léon Gérôme : un artiste au style innovateur

Par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE

 Illustration par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE
Illustration par Jean-Baptiste LANDREAU, Thibaut LALANNE

Jean-Léon Gérôme est né le 11 mai 1824 à Vesoul et mort à Paris le 10 janvier 1904.

En 1844, de retour de son voyage italien avec Paul Delaroche, Gérôme s’inscrit dans l’atelier de Charles Gleyre afin de remporter le prix de Rome. Il travaille le modèle idéal vouant un culte à l’antiquité, mais échoue au concours. Il rencontre alors Picou et Hamon avec qui il a partagé ses connaissances. Mais en 1846, ce fut un second échec au concours de Rome ce qui le poussa à prendre un an de son temps pour s’y préparer à nouveau en peignant avec ses amis sculpteurs les animaux du jardin des plantes afin de perfectionner le réalisme de ses œuvres.

Il devint dès lors l’un des peintres français les plus célèbres de son temps en élargissant les thèmes de ses peintures avec pour désir de renouveler la peinture d’histoire. Il transcrit avec ce style de nouveaux sujets épisodiques et le réétudie afin d’améliorer la sensualité et l’harmonie des corps dans le décor.

A travers ces scènes, Gérôme apparaît comme un artiste unique ayant réussi à trouver le juste équilibre entre la nature et la tradition de son regard innocent. De plus, le public, lassé des leçons de morales néoclassiques est alors charmé par le rajeunissement d’une antiquité idéale où l’humour n’est pas absent.

Gérôme est vu comme le précurseur d’un nouveau style néo-grec influençant d’autres artistes comme Picou, Hamon et Boulanger par exemple.

Lors de cette exposition au musée des Beaux Arts de Nantes, nous avons pu voir trois œuvres de Jean-Léon Gérôme. La plus marquante étant Le Combat de Coqs, une œuvre qui montre l’aboutissement de son travail et qui marque alors le début de son nouveau genre. Il montre deux adolescents regardant un combat de coqs, une activité très appréciée à Athènes au Ve siècle avant J.C.

De plus, Gérôme nous montre à travers La Femme aux cornes de Bélier en 1853, qu’il est capable d’associer l’homme à l’animal pour un résultat qui paraît réaliste. Il fait peut-être allusion à la mythologie grecque avec ses nombreuses créatures qui sont le croisement d’un humain et d’un animal.

Enfin, le dernier tableau exposé était Anacréon, Bacchus et l’Amour, dans lequel Gérôme prouve à nouveau sa finesse à représenter le réel par différentes figurations artistiques telles que la musique (flûte double, lyre), la poésie (Anacréon), la danse (cortège, Bacchus) et l’Amour (Cupidon).

Gérôme est un artiste qui a évolué dans sa manière de peindre lui valant d’être l’exemple et la source d’inspiration de nombreux autres artistes. Il est le chef de file du mouvement néo-grec.

Les sujets et les supports travaillés par les néo-grecs

Par Thomas LAUTREDOU, Elisa LECOMTE, Marie KERBRAT

4-ExpoPicouLesArtsDécoratifsTexteIllustrationSuite aux fouilles archéologiques de Pompéi et d’Herculanum, un engouement s’est créé autour de l’époque antique. De nombreux artistes s’y sont intéressés, notamment les néo-grecs dont le cercle s’est formé en 1847.

Les sujets régulièrement abordés par les artistes néo-grecs font donc référence à la Grèce antique, cependant ils ne sont pas traités de la même façon que les néo-classiques (Ingres). En effet, ils ne privilégient pas une réflexion morale et intellectuelle réservée à une culture élitiste mais, au contraire, une peinture de genre avec des sujets plus légers et divertissants de la vie quotidienne qui s’adressent à tous. Par exemple,  Jean-Léon Gérôme a peint en 1846 un tableau intitulé « Jeunes Grecs faisant battre des coqs ». Ce tableau représente deux jeunes grecs se divertissant avec un combat de coqs, activité très répandue à l’époque de la Grèce antique.

Les néo-grecs privilégient principalement le dessin, donnant des peintures très minutieuses et précises. Certaines peintures ont été reproduites en gravures, permettant aux œuvres de se diffuser plus facilement. La maison Goupil & Cie a édité des gravures néo-grecques, notamment des tableaux d’Henri-Pierre Picou. Des ornements ont également été réalisés par les artistes néo-grecs pour des services en porcelaine, principalement en collaboration avec la manufacture de Sèvres. En 1856, un service de table est réalisé pour la villa pompéienne. Ce service est typiquement néo-grec par ses aplats de couleurs vives et ses ornements, inspirés des éléments décoratifs relevés sur les sites archéologiques de Pompéi et d’Herculanum. En effet, les peintres néo-grecs s’inspirent beaucoup de relevés très précis effectués par les architectes sur les sites archéologiques.

Le cercle néo-grec s’étend donc sur plusieurs domaines artistiques tels que l’architecture, la céramique mais aussi la musique, la poésie et la littérature. Parmi ces artistes on compte notamment Théophile Gautier, Leconte de Lisle, Franz Listz et bien d’autres, qui se retrouvent régulièrement autour de débats et d’échanges.

Henry-Pierre Picou le néo-grec

Par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué

Illustration par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué
Illustration par Adrien Grange, Ophélie Jaret, Romane Lecué

Nous avons choisit de travailler sur la partie concernant Henry-Pierre Picou, tout d’abord parce qu’il est Nantais, mais aussi parce que sont travail nous à fortement intéressé. Ce fut une belle découverte.

Tout d’abord, Henry-Pierre Picou est né à Nantes en 1824 et mort en 1895 à Nantes également. Il est issu d’une famille d’artistes Nantais. Il fait ses études à Paris et exerce ses talents de décorateur pour la manufacture de Sèvres. Toutefois, il reste proche des collectionneurs de sa ville natale. Son attachement pour la ville est prouvé par la légation de ses œuvres au musée des beaux-arts de Nantes par ses descendants en 1986.

C’est pourquoi, dans la chapelle de l’oratoire sont exposés des tableaux qui sont des peintures et des croquis d’Henry-Pierre Picou dans le style néo-grec. Les œuvres du chef de file des néo grecs, Jean-Léon Gérôme sont également exposées.

Parlons un peu de ce mouvement néo-grec qui est né au 19ème siècle, en France. Il est apparu sous l’impulsion des peintres issus des ateliers des beaux-arts de Paris. On retiendra notamment les élèves de l’atelier de Charles Gleyre, que fréquentait Henry Pierre Picou. Le mouvement a duré toute la deuxième moitié du 19ème siècle. Ce courant s’inscrit lui même dans la mode du classicisme, et a pour particularité d’inclure des contours précis, une atmosphère limpide. Henry Pierre Picou s’inscrit donc parfaitement dans cette mouvance, car ses peintures sont empreintes d’une finesse dans les contours, d’une pureté de l’atmosphère.

Enfin , une œuvre contemporaine est exposée parmi les originaux du 19ème siècle, pour différentes raisons. Tout d’abord les néo grecs avaient repris des thèmes anciens de la mythologie grecque, pour l’inscrire dans la période du classicisme, avec des techniques de leur époque. De la même manière, reprendre des tableaux d’une époque passée, le 19ème, avec des techniques contemporaines a été la motivation première de ces artistes contemporains. Il s’agit de la reprise de l’idée même qui est à l’origine de la fondation du mouvement néo grec.

Pour finir, l’utilisation de paillettes attire l’œil, intrigue et apporte de l’originalité. Cela renforce l’idée qu’un thème artistique peut-être intemporel et constamment revisité, réapproprié par les artistes.

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